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Chapitre 5 : Yserdia, l'ange des glaces

 

 

Mon système informatique  était bousillé ! Entièrement détruit ! Je ne sais pas ce qu’a fait cette personne dessus alors qu’elle ne l’a même pas touché, mais je peux vous dire que tout est parti à la poubelle. J’ai bien essayé de récupérer les informations sur les énigmes, mais comment voulez-vous retrouver des choses dans un ordinateur qui ne veut même plus s’allumer. Le dépanneur me l’a bien fait comprendre « Votre ordinateur est complètement mort ! »

La question était :

Cet être a-t-il eu le temps de lire ce que nous avions trouvé ?

J’étais incapable de répondre à cette question.

Dieu merci, j’avais encore le journal, Hydi me l’avait redonné avant de rentrer chez lui ce soir-là car, de son coté, il n’avait rien gardé sur son ordinateur.

Justement, Hydi m’inquiète, l’événement s’est déroulé il y a une semaine et je ne l’ai pas revu depuis, j’ai l’impression qu’il me fuit. J’ai plusieurs fois appelé chez lui, mais je tombe sans cesse sur son répondeur, je l’ai vu de loin une fois dans la semaine, il sortait de l’amphithéâtre, il avait l’air hagard, malade et triste, je l’ai appelé, il m’a regardé et il est parti en courant.

Je crois qu’il a peur.

De mon coté, je n’ai pas lâché l’affaire, j’ai repris à zéro nos investigations et les ai notées à la fin du journal car il restait quelques pages vierges.

Aujourd’hui, il neigeait et ça, depuis 3 jours, le ciel était gris blanc, on avait l’impression qu’il était d’un seul bloc tellement on ne voyait pas la limite entre les nuages.

Les mains dans les poches de mon blouson, je rentrai à mon apart. Dans une semaine c’est les vacances de Noël, ce matin il neigeotait mais les flocons se sont transformés en petites boules de coton difforme dans l’après-midi et maintenant, c’est une véritable chute de neige en bonne et due forme. J’avais la tête rentrée dans les épaules, j’avais la tête ailleurs aussi, je n’arrêtais pas de penser à mon ancêtre Hyoga et à son journal, au manoir et à la peinture dans le salon et j’ai mon instinct qui me disait de me lancer dans l’aventure, de finir ce qu’avait commencé le chevalier du Cygne. Je n’arrêtais pas de penser aussi à cet être qui est venu s’interposer à cette autre personne l’autre soir et à ce qu’il nous avait dit par la suite…Qui était-ce ?

En tous les cas, il est flagrant que cette « personne » nous avait protégés.

Remontant la fermeture éclaire de mon blouson, je voyais les gros flocons de neige tomber devant mes yeux, l’air était pinçant et de la buée blanche sortait par mon nez chaque fois que j’expirais. Regardant autour de moi, les gens sortaient des magasins les bras chargés de paquets cadeaux, les guirlandes lumineuses qui passaient au-dessus de la rue clignotaient avec frénésie et enthousiasme, leurs couleurs multicolores, blanches et dorées enjolivaient ces fêtes de Noël.

Cela me fit penser soudain que je n’avais pas encore acheté le moindre présent à ma famille, ni même à Hidy…Toute cette histoire m’avait beaucoup préoccupée au point d’en oublier mes proches. Je cherchai des yeux la galerie touristique où était rassemblée une myriade de magasins en tout genre, je la repérais à une centaine de mètres de là et m’y dirigeais.

 ***

Le coude sur la table, le menton dans le creux de sa main, Hydeaki feuilletait son magasine d’un œil terne et sans envie, l’ennuie le gagnait sombrement, il se demandait pourquoi il a accepté de tenir compagnie à ce type, surtout qu’il avait vraiment l’impression de tenir la chandelle. Ca faisait bien 1 heure qu’il comptait fleurette à la rouquine de la table d’à coté et, apparemment, elle ne demandait que ça depuis qu’ils étaient arrivés dans le café.

