|

Chapitre 2
: Jeunes frères innocents
Un petit rire enfantin venait de
sortir de derrière un des rochers de la cour, là où s’entraînaient les 2
enfants.
Saga et Kanon se regardèrent, ils
n’avaient même pas 10 ans, leur instructeur était parti au village un peu plus
bas, mais les deux enfants, studieux, n’avaient pas cessé leur entraînement.
Le petit rire se fit une fois de
plus entendre.
Un rire gentiment moqueur.
Une petite fille sortie de
derrière le rocher, petite robe blanche à fleure, de grands yeux verts émeraude
et des cheveux aussi noirs que les ailes d’un corbeau.
-
Salut ?! Fit Kanon surpris.
Son frère lui donna un coup de
coude dans le ventre.
-
Aïe !! Bah quoi ?!! Se plaignit-il à son frère qui
avait des reproches dans le regard.
La petite fille rit de plus belle.
Elle avait l’air d’avoir le même
âge qu’eux.
-
On peut savoir ce qui te fait rire ? Lui demanda le jeune
Saga les mains sur les hanches espérant que la dureté de son regard effacerait
ce sourire moqueur à cette petite impertinente.
Mais il n’en fut rien.
-
C’que vous êtes drôles. Fit-elle simplement de sa petite voix
fluette.
-
Ah ouais ? S’exclama un Kanon tout sourire apparemment
content de voir qu’il pouvait faire rire quelqu’un.
-
Kanon !!
-
Fiche moi la paix toi !! On s’entraîne depuis ce matin sans
s’arrêter, on peut bien se reposer un peu !
Kanon s’approcha de la petite
fille.
-
Moi j’m’appelle Kanon et toi ? Comment tu
t’appelles ?
-
Calliope…C’est marrant, vous êtes pareil tout les deux.
Kanon fut surpris et se retourna
vers son frère qui n’avait pas l’air de se décoincer d’un iota.
-
Bah…C’est parc’qu’on est jumeaux…L’autre qui fait la gueule
c’est Saga. Fit-il en montrant son frère du pouce par-dessus son épaule.
Kanon se rappelait de cette
première fois, ce souvenir lui arracha un tendre sourire, il se souvint bien de
la réticence de son frère Saga, de son air bougon quand il vint dire bonjour à
la petite fille.
Le jeune Kanon aperçut un objet
posé aux pieds de Calliope.
-
C’est quoi ? Fit-il en montrant l’objet du doigt.
-
Un cerf-volant. Répondit Calliope. Ca vous dirait de venir le
faire voler avec moi sur la plage ?
-
Ah ouais !! S’écria Kanon plein de joie.
-
Kanon ! On peut pas se le permettre !! Saga
foudroyait son frère du regard.
Mais celui-ci ne se démonta pas.
-
Mais bien sûr que si ! S’il te plait Saga ?! On n’a
jamais le droit de s’amuser ! Notre instructeur ne rentre pas avant ce
soir on a toute l’après-midi de libre !
-
Il n’a jamais dit ça ?! Fit Saga d’un air surpris.
-
Non ! Mais moi j’le dis ! Fit Kanon les mains sur
les hanches avec un air suffisant.
Il y eut un silence.
Saga regardait son frère, atterré.
-
Faut pas vous inquiéter ? Fit Calliope en regardant Saga.
Celui-ci soupire.
-
C’est vrai en y repensant, on s’est jamais permis de prendre
des moments de liberté.
-
Tu vois ?! Fit son frère en hochant la tête, content de
lui.
Ils avaient donc suivi Calliope.
Sur le chemin de la plage, Kanon
et Calliope marchaient avec légèreté, les mains croisées derrière la tête, le
jeune garçon riait beaucoup, son frère se tenait en retrait derrière eux, les
mains dans les poches, l’air bougon, un peu angoissé en sachant que leur
escapade n’allait pas passer inaperçue aux yeux de leur instructeur.
Malgré tout, la beauté de la jeune
fille n’avait pas échappé au regard de Saga…C’est peut-être un peu pour ça
qu’il avait accepté cette entorse à leur entraînement…
Calliope se retourna soudain.
-
Ne reste pas tout seul derrière, Saga…allez viens ! Lui
dit-elle en lui offrant son bras droit.
Il fut surpris et alla glisser son
bras dans celui de Calliope.
Elle lui sourit gentiment.
Ce qui eut le don de le faire
rougir violemment.
De son autre bras elle prit celui
de Kanon.
