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Chapitre 1 : Calliope

 

On dit que la mer rejette sur ses côtes ce qu’elle ne veut pas garder…

Le corps était baladé de vagues en vagues, les eaux houleuses de la Méditerranée faisaient glisser le corps sur sa surface comme un vulgaire morceau de chiffon détrempé. L’homme avait les vêtements en haillon, certains endroits de sa peau faisaient face à un soleil féroce et brûlant et elle rougissait de façon inquiétante.

La marée était en descente et le corps était en train d’échouer sur une petite plage grecque, non loin du Cap Sounion, comme si le destin avait voulu le ramener à son point de départ, histoire de lui donner une seconde chance.

Mais l’homme était bien mal en point, sa peau était brûlée par le soleil, écorchée de partout et complètement fripée par une trop longue immersion dans l’eau.

La Méditerranée vint reposer le corps sur le sable.

Des algues et du sable s’étaient prit dans la longue tignasse bleue de l’homme…

 

Calliope

Je n’eus vraiment pas de mal à reconnaître la silhouette, même de loin. Tout le monde au Sanctuaire s’attendait à ce qu’il revienne, vivant ou mort, peu importait, mais tout le monde savait que, tôt ou tard, elle réapparaîtrait sur nos côtes.

Lorsque j’arrivai vers lui, je pus constater que son corps avait subi les conséquences désastreuses de ses actes, la plupart des cicatrices qu’il portait, avaient presque guéri, mais le soleil avait brûlé sa peau et sa respiration était si faible, qu’un instant, je crus qu’il était mort…Mais une vérification des battements de son pouls dans son cou me confirma qu’il était encore vivant.

Un traître de son espèce n’était pas enclin à mourir aussi facilement.

De toute façon, Athéna allait s’occuper de lui.

Je lui attachai les mains et les pieds, glissai le corps sur une planche et le traînai jusqu’à chez moi.

Pendant le trajet, je risquai quelques regards vers lui, le revoir avait rouvert des blessures que j’avais eu beaucoup de mal à fermer à cette époque lorsque son frère se suicida devant les yeux d’Athéna…Cette haine qui naquit envers lui depuis cet épisode, n’avait jamais cessé de grandir, par sa faute, j’avais perdu celui en qui j’avais donné tout mon cœur, par ses agissements néfastes de répandre le mal et le malheur autour de lui, la jeune fille douce et réservée s’était transformée en guerrière dont le but ultime était de le retrouver et de lui faire payer ses actes affreux…Qu’il paye ce qu’il à fait subir à Athéna…A ces chevaliers de bronze…A moi…Et surtout, à son frère Saga…

De retour chez moi, je l’installai sans ménagement sur un lit sans couvertures ni draps.

Je n’eus aucun scrupule à attacher ses mains liées aux barreaux du lit, de la sorte, s’il se réveillait, l’envie de s’enfuir lui passerait…Mais tout homme blessé mérite soins, alors je nettoyai sa peau, désinfectai ses plaies encore saignantes, retirai les quelques algues qui s’étaient emmêlées dans ses cheveux. Ces gestes, je les faisais sans plaisir, le toucher me répugnait, savoir qu’il  pouvait se réveiller à ce moment-là, me faisait froid dans le dos…Je n’avais pas peur de lui si c’est que vous pensez, je suis femme chevalier et je pourrais aisément le mettre en difficulté, j’éprouvais du dégoût à son égard, de la colère…

 

Kanon

Ma peau me brûlait et j’avais mal, la fièvre enserrait ma tête comme un étau, je me sentais comme un homme pris dans une toile d’araignée, je ne pouvais bouger ni mes bras, ni mes jambes…

Mes souvenirs étaient flous.

Je revois le monde sous-marin de Poséidon disparaître dans les océans…

La surface de l’eau est trop loin…

Je me noie…

Qu’ai-je fait ?

Que m’est-il arrivé ?

Pourquoi suis-je encore en vie ? Et comment ?

Je suis allé trop loin…Beaucoup trop loin…

 

Kanon réussit à ouvrir les yeux.

La première chose qui lui sauta aux yeux, ce furent ses pieds liés, attachés ensembles et ses mains aussi, il le sentait bien…Voilà pourquoi il avait eu l’impression d’être pris dans une toile d’araignée.

-         L’espèce de rat s’est réveillé ?

Ce sarcasme lui fit lever les yeux.

Une femme chevalier à coté du lit, les mains sur les hanches, magnifique cascade de cheveux noirs. Bien sûr, son visage était masqué, son armure était colorée de vert et de bleu nacrée, elle portait un diadème dans les cheveux représentant un oiseau, des plumes y étaient rattachées et descendaient en cascade sur ses cheveux noir.

Derrière son masque blanc orné seulement d’une plume de paon sur le côté droit dont l’extrémité était l’œil, cette femme le regardait, impassible.

