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Chapitre 9 :

La revanche du Scorpion
 

 

 

Aurore

Shiryu venait de m’annoncer qu’il avait pris la décision d’aller visiter Schunrei. Cependant, il ne pouvait pas encore me dire quand il irait. Franchement, c’était le moindre des problèmes que j’avais en ce moment. Il fallait que je voie Phoebe à tout prix et que je commence à prendre des cours de méditation chez Shaka, sinon j’allais devenir dingue… Dans le temple j’avais failli sauter sur Shaka, alors que le pauvre n’y était pour rien.
Justement, voilà Phoebe qui descendait les escaliers en pleine discussion avec Deimos et Chaïma.

Aurore : Euh… Phoebe ! Je veux te parler dans notre cabane… Est-ce que ça va ?
Phoebe : Quoi… Ah, oui. Tu peux me parler maintenant si tu veux.
Aurore (sourire) : Non plutôt dans notre cabane…
 

Arène

Maeve

Je tournais en rond comme un lion dans sa cage… Je me demandais bien pourquoi Athéna avait tenu à parler toute seule aux autres… Nous étions aussi ses fidèles serviteurs…
J’observais Dana et Calandra qui attendaient avec moi dans l’arène. Pendant que Calandra faisait les cent pas, presque comme moi, Dana restait calme, adossée à un mur, les yeux fermés.
Enfin la libération ! Hyoga et Ikki venaient d’entrer dans l’arène et furent surpris de nous y voir.

Calandra : Vous tombez à pic…
Hyoga : Comment ça ?
Dana : Justement on cherchait quelqu’un…
Ikki : Pour quoi faire ?
Maeve : Pour savoir ce dont vous avez parlé de si intéressant sans nous !
Ikki : Désolé, j’ai pas le temps… En plus c’est top secret ce dont on vient de discuter… Bonjour mesdames !

J’avançai de quelques pas vers Ikki, mais je me rendis compte qu’il ne voulait pas être dérangé. Pas grave, il restait toujours Hyoga…
Calandra et Dana se jetèrent sur lui et le prirent chacune par un bras.
Je m’avançai vers lui.

Dana (sourire) : Maintenant, tu es pris au piège !
Hyoga : Pas grave, je suis en jolie compagnie…
Calandra (douce) : Allez Hyoga, dis-nous ce qu’Athéna a dit !
Hyoga : Mais… Vous êtes bien curieuses !
Maeve : Sois gentil et sage…
Hyoga : Qu’est-ce que j’aurais ?
Calandra : Un entraînement !

Hyoga semblait réfléchir, mais finit par refuser gentiment. Cependant, il voulait bien s’entraîner avec nous, ce que nous n’allions pas refuser !
J’avais tout de même l’impression que Calandra n’était guère enchantée d’ignorer la conversation entre Athéna et les chevaliers ressuscités.
 

Cabane

Phoebe

Aurore me semblait bien impatiente. Que voulait-elle donc me dire ?
Je saluai Deimos encore une fois et entrai dans notre dortoir avec ma sœur.

Aurore : Ah, te voilà enfin !
Phoebe : Oui… Qui a-t-il ?
Aurore : Tu sais que tu vas encore me rendre folle ? T’es pas capable de retenir un peu tes émotions ?!
Phoebe: Ben quoi ? Qu’est-ce que j’ai fait encore une fois ?!
Aurore: Ça te gêne pas si Chaïma écoute ?
Phoebe: C’est ma sœur !

Aurore inspirait longuement avant de commencer.

Aurore : Phoebe, je sens que tu as une libido… assez énorme dernièrement…
Phoebe (surprise) : Pardon ?!
Aurore : Lorsque je suis entrée dans le temple, j’ai senti une grande tension sexuelle venant de toi! J’ai d’abord pensé que c’était aussi Deimos, mais… Je me suis trompée…
Phoebe : Ce qui veut dire ?
Aurore : Si tu tiens vraiment à Canon, alors vas-y, parce qu’il ressent la même tension en ce moment !
Phoebe : Tu crois vraiment ?
Aurore : Fais-moi confiance.
Chaïma : Oh, encore un couple qui se forme…
Phoebe : Ça va, ça va ! Où est Lena ?
Aurore : Je ne sais pas. Elle évite toujours Milo. Si tu veux avoir mon avis, je crois que ça va dégénérer entre les deux…
 

Arène

Hyoga

Je m’entraînais avec trois jolies jeunes femmes. Mais il n’y en avait qu’une qui m’intéressait réellement.
Calandra avait arrêté en première et s’en alla en m’envoyant un baiser dans l’air, car elle avait demandé la permission à Athéna de sortir un peu du sanctuaire. Elle voulait se promener un peu à Athènes pour varier les plaisirs.
Le soleil allait bientôt se coucher et les deux restantes s’arrêtèrent également.