-
Vous m’avez l’air vraiment très sympathiques tout les
deux !
-
Mais on l’est ! N’est c’pas frangin ?! S’écria Kanon
vers son frère.
-
Euh…Oui…
Les mains attachées aux barreaux
du lit, les pieds ficelés, Kanon essayait de se souvenir des moindres détails
de leur rencontre, à lui et son frère, avec Calliope…Comme ce cerf-volant…Ce
jour-là…Le cerf-volant de Calliope…A quoi ressemblait-il déjà ?
-
C’était un albatros…Murmura Kanon à la pièce vide. Un
gigantesque albatros tout blanc…
Et ils l’avaient fait voler.
C’est même Saga qui lui fit
prendre son premier envol, les ailes blanches de l’oiseau de plastique
claquaient au vent, Saga tenait fermement la moulinette, Calliope sautillait de
joie, Kanon regardait le cerf-volant monter vers le ciel avec un sourire béat
sur les lèvres. Chacun leur tour, ils avaient fait voler le jouet, lui faisant
faire des ronds dans le ciel bleu et des loopings, le rire de Calliope les
embaumait de joie, les deux garçons en avaient oublié le but de leur vie et ce
pourquoi ils étaient ici, ils étaient redevenus des enfants dont l’insouciance
les vidait de toutes leurs obligations d’adulte…
Saga et Kanon jouaient…
Ils jouaient comme joueraient des
enfants de leur âge…
Au milieu de l’après-midi,
Calliope leurs proposa de venir chez elle manger un sorbet, ils acceptèrent
sans aucune protestation, pas même Saga…
-
Alors comme ça tu habites avec ta sœur ?
-
Oui, ma sœur et moi sommes arrivées en Grèce il y a dix ans,
je n’étais qu’un bébé …
Assis sur des rochers devant une
petite maisonnette de pierres et de bois, les jumeaux et Calliope suçaient des
glaces à l’eau que Carla leur avait sorties du frigidaire.
-
Tu n’as pas de parents ? Lui demanda Saga.
-
Ma sœur Carla m’a raconté qu’elle s’était enfuie d’Espagne
avec moi parce que notre père la battait…Elle avait douze ans… (Les deux frères
affichèrent des regards étonnés) En arrivant ici, elle rencontra un homme qui
lui apprit à se battre, elle gagna de cette manière l’armure du Paon et
aujourd’hui c’est à moi maintenant qu’elle enseigne ce qu’elle a appris.
-
Tu veux devenir chevalier comme nous ? S’exclama le jeune
Kanon.
Calliope le regarda avec un
sourire joyeux sur le visage.
-
Oui…Mais contrairement à vous, j’ai droit à une journée de
repos par semaine.
Les deux garçons s’étaient
regardés, interloqués…
Une jeune femme apparut sur le pas
de la porte de la petite maisonnette…Grande, belle, les mêmes longs cheveux
noirs ondulés que Calliope…
« C’est ce qu’elle deviendra
quand elle sera plus grande. » Avait pensé Saga en la regardant.
-
Vous ne deviez pas rentrer avant six heures les garçons ?
Il faudrait y aller ? Sinon, vous allez vous faire rosser par votre
instructeur ! Avait dit Carla le visage bienveillant.
Saga s’était levé le premier.
-
Vous avez raison ! Merci pour les glaces madame !
-
Oui merci ! Avait rajouté Kanon.
Ils s’étaient tournés vers
Calliope.
-
On se reverra ? Leur demanda-t-elle.
-
Oui pourquoi pas. Lui répondit Saga.
-
Compte sur nous ! Avait fait Kanon les mains sur les
hanches d’un air assuré.
Kanon et Saga s’en étaient
retournés, Saga un peu stressé par ce qui les attendait à leur retour, car il
savait très bien que leur instructeur s’était aperçu de leur petite escapade.
-
C’est quoi chevalier du Paon ? Avait demandé Kanon à son
frère sur le chemin du retour.
-
Argent.
-
C’est en dessous de nous ça… Bof ! (Kanon avait haussé
les épaules) Même pas peur !
-
Ouaip !
Et ils avaient ri de bon cœur tout
les deux en se tenant par les épaules.
Calliope
Je passai la porte du palais
et me retrouvai dehors, en haut des marches, celles qui descendaient au temple
des poissons.
Je venais de m’entretenir avec la
Déesse Athéna, je lui appris que j’avais retrouvé Kanon et qu’il était mon
prisonnier.
