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Chapitre 1
Mû et Yami allaient de leur côté, alors que la
demeure parentale de la petite fille s’éloignait de plus en plus. Elle n’arrêta
pas de jeter des regards en arrière qu’elle espérait furtifs, mais ce manège
n’échappait pas au Chevalier d’Or du Bélier, qui préféra ne rien dire, du moins
pour le moment. Soudain la jeune fille s’arrêta et se retourna, pour ne pas
montrer les larmes qui la défiguraient, mais le bruit des sanglots la
trahissait. Mû cessa de marcher mais ne se retourna pas.
Mû: Eh bien?
Quelle est la raison de cet arrêt? Nous avons encore un long chemin à faire
aussi je suggère que nous nous remettions en route sans attendre. Yami: NON!! Je
ne veux pas partir!! Mû: Saurais-je
pourquoi? Yami: Je ne
veux pas partir!! Je veux revoir mes parents et mon frère!! Mû: Il va
falloir t’y habituer Yami, car tu risques malheureusement de ne plus les
revoir, sinon avant quelques années. Je ne peux rien te dire d’autre, ou ce
serait mentir et te donner de faux espoirs. Yami (éclatant en sanglots): Arrêtez!! Ne dites pas ça!! Je me moque de ce que vous
dites, je veux les revoir!! Mû (soupirant et baissant la tête): Hmmm… Très bien, si c’est ce que tu veux, fais-le, je
ne t’en empêcherais pas. Je trouverais bien une raison pour expliquer ton
absence à mon maître. Dans ce cas, je repars, car je n’ai que trop traîné ici.
Ce
disant il reprit la route sans se retourner, laissant Yami seule, en larmes et
désemparée. Il n’avait pas bronché, rien dit, comme s’il n’avait pas de cœur…
Elle voulut se répandre en insultes contre lui mais elle courut aussi vite
qu’elle pouvait vers cette maison qu’elle était supposée quitter, laissant
couler ses larmes et crier son cœur.
Yami: MAMAN!!!
PAPA!!! HELDRIIIIIK!!!!
Elle
courut ainsi en pleurs avant de s’arrêter, en proie au doute. Ses parents lui
avaient dit qu’elle devrait être forte, et que pour leur « faire
plaisir » , elle devait partir sans se retourner… Mais en aurait-elle
seulement la force? Allait-elle pouvoir vivre sans ses parents et son petit
frère? C’était surtout pour lui qu’elle s’inquiétait… Il était si influençable,
si sensible et si naïf… Elle ne voulait pas qu’il lui arrive quoi que ce soit,
elle ne le supporterait pas. Mais elle savait au fond d’elle, même si elle ne
voulait pas se l’avouer sur le moment, qu’il avait comme elle quelque chose de
mystérieux, qui lui permettrait de surmonter cette épreuve… Elle resta là,
hésitant, regardant successivement dans la direction de la maison puis dans la
direction qu’avait empruntée Mû, avant de finalement sécher ses larmes.
Yami: Maman,
Papa… Je vous promets que… que je serais forte.
Penser à
ses parents la faisait souffrir intérieurement, aussi après un dernier regard
bref vers la maison, elle se remit à courir pour rattraper Mû, même si son cœur
aurait voulu repartir dans l’autre sens.
De son
côté, Mû marchait tranquillement, réfléchissant à cette situation.
Mû: J’avoue que cela m’intrigue: cette petite
fille possède un potentiel indéniable pour devenir Chevalier d’Or, mais pour le
moment son cœur est encore trop attaché à sa famille. Néanmoins…
Il ne
termina pas sa phrase, Yami accourrait vers lui.
Yami: Attendez!! Mû: Eh bien?
Tu es finalement décidée à venir avec moi? Yami (baissant la tête): Oui… Mais vous devez savoir que je le fais plus pour
tenir la promesse que j’ai faite à mes parents que pour quoi que ce soit
d’autre. Mû: Je m’en
doute, mais tu finiras par te faire une raison en temps utile. Mais nous avons
assez perdu de temps, nous devrions repartir sans plus tarder.
Il se remit
à marcher, Yami le suivant, tête baissée, sans rien dire.
De leur
côté, Uthgar et Alberich marchaient sans mot dire, mais l’homme sentait bien la
détresse qui émanait de l’enfant et qui étreignait son cœur. Le grand homme
était, depuis qu’il avait vu celui qu’il devait ramener en Asgard, en proie au
doute face à une telle situation, bien qu’il l’avait caché aux parents et au
petit garçon: même si c’était son devoir et que le Seigneur Dolbar lui avait
demandé, avait-il le droit de prendre cet enfant, de l’arracher à ses parents,
de leur enlever? Il était tenté d’aller chercher Mû, de lui reprendre la petite
fille et de ramener les deux enfants à leurs parents, puis de repartir au
Royaume d’Asgard seul, assumant son échec. Mais il ressentait au fond du petit
garçon un pouvoir latent qui, s’il parvenait à le maîtriser, ferait de lui un
puissant Guerrier Divin… Entre deux eaux, Uthgar hésitait encore quand à ce
qu’il devait faire lorsqu’ Alberich se mit à pleurer.
Uthgar: Que
se passe t’il?! Alberich: Je
veux pas partir, je veux revoir mes parents et ma sœur! Uthgar (baissant la tête): Je… je suis désolé mais il faut que tu viennes avec
moi… Cela m’attriste et me désole de devoir te séparer de tes parents, mais je…
je dois le faire. Alberich (s‘asseyant et pleurant): Non! Je veux pas! Uthgar (réprimant une larme): Je… Écoute… Je ne veux pas, je ne peux pas aller
contre ta volonté, Alberich. Alors va, va retrouver tes parents, je ne ferais
rien pour te retenir… Je me débrouillerais pour expliquer le fait que je sois
revenu seul.