Hyoga : Alors ! Vous me semblez bien essoufflées…
Dana : Tu n’as pas l’air meilleur que nous !
Maeve : Bon, c’est pas que je m’ennuie avec vous, mais j’ai encore d’autres chats à fouetter ! A demain !
Dana & Hyoga : A demain.

Dana regarda sa collègue s’en aller, pendant que je m’approchai un peu d’elle.

Hyoga (hésitant) : Tu veux peut-être que je te raccompagne ?
Dana : Non merci… C’est trop loin pour quelqu’un qui ne va pas dans la même direction.

Elle s’avança doucement vers moi, d’un air timide et finit par m’embrasser sur la joue. Alors que je n’arrivais pas à y croire, elle rougit et s’en alla à grande vitesse.

Plus loin, je fis la rencontre de Finn qui papota encore un peu avec moi, avant de partir soudainement pressé…
 

Environs du sanctuaire

Paolo

Je me sentais enfin plus léger. Athéna m’avait pardonné et j’étais désormais à nouveau un chevalier de son élite. Tout le monde connaissait enfin la vérité sur ce qui s’était réellement produit il y a dix-sept ans.
Tous savaient enfin comment je m’appelais et je ne voulais plus jamais entendre ce nom que je portais jadis.
Soudain.

Voix 1 : … Mais maman, je veux pas rentrer !
Voix 2 : Il est grand temps ! Ça commence à se rafraîchir…
Voix 1 : Mama, tu pourrais me montrer plus de constellations ce soir ?
Voix 2 : On verra…

Je ne voyais personne à cause du grand bloc de pierres devant moi. Je fis vite le tour pour vérifier de qui il s’agissait et me heurtai contre Shina qui faillit tomber par terre.
Je l’attrapai au dernier moment.
Elle avait l’air perplexe et ne savait pas quoi dire. Matteo me sauta aux jambes, visiblement heureux de me revoir.

Matteo : Paolo ! Je suis content de te voir. Maintenant, je peux te présenter ma maman… Ainsi vous pourrez jouer ensemble !
Shina (rougissant) : Matteo ! Qu’est-ce qui te prend ?
Paolo (calme) : Laisse-le. Il n’a pas d’arrières pensées, comme les adultes. Il pense seulement que je pourrais te tenir compagnie.
Shina (tirant son fils vers elle) : Il est innocent comme toutes tes victimes… Excuse-moi… Viens Matteo !
Matteo : Mais maman ! Pourquoi tu es si méchante avec Paolo ?

Je vis les deux s’éloigner de moi, l’un à contre-cœur. Je ne pouvais pas lui en vouloir. Après tout c’était encore nouveau et elle faisait partie de cette génération qui avait vu ma monstruosité, mais pas mon sacrifice…
 

Quelque part, dans une autre dimension

Nyx

Mon palais obscur comme la nuit, se situait entre les dimensions. La porte qui me permettait d’entrer dans le temple de Héra se trouvait très près de mon palais.
J’attendais comme chaque mois impatiemment l’arrivée de mon espion. Il devait arriver d’une minute à l’autre.

Soldat : Majesté, votre espion est arrivé !
Nyx : Très bien, faites-le entrer !

Une personne, recouverte d’une pèlerine noire comme la profondeur d’un trou béant, entra dans ma salle de trône. Elle s’agenouilla devant moi et me rendit hommage.

Espion : Je vous salue noble Nyx !
Nyx : Relève-toi. Je suis impatiente d’entendre ton rapport.
Espion (hésitant) : Je n’apporte guère de bonnes nouvelles…
Nyx (surprise) : Ce qui veut dire ?! Qu’est-ce qui s’est passé dernièrement pour qu’Athéna soit dans l’avantage ?
Espion : Sept anciens chevaliers d’or sont à nouveau parmi les vivants !
Nyx : Quoi !! Comment ?
Espion : Apparemment, Asclépios les a ramené à la vie et le groupe d’olympiens les a soigné… Athéna les a officiellement réengagé dans sa chevalerie…
Nyx : Comment ça ?
Espion : Ils se sont expliqués dans une réunion et ont été pardonnés… Ensuite, Athéna nous a renvoyé pour pouvoir parler aux chevaliers ressuscités et aux olympiens.
Nyx: Dans quel but ?
Espion (hésitant) : J’ignore… J’ai tout essayé pour découvrir le sujet de discussion, mais je ne l’ai pas découvert… Pardonnez-moi.
Nyx : C’est impossible… Pff, n’empêche que nos troupes sont plus puissantes. Cependant, il va falloir recruter d’autres guerriers… Quoi encore ?
Espion : Les chevaliers de bronze et d’argent ont acquis une force qu’on ne peut pas ignorer plus longtemps…
Nyx : Mais ils restent loin de la force des chevaliers d’or ? … Dans ce cas, ils ne représentent pas de danger pour nous… Pour l’instant !
Espion : C’est tout pour le moment… Il vaut mieux que j’y retourne, sinon je me ferais repérer…
Nyx : Un instant. Il reste une chose très importante que j’aimerais te dire…

Mon serviteur se retourna et se prit en plein fouet la boule d’énergie qui je lui avais lancé.
Je me levai de mon trône et tournai autour de lui, pendant qu’il secouait sa tête et semblait encore confus.