-         Qui êtes-vous ? Pourquoi m’avoir attaché ? Demanda Kanon en se tortillant.

Elle se pencha vers lui, presque en le menaçant.

-         Chevalier d’argent du Paon…Et je ne crois pas que dans ta position actuelle, tu      aies le droit de poser des questions ! Sale traître !! Lui dit-elle en pleine face.

Kanon soutint le regard qu’il ne pouvait voir du chevalier.

-         Je vois que ton petit séjour dans la mer n’a en rien altéré ce regard fier et hautain…      Même devant la mort tu ne les baisserais pas…N’ais-je pas raison ?

-         Pourquoi les baisserais-je ?

-         Devant Athéna, tu les baisseras… Je te le garantis…

Une exclamation de surprise se peignit sur le visage du jeune homme.

-         Athéna ?!

Soudain, une main vint le prendre à la gorge, le pouce et l’index de la femme sur chacune de ses glandes, elle serrait juste ce qu’il fallait pour que Kanon ressente la douleur sans pour autant qu’il manque de respirer.

Il n’avait rien vu venir, la main avait attaqué comme un serpent qui avait épié sa proie pendant des heures. Kanon pensa que cette femme chevalier devait être redoutable dans l’action d’un combat.

Calliope approcha son visage du sien à presque le toucher.

-         Tu me répugnes Kanon ! Si cela ne tenait qu’à moi, il y a longtemps que je t’aurais      tué !! Ca aurait fait taire tous ces maux qui me dévorent de l’intérieur !! J’aurais      rendu service à tout le monde !! En nous débarrassant d’une larve comme toi !

Kanon sentait que la main montait plus haut, elle voulait qu’il détourne les yeux et il n’en était pas question.

-         Il suffirait d’une simple pression…Lui chuchota-t-elle à l’oreille.

-         …Alors vas-y…Qu’est…C’que tu attends…

La main le lâcha aussi vite qu’elle était venue le happer.

-         Il y a une récompense pour ta capture, Athéna te veut vivant.

La femme chevalier se redressa.

Kanon la regarda plus attentivement, il lui semblait connaître cette personne.

Cette chevelure noire…

Ce corps élancé…

Cette voix…

-         Je vais au palais demander audience auprès de la Déesse, la prévenir que je t’ai      capturé.

Calliope vérifia les liens aux pieds et aux mains de Kanon et les serra un peu plus.

Sans autre mot, elle quitta la pièce, ferma la porte à double tour et quitta la maison.

Kanon se retrouva seul dans une pièce froide sans fenêtre avec pour seul compagnon, un verre d’eau avec une paille posée sur une table de chevet à sa gauche.

-         Le strict minimum…Que demander de plus…Fit-il à la pièce vide.

Il pencha sa tête en arrière, fit une grimace sous la douleur, il examina ses liens aux poignets. Il essaya de les bouger mais le nœud était solide. Pareil pour ses chevilles, elles étaient ficelées comme un saucisson.

Kanon soupira et ferma les yeux.

Après tout, il méritait bien ce qui lui arrivait…Se présenter devant Athéna serait une épreuve et pas des moindres. A quoi devait-il s’attendre ?

Il avait confiance en la sagesse de la Déesse Athéna, elle savait qu’il avait renoncé au mal. Il n’avait pas hésiter un seul instant à recevoir de plein fouet la lance de Poséidon…Il en portait la marque sur le torse, 3 grandes cicatrices horizontales à peine cicatrisées. Il savait que le faite d’être encore vivant, il le devait à la Déesse Athéna et à son amour pour les hommes, car, après tout, c’est ce qu’il était.

Mais cette femme chevalier.

Il était sûr de la connaître !

Ce timbre de voix lui disait quelque chose…Mais cela datait de très loin…Plusieurs années en arrière…

Dans son enfance…Dans son adolescence…Une jeune fille…Lorsqu’elle riait, son rire courait partout dans les collines de Grèce…

Kanon leva ses yeux bleus au plafond.

Il y vit 3 enfants, à peine 10 ans, courant sur une plage, une petite fille et deux garçons, des jumeaux… Leurs rires s’envolaient avec le vent du large, la longue et splendide chevelure noire de la petite fille volait dans leur course…

Soudain, Kanon ouvrit de grands yeux surpris.

-         Je t’avais oubliée Calliope…Murmure-t-il à ses souvenirs.

Son passé le rattrapa très vite et il ne put rien y faire.

-         Ce n’est pas Athéna que je dois craindre…Mais toi Calliope…Suis-je revenu pour      affronter mon passé ?

Calliope…

Saga…

Tout est de ma faute…Je le savais et je n’ai rien fait…          

 

 

 

 

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Cette fiction est copyright Galatée.

 

Les personnages de Saint Seiya sont copyright Masami Kurumada.