Il
s’assit sur un rocher, le visage entre les mains pour ne pas montrer la
souffrance que lui infligeait ce dilemme, alors que l’enfant se releva, le
regardant un court instant avant de partir en courant. Le petit garçon finit par
trébucher sur une pierre et tomba, versant encore plus de larmes. Il pouvait
faire comme le lui avait dit l’homme, revenir voir ses parents, mais
reverrait-il sa sœur? Elle était partie avec un autre, et il ne savait pas si
elle reviendrait. A quoi cela servirait-il s’il ne retrouvait pas sa sœur en
plus de ses parents? Alberich pleurait, ne sachant que faire, quand une fine
aura lumineuse blanche teintée de violet l’entoura. Il se recroquevilla sur
lui-même, poussant un cri d‘effroi, en proie à la peur, alors que des voix
résonnaient.
Alberich: Aaaah,
ce sont les voix!! Non, laissez-moi!! Voix: N’y va pas… Pas là-bas… Tu es choisi… Les étoiles… Asgard… Alberich… Alberich: NOOON!!! Arrêtez!! Taisez-vous!! Voix: Tu n’as… pas le choix… Tu dois… y aller…
A ce
moment des racines se mirent à sortir du sol et agrippèrent le garçon, qui se
mit à crier plus fort et pleurer de plus belle.
Alberich: Lâchez-moi!!
Laissez-moi partir!!
L’aura
de lumière qui l’entourait se fit soudainement plus intense et finalement,
comme lié à ce phénomène, les racines relâchèrent leur étreinte, alors
qu’Alberich regardait ses mains, constatant la présence de cette étrange
lumière. Il sécha tant bien que mal ses larmes et se releva tant bien que mal.
Alberich: Oh,
c’est… c’est la même chose qui avait entouré Jasmine… Mais qu’est-ce que c’est?
Elle n’est pas de la même couleur… Moi aussi j’en ai une, de lumière? Mais
c’est quand je vois les yeux et entends les voix que j’ai ce truc…
Les voix
retentirent de nouveau, mais le petit garçon ne sursauta pas, restant immobile,
comme cherchant une explication au phénomène
Voix: Tu as compris… Maintenant… Va… Uthgar… Asgard… Alberich: Oui…
Je le ferais… Pour mes parents, je leur ai promis… Et parce que je dois le
faire… Voix: Oui… Bien…
Alors
que les voix disparaissaient aussi soudainement qu’elles étaient apparues,
l’enfant regarda longuement en direction de la maison parentale, réprimant
d’autres sanglots avant de repartir là où était Uthgar.
Toujours
en proie au doute, le grand homme réfléchissait, ne remarquant pas qu’un
harfang des neiges venait de se poser sur une branche d’un arbre mort près de
lui. Lorsqu’il s’en aperçut, il le regarda et eut un sourire.
Uthgar: Bel
oiseau, tu es libre comme le vent, ce qui n’est pas mon cas… Je t’envie, toi
qui est aussi blanc que la neige immaculée. Celui que j’ai le devoir de former
te ressemble, tu sais? Mais… Alberich (de derrière): M… Monsieur? Monsieur Uthgar? Uthgar (se retournant ce qui fait s’envoler le
harfang des neiges): Oh… Pourquoi es-tu revenu,
Alberich? Tu n’es pas retourné auprès de tes parents? Alberich: Non…
Si je revoyais mes parents, je ne reverrais pas ma sœur… Et puis je leur ai
promis que je serais fort, pour qu’ils soient fiers de moi… Uthgar: Tu
leur fais honneur Alberich. Très bien, si tu veux venir avec moi de ton plein
gré, alors nous pouvons repartir. Alberich: Oui,
c’est ce que m’ont dit les voix.
Le
finlandais ne jugea pas utile de lui demander ce qu’il voulait dire, il en
avait même une petite idée.
Uthgar: Je suis prêt à mettre ma main à couper qu’il
s’agit là d’une manifestation de son potentiel…
Il
repartirent, le plus vieux tenant la main du plus jeune, qui ne pipait mot.
Athènes, Grèce; le 26/10/1981
Yami
écarquillait les yeux d’émerveillement: la mythique ville d’Athènes dévoilait
devant ses yeux tous ses charmes alors que le soir s‘avançait dans le ciel.
Mais Mû ne lui laissait guère le temps de profiter de son environnement, ils
prenaient tous deux le chemin du Pirée. Allant du côté d’un vieux et petit port
de pêche, le tibétain se dirigea vers un quai où un homme dormait sur le pont
de son bateau. Le réveillant d’un claquement de doigts, le Chevalier d’Or
entama une discussion dans une langue inconnue de la petit fille, qui restait à
l’écart, assise sur une bitte d’amarrage, fatiguée de son long voyage depuis la
Suède. Elle attirait manifestement le regard, il était en effet rare de croiser
quelqu’un avec une telle couleur de cheveux, tirant sur l‘indigo; elle essaya
de ne pas y penser, préférant se dire qu‘elle devait dormir un peu. Alors
qu’elle s’assoupissait, le Chevalier du Bélier revint vers elle.
Mû: Allez,
viens, la navette pour le Sanctuaire d’Athéna nous attend. Yami: Heu… Le
Sanctuaire? Qu’est-ce que c’est? Mû: Je
t’expliquerais durant le voyage, mais embarquons. Yami: D’a…
D’accord.
Elle
alla se caler contre l’un des pare-battages alors que Mû aidait l’homme à
défaire les amarres et poussa le bateau du quai.
Mû: Enfin!
Nous serons bientôt à Rodorio. Yami: Si vous
m’expliquiez? Je ne comprends pas vraiment tout ce que vous dites. Mû: Vois-tu,
le monde est dirigé par des Dieux. Parmi les principaux sont Athéna et Odin.