Nyx (énervée) : Puis-je savoir pourquoi tu essayes maintenant de t’approcher de ce chevalier divin ?! Ta mission est d’observer et de raconter !
Espion (haletant) : Déesse, je ne voulais pas vous causer de tors… Je pensais juste qu’on pouvait devenir amis…
Nyx (hors d’elle) : Amis ?! Vraiment ! Tu voulais devenir ami avec ce chevalier pour qu’Athéna t’accueille les bras ouverts et qu’elle n’ait aucun soupçon… Qu’elle idée stupide… Quelle idée…

Une seconde ! Pendant que j’insultais mon serviteur, j’ouvris les yeux. Cette idée n’était pas mauvaise du tout ! Dans ce cas, si quelqu’un cherchait à tester si une taupe se trouvait parmi eux, il devrait chercher longtemps avant de tomber sur elle.
Je me penchai vers ma brillante taupe et lui caressa la tête.

Nyx : Quelle idée de génie… J’avais vraiment fait le bon choix… Continue de t’approcher de lui… Fais ce que tu crois nécessaire, mais attention ! Ne me déçois pas…

Ma taupe se leva et s’esquiva à la hâte. Il ne me restait plus qu’à trouver plus de guerriers…
 

Sanctuaire

Sion

J’avais écouté attentivement les récits de Ikki et Shiryu. Ils m’avaient mis au courant de ce qui s’était passé les quatre années passées.
J’avais lu en plus quelques articles pour me renseigner d’avantage.
Athéna m’avait avoué qu’elle aimerait renvoyer les chevaliers de bronze dans une sorte de congé, c’est pour ça que je les avais fait appeler.

Il devait être près de huit heures du soir, lorsque les cinq chevaliers de bronze entrèrent dans la salle du Grand pope. Ils s’agenouillèrent tous devant moi.

Nachi : Nous voilà Grand pope. Nous sommes prêts à vous écouter.
Sion : Merci, d’être encore venu. J’ai une chose très importante à vous annoncer. J’espère que ça vous plaira…
Ban : On vous écoute.
Sion : Voilà, Athéna a pensé que vous pourriez prendre du congé. Elle vous permet de partir en vacances !
Jabu (stupéfait) : Pourquoi cela ?
Sion : Voyons, elle sait que vous avez fait d’énormes progrès avec nos chevaliers divins. Donc, elle vous conseille de vous relaxer.
Géki : Quoi ? Mais comment… Et si nos ennemis décident d’attaquer ?
Sion : Et bien, j’espère pour vous que vous êtes encore capables de ressentir nos cosmos… Faites comme Ikki !

Ils se regardèrent rapidement, ne sachant pas comment réagir. Jabu allait dire quelque chose, mais Ichi lui cloua le bec et répondit à sa place.

Ichi : Nous vous sommes très reconnaissants, ainsi qu’à Athéna… Merci infiniment Grand pope…

Ils s’en allèrent en vitesse, se disputant pour leur lieu de vacances.
Derrière moi, je sentis comme un léger courant d’air.

Sion : Je leur ai dit ce que vous m’avez demandé de faire…
Athéna : Bien… Espérons qu’ils n’auront pas besoin de revenir ici…
 

Nachi

C’était impossible ! Nous venions à peine de quitter le temple du Pope que mes frères se mirent à se disputer pour trouver un endroit pour y passer nos vacances.

Ichi : Nous devrions aller en Scandinavie !
Géki : Non, au Canada !
Ban : Pas question, c’est trop froid ! Allons en Australie !
Jabu : Pourquoi pas au Moyen-Orient ?
Nachi : Bonne idée, j’irais en Tunisie…
Frères : Ben… Et nous ?
Nachi : Depuis quand faut-il que nous allions tous au même endroit ?
Ichi : Pourquoi veux-tu te séparer de nous ?
Nachi : Puisque vous n’arrivez pas à vous mettre d’accord !
Ban : Bon, ben alors on va tous en Tunisie !
 