Je me devais lui amener ce
traître…
Tout à l’heure en sortant de chez
moi, j’étais déterminée…Maintenant…Une étrange torpeur me gagnait.
Pourquoi ?
Revoir le visage de Kanon
équivalait à revoir celui de Saga…Et cela faisait très mal.
Un vent léger passa dans mes
cheveux.
Je levai un peu mon nez vers le
ciel…Je ne sentais rien…
Je décrochai le masque de mon
visage et une fraîcheur en inonda sa surface, je fermai les yeux…Et mes pensées
allèrent vers Saga, à ces cinq années qui séparent l’enfance de l’adolescence,
à notre amour naissant, à notre complicité presque innée entre moi et lui…A
cette nuit unique dans ses bras…Il me manquait un peu plus chaque jour et
revoir Kanon n’arrangeait rien…Ils étaient si différents et se ressemblaient
pourtant tellement.
Tout avait si bien commencé entre
nous trois, l’amitié qui nous avait pris avait semblé si solide !
Aurais-je pu penser, étant enfant,
que notre histoire tournerait de la sorte ?
Mon regard se baissa sur
l’intérieur de mon masque que je tenais dans ma main droite.
Ma sœur Carla avait toujours
refusé de le porter, prétendant que c’était un manque de franchise envers son
adversaire, moi-même je ne le porte pas toujours…
-
A quoi penses-tu Calliope ?
Je relevai mon visage vers la
voix.
-
Shaka…
Le chevalier de la Vierge se
tenait devant moi, aussi discret qu’un chat, une aura bienveillante et douce
l’entourait.
Elégant dans son armure d’or.
-
Je ne t’ai pas entendu arriver.
-
Quand bien même, j’aurais fait du bruit, tu n’aurais même pas
cillée…Kanon te perturberait à ce point ?
Je baissai de nouveau mon regard
vers mon masque.
-
J’ai beau le détester, il n’en reste pas moins le frère jumeau
de Saga et le revoir fait mal…
Shaka me sourit, sans rien dire,
la question me brûlait les lèvres.
-
Comment vont-ils ?
-
Ils vont bien, ils ont demandé après toi et l’autre jour ils
ont posé beaucoup de questions sur Saga.
Un long soupir s’échappa de ma
gorge et je remis mon masque, bien plus pour cacher mes larmes qu’autre chose.
-
Ne le blâme pas Calliope…Il est bien plus à plaindre qu’à
punir.
-
Ne me dis pas que tu penses sérieusement qu’il se
repent ?!
-
Tout le monde a droit à une seconde chance…Kanon à bien failli
ne pas la saisir, mais il s’est souvenu de ces moments fatidiques qu’il a vécus
dans le cachot du Cap Sounion et c’est ce qui l’a ramené à la raison… (Shaka
posa une main douce et chaleureuse sur mon bras) Pourquoi ne passerais-tu pas à
la maison ? Ils seraient contents de te revoir.
Je détournai mon regard du sien.
-
Tu as bien fait de ne leur avoir rien dit sur Saga…De toute
façon, avec le retour de Kanon, les choses vont se précipiter, je ne vais pas
avoir vraiment le choix…
-
La meilleure chose que tu aies à faire, c’est de lui
pardonner…
-
Chose bien facile à dire.
-
Je sais…
Kanon
L’agitation le gagnait, il
commençait à en avoir assez d’être attaché à ce lit comme un vulgaire morceau
de viande, il avait voulu couper les liens de ses poignets avec ses dents mais
la cordelette parut beaucoup plus solide qu’il ne l’avait cru.
Depuis combien de temps était-elle
partie ?
Presque une heure ?
Kanon se redressa, pour cela il
prit appui sur le matelas avec ses pieds, pas facile vu qu’ils étaient
attachés, mais il y réussit, de la sorte, ses bras n’étaient plus tendus
au-dessus de lui et il pouvait les reposer de son poids.
Le jeune homme ferma les yeux, il
resta un long moment comme cela.
Des images lui revenaient. Des
sensations. Des mots. Des situations.
Lui, son frère et Calliope avaient
fini par s’adorer avec les mois, même s’ils se voyaient peu souvent à cause de
leur entraînement, les moments qu’ils avaient passé ensemble, les jeux qu’ils
avaient partagés, les conversations qu’ils avaient eues tout les trois revenaient
au galop dans l’esprit de Kanon.
Il se souvient avoir remarqué à
quel point Calliope devenait belle avec les années.