Poussant un long, long soupir, Hydeaki tournait la page de son magasine et son œil s’anima en voyant sur quel article il venait de tomber :

« Une très ancienne relique grecque a été découverte dans les décombres d’un ancien orphelinat au Japon, dans la banlieue de Tokyo ! »

 

Le jeune homme commença à parcourir le fais divers et il ne put s’empêcher d’avoir la chair de poule, l’article était court, mais disait l’essentiel de ce qu’il devait savoir :

 

« Il y a quelques jours, un vieil orphelinat abandonné de la banlieue de Tokyo est parti en fumée. L’incendie, que les enquêteurs classent comme criminel, a complètement ravagé le petit bâtiment abandonné depuis plusieurs années maintenant. En fouillant dans les décombres, les enquêteurs ont découvert le morceau d’une vieille statuette en marbre. Les archéologues du musée d’art de Tokyo ont tout de suite été appelés pour reconnaître et dater cet objet. Il semblerait que ce morceau de statuette viendrait tout droit de la Grèce Antique et que, même si lui manque la tête, le bas du corps et une partie du tronc, cet objet aurait représenté en son temps la Déesse Athéna. Cette relique a été remise entre les mains du directeur du musée de Tokyo et attend présentement de retourner en Grèce. »

 

Hydeaki lut et relut l’article, il y avait même une photo de l’objet tenu dans les mains du directeur souriant. Pour la première fois, il voyait ce à quoi pouvait ressembler le Graal que Milan voulait tant retrouver !
 

Et puis il y eut cette petite voix qui lui disait qu’il se trompait, cette histoire de fait divers n’avait rien à voir avec la leur… Mais non ! Son instinct lui disait le contraire, qu’il avait mis le doigt sur quelque chose de capital !
 

-         Eh ? ! ! Hydeaki ? !
 

Il releva la tête, subitement tiré de ses pensées, le type de son université le regardait, souriant bêtement.
 

-         Rachel euh… Il fit un geste de la tête vers la rouquine qui attendait à la sortie du café, je la ramène chez elle.
 

-         Euh…Ouais…Hydeaki jeta un rapide coup d’œil à sa montre, faut que j’y aille moi aussi de toutes façons. Je dois me rendre au magasin de mon père.
 

Hydeaki s’était levé de sa banquette et avait rapidement disparu du café en passant devant la rouquine qui l’avait regardé partir avec des oeil tout ronds.
 

-         Qu’est ce qu’il a ton pote ? Avait-elle demandée d’un air ironique.
 

-         J’sais pas…Quand ça presse, ça presse.
 

Hideaki s’était soudain arrêté dans sa course.
 

Le Magasine ! Il l’avait laissé sur la table !
 

Il se retourna puis s’arrêta dans son geste.
 

Non, c’en était assez ! Il avait une vie à gérer et c’est ce qu’il avait appris à faire le mieux avant que toutes ces choses n'arrivent ! Visiter un manoir abandonné bourré de souvenirs et de secrets était une chose, mais se confronter à des…trucs paranormaux en était une autre !

Hideaki tourna le dos à cette histoire et continua son chemin quand son portable se mit à sonner, il s’en empara dans la poche de son pantalon et ouvrit le clapet.
 

Milan.
 

Il referma aussi sec le clapet de son portable.
 

De toute façon, il n’avait pas le temps de discuter, il devait aller bosser avec son père, il était déjà presque en retard et puis ça lui changera les idées de bosser un peu, il pensera à autre chose comme ça.
 

Il avait vraiment besoin de penser à autre chose.

 

***

 

La messagerie.
 

Comme d’habitude depuis une semaine !
 

Pas que j’étais inquiet, mais Hydi est plutôt du genre extraverti et ce silence, qui devenait franchement long, ne me disait rien qui vaille.
 

Je laissais un message. Alors que j’avais à peine raccroché et glissé ma clé dans la serrure, mon portable sonnait, mon espoir d’une seconde me laissa envisager que Hydi s’était décidé à me répondre.
 

Manqué.
 

C’était ma mère.
 

Entrant dans mon appartement, je décrochais, les bras chargés de sacs, le portable coincé entre la joue et l’épaule.
 

-         Oui…maman (Je refermais la porte avec mon pied droit)…je vais bien…aussi oui…(Posais mes sacs sur le canapé)…peut-être, je sais pas…(Je repris le portable en main et m’assis sur le fauteuil en imitation cuire noir à coté du canapé)…Tu lui as dit ?…Pour le 31 ?…J’essaierais…oui, promis…je rentre là, j’ai besoin de calme…rien qui puisse t’intéresser…d’accord merci, bye !
 