Athéna protège la Terre contre ceux qui souhaiteraient la détruire ou lui faire
subir tout autre sort qui viserait l’humanité. Odin, son allié depuis la nuit
des temps, a pour rôle principal de
geler les deux pôles, et c’est le Dieu Tutélaire du Royaume d’Asgard. Tu me
suis jusqu’à présent? Yami: Oui… Je
crois. Mû: Bien, je
continue. Les protecteurs d’Athéna sont appelés les Chevaliers. Il en existe
88, et je suis l’un d’entre eux. La Chevalerie est divisée en castes, dont la
plus basse est celle des 48 Chevaliers de Bronze, qui filent à la vitesse du
vent; puis viennent les 24 Chevaliers d’Argent, qui atteignent sans problème la
vitesse du son, et enfin, ceux dont je fais partie, les 12 Chevaliers d’Or, qui
vont à la vitesse de la lumière, ils peuvent faire sept fois et demi le tour de
la terre en une seconde. Yami: Mais ça
ne fait que 84 Chevaliers. Et les 4 autres? Mû: Eh bien
pour être honnête c’est un mystère, on a toujours dit qu’il existait quatre
Chevaliers de Nature Inconnue. Personnellement j’adhère à cette théorie. Mais
revenons là où nous étions. Comme je te l‘ai dit, il existe 88 Chevaliers,
chacun revêtu d’une Armure sacrée et protégé par une constellation dont ils
tirent leurs pouvoirs, les Chevaliers d’Or étant protégés par celles de
l’écliptique, le Zodiaque. Ainsi, je suis le Chevalier Mû du Bélier. Yami: Mais où
est votre armure alors? Vous ne l’avez pas sur vous? Mû: Non, je
ne souhaitais pas trop attirer l’attention… Tu verras mon Armure d’Or une fois
que nous serons arrivés. Et cela va me permettre d’aborder un autre point.
Athéna n’a jamais voulu que des femmes combattent pour elles, néanmoins il est
des exceptions, aussi lorsqu’elles veulent montrer leur fidélité à Athéna, les
femmes chevaliers portent un masque sur le visage, symbole de renoncement à
leur féminité. Tu dois savoir que si un homme venait à te voir sans ton masque,
tu n’aurais que deux options, Yami. Yami: Lesquelles? Mû: Le
déshonneur est plus grand que d’avoir été vue nue; tu devras soit tuer cet
homme, soit l’aimer. Yami (écarquillant les yeux): Mais c’est cruel! Mû: Peut-être
mais telle est la règle… Néanmoins, entre femmes Chevaliers, vous pouvez sans
problème retirer vos masques. Yami (l‘air pensif): Hmm… Mais donc, je vais devenir une femme Chevalier? Mû: Exact,
tu es appelée à être Chevalier d’Or des Poissons après l‘actuel, Aphrodite, et
je serais ton Maître. Mais assez parlé pour le moment, tu devrais prendre un
peu de repos avant que nous arrivions, je continuerais plus tard. Yami (baillant): Ouuuah, je crois que oui, j’ai les yeux lourds…
Elle
s’allongea sur une des banquettes en essayant de trouver le sommeil alors que
Mû alla parler au capitaine, mais Morphée la prit vite dans ses bras, si bien
qu’elle n’entendit guère de la conversation des deux hommes.
Göteborg, Suède; le 26/10/1981
Alberich
regardait la ville à la fois étrangère et familière de Göteborg s’offrir à ses
yeux, alors que la nuit tombait. Il se souvenait y être allé quelques fois en
famille, mais jamais il n’avait vu le port. Se laissant amener par Uthgar, il
jetait des regards assez effrayés aux gens qui paraissaient étonnés de voir
pareil enfant: en effet ce n’était pas tous les jours que l’on croisait un
enfant aussi pâle qui plus est avec des cheveux blancs comme la neige. Il se
collait contre Uthgar, visiblement apeuré de toutes ces personnes qui le
regardaient. Finalement l’homme et l’enfant arrivèrent devant une petite
péniche, le « Rémora », qu’un homme âgé était occupé à nettoyer
fortement. Le finlandais le héla.
Uthgar: Bonjour
Capitaine Hërg! Homme: Bonjour
Uthgar. Je constate que tu es revenu à temps. Uthgar: Oui
en effet, et j’ai avec moi celui que je dois ramener au Royaume d’Asgard.
Hërg
sauta sur le quai et s’agenouilla devant le petit garçon.
Hërg: Je vois
ça… Et comment t’appelles-tu mon jeune ami? Alberich: Je
m’appelle Heldrik monsieur Hërg, mais monsieur Uthgar m’a dit que je m’appelais
aussi Alberich. Hërg (souriant): Alberich… Je vois. Bien, si vous voulez bien
embarquer, nous n’allons pas tarder à partir pour Asgard. Uthgar: Il
a raison, allez Alberich, monte à bord. Alberich: Oui…
Le petit garçon alla s’asseoir à l’avant du
navire alors que les deux hommes relevaient la passerelle et larguaient les
amarres. Uthgar rejoignit celui qui devait être son élève et s’assit à son
côté.
Uthgar: Tes
parents et ta sœur te manquent… Alberich (baissant la tête): Oui… Uthgar: Je
comprends. Mais je suis certain que tu les reverras, je le sens au plus profond
de moi. Ceux que les dieux séparent finissent toujours par se retrouver. Mais
je crois que nous devrions parler d’autre chose pour t’éviter des pleurs
douloureux. Alberich, sais-tu comment le monde est fait? Alberich: Euh,
c’est un gros rond? Uthgar (souriant): En effet, la planète est de forme sphérique quoique
légèrement aplatie aux pôles. Mais si tu trace une ligne au milieu de ce rond,
cela le sépare en deux croissants, que l’on appelle des hémisphères. Il y a
donc l’hémisphère nord et l’hémisphère sud, avec le pôle correspondant à chaque
hémisphère. Est-ce que tu comprends? Alberich: Oui,
c’est assez facile… Uthgar: Bien.