Près de l’infirmerie

Phoebe

J’avais croisé Lena au cours de ma promenade. Elle m’avait fait comprendre qu’elle voulait être seule… Je poursuivis donc ma route et rencontrai Jabu.

Phoebe : Bonsoir… Alors, t’as des vacances à ce que j’ai entendu… Profites-en bien !
Jabu (rougissant) : Je le ferai… Merci de m’avoir un peu enseigné la télépathie…
Phoebe : De rien… Je vois que tu ne te méfies plus autant de moi…
Jabu : Oui… Vous nous avez bien aidé ces derniers mois ! Merci…

Le chevalier de la licorne s’en alla. Alors que je voulais continuer, je remarquai au loin une silhouette allongée sur l’herbe sèche derrière l’infirmerie.
Je m’en approchai pour vérifier qui s’était. En me dirigeant droit vers l’ombre, mon cœur faillit rater un battement. Il s’agissait de Canon !

Phoebe : Bonsoir… Que fais-tu ici ?
Canon : Phoebe ! Je voulais rester un peu seul pour penser…
Phoebe : Ah, dans ce cas je te laisse.

J’aurais voulu qu’il me dise de rester, mais je me retournai lentement et il ne dit rien. Soudain.

Canon : Oh, tu peux rester si tu veux… Tu ne me gênes pas.

Heureuse, mais tentant de le cacher, je m’assis à ses côtés. Je faisais semblant de contempler les étoiles, mais mon regard „glissait” de temps à autre vers lui. Je ne pouvais pas m’empêcher de l’observer… Il était si joli et si… viril… Il avait de vrai muscles…
Un désir fou de lui sauter dessus me traversa l’esprit, mais je réussis à me contrôler.
J’avais soudain comme un drôle de sentiment. En regardant bien, je remarquais que Canon n’arrêtait pas de poser son regard sur moi également. D’ailleurs, il changeait subitement la direction de ses yeux quand je le regardais et il rougissait légèrement.

Phoebe : Alors ! T’as rien à me raconter ?
Canon : Hein… Non… Rien de spécial… Dis-moi, Deimos il attend quelque chose de toi ?
Phoebe : Comment ? Non… Nous avions une petite histoire il y a bien longtemps, mais c’est du passé…
Canon : Ah bon… Sinon, t’as rien d’autre à dire ?

Je me mordais les lèvres. Je ne faisais pas trop attention à ce qu’il bredouillait. Pour une fois, je croyais être capable de ressentir ce qu’avait ressenti Aurore ce après-midi dans le temple… Je réalisais qu’il y avait réellement une tension entre nous.
Et puis tant pis, j’allais suivre mon instinct comme toujours d’ailleurs !
 

Canon

Phoebe était si belle… Je ne comprenais pas comment une seule femme pouvait me faire tant d’effet comme elle… Rien qu’en la voyant, j’avais envie de… Cependant, je me contrôlais.
D’ailleurs j’attendais toujours une réponse de sa part. Je voyais qu’elle se mordait les lèvres… Soudain, elle se jeta à mon cou et m’embrassa fougueusement !

Phoebe : Il y a longtemps qu’on ne veut plus parler !

Elle ressentait la même attirance que moi… Incroyable. Je l’embrassai langoureusement à mon tour.
Je lui enlevai les broches qui maintenaient sa robe et laissa le tissu glisser lentement le long de son magnifique corps…
Elle me débarrassa de ma tenue d’entraînement en un clin d’œil… On aurait cru qu’elle avait déjà de l’expérience…
Elle se retrouvait assise sur mes cuisses et se pressait contre moi.
Pendant ce temps, je lui embrassai le cou et le décolleté.
Soudain, son corps fut parcouru par un frisson.

Canon : Tout va bien ?
Phoebe (murmure) : Oui, mais il commence à faire froid…

A ce stade, je n’avais nullement envie de me lever pour aller ailleurs, mais ce n’était pas la peine. L’instant après, nous nous retrouvions sur un lit de ceux qu’on avait occupé pendant notre sommeil.
La partie de plaisir pouvait continuer, après que nous ayons attendu si longtemps…
 

Matin suivant

Ichi

Nous venions de sortir du temple du Grand pope. On était venu lui dire au revoir. Nos valises étaient déjà faites et nous attendaient dans la maison du Bélier.
Ban et Géki profitèrent de la descente et saluèrent également Philo qui était devenu leur ami. Ce dernier nous enviait pour notre voyage. Mais son devoir était de protéger sa maison.
Après quelques minutes, nous partîmes enfin pour la Tunisie !
 