Je me laissai retomber en arrière contre le confortable dossier du fauteuil et fermai les yeux.

J’étais exténué, tout ce qui s’était passé ces derniers jours était en train de me revenir en tête, images après images, scène après scène et c’était de la science fiction !

 

Il fallait que je souffle un peu, c’était sûrement ce que faisait Hydi à l’heure actuelle, je me frictionnai le visage dans mes mains et entrepris d’allumer la télévision.
 

Je dus zapper pendant un bon moment je crois, sans me rendre compte de l’absurdité de ce que j’étais en train de faire, les images du poste défilèrent devant mes yeux explosés de fatigue avant que je me décide à éteindre le poste.
 

Il faisait encore un peu jour lorsque je suis rentré, l’aiguille de la pendule eut le temps de faire un tour complet et je m’aperçus qu’il faisait nuit dehors et que la neige avait cessé de tomber.

Je me secouai un peu.
 

Prendre une douche et un bon café me fera le plus grand bien.
 

En me dirigeant vers la salle de bain, mon regard tomba sur mon bureau, l’ordinateur avait laissé une place vide de sens, son empreinte était dessinée par la poussière que j’avais si souvent de mal à me résigner à enlever.
 

Avec un long soupir, je refermai la porte de la salle de bain.

 

***

 

Hideaki se rendit à la boutique de son père, il tenait une horlogerie, elle était petite, mais très populaire dans le quartier et Hideaki y allait pour réparer les mécanismes défaillants, son père lui donnait un vrai salaire pour cela, il n’était certes pas mirobolant, mais cela l’aidait bien à payer son loyer et ses factures, pour le reste, Hideaki se débrouillait.
 

En entrant dans la boutique, le jeune homme trouva son père en discussion avec un client qui avait l’air d’hésiter entre deux jolies montres en argent. Hideaki salua brièvement son père d’un geste de la main et disparut dans l’arrière boutique, il avait hâte de se plonger dans son travail.

Hideaki jeta un regard circulaire autour de lui, les murs de cette petite pièce étaient recouverts de pendules et d’horloges en tout genre, de la plus vieillotte à la plus moderne. Des montres à aiguilles démontées, des réveils digitaux éventrés dans l’attente d’être opérés étaient éparpillés un peu partout sur la table de travail. Hideaki se demandait comment son père arrivait à s’y retrouver dans toutes ces commandes.
 

Heureusement qu’Hideaki veillait au grain, cela lui tira un sourire qui rajouta un charme enfantin à son visage angélique.
 

Le jeune homme se mit en branle, quitta son blouson qu’il pendit à une patère près du rideau qui séparait cette pièce du magasin, puis s’installa à la table de travail, assis sur un tabouret.

 

***

 

En sortant de la douche, je n’avais envie que d’une seule chose, me plonger dans le journal de mon ancêtre, j’avais une telle hâte, un tel besoin d’en savoir un peu plus sur lui, que ça me faisait presque peur. Je ne pris même pas le temps de me sécher complètement mes cheveux blonds (des mèches me pendaient devant les yeux, certaines avec une petite gouttelette pendue à la pointe) J’enfilais un caleçon et un t-shirt et m’installais dans le canapé, le journal dans les mains.
 

J’ouvris le journal à une page au hasard, au quart de l’épaisseur.
 

Toujours pas de date.

 

M’occuper de ce manoir me fait sentir un peu plus vivant. J’ai l’impression de servir à quelque chose. C’est une grande bâtisse, mon Maître Camus devait sûrement beaucoup l’aimer, partout on peut reconnaître sa présence d’antan. La décoration est raffinée, belle et agréable. Il y a un superbe piano noir dans le salon, je me demande si Camus en jouait ? Je ne l’ai jamais vu jouer du piano pendant mon apprentissage. Peut-être en jouait-il seulement qu’ici ?

 

Nous avons des problèmes de papiers, Shun m’a dit qu’on devait se procurer des cartes d’identité valables, sinon, on risquait de se faire prendre. Je n’ai pas envie de quitter ce lieu.