Vois-tu il existe des personnes appelées des Dieux, qui sont ce que l’on
pourrait considérer comme des humains comme toi et moi ayant atteint un état
disons « au delà de la mort ». Alberich: Vous
voulez dire qu’ils sont mort et qu’ils vivent encore? Uthgar: En
quelque sorte oui. Et parmi ces dieux, il y en a deux qui protègent cette
planète: la Déesse Athéna défend la Terre contre tous ceux qui visent sa
destruction ou celle du peuple des hommes; on a coutume de dire que c’est elle
la Gardienne de l’Hémisphère Sud depuis son Sanctuaire Sacré, en Grèce. Le
Seigneur Odin, quand à lui, qui est son allié depuis toujours, utilise son
pouvoir pour geler en permanence les deux pôles qui menacent de fondre à cause
du réchauffement de la température terrestre; de coutume, il est le Gardien de
l‘Hémisphère Nord depuis le Royaume d‘Asgard. Chacune de ses deux divinités
possède une « armée » pour la défendre, car d’autres dieux mal
intentionnés leur font la guerre. Alberich: Ce
n’est vraiment pas très sympathique de leur part. Uthgar: En
effet, mais ce monde est ainsi, et nous devons l’accepter, avec ses peines et
ses joies… Mais je poursuis où j’en étais. Athéna est protégée par des
Chevaliers, chacun protégé par une des constellations existantes: 48 Chevaliers
de Bronze, 24 Chevaliers d’Argent, 12 Chevaliers d’Or et 4 Chevaliers de Nature
Inconnue. Ta sœur a été choisie par Athéna pour devenir un de ses Chevaliers. Alberich (essayant de cacher sa tristesse): Jasmine… J’espère que je la retrouverais… Pour montrer
à mes parents que je suis fort. Uthgar: J’en
suis convaincu… Et toi, Alberich, tu as été choisi par Odin pour devenir un de
ses Guerriers Divins. Alberich (le regardant intrigué): Un… Un Guerrier Divin? Uthgar: Exact…
Ils sont chacun protégés par une des sept étoiles de la constellation de la
Grande Ourse, et portent des Armures Divines. Ainsi Dubhe protège le Guerrier
Divin d’Alpha; Merak le Guerrier Divin de Beta; Phecda le Guerrier Divin de
Gamma; Megrez le Guerrier Divin de Delta; Alioth le Guerrier Divin d’Epsilon;
Mizar le Guerrier Divin de Zeta et Benetnasch le Guerrier Divin d’Eta.
Cependant, si l’on regarde attentivement à l’aide d’un télescope ou d’une
lunette astronomique la Grande Ourse, on s’aperçoit que Mizar possède une
étoile jumelle presque invisible à l’œil nu: l’étoile Zeta Prime de la Grande
Ourse, Alcor. Ce Guerrier Divin n’en est pas vraiment un, car son rôle premier
est de protéger celui de Zeta. Alberich: Donc
vous voulez dire que je vais devenir un Guerrier Divin? Uthgar: Exactement,
tu as été élu par Odin pour devenir après celui qui l’est actuellement,
Guerrier Divin de Delta. Et je serais ton Maître jusqu’à ce que tu sois digne
de revêtir une Armure Divine. Alberich: Mais
vous-même monsieur Uthgar, vous êtes un Guerrier Divin? Uthgar (souriant avec nostalgie): Je l’ai été, il y a plus de vingt ans de cela… J’étais
le Guerrier Divin de Gamma, connu sous le nom d‘Uthgar de Phecda, et je suis le
seul à avoir survécu à une bataille meurtrière avec deux autres amis, Guerriers
Divins comme moi: Ymir de Dubhe et Skädi de Benetnasch. Aujourd’hui nous sommes
tous trois « à la retraite » car une nouvelle génération a été
appelée, dont toi et d’autres enfants êtes les représentants. Mais j’ai assez
parlé pour le moment, je crois que tu devrais dormir un peu, la fatigue se lit
sur ton visage… Je continuerais plus tard. Alberich (se frottant les yeux): Oui… J’ai vraiment sommeil…
Le jeune
garçon se pelotonna comme il pouvait en chien de fusil, le sommeil le gagnant
si vite qu’il ne sentit pas que l’homme le pris dans ses bras pour aller
l’allonger sur une banquette, plus confortable que le pont du
« Rémora ».
Rodorio, Sanctuaire d’Athéna, Grèce; le
27/10/1981
Le
sommeil de Yami était agité, parsemé de cauchemars où son frère souffrait. Mais
ces mauvais rêves se dissipèrent quand elle se fit réveiller par le tibétain.
Il la regardait d’un air neutre d’où perçait néanmoins sous le flegme apparent,
une touche de douceur…
Mû: Eh bien,
tu sembles avoir mal dormi… Encore ton frère? Yami: Oui…
J’ai du mal à me faire l’idée ne plus le revoir… Mû: Je ne
peux rien te dire, j’en suis désolé… Ce n’est pas une situation à laquelle je
peux tenter de remédier… Yami: C’est
pas grave…
Sachant
pertinemment qu‘elle pensait le contraire de ce qu‘elle disait, le Chevalier du
Bélier jugea bon de ne rien dire à ce sujet.
Mû: Tu
devrais te lever, nous sommes presque arrivés, regarde.
L’île
sacrée du Sanctuaire d’Athéna se découvrait devant elle, alors que le bateau
arrivait au port de Rodorio. Prenant la petite fille par la main sitôt après
avoir accosté, Mû la guida sans mot dire durant un long moment à travers les
ruines qui parsèment les collines aux alentours du village. Yami observait
ainsi des amphithéâtres antiques, d’anciennes colonnes, et des arènes ou
d’âpres combats se déroulaient. Bien qu’horrifiée par ce déchaînement de
violence, elle savait qu’elle devrait peut-être passer par ce genre
d’entraînement, aussi détourna t’elle la tête. Mais le Chevalier du Bélier se
dirigea vers l’arène la plus proche, l‘obligeant silencieusement à le suivre.