Infirmerie

Canon

Il devait être près de huit heures du matin. J’avais senti le départ de plusieurs cosmos… Sûrement ceux des chevaliers de bronze.
Moi… Je contemplais le paysage d’une fenêtre de l’infirmerie.
D’ailleurs, mon dos me brûlait un peu. En vérifiant dans un miroir, je remarquai des traces de griffures… Elles provenaient de Phoebe !
Elle se trouvait encore dans le lit, blottie contre le coussin et le matelas.
C’était une femme incroyable. Je n’avais jamais rencontré quelqu’un de pareil. Pour la première fois, je sentais dans mon cœur un sentiment auquel je n’arrivais pas à donner de nom.
Elle gémit subitement et se retourna dans le lit.
Je m’approchai lentement d’elle et m’assit à son côté. Je ne pouvais que contempler ses beaux traits de visage.
Elle était si belle… si divinement belle… Jamais, je ne voulais la perdre. Personne ne me la prendrait !
Cependant, je me surpris à pouvoir éprouver de telles émotions profondes. La seule chose que j’étais capable de ressentir était de la haine ou de la vengeance, mais ce sentiment était différent…
Je me mis inconsciemment à lui caresser ses joues. Mes doigts passaient parfois au-dessus de ses lèvres pulpeuses.

Phoebe : Tu adores ?
Canon : Depuis combien de temps tu es déjà réveillée ?
Phoebe (sourire) : Une minute… Ne te gêne pas, ça me plait !

Je pourrais tuer pour voir ce sourire resplendissant. On dirait que son visage s’illuminait comme le soleil.

Canon : Prête pour un petit entraînement matinal ?
Phoebe : Quoi ! Maintenant ?! J’ai pas envie…
Canon : Oh allez, tu deviens fainéante !
Phoebe : Même pas vrai !

Je la tirai du lit et on se prépara pour aller à l’arène.
 

Quelques minutes plus tard

Milo

Je venais d’arriver dans l’arène pour m’entraîner un peu. Malheureusement, elle était encore déserte… Ça ne m’arrangeait guère, car j’avais pas l’intention de m’entraîner avec un mur !
Heureusement, j’entendis des pas au loin. En me retournant, je remarquai qu’il s’agissait de Lena !
J’aurais voulu la saluer, mais j’ignorais comment elle allait réagir. En plus, elle n’avait pas l’air très enchantée de me voir…
 

Lena

Voilà qui était vraiment excellent ! Je me retrouvais toute seule dans l’arène avec ce pervers ! J’aurais préféré faire immédiatement demi-tour, mais ma raison me disait de l’affronter. Elle avait bien raison, je ne pouvais pas éternellement le fuir.
D’un ton peu chaleureux, je lui murmurai un bonjour.
En le regardant, j’avais l’impression qu’il était surpris. En fronçant les sourcils, il me rendis mon salut.

Milo : Euh… Comme nous sommes de toute façon seuls ici, on pourrait en profiter et s’entraîner ensemble, non ?

Il m’avait poliment demandé, j’en étais surprise et radoucie à la fois. Alors que j’allais lui répondre, quelqu’un le fit à ma place.

Voix : Moi, j’aimerais bien me mesurer à toi, Scorpion !
Milo & Lena : Phoebe… Canon !

Ma cousine passa à côté de moi et je lui murmurai doucement à l’oreille.

Lena (ironique) : Je peux savoir ce que tu viens faire ici main dans la main avec ce Canon ?!
Phoebe (narquoise) : Ce que tu devrais essayer avec Milo !

Elle me sourit ironiquement. Je détestais quand elle faisait ça avec moi ! J’ouvris choquée la bouche en lui tapant sur l’épaule.

Phoebe : Aïe ! Dois-je te rappeler que tu y dois aller plus doucement avec nous… On n’a pas hérité de la force de ton père !
Lena : Ne te plains pas, tu le mérites bien !

Les garçons nous regardaient comme si nous venions d’une autre planète.

Milo : Alors ! Ce combat, c’est pour aujourd’hui ?
Phoebe (sourire) : T’es sûr que tu veux te battre contre moi?!

Le chevalier d’or lui fit un signe de main et Phoebe s’approcha du milieu de l’arène où Milo l’attendait déjà.
Canon et moi nous asseyons sur les gradins pour observer le combat.

Milo sembla avoir l’avantage le premier temps, mais soudain Phoebe retourna le manège et le fit mordre plusieurs fois la poussière.
 

Canon

Milo voulait absolument continuer ce combat, mais Phoebe y mit un terme, sous prétexte qu’elle n’avait plus envie.
Cependant, Lena et moi savions bien que Phoebe voulait lui éviter d’être complètement rabaissé dans son honneur de chevalier ici devant nous et surtout devant Lena !
Les deux s’approchèrent de nous, complètements poussiéreux.
Phoebe souriait légèrement et n’arrêtait pas de regarder Lena.
 