 

Les Anges d’Artémis nous cherchent, ils sont revenus par ici il y a un mois, mais Shun et moi avons eu l’impression que leur détermination à nous retrouver se faisait moins sentir avec le temps. Nous pensons qu’Artémis a été rappelée sur l’Olympe et que les Dieux vont nous laisser tranquille pendant les 200 prochaines années…Jusqu’à la prochaine Guerre Sainte.

 

Les textes n’avaient pas de cohérence entre eux, on dirait qu’il écrivait comme ça lui chantait, sans dater, sans prendre soin de préciser ni l’année, ni la saison ou le mois. Il a beaucoup écrit en ce qui concernait leur intégration dans le pays, les papiers à fournir, les explications à donner en ce qui concernait leur passé à tous deux. Hyoga avoue dans son journal qu’il a dû mentir sur beaucoup de choses.

Evidement, allez raconter à la mairie que vous êtes un chevalier de bronze et que vous êtes orphelin. Hyoga n’a pas eu trop de mal pour sa part, il a pris le nom de famille de sa mère, mais pour Shun, ce fut plus difficile, il a dû se résoudre à prendre le nom de famille de son géniteur…Mitsumasa Kido…Ce qui ne l’enchanta guère d’après mon ancêtre.
 

En tournant les pages, je me suis aperçu que mon arrière arrière-grand-père commençait à dater ses textes et je fus surpris de tomber sur une première date dont l’année me fit comme un drôle d’effet.
 

Elle me fit un drôle d’effet car, les textes non datés comportaient quand même des éléments qui pouvaient un peu nous situer dans le temps, ces premiers textes, il les avaient écrits dans l’année qui avait suivit leur dernière réunion. Alors que ce premier texte daté, se situait…dix ans plus tard ! 

 

***

 

Son père apparut.
 

-         Alors gamin ?
 

Hideaki se retourna vers lui.
 

-         Salut papa.
 

L’homme de haute taille, les cheveux poivre et sel, les yeux bruns, vint ébouriffer la tignasse brune de son fils.
 

-         T’as passé une bonne journée ?
 

-         Ouais ouais ! Et puis arrête de faire ça ! Lui dit-il en lui jetant un regard en biais. Je porte plus de couches depuis un bon bout de temps !
 

-         Dis-moi, je t’ai pas vu traîner avec Milan cette semaine (Hideaki était retourné à son coucou endommagé) Vous-vous êtes disputé ?
 

-         Eh ça va ! Je ne sors pas avec que je sache ! (Il posa un regard terne sur son père qui le regardait un sourire en coin.) Toi aussi tu penses que je suis PD ?
 

-         Dis donc Hidy ! Le sermonna son père le regard dur.
 

Hideaki avait baissé les yeux, penaud.
 

-         Pardon.
 

-         Oooohh mais dis donc toi ! (L’homme vint s’asseoir sur un autre tabouret à coté de son fils) Ca a pas l’air d’aller ?
 

-         Si si.
 

Le père et le fils ne se ressemblaient pas du tout, la seule chose physique qu’avait hérité Hideaki de son père était le petit nez en trompette dont ils étaient si fiers tous les deux. Hideaki ressemblait surtout à sa mère, descendante directe de son ancêtre Shun (son arrière-grand-père pour sa mère).

Son père, Alexandre, avait plutôt l’air d’un body-building en pleine croissance, malgré son âge (45 ans), Alexandre entretenait son corps comme dans sa première jeunesse, d’ailleurs, Hideaki ne comprenait pas vraiment comment on pouvait s’acharner à ressembler à une montagne de muscles, il contrastait complètement avec sa petite boutique d’horloges, mais c’était sa passion (les muscles et les horloges), alors, un grand gentil comme lui, on pouvait pas lui en vouloir.
 

En tous les cas, Hideaki adorait son père, même si des fois, ça le saoulait de l’entendre parler sans arrêt des dernières nouveautés en matière d’appareils de gym.
 

-         Comment va Milan ?
 

-         Il va bien aux dernières nouvelles, il a hérité du manoir de son grand-père et de sa fortune.
 

-         Des mines de Jade ?
 

Hideaki regarda son père avec étonnement.
 

-         Mines de Jade ? Comment ça ?
 