D’abord réticente à voir de tels combats, la petite fille suivit le jeune
homme, et observa ce qui se passait. Sur le sable de l’arène, au milieu des
taches de sang, deux filles masquées combattaient, l’une aux cheveux verts,
l’autre aux cheveux jaune pâle. Cette dernière était à genoux, sérieusement
blessée, sa tunique d’entraînement déchirée de partout, tenant son bras pour
juguler une hémorragie; l’autre se tenait face à elle, le poing dressé devant
son masque, et invectiva son adversaire.
Fille 1: Allez,
relève-toi Cassandra! Je n’ai pas envie de gagner en lâche, je ne te tuerai pas
alors que tu es dans cette position. Tu es de toute façon à ma merci, tu n’en a
plus pour longtemps. Cassandra: Tais-toi!!
Je vais te montrer que je ne suis pas encore enterrée! Je te tuerais Shina!
Se
relevant avec la férocité d’un animal acculé, elle fonça sur Shina qui lui
asséna un violent coup de pied qui craquela violemment son masque et l’envoya
glisser dans la poussière. Puis elle sembla se concentrer alors qu’une aura
violette apparaissait autour d’elle. Cela rappela à Yami la fois où elle avait
observé ce phénomène sur elle alors qu’elle massait la jambe de son jeune
frère. Finalement la dénommée Shina leva lentement son bras alors que ses
ongles poussaient et se teintaient de la même couleur que son aura, alors que
son adversaire fonçait vers elle.
Shina: La fin
est proche pour toi Cassandra! Cassandra:
Non, tais-toi!!! Tu vas mourir!! Shina: Par la
Griffe du Tonnerre!!!!!
La fille
aux cheveux verts abattit ses ongles qui semblaient parcourus d’éclairs violets
sur le visage de celle aux cheveux jaune pâle, qui resta un moment immobile
alors que son adversaire, ayant frappé jusqu’au sol, se relevait lentement.
Puis le masque se fissura, révélant le visage meurtri de Cassandra, couverts de
coupures sanglantes; elle s’effondra à terre en vomissant un flot de sang,
laissant difficilement échapper de ses lèvres le mot « traîtresse ». Shina
tourna la tête vers elle, alors que la flaque rouge grandissait.
Shina: Je t’ai
vaincu à la loyale, que tu le veuilles ou non; t’en rendras-tu compte dans la
mort?
Yami se
sentit mal devant le spectacle qu’elle avait eu devant les yeux. Le sang qui
coulait lui donnait la nausée, mais elle se força à regarder la suite
maintenant que l’une des combattantes avait gagné. Sur un piédestal dans une
des loges de l’arène trônait une boîte métallique argentée. Un homme d’âge mûr
se tenait devant, les bras croisés devant lui, affichant un air sévère. Il prit
la parole avec fermeté alors que Shina et lui se regardaient.
Homme: Shina,
tu as vaincu Cassandra, dernier obstacle à ton acquisition de cette Armure
d’Argent. Moi, Ambroise, ancien Chevalier du Serpentaire, déclare que tu as
mérité de revêtir ce qui était jadis mien. Puisses-tu toujours protéger Athéna,
Shina, Chevalier d‘Argent du Serpentaire!
Ambroise
fit un signe et la boîte s’ouvrit, révélant une forme métallique violette,
comme un totem: l’Armure d‘Argent d’Ophiuchus. Elle éclata dans une gerbe de
lumières et vint revêtir la jeune fille.
Ambroise (avec un léger sourire): Ton Armure d’Argent t’a accepté Shina… Tu fais
désormais pleinement partie de la Chevalerie d’Athéna. Shina (dans un murmure): Merci…
Elle se
dirigea vers la boîte qui s’était refermée, la prit par les lanières, la
mettant sur son dos, et partit sans un mot lors que l’arène se vidait peu à
peu. Mû prit finalement la parole.
Mû: Ce que
tu viens de voir est monnaie courante pour l’acquisition d’une Armure… Il faut
des fois s’affronter, s’entretuer… Et cette jeune fille vient de t’en donner
l’exemple, tu devras sûrement passer par cela si tu souhaites vivre et devenir
Chevalier d’Or des Poissons. Yami: Toute
cette violence… Mais je réussirais! Mû: Ta
volonté est une bonne chose, mais elle ne fait pas tout… Mais repartons, nous
ne sommes pas encore arrivés.
Ils
reprirent la route puis finalement ils s’arrêtèrent devant un immense complexe
de vieux temples répartis sur une sorte de petite montagne, avec à son sommet
une immense statue: les Douze Temples du Zodiaque. Le tibétain s’agenouilla et
prit la parole.
Mû: Yami,
voici les Temples Zodiacaux, placés tout du long du Chemin du Zodiaque. Les
douze premiers que tu vois sont dans l’ordre de l’horoscope, ainsi le premier
est mon Temple, celui du Bélier, puis suivent ceux du Taureau, des Gémeaux, du
Cancer et ainsi de suite jusqu’au Temple des Poissons, celui qui te reviendra…
Et cette immense tour que tu vois est l’Horloge du Sanctuaire; elle est visible
de toutes les Maisons. Après, il y a le Temple du Grand Pope, et juste au
sommet de la colline, la Statue d’Athéna. Yami: Le Grand
Pope? Qui est-ce? Mû: Il
s’agit du représentant terrestre d’Athéna, il est en quelque sorte son prêtre,
et la seule autorité au Sanctuaire après notre déesse. C’est de lui que les
Chevaliers prennent leurs ordres. Voix: Ce que
tu ne fais pas vraiment, Mû du Bélier!