Phoebe

Comme les garçons étaient là, je ne pouvais pas parler à voix haute. Donc, j’envoyai un message à Lena par télépathie.
Je l’avais bien sali à son goût dans sa réputation.

Phoebe : Je l’ai bien sali… Hein ! Tu peux être fière de moi…
Lena : Pff… Pour quelqu’un de ton niveau, ça n’a rien d’étonnant… Remarque, il avait quand même toutes ses chances…
Phoebe : Tiens donc… Tu te mets à ressentir de la compassion pour lui ?
Lena (choquée) : Mais pas du tout !

Canon s’approcha légèrement de moi, comme pour me signaler que lui aussi il existait encore !
Pendant ce temps, Lena passa à nouveau en action.

Lena (ironique) : Dis-moi Milo… Tu m’as l’air bien sale… Je connais quelqu’un qui va passer beaucoup de temps à se laver… (murmure) En particulier l’honneur !
Milo (ironique) : Serait-ce un message codé pour me dire que tu aimerais me laver ?! J’ai rien contre… Je te montrerai même comment bien faire…

Oh non ! Ces deux-là n’arrivaient vraiment pas à se retenir ! Il fallait toujours qu’ils se taquinent entre eux…
Lena écarquilla les yeux et ouvrit la bouche choquée par ce qu’il avait dit.

Une bonne claque se fit entendre dans l’arène déserte. Lena avait encore frappée…
 

Lena

Je n’arrivais toujours pas à croire ce que je venais d’entendre… Ce mec… Il était si… si… insupportable… Exactement comme Phoebe parfois ! Ma main avait quasiment réagi automatiquement, sans que je le remarque.
Je me ressaisis et tournai les talons, pendant que Milo restait debout, se tenant sa joue toute rouge et surpris. Phoebe tentait de retenir ses gloussements pendant que Canon ne savait pas quoi faire.

Lena (se retournant courtement) : Jamais deux sans trois !
 

Milo

Je n’arrivais toujours pas à le croire. Elle était assez rapide… Soudain, une rage noire m’envahit. Qu’est-ce que c’était ce bordel ?! J’en avais assez de me prendre toujours une gifle en pleine figure ! Pour qui elle se prenait celle-là !
J’avais à maintes reprises tenté de m’excuser auprès d’elle pour l’avoir agrippée, mais maintenant elle touchait aux frontières de ma petite patience !
J’allais pas la laisser s’en aller comme ça !

Canon : Où vas-tu Milo ! Laisse-la !
Milo : Pas question ! Elle va voir ce qu’elle va voir ! Je m’en fiche qu’elle soit une femme !

Je tentais de la rattraper en courant un peu. La voilà ! Elle marchait plus lentement à présent.

Milo (criant) : Hé, toi là ! La princesse qui peut tout se permettre !
Lena (se retournant, surprise) : Qu’est-ce que tu me veux encore ? Ça te suffit pas ! Tu en veux plus ?
Milo : C’est quoi ton problème ? J’en ai marre de me prendre toujours une claque lorsque je te rencontre !

Je la secouai en la tenant fortement par les bras.

Lena : Aïe ! Tu me fais mal, là. Arrête !
Milo : Explique-moi d’abord !
 

Lena

Il me faisait mal ! C’était le premier homme qui s’était approché si près de moi… et le premier qui était si fort !
Je tentais de me défaire et ne sachant plus comment faire, je lui envoyai un coup de poing dans l’estomac.
Il recula de quelques pas et se tint le ventre. Puis, il cracha hâtivement un peu de sang et se redressa.
Incroyable… Jamais un homme avait tenu bon à ce coup de poing… Quelque part, je l’admirais énormément… Oui, même plus que ça…
Mais, je l’entendis.

Milo : Tu sais quoi ! On va s’expliquer ici et tout de suite dans un combat !
Lena : Quoi ?
Milo : Tu m’as bien entendue !

Je ne voulais pas me battre contre lui… Pour une raison inconnue, je ne le voulais pas… Mais ma bouche dit presque automatiquement :

Lena : Bonne idée. Après avoir sali ton honneur, tu me laisseras enfin tranquille !

On s’approcha un peu plus et nous préparâmes à prendre une posture de défense ou d’attaque…
 

Phoebe

Canon avait tenu à les rattraper pour éviter qu’ils ne fassent des bêtises. Lorsqu’on s’approcha enfin d’eux, ils avaient commencé un combat.

Canon : Mais ils sont fous !
Phoebe (calme) : Laisse-les faire… Lena a enfin besoin de se défouler un peu… Elle l’a bien mérité…

Je le serrai derrière un rocher pour pouvoir les observer sans être vus. Je ne voulais pas gêner Lena. Si elle m’avait vu, elle aurait sûrement arrêté le combat.
 