-         Bah, le grand-père de Milan, Ivan, a possédé des mines de Jade au Mexique, il les avait hérités lui-même de son père.
 

-         Je ne savais pas.
 

-         Il ne t’en a pas parlé ?
 

-         Non.
 

Alexandre avait haussé ses larges épaules.
 

-         Peut-être n’en a t-il pas hérité après tout. (Il se leva) Bon, il est déjà 19 h passé, je ne pense pas faire des affaires encore ce soir, je ferme la boutique. (Il regarda son fils, qui avait l’air dans la lune) Hidy ?
 

-         Hein ? Euh ouais ! J’arrive.
 

Le père de Hidy, après avoir compté sa caisse, fermé les lumières, fermé la porte à clé et baissé le rideau de fer, invita son fils à venir manger à la maison le soir même. Hidy dut refuser, il voulait se rendre chez son ami.
 

Le père et le fils se séparèrent.
 

Hidy de son coté se rendit au pied de l’immeuble de Milan, levant la tête vers le quatrième étage, il vit de la lumière dans le salon.
 

Des mines de Jade au Mexique ? Mais qu’est ce que c’était encore que cette histoire ?!

Le jeune homme fit un bon moment les cents pas en bas du bâtiment, à ruminer, à se demander, à être gêné de se trouver là alors qu’il lui suffisait de grimper quatre étages, en plus, il faisait un froid de canard, il sentait le bout de ses doigts de pieds en train de geler.
 

Finalement, décidé, il grimpa les 4 étages de l’immeuble et sonna à la porte de son ami.

 

Je partis ouvrir, Hidy se présenta sur le pas de ma porte, d’un air renfrogné.
 

On s’est regardé, lui, le regard fuyant.
 

-         T’en as mis du temps ! M’exclamai-je. Je commençais à me demander si tu allais te décider à monter !
 

Pris sur le fait, Hidy ne savait plus où se mettre.
 

-         Allez, rentre donc ! Fis-je en lui souriant et m’écartant de l’entrée pour le laisser passer.
 

Je refermais derrière lui.
 

-         Tu veux boire quelque chose, tu m’as l’air gelé ?
 

Hidy quittait son blouson et son écharpe et les laissa choir sur le canapé.
 

-         Je veux bien un bon café si tu as. Fit-il toujours d’un air mi-renfrogné mi-gêné.
 

Je lui proposais qu’on aille dans la cuisine pour discuter, je le sentais un temps soit peu mal à l’aise.
 

Je nous servis un bon café bien chaud. Assis l’un en face de l’autre, Hidy réchauffait ses mains encore engourdies par le froid.
 

-         Tu étais au courant pour les mines de Jade ? Me dit-il de bute en blanc.
 

-         Les mines de Jade ?
 

-         Tu étais au courant ? Tu comptes me cacher encore beaucoup de choses ?
 

Je n’en croyais pas mes oreilles !
 

Et il se permettait de me faire des reproches en plus !
 

Je ne lui répondis pas tout de suite, je voyais bien qu’il redoutais une réaction violente de ma part face à ses paroles plutôt accusatrices à tort.
 

Hideaki était mon ami, je l’adorais et je n’allais sûrement pas lui montrer ce mauvais coté de moi-même, alors je décidai de lui répondre calmement.
 

-         Je peux savoir ce qui t’arrive ? Tu fais le mort pendant une semaine, tu ne réponds pas au téléphone, tu as écouté les messages que je t’ai laissés au moins ? (Regard fuyant) Et toi tu te pointes comme ça, je t’accueille comme mon meilleur ami que tu es et tu m’agresses ? 
 

-         Tu as la mémoire courte ?!! Il s’est passé quelque chose la semaine dernière ! Non ?! Eclata mon ami la voix tremblante.
 

-         Hidy…Mais moi aussi j’ai la trouille ! Je suis mort de peur ! Mais je lâcherai pas l’affaire ! Même si je dois le faire seul !
 

Hideaki poussa un long soupir, il avait presque les larmes aux yeux.
 

-         Je suis désolé Milan…mais…ce qui s’est passé l’autre soir…
 

-         Je sais, on n’était pas prêt à vivre une chose comme celle-là. Mais rappelle-toi, quelqu’un nous a protégés !
 