Une chevelure noire faite de
longues mèches veloutées, des yeux verts flamboyants remplis d’énergie et de vie,
un esprit vif et enthousiaste…Il avait été facile de tomber amoureux d’elle…
Kanon rouvrit ses yeux bleus…
-
Nous étions tous les deux tombés
amoureux d’elle ! Fit-il à la pièce qui le retenait prisonnier comme s’il
voulait se justifier auprès d’elle. Mais c’est Saga qu’elle a choisi…
Non c’est faux…Tu sais que
c’est faux Kanon !!
Il fut surpris d’entendre cette
voix d’outre-tombe dans sa tête…C’était la voix de son frère Saga…
Tu t’es éloigné de nous…De moi,
ton propre frère ! Tu disparaissais des semaines entières, voire des mois,
Calliope s’inquiétait pour toi et elle était triste de voir comment ton esprit
dérivait dans la délinquance… Tu cherchais la bagarre envers n’importe
qui !!
C’est vrai.
Il était devenu un esprit
perturbé, instable, sans but réel, sans attache, il se battait sans cesse,
cherchant à se faire respecter des faibles parce que c’était plus facile de les
manipuler…Il jalousait la grandeur d’âme de son frère, sa bonté, il jalousait
ce qu’était devenu Saga après avoir gagné l’armure des Gémeaux…Et surtout…Il
jalousait l’amour qu’il portait à Calliope et réciproquement.
Jusqu’au jour où il surprit son
frère en pleine crise…
Kanon traînait du coté des douze
temples.
Il faisait presque nuit en cette
soirée de Mai.
Il avait pris en grippe une bande
de voyous en fin d’après-midi, la bagarre avait éclaté à l’extérieur du
Sanctuaire.
Kanon avait les bras, le cou et le
visage couverts d’ecchymoses…Mais cela lui importait peu, il avait réussi à
mettre en difficulté ces quatre loubars de province.
Ce soir là, il eut envie de rendre
visite à son cher frangin, le respectueux Saga qui, d’après les rumeurs, était
le bon candidat pour reprendre le trône du Pope dans quelques mois.
Kanon arrivait devant l’entrée du
temple des Gémeaux, il y avait de la lumière, les torches étaient allumées d’un
bout à l’autre du temple.
Mais quelque chose clochait.
Des gémissements sortaient du
temple.
Des gémissements de douleur.
Kanon aperçut son frère Saga de
dos, à genoux sur le sol, à demi roulé en boule, se tenant la tête entre les
mains.
-
Noooonnnn……. !!!!! Gémit celui-ci.
Son frère se cacha derrière un
pilier du temple pour observer la scène.
-
Laissez-mooooi !!! Allez vous eennn….. !!!!!!
Qu’arrivait-il à son frère ?
Il voyait son corps trembler de
partout.
Ses doigts se crispaient dans ses
cheveux…Et…Mon Dieu !!!! Ses cheveux avaient l’air de changer de
couleur !!!
Du bleu ils viraient au
gris !!
Et soudain, Saga se mit à rire, un
rire satanique et malveillant.
Kanon le vit se relever et tourner
subitement son visage vers lui.
Le jeune homme eu juste le temps
de se dissimuler derrière le pilier, mais ce qu’il vit une fraction de seconde
le cloua sur place.
Son visage…Le visage de son frère
avait complètement changé, il était devenu laid de méchanceté, ses yeux étaient
devenus rouges par le mal qui y habitait !
Comment se pouvait-il ?
Il y eut un cri soudain et puis
plus rien.
Kanon osa un regard et vit son
frère jumeau allongé sur le sol, sans connaissance, son visage avait repris son
aspect normal et ses cheveux étaient redevenus bleus.
Dans la pénombre, Kanon comprit
sans mal ce qui se passait pour son frère et une sale idée commença à naître
dans son esprit perturbé.
Il quitta discrètement le temple
sans un regard en arrière et disparut dans la nuit.
Calliope
La porte de la chambre s’ouvrit
avec fracas.
Kanon sursauta sur le lit.
Calliope entra en claquant la
porte derrière elle.
La jeune femme arracha son masque
de son visage et le jeta par terre.
Kanon vit ses yeux verts flamboyer
de colère, une aura turquoise se déployait autour d’elle, sa longue chevelure
noire semblait se charger d’électricité.
Dieu qu’elle était
magnifique ! Kanon ne put s’empêcher de l’admirer et de la craindre en
même temps.