Tunisie

Jabu

Nous étions arrivés il y avait quelques minutes dans notre hôtel à Tunis, la capitale de Tunisie. Il y avait quand même des avantages de pouvoir faire le trajet à la vitesse du son.
C’était grandiose et chaud. Au loin, à l’horizon, vers l’intérieur du pays, des magnifiques montagnes se dressaient. Géki avait insisté pour qu’on aille les visiter bientôt.
La fondation avait payé notre séjour d’un mois ! Je me demandais pourquoi aussi longtemps…
 

Près de l’arène

Lena

Je me relevai pour l’énième fois. J’ignorais pourquoi, mais il semblait avantagé dans un combat au corps à corps… Il avait réussi à me mettre plusieurs fois à terre, alors que j’y étais arrivée uniquement une seule fois.
Je commençais à en avoir marre ! Je ne pouvais plus voir ce sourire prétentieux sur sa figure ! Il fallait que je lui règle son compte !
 

Milo

Lena passa à nouveau à l’attaque. La pauvre, elle ne se doutait donc pas que sa rage ne faisait que diminuer ses pouvoirs ?! Jamais elle ne gagnerai, la rage au ventre, contre moi…
Cependant, je voulais lui faire plaisir. J’ignore moi-même pourquoi. Sûrement parce que si je gagnais, elle en ferait un drame horrible.

Alors, je la laissai me frapper et ripostai parfois faiblement. Athéna seul sait… J’aurais préféré recevoir d’autres gifles de sa part plutôt que ses coups de poing… Ses gifles étaient des piqûres de moustiques comparées à ses coups de poing !
Ça suffisait ! J’attrapai à un moment son poing.

Milo : C’est bon, j’abandonne ! Tu as gagné !
Lena : Quoi ?

Elle avait l’air surprise. La première chose qu’elle fit, ce fut reprendre son souffle.

Lena (surprise) : Tu es sérieux ?
Milo (calme) : Oui… Je te laisserais désormais tranquille, mais il faut que tu me fasses une faveur !
Lena : Laquelle ?
Milo : Ne raconte à personne que ce combat a eu lieu…
 

Phoebe

Je n’avais jamais vu ma cousine dans un tel état… Le simple fait de s’être battue contre lui l’avait mise dans un état proche de l’extase…
C’était incroyable… Je trouvais Milo très courageux d’avoir laissé gagner ma cousine…

Soudain, il tourna les talons.

Lena (narquoise) : Ne t’inquiète pas, je ne dirais à personne que tu as perdu contre une femme !

Milo continua sans rien dire.
 

Lena

Bizarre, je m’attendais à une riposte de sa part, mais il ne dit plus rien et continua de marcher.

Lena : Ben qui a-t-il ? Où sont passés tes remarques ironiques ?

Rien… Il partit sans se retourner, sans rien me dire… Pour un moment, j’avais des remords à propos de toute cette situation.
 

Deux jours plus tard, Tunisie

Nachi

Nos vacances se passaient plutôt bien. Les deux derniers jours, nous étions restés dans l’hôtel pour relaxer un peu. Aujourd’hui, on allait enfin faire une promenade sur ces fichues montagnes que Géki voulait tellement admirer.
Ça faisait déjà une heure qu’on avait quitté l’hôtel et qu’on marchait ici.
Ichi et moi n’étions guère contents de devoir monter sur ces montagnes.
Jabu demanda à faire une petite pause près de quelques arbres, pour boire de l’eau fraîche.
Ban et Géki commencèrent à discuter vivement.

Ban : Ça t’intéresse un petit match ?
Géki : De quel genre ?
Ban : Qui de nous est capable de faire le plus grand trou dans ce mur de rocher derrière nous ?
Géki (éclats de rire) : Ha, ha, ha ! C’est moi, bien sûr ! T’es sûr que tu veux te mesurer à moi ?
Ban : Sûr et certain !
Nachi : Vous savez que vous devenez ridicule ?
Ban & Géki : Oh, allez ! Depuis un moment qu’on s’entraîne plus…
 

Jabu

Mes deux frères se mirent en position d’attaque devant le mur de rocher et attendirent un signe de nous.
Après quelques instants, Ichi leur fit un signal de main et les deux frappèrent le mur de leur poing de toutes leurs forces.

Quelques grosses pierres se détachèrent du mur et allèrent s’écraser plus bas sur quelques arbres.
Le trou de Géki dépassait celui de Ban de quelques centimètres.
Soudain.

Voix : Personne ne vous a jamais appris de respecter la nature ?!
Tous : Qui va là ?!