Hidy revit en flash la scène, il vit cet être lumineux devant l’ordinateur et puis cette éclatante lumière qui contra cet être.
 

-         On va ouvrir la boîte de Pandore Milan !
 

-         On la déjà ouverte. Fis-je d’un ton grave.
 

-         Aujourd’hui, j’ai lu un article dans un magasine d’histoires à sensations et…ça parle d’un orphelinat qui aurait brûlé dans la banlieue de Tokyo, ça dit aussi qu’un morceau d’une ancienne relique grecque aurait été retrouvée dans les décombres.
 

Je me rassis, songeur.
 

-         Merde…
 

-         Tu penses que
 

-         Qu’est ce que ça pourrait bien être d’autre, « ils » ont réussi à déchiffrer ce qu’on avait mit en mémoire sur l’ordinateur et « ils » ont essayé de retrouver le morceau de la statuette que possédait Seiya ! (Je reportai mon regard sur mon ami) Dans un sens, ça n’a pas dû se passer comme « ils » l’avaient prévu, puisque qu’ « ils » ne l’ont pas trouvée.
 

Hidy bu une grande gorgée de café, je le vis qu’il réfléchissait à ce que je venais de dire, je me rassis en face de lui.
 

-         Demain je retourne au manoir !
 

-         Pourquoi faire ?
 

-         Il y a quelque chose qui ne colle pas dans tout ça !
 

-         Qu’est ce qu’il ne colle pas Milan ? Me demanda Hidy d’un air las et presque exaspéré, mais je fis celui qui n’avait pas remarqué.
 

-         Les énigmes…rien ne colle ! Je les ai tournées dans tous les sens ! J’ai même essayé de faire un texte avec, les raccorder entre elles ! Déplacer les mots ! Rien ! Elles ne veulent rien dire ! Il n’y a aucune cohérence !
 

-         Et retourner au manoir ça va t’aider à les résoudre ? Me demanda ironiquement Hidy.
 

-         Je ne crois pas ! Mais je pense que ce manoir nous cache encore pas mal de choses !
 

Je décidais de planter mon regard dans les yeux verts de mon ami et d’attendre qu’il s’exprime, j’attendais surtout une parole positive de sa part.
 

Tapotant ses doigts sur la table, Hidy ne pipa pas un mot pendant un long moment, évitant mon regard de façon très habile, un silence blanc s’était installé entre nous deux…Finalement, exaspéré, il me regarda :
 

-         Quoi ?!!
 

Je croisais mes bras pour lui faire comprendre que je ne dirais rien.
 

-         Tu veux que je vienne avec toi au manoir ? C’est ça ?
 

Un sourire en coin, je m’amusais de le voir se débattre dans ses pensées indécises.
 

Il me pointa avec sa petite cuiller, les yeux comiquement plissés.
 

-         Tu sais que tu es une vraie calamité toi ! Me dit-il, sans méchanceté aucune.
 

-         C’est pour ça que tu vas venir avec moi.
 

-         Tu es si sûre que je veux venir dans ce manoir poussiéreux ?!
 

Je me penchai sur la table, m’approchant de lui, comme si je voulais lui chuchoter un secret.

-         Tu en meurs d’envie Hidy !
 

-         Racaille !
 

-         Mmm !
 

Et nous éclatâmes de rire.

 

***

 

Le lendemain à midi, nous repassions une seconde fois le lourd portail de fer, mais cette fois-ci, le soleil était au rendez-vous. Il avait beaucoup neigé pendant la nuit et le panorama de la propriété avait complètement changé, cette neige blanche et éclatante sous ce soleil de midi, donnait un air féerique au manoir, je ne pus m’empêcher d’admirer la structure de la bâtisse, chose que je n’avais pas fait en détail la dernière fois.

Ma première impression m’avait donné une image austère de ce manoir, faite  de fantômes, d’idées noires, de peurs et d’angoisses…c’est là que je me rendis compte que les environnements et les ambiances ont un impact lorsque nous agissons dans un endroit inconnu.

Il suffit d’un peu de soleil pour qu’un manoir lugubre devienne une bâtisse enchantée sous une neige étincelante comme du diamant.
 

Alors que nous avancions, Hidy dit une chose qui m’interpella :
 

-         Tu as vu…Nous sommes les premiers à y pénétrer.
 

