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On
dit que la mer rejette sur ses côtes ce qu’elle ne veut pas garder…
Le corps était baladé de vagues en vagues, les eaux
houleuses de la Méditerranée faisaient glisser le corps sur sa surface comme un
vulgaire morceau de chiffon détrempé. L’homme avait les vêtements en haillon,
certains endroits de sa peau faisaient face à un soleil féroce et brûlant et
elle rougissait de façon inquiétante.
La marée était en descente et le corps était en train
d’échouer sur une petite plage grecque, non loin du Cap Sounion, comme si le
destin avait voulu le ramener à son point de départ, histoire de lui donner une
seconde chance.
Mais l’homme était bien mal en point, sa peau était brûlée
par le soleil, écorchée de partout et complètement fripée par une trop longue
immersion dans l’eau.
La Méditerranée vint reposer le corps sur le sable.
Des algues et du sable s’étaient prit dans la longue
tignasse bleue de l’homme…
Calliope
Je n’eus vraiment pas de mal à reconnaître la silhouette,
même de loin. Tout le monde au Sanctuaire s’attendait à ce qu’il revienne,
vivant ou mort, peu importait, mais tout le monde savait que, tôt ou tard, elle
réapparaîtrait sur nos côtes.
Lorsque j’arrivai vers lui, je pus constater que son corps
avait subi les conséquences désastreuses de ses actes, la plupart des
cicatrices qu’il portait, avaient presque guéri, mais le soleil avait brûlé sa
peau et sa respiration était si faible, qu’un instant, je crus qu’il était
mort…Mais une vérification des battements de son pouls dans son cou me confirma
qu’il était encore vivant.
Un traître de son espèce n’était pas enclin à mourir aussi
facilement.
De toute façon, Athéna allait s’occuper de lui.
Je lui attachai les mains et les pieds, glissai le corps
sur une planche et le traînai jusqu’à chez moi.
Pendant le trajet, je risquai quelques regards vers lui, le
revoir avait rouvert des blessures que j’avais eu beaucoup de mal à fermer à
cette époque lorsque son frère se suicida devant les yeux d’Athéna…Cette haine
qui naquit envers lui depuis cet épisode, n’avait jamais cessé de grandir, par
sa faute, j’avais perdu celui en qui j’avais donné tout mon cœur, par ses
agissements néfastes de répandre le mal et le malheur autour de lui, la jeune
fille douce et réservée s’était transformée en guerrière dont le but ultime
était de le retrouver et de lui faire payer ses actes affreux…Qu’il paye ce
qu’il à fait subir à Athéna…A ces chevaliers de bronze…A moi…Et surtout, à son
frère Saga…
De retour chez moi, je l’installai sans ménagement sur un
lit sans couvertures ni draps.
Je n’eus aucun scrupule à attacher ses mains liées aux
barreaux du lit, de la sorte, s’il se réveillait, l’envie de s’enfuir lui
passerait…Mais tout homme blessé mérite soins, alors je nettoyai sa peau,
désinfectai ses plaies encore saignantes, retirai les quelques algues qui
s’étaient emmêlées dans ses cheveux. Ces gestes, je les faisais sans plaisir,
le toucher me répugnait, savoir qu’il pouvait se réveiller à ce moment-là, me faisait froid dans le dos…Je n’avais pas peur de lui si c’est que vous
pensez, je suis femme chevalier et je pourrais aisément le mettre en
difficulté, j’éprouvais du dégoût à son égard, de la colère…
Kanon
Ma peau me brûlait et j’avais mal, la fièvre enserrait ma
tête comme un étau, je me sentais comme un homme pris dans une toile
d’araignée, je ne pouvais bouger ni mes bras, ni mes jambes…
Mes souvenirs étaient flous.
Je revois le monde sous-marin de Poséidon disparaître dans
les océans…
La surface de l’eau est trop loin…
Je me noie…
Qu’ai-je fait ?
Que m’est-il arrivé ?
Pourquoi suis-je encore en vie ? Et comment ?
Je suis allé trop loin…Beaucoup trop loin…
Kanon réussit à ouvrir les yeux.
La première chose qui lui sauta aux yeux, ce furent ses
pieds liés, attachés ensembles et ses mains aussi, il le sentait bien…Voilà
pourquoi il avait eu l’impression d’être pris dans une toile d’araignée.
-
L’espèce de rat s’est réveillé ?
Ce sarcasme lui fit lever les yeux.
Une femme chevalier à coté du lit, les mains sur les
hanches, magnifique cascade de cheveux noirs. Bien sûr, son visage était
masqué, son armure était colorée de vert et de bleu nacrée, elle portait un
diadème dans les cheveux représentant un oiseau, des plumes y étaient
rattachées et descendaient en cascade sur ses cheveux noir.