Elle se jeta soudain sur lui et se
mit à califourchon sur son corps…Kanon crut dans un moment de folie qu’elle
allait l’embrasser…Mais ce fut tout autre, elle le prit une fois de plus à la
gorge.
-
Calliiope…
-
Tu savais qu’il était malade !! Tu savais que Saga
n’allait pas bien !!! Pourquoi tu n’as rien dit !!!! Lui hurla
–t-elle au visage. Pourquoi tu n’es pas venu m’en parler !!!!!
Kanon ouvrit un œil et ce qu’il
vit l’ébranla.
Calliope pleurait…De grosses
larmes frustrées et remplies de tristesse glissaient sur ses joues rouges de
colère.
-
Je…Le regrette…Réussi-t-il à articuler.
-
Crois-tu que Saga te pardonne de là où il est ?!!!
-
Non…
Calliope ne s’était pas attendu à
ce qu’il réponde par la négation, sa colère s’évanouit d’un coup, elle desserra
son étreinte autour de son cou et elle le regarda longuement.
Etait-il possible que Kanon
regrette sincèrement ses actes ?
Tout deux se regardaient, avec la
même surprise dans les yeux, offrant un tableau assez curieux.
On aurait dit un couple d’amants
aux ébats amoureux très spéciaux.
Lui, attaché au lit, pieds et
poings liés.
Elle, à califourchon sur lui.
Calliope n’arrivait plus à
détacher son regard de celui du jeune homme, de son coté, Kanon n’osait plus
rien faire, son cœur battait si fort qu’il pouvait le sentir dans sa poitrine.
Les larmes de Calliope ne
cessaient de couler, elle voulait que Saga soit là, les yeux bleu-vert de Kanon
étaient ceux de son frère, il portait la même odeur, le visage de Saga vint se
superposer à celui de Kanon…
Elle revit son doux sourire
lorsqu’il lui parlait dans leurs moments intimes.
Kanon était lui aussi secoué par
ses émotions, il la vit tendre une main tremblante jusqu’à son visage comme
pour venir lui caresser la joue.
-
…Saga…
-
Non…Calliope…
La jeune femme reprit soudain ses
esprits.
-
Ca suffit ! S’écria-t-elle en sautant du lit. Cesse de me
regarder de la sorte !!
-
Comment je te regarde ?
Calliope ne répondit pas, elle
sortit de la pièce et revint quelques secondes plus tard armée d’un couteau de
taille moyenne.
Kanon se méfia.
-
Qu’est c’que tu vas faire ?
Calliope le regarda un instant
armée de son couteau, le jeune homme ne sut définir ce qui planait dans les
yeux verts de la jeune femme.
Elle se dirigea vers ses pieds et
coupa les liens qui les retenaient.
-
Tu vas venir avec moi, je dois te conduire auprès de la
Déesse.
Son ton avait été calme et posé,
plus aucune colère n’en suintait.
Elle le libera des barreaux du lit
sans pour autant lui détacher les poignets.
Sur le chemin menant au palais,
aucun des deux ne parlait, Calliope avait remis son masque et tirait Kanon par
une corde attachée à ses poignets.
Kanon traînait un peu, elle tira
d’un coup sec sur la cordelette et manqua de le faire trébucher.
-
Dépêche-toi ! Tu crois que je n’ai que ça à faire !!
-
Tu sais, j’aimerais beaucoup que tu me détaches. Je commence à
avoir les poignets franchement engourdis.
Kanon avait parlé le plus
calmement possible malgré l’angoisse qu’il ressentait à l’approche de sa
rencontre avec Athéna.
-
Tu seras libre de tes mouvements quand nous serons arrivés au
palais ! Lui répondit-elle sans se retourner.
Lorsqu’ils arrivèrent devant la
lourde porte en marbre du palais, Calliope le libera définitivement de ses
liens.
Kanon observa un instant ses mains
libre puis posa son regard sur Calliope.
-
Voilà, tu ne m’appartiens plus désormais…Ton sort repose sur
ce que va décider notre Déesse…
« Shaka m’a dit que je devais
apprendre à te pardonner…Franchement, je ne sais pas si je pourrais y
arriver. »
Elle se tourna vers les gardes.
-
Laissez le entrer, il est attendu par la Déesse Athéna.
Sur ces mots, elle tourna les
talons et quitta le lieu sans un regard en arrière.
Kanon la vit s’éloigner.
Il se peut que nous nous
revoyions Calliope.
|