Quelques pierres et mètres plus haut de nous se trouvait une silhouette féminine. A cause du soleil qui nous aveuglait, on ne voyait pas grand chose.

Ichi : Qui es-tu ? Montre-toi !
Silhouette : Pff… Puisque vous y tenez…

Elle sauta sur quelques pierres en se dirigeant vers nous.
Cette femme était de grande taille et avait un teint bien bronzé. Sa bouche était pulpeuse et elle avait aussi de longs cheveux roux et plats, ainsi qu’une mèche de chaque côté de son front. Elle portait en plus un masque…
Nous étions tous surpris de rencontrer quelqu’un comme cette femme ici ! Etant donné son masque, je dirais qu’il s’agissait d’une femme chevalier que le sanctuaire ne connaît pas encore…

Femme : Qui êtes-vous pour oser dévaster mes montagnes ?
Nachi (murmure à Ban) : Voilà pourquoi les gens nous regardaient d’un air choqué quand on leur a dit où on allait…
Ichi : Qui êtes-vous ?
Femme (énergique) : Vous êtes les étrangers et c’est moi qui ait posé cette question en première !

Inconsciemment, je laissais agir mes nouveaux pouvoirs. Je pouvais lire dans son esprit qu’elle nous prenait pour des chevaliers du mal.

Jabu : Calmons-nous tous ! Je m’appelle Jabu et voici mes frères Nachi, Ban, Géki et Ichi ! Nous sommes tous des chevaliers au service d’Athéna !
Femme : Vraiment… Athéna vous a ordonné de venir détruire ma montagne ?
Nachi: Non, elle ignore même que vous existez. On est ici en vacances et qui êtes-vous ?
Femme : Je suis Elena, chevalier d’argent de l’oiseau de paradis ! Je suppose que nous faisons partis du même camp…
Ban : Sûrement… Mais vous devriez aller aux dernières nouvelles… Les femmes chevaliers n’ont plus besoin de porter de masque…
Elena : Comment ça ?
Jabu : Beaucoup de choses ont changé dernièrement… Votre aide nous serait sûrement très précieuse… Vous devriez aller voir Athéna pour lui prêter serment !

Elle ne dit plus rien et sembla réfléchir…
 

Sanctuaire, Temple de la vierge

Aurore

Je me trouvais en compagnie de Shaka qui m’enseignait l’art de la méditation. C’était fou le bien que ça faisait ! Chaque fois que je n’en pouvais plus de ressentir toutes ces émotions, je méditais un peu et l’affaire était réglée. Cependant, il me fallait prendre mon pouvoir plus sous contrôle, sans devoir recourir à la méditation.
Incroyable, chez Shaka je pouvais me laisser tomber. C’était fantastique…
Soudain, je sentis que quelque chose me gênait… J’ouvris les yeux et je vis que Shaka me fit signe d’aller voir dans la salle principale de son temple.

En sortant de cette chambre, je surpris Shiryu en train de faire les cent pas à l’extérieur !

Aurore (surprise) : Shiryu ! Je ne pensais pas te voir ici…
Shiryu (un peu brusque) : Il faut absolument que je te parle !

Je m’étais aperçu qu’il avait réagi d’une manière un peu brusque, mais bizarrement je ne ressentais rien… J’étais sûrement encore sous l’effet de la méditation.

Aurore : Calme-toi, je t’écoute.
Shiryu : Je t’avais dit que j’allais voir Schunrei…
Aurore : Et ! Qu’est-ce que ça a donné ?
Shiryu : Je n’y suis pas encore allé… J’aimerais te demander si tu voudrais bien m’accompagner…
Aurore : Quoi ? … Mais pourquoi ça ? Tu es très bien capable d’aller tout seul…
Shiryu : Je me sentirais beaucoup mieux si tu m’accompagnes… S’il te plait !

Il me regardait de son regard fondant et suppliant. Je fondis sur place… J’étais incapable de lui dire non…

Aurore : Très bien. Dis-moi juste pour quand c’est !
Shiryu (l’embrassant) : Merci beaucoup, mon amie !
Aurore : De rien… Excuse-moi, je retourne dans la chambre.
Shaka (de la chambre) : Tu viens Aurore !
Shiryu : … Je trouve que tu passes assez de temps dernièrement avec Shaka… Qu’est-ce que vous faites tous les deux ?
Aurore : On médite ! Qu’est-ce que tu crois ?

Je tournai les talons en le saluant une dernière fois. Mes pouvoirs étaient au mode „stand by”, mais au cours des temps mon pouvoir m’avait affiné les sens et je dirais que Shiryu était un peu jaloux en ce moment…

 

 

 

 

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Cette fiction est copyright Pluton.

 

Les personnages de Saint Seiya sont copyright Masami Kurumada.