Le
tibétain et la jeune québécoise se retournèrent à l’entente de la voix
particulièrement harmonieuse pour voir un jeune homme aux longs cheveux bleu
ciel, revêtu d’une Armure dorée aux tons jaune et orange, enveloppé dans sa
cape et tenant son casque à la main.
Mû: Tu est
mal placé pour me juger, Aphrodite des Poissons. Que fais-tu si loin de ton
temple? Aphrodite: Le
Pope m’a confié une mission, j’en reviens tout juste… Mû: Quelle
était-elle? Aphrodite (avec un sourire ironique): Pourquoi,
vu que nous ne semblons pas nous faire confiance, te dirais-je ce que j’ai
accompli? Mû: A ton
aise, j’ai bien une idée… Aphrodite: Mais
dis-moi, qui est cette jeune fille qui t’accompagne? Mû: Me
croiras-tu si je te dit qu’elle te succèdera? Aphrodite (regardant avec insistance Yami qui
se cache à moitié derrière le Chevalier du Bélier): Elle me succèdera, tu dis? C’est le Pope qui t’as
envoyé la chercher? Mû: Exact,
et je serais son Maître à Jamir. Aphrodite (levant un sourcil): Étrange… Mû (soupirant): Je ne te le fais pas dire, je ne sais même pas qui me
succédera… Mais tu m’excuseras, je dois me rendre dans mon temple avec elle en
attendant le Crusos Sunagein où les futurs Chevaliers d’Or seront reçus par le
Pope avant d’être envoyés dans leurs lieux d’entraînement. Aphrodite: Je
te suis, je vais faire mon rapport, mais je dois dire que cela m’intrigue que
tu n’ailles pas l’entraîner au Groenland, là où j’ai gagné mon Armure d’Or, et
surtout que ce ne soit pas moi qui forme mon successeur… Mais peu importe.
Athéna et le Grand Pope savent ce qu’ils font. Me diras-tu ton nom, petite?
J’aimerais savoir qui occupera mon temple après moi. Yami: Je… Je
m’appelle Jasmine, mais Mû m’a dit que je m’appellerais Yami désormais. Aphrodite (souriant): Yami… Ravi de te rencontrer, belle petite demoiselle. Yami: Moi… moi
aussi, Monsieur Aphrodite…
Le trio
avança jusqu’à l’entrée du Temple du Bélier, le Chevalier des Poissons
continuant jusqu’au sien, alors que Mû faisait visiter sa Maison. Mû: Comme tu
le constates, le Temple du Bélier est divisé en plusieurs parties, de même que
les autres: un coin réservé à l’entraînement voire au combat en temps de
guerre; une chambre voire deux si le Chevalier a un apprenti; et une salle
d’hygiène avec un petit bassin pour se laver. Yami (désignant des formes enveloppées sous un
drap): Et qu’est-ce que c’est que ça? Mû: Ce sont
des Armures nécessitant réparation. Vois-tu, les Armures que nous portons sont
composées d‘un alliage dont je suis le seul à connaître le secret, et les
Armures sont en quelque sorte des entités vivantes. Ainsi lorsqu’elles sont
blessées suite aux coups reçus, elles régénèrent partiellement comme le corps
cicatrise. Et tu as pu le voir tout à l’heure, les Armures sont contenues dans
des boîtes métalliques appelées Boîtes de Pandore; ces Boîtes accélèrent le
processus de récupération, mais lorsque trop de coups ont été reçus et que les
Armures sont trop abîmées, elles sont mortes, et doivent être réparées. Je suis
le seul à pouvoir cela, et je t’enseignerais probablement cela… Mais pour
l’instant, tu devrais prendre du repos, et moi aussi… Je vais te conduire à la chambre d’ami.
Il la
prit par la main et l’emmena dans une petite salle avec un matelas sur une
dalle de granit. Bien qu’elle n’était pas habitué à un tel confort spartiate,
elle se dit qu’elle allait devoir se faire une raison, aussi elle alla se
coucher et chercha la meilleure position pour dormir, recroquevillée en fœtus.
Le jeune homme attendit qu’elle soit endormie pour aller se reposer dans sa
propre chambre.
Midheim, Royaume d’Asgard; le 27/10/1981
La
souffrance, la douleur… la mort. Dans les cauchemars qui troublaient le sommeil
d’Alberich, c’était ce à quoi était exposé sa sœur. Parcouru de tremblements de
peur, l’enfant murmurait le nom de « Jasmine ». A ses côtés, Uthgar, voyant se rapprocher la
crique ou était logé la « capitale » d’Asgard, jugea bon de réveiller
doucement le petit garçon.
Uthgar: Alberich?
Alberich? Réveille-toi, nous sommes presque arrivés.
Alberich
rouvrit lentement les yeux embués de larme qu’il sécha du mieux qu’il pouvait.
Uthgar avait revêtu un grand manteau par dessus ses vêtements et si ce n’était
pas lui qui l’avait réveillé, le froid s’en serait sûrement chargé. En effet il
grelottait, et sa peau pâle bleuissait. Le grand finlandais lui tendit un petit
manteau que l’enfant s’empressa d’enfiler.
Alberich: Merci
monsieur Uthgar. Uthgar: Ce
n’est rien voyons! Comme tu le sens, il fait bien plus froid qu’en Scandinavie,
et j’ai eu les mêmes réactions que toi la première fois que l’on m’a emmené
ici, mais crois-moi, tu t’y habitueras. Cela signifie que nous approchons du
Royaume d’Asgard, regarde.
Il lui
montra les falaises recouvertes de neige balayées par le vent, les forêts de sapins,
et un fjord qui se rapprochait rapidement. C’est là que se trouvait Midheim, la
ville principale du Royaume d’Asgard. Une fois
entrés dans le fjord, le capitaine Hërg les avertit de se préparer à débarquer
alors qu‘une neige fine se mettait à tomber.