C’était vrai, la nouvelle neige pure avait recouvert les anciennes empreintes et effacé tous repères, le chemin, inexistant sous cette neige épaisse, était aussi plat et silencieux qu’une mer calme et immobile que de l’huile.
 

Hydi et moi nous nous regardâmes :
 

-         A toi de poser le premier pas sur la Lune mon ami ! Me dit Hidy, un sourire en coin, passant son bras autour de mon épaule.
 

La neige craquait sous nos bottes, je montais mon regard tout en haut de la pointe de la tour Nord et c’est là que je le vis !
 

J’arrêtai nos pas en plaquant ma main sur la poitrine d’Hidy.
 

-         Eh! mais qu’est-
 

-         Chut !
 

Je fis un signe de tête vers la haute pointe de la tour, Hidy suivit mon regard et ses yeux s’agrandirent d’étonnement !
 

Un homme était debout en équilibre sur cette pointe, il nous regardait…ou peut-être était-ce une femme, car ses cheveux longs verts ondulaient dans son dos comme son vêtement qui volait doucement avec le vent léger qu’il y avait ce jour-là, des ailes dorées se déployaient dans son dos.
 

Il ou elle ne bougeait pas, toujours nous regardant.
 

-         Qu’est c’qu’on fait ? Me demanda fébrilement Hidy.
 

-         Rien ! On ne bouge pas !
 

Je n’avais pas peur, j’étais surtout impressionné, mais je sentais la peur de mon ami et je me sentais désolé pour lui.
 

-         Ce n’est pas le même que la dernière fois ! Fis-je.
 

-         Qu’en sais-tu ?
 

Nous chuchotions, sans nous regarder, nos yeux n’arrivaient pas à se détacher de cet être en équilibre sur une pointe d’un toit conique à plus de 20m de hauteur !
 

-         La couleur de cheveux et puis son armure.
 

-         Tu as vu comme elle scintille ? Ne put s’empêcher de me dire avec admiration mon ami.
 

Fronçant les sourcils, je n’aimais pas la façon dont cet être nous jaugeait, affichant sa supériorité et son charisme !
 

Je m’avançais, résolu.
 

-         Milan !! Qu’est c’que tu fais !!
 

-         VOS METHODES D’INTIMIDATIONS NE MARCHENT PAS !!!! NOUS NE LACHERONS PAS L’AFFAIRE !!!!! QUI QUE VOUS SOYEZ !!!!
 

J’avais hurlé aussi fort que je le pus, ma voix avait résonné bizarrement dans cet endroit, comme si j’avais déchiré un voile de soie par le bruit.
 

Il y eut ensuite un long moment d’incertitude, l’être ne bougeait toujours pas, le cœur battant, nous attendîmes la suite des évènements.
 

Puis l’être s’évapora comme de la fumée, aussi silencieusement.
 

Je me suis retourné vers mon ami qui me regardait avec des yeux complètement abasourdis.

-         J’ai…pas vraiment conscience de ce que je viens de faire. Dis-je un certain doute dans la voix, le sourcil légèrement froncé.
 

-         T’es carrément cinglé oui !! Il va faire quoi maintenant l’autre !! Ameuter tous ses copains !!
 

-         Je crois que c’était une femme.
 

-         Milan !! S’insurgea mon ami.
 

-         Ca va relaxe Hidy, je ne crois pas que nous soyons en danger.
 

-         Tu…mais comment tu peux le savoir d’abord ??!
 

-         Je le sais, c’est tout.
 

Hidy roulait des yeux et se tapa le front du plat de sa main.
 

-         Mais bien sûr ! Suis-je bête !! Ton fameux don de la prémonition !!! Je l’avais oublié celui-là !!! S’exclama Hidy de son ton ironique.
 

Je souris doucement, amusé.
 

-         Tu dis de ces bêtises des fois, allez, on y va ?
 

Nous marchâmes jusqu’à l’entrée du manoir, Hidy, toujours se moquant de moi.
 

-         Vraiment n’importe quoi ! Fit-il avant que nous rentrions dans la bâtisse. 

 

 

 

 

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Cette fiction est copyright Galatée

 

Les personnages de Saint Seiya sont copyright Masami Kurumada.