Derrière son masque blanc orné seulement d’une plume de
paon sur le côté droit dont l’extrémité était l’œil, cette femme le regardait,
impassible.
-
Qui êtes-vous ? Pourquoi m’avoir attaché ? Demanda
Kanon en se tortillant.
Elle se pencha vers lui, presque en le menaçant.
-
Chevalier d’argent du Paon…Et je ne crois pas que dans ta
position actuelle, tu aies le droit de poser des questions ! Sale
traître !! Lui dit-elle en pleine face.
Kanon soutint le regard qu’il ne pouvait voir du chevalier.
-
Je vois que ton petit séjour dans la mer n’a en rien altéré ce
regard fier et hautain… Même devant la mort tu ne les baisserais pas…N’ais-je
pas raison ?
-
Pourquoi les baisserais-je ?
-
Devant Athéna, tu les baisseras… Je te le garantis…
Une exclamation de surprise se peignit sur le visage du
jeune homme.
-
Athéna ?!
Soudain, une main vint le prendre à la gorge, le pouce et
l’index de la femme sur chacune de ses glandes, elle serrait juste ce qu’il
fallait pour que Kanon ressente la douleur sans pour autant qu’il manque de
respirer.
Il n’avait rien vu venir, la main avait attaqué comme un
serpent qui avait épié sa proie pendant des heures. Kanon pensa que cette femme
chevalier devait être redoutable dans l’action d’un combat.
Calliope approcha son visage du sien à presque le toucher.
-
Tu me répugnes Kanon ! Si cela ne tenait qu’à moi, il y a
longtemps que je t’aurais tué !! Ca aurait fait taire tous ces maux qui me
dévorent de l’intérieur !! J’aurais rendu service à tout le monde !!
En nous débarrassant d’une larve comme toi !
Kanon sentait que la main montait plus haut, elle voulait
qu’il détourne les yeux et il n’en était pas question.
-
Il suffirait d’une simple pression…Lui chuchota-t-elle à
l’oreille.
-
…Alors vas-y…Qu’est…C’que tu attends…
La main le lâcha aussi vite qu’elle était venue le happer.
-
Il y a une récompense pour ta capture, Athéna te veut vivant.
La femme chevalier se redressa.
Kanon la regarda plus attentivement, il lui semblait
connaître cette personne.
Cette chevelure noire…
Ce corps élancé…
Cette voix…
-
Je vais au palais demander audience auprès de la Déesse, la
prévenir que je t’ai capturé.
Calliope vérifia les liens aux pieds et aux mains de Kanon
et les serra un peu plus.
Sans autre mot, elle quitta la pièce, ferma la porte à
double tour et quitta la maison.
Kanon se retrouva seul dans une pièce froide sans fenêtre
avec pour seul compagnon, un verre d’eau avec une paille posée sur une table de
chevet à sa gauche.
-
Le strict minimum…Que demander de plus…Fit-il à la pièce vide.
Il pencha sa tête en arrière, fit une grimace sous la
douleur, il examina ses liens aux poignets. Il essaya de les bouger mais le
nœud était solide. Pareil pour ses chevilles, elles étaient ficelées comme un
saucisson.
Kanon soupira et ferma les yeux.
Après tout, il méritait bien ce qui lui arrivait…Se présenter
devant Athéna serait une épreuve et pas des moindres. A quoi devait-il
s’attendre ?
Il avait confiance en la sagesse de la Déesse Athéna, elle
savait qu’il avait renoncé au mal. Il n’avait pas hésiter un seul instant à
recevoir de plein fouet la lance de Poséidon…Il en portait la marque sur le
torse, 3 grandes cicatrices horizontales à peine cicatrisées. Il savait que le
faite d’être encore vivant, il le devait à la Déesse Athéna et à son amour pour
les hommes, car, après tout, c’est ce qu’il était.
Mais cette femme chevalier.
Il était sûr de la connaître !
Ce timbre de voix lui disait quelque chose…Mais cela datait
de très loin…Plusieurs années en arrière…
Dans son enfance…Dans son adolescence…Une jeune
fille…Lorsqu’elle riait, son rire courait partout dans les collines de Grèce…
Kanon leva ses yeux bleus au plafond.
Il y vit 3 enfants, à peine 10 ans, courant sur une plage,
une petite fille et deux garçons, des jumeaux… Leurs rires s’envolaient avec le
vent du large, la longue et splendide chevelure noire de la petite fille volait
dans leur course…
Soudain, Kanon ouvrit de grands yeux surpris.
-
Je t’avais oubliée Calliope…Murmure-t-il à ses souvenirs.
Son passé le rattrapa très vite et il ne put rien y faire.
-
Ce n’est pas Athéna que je dois craindre…Mais toi
Calliope…Suis-je revenu pour affronter mon passé ?
Calliope…
Saga…
Tout est de ma faute…Je le savais et je n’ai rien fait…
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