Hërg: Uthgar,
je dois vous dire que je resterai une semaine environ en mouillage à Midheim,
le temps de refaire le plein… Uthgar: Sans
problème, de toute façons je pense que le Seigneur Dolbar ne mettra guère de
temps à voir les prochains Guerriers Divins et de les envoyer s’entraîner afin
d’obtenir leurs Armures Divines. Odin ne sélectionnerait pas des enfants
destinés à le servir si il ne prévoyait pas une menace à court ou moyen terme…
Après tout, en échange d’un œil auprès de Mimir le géant, il a bien obtenu la
sagesse infinie et un certain don de prédiction… Hërg: Oui,
cela voudrait sûrement dire que cette « menace » n’interviendrait que
lorsqu’ils seront arrivés à maturité… Serons-nous encore là pour voir ça? Uthgar (soupirant, les yeux fermés): J’ai déjà combattu et sait ce qu’est une bataille…
J’ai vu mourir des camarades… Je souhaite qu’Alberich ne vive pas ce que j’ai
vécu…
Il
laissa sa phrase en suspens, des souvenirs qu’il souhaitait rester enfouis au
plus profond dans sa mémoire se rappelant douloureusement à lui. Le capitaine
interrompit ce mauvais moment.
Hërg: Nous
allons entamer la manœuvre, sautez sur le quai je vais avoir besoin de vous. Uthgar (secouant la tête): Hein? Oh oui…
Après
avoir aidé le marin, il prit l’enfant avec lui et s’agenouillant, lui montra
une forme lointaine.
Uthgar: Alberich,
vois-tu cette immense statue au loin? Alberich: Je
ne vois pas grand chose, la neige qui tombe m’empêche de voir clair. Uthgar: C’est
la Statue d’Odin devant laquelle le Grand Prêtre d’Odin prie pour que le
Seigneur d’Asgard empêche la fonte des pôles et les gèle en permanence. Depuis
longtemps il en est ainsi. Alberich: Le
Grand Prêtre d’Odin? Qui est-ce? Uthgar: Vois-tu,
à la différence de son alliée la Déesse Athéna, le Seigneur Odin ne possède pas
un corps comme le tien ou le mien, il est en quelque sorte invisible… Et il
communique ses ordres à son Grand Prêtre, qui est aussi le régent du Royaume
d’Asgard et en temps de guerre, celui à qui les Guerriers Divins doivent obéir. Alberich: Il
n’a jamais eu de corps? Uthgar: Pas
à ma connaissance, mais dans les temps anciens, je crois qu’il avait une
enveloppe corporelle sur terre, je ne sais pas pourquoi cela a changé…
Maintenant viens, nous allons au Palais du Valhalla, la résidence du Grand Prêtre
d’Odin et de sa famille, nous sommes attendus là-bas, toi tout
particulièrement.
Le plus
âgé tenant la main du plus jeune, ils quittèrent rapidement la ville portuaire
et empruntèrent un sentier à moitié recouvert par la neige. Alberich vit ainsi
s’offrir devant lui un paysage ingrat mais dégageant néanmoins une certaine
beauté.
Uthgar: Comme
tu le vois, Asgard est un pays rude… Le climat éprouve ses habitants qui ne
voient que rarement le soleil pendant deux courts mois estivaux; mais la neige
ne fond jamais entièrement, elle est une part du pays... L’été d’Asgard est un
peu le printemps d’autres pays, je suppose que cela est dû à sa position proche
du Pôle Nord et par le fait que c’est une île. Mais comme toi et moi sommes
scandinaves, nous résistons sans doute mieux à un tel froid que des latins par
exemple. Alberich: Les
gens arrivent-ils à vivre bien dans ce pays? Uthgar: Hmm,
c’est assez difficile à dire, je sais que les deux mois de soleil sont mis à
profit pour faire le maximum de réserves de nourriture… Le niveau de vie au
Royaume d’Asgard est proche par endroits du Moyen-Âge… C’est là le destin de
ses habitants, mais leurs souffrances sont nécessaires au maintien de
l’équilibre du monde: cet honneur adoucit leurs souffrances…
Au bout
d’un moment, ils entrèrent dans une forêt de sapins qui semblaient vouloir
atteindre les nuages, leur cime cachant partiellement le ciel. Un hurlement
sauvage retentit, le jeune suédois se plaquant contre le genou du finlandais,
tremblant de peur.
Alberich: Un
loup!! J’ai peur Uthgar... Uthgar (souriant): Allons, pourquoi as-tu peur? Tu n’es pas seul, je suis
avec toi… Et même si ce loup a faim, il ne t’attaquera pas, car sinon c’est moi
qui le mangerai, ah ah!
Guère
rassuré malgré les paroles du géant, l’enfant reprit la route avec lui alors
que les hurlements des loups déchiraient la forêt. Entre les troncs, des
silhouettes les regardaient, leurs yeux luisant dans l’obscurité de la nuit
tombante. Néanmoins, en essayant d’exorciser sa peur en les regardant, il remarqua,
intrigué, une silhouette vaguement humaine au milieu des animaux. Voûtée, elle
observait manifestement les deux scandinaves. Préférant s’en désintéresser,
Alberich suivit le grand homme sans mot dire. Finalement, après une longue
marche à travers la forêt et une gorge, ils arrivèrent en vue du Palais Royal,
imposant avec ses cinq pont-levis et ses trois hauts donjons. Construit sur une
falaise qui dominait un vaste gouffre dont la brume cachait les abîmes, il
était surplombé par l‘immense statue d’Odin. Elle représentait un homme borgne
et sans âge, barbu, coiffé d’une couronne de diamants portée par deux corbeaux;
aux pieds du colosse étaient deux drakkars, dans sa main gauche il tenait une
rondache; dans la droite, une épée par la lame, la légendaire Balmüng.
