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Chapitre 2 : Les Crocs du Lynx
Lorsque Antonio avait
été tiré au sort pour aller s’entraîner dans un camp dans les Alpes, il avait
huit ans. Il avait entendu dire que c’était relativement tardif par rapport à
l’usage qui voulait que les enfants aient généralement autour de six ans pour
aller s’entraîner, néanmoins, il semblait que l’orphelinat avait un peu plus de
scrupules qu’auparavant, et avait donc décidé d’envoyer des enfants légèrement
plus âgés. D’après ce qu’il avait entendu dire, l’orphelinat, il y avait de
cela plus de dix ans, avait envoyé une centaine d’enfants en camps, tout comme
lui. A peine plus de dix d’entre eux étaient revenus vivants, porteurs d’une
armure, nommée « Cloth » , ou Habit Sacré, au sein de l’ordre
d’Athéna.
C’est donc avec une
appréhension quelque peu compréhensible qu’Antonio salua celui qui allait être
en charge de son éducation et de son entraînement. Un grand homme blond, au
visage bronzé, qui se présenta sous le nom de Zeppetti. Il lui fut ensuite
montré ses quartiers, une petite cabane un peu délabrée, suffisante pour
s’abriter de la pluie, mais pas du froid, puis il commença son