Uthgar: Nous
y voilà presque! Comment te sens-tu? Alberich: Mes
pieds me font mal, ils sont froids. Uthgar: Ne
t’inquiète pas, nous serons bientôt au chaud dans le Palais… Allez, encore un
peu de courage! Alberich: Oui…
Alors
qu’ils traversaient une espèce de cour et contemplaient de près l’immense
statue du Seigneur Odin, une voix se fit entendre.
Voix: Uthgar?
Vous êtes déjà de retour?
Se
retournant, ils firent face à une belle jeune fille aux longs cheveux gris
argentés et aux yeux mauves; les parures brodées sur sa robe laissaient
clairement voir son appartenance à la noblesse asgardienne et plus précisément
la famille royale. Uthgar s’agenouilla devant elle, baissant la tête; Alberich
fit de même, ignorant ce qui se passait.
Uthgar (respectueusement): Princesse Hilda de Polaris… Hilda (souriant): Je suis heureuse de te revoir Uthgar, je vois que tu
as accompli la mission que mon père t’avait confiée. Uthgar: Oui…
Mais je dois vous avouer, Princesse Hilda, que j’ai été déchiré de doutes…
J’hésitais à arracher cet enfant à ses parents, me demandant même si je ne
devais pas revenir seul et expliquer mon échec. Hilda (posant sa main sur le crâne du
finlandais comme pour l’absoudre): Je te
remercie de ta franchise Uthgar, et je comprends parfaitement tes doutes. Pour
des non-asgardiens qui ne connaissent pas tout ce que représentent Odin et les
légendaires Guerriers Divins, le déchirement est grand…
Tournant
la tête vers Alberich, elle sourit en s’agenouillant devant lui pour le
regarder.
Hilda: Mais
dis-moi, jeune garçon, quel est ton nom? Alberich: Je… Je m’appelle Held…euh,
Alberich, madame la princesse. Hilda
(souriant):
Ah ah, « Madame »? Allons Alberich, tu peux
dire « Princesse » ou « Mademoiselle » tout simplement,
après tout je n’ai que 11 ans. Heureuse de te connaître, futur Guerrier Divin…
Alberich
rougit sans rien dire alors que la Princesse se relevait.
Hilda: Nous
devrions rentrer au Palais, mon père attend votre retour ainsi que celui des
autres enfants. Uthgar (se relevant): Comme vous le voudrez Princesse Hilda.
Une fois
à l’intérieur, l’asgardienne et les deux scandinaves virent arriver devant eux
deux jeunes gens qui devaient être approximativement de l‘âge d‘Hilda: l’un aux
cheveux turquoise coupés en brosse, et l’autre, plus petit, aux cheveux
écarlate dont une mèche cachait l’œil droit. Ils semblaient en train de
discuter, et le plus grand semblait lutter pour ne pas céder à la colère que
l‘autre lui inspirait visiblement.
Garçon 1:
C’est évident Syd, c’est à des asgardiens qu‘il doit échoir de protéger le
Royaume d‘Asgard, et particulièrement à ceux qui sont de sang noble. Syd: Je ne
suis pas certain de partager ton opinion Albérich… Même si dans ma famille, les
Mizar, et dans la tienne, les Megrez, l‘on a pu recenser des Guerriers Divins
depuis des temps immémoriaux, cela ne veut pas dire que nous le serons un jour. Albérich: Quelle
naïveté! Nos familles portent le nom des étoiles de la Grande Ourse, cela
devrait te sauter aux yeux ! Le destin a choisi nos familles et ce pour
toujours! Syd (souriant): Alors comment expliques-tu que parmi les trois
survivants de la dernière grande bataille qu‘aient mené les Guerriers Divins il
y a près de 20 ans, deux soient des non-asgardiens?
Alors
qu’Albérich allait répondre à cette pique, la jeune princesse d’Asgard jugea
bon de les interrompre. Entendant la fille du souverain, les deux garçons
s’agenouillèrent.
Hilda: Albérich,
comme te l’a bien dit Syd, les Guerriers Divins sont choisis par notre Seigneur
Odin… Ce qu’il a d’ailleurs déjà fait. Albérich: Mais…
Je ne savais pas! Hilda (soupirant): Hmmm… Tu as beau, au même titre que Siegfried de
Dubhe, Hagen de Merak et Mime de Benetnasch, être un des familiers du Palais et
de ma famille, tu n’es pas de sang royal. Cette décision n’est connu que des
Polaris et de ceux que mon père a envoyé chercher. Néanmoins toi et Syd êtes
désormais au courant… Peu importe, mon père aurait fini par révéler cela au
peuple d’Asgard. Albérich (regardant l’enfant): Ne me dites pas que cet enfant derrière vous est… Uthgar (l’interrompant): Tu as deviné c’est l’un des futurs Guerriers Divins. Albérich (avec mépris): Un petit albinos… Le Seigneur Odin ne sait donc pas ce
qu’il fait ? C’est un faible, regardez-le ! Uthgar: Tu
n’es pas des plus résistants physiquement non plus au cas où tu ne l’aurais pas
remarqué… Et cet enfant n’a que 6 ans, il aura largement le temps de grandir et
de s’endurcir sous ma tutelle. Albérich: Vous
allez l’entraîner?! Uthgar: Exact,
Le Seigneur Dolbar m’a jugé digne d’être son Maître au vu des services rendus
en protégeant Asgard. Albérich:
Pff, vous n’êtes même pas asgardien, et lui non plus! Uthgar (souriant): Et alors? Je ne vois pas le problème. J’ai beau être
finlandais, j’ai été Guerrier Divin de Gamma, et j’entraînerais ce jeune garçon
venu de Suède, qu’Odin a nommé Alberich, pour qu’il devienne Guerrier Divin de
Delta. Albérich (écarquillant les yeux): L’étoile Delta ?! Mais c’est Megrez !! Et il porte mon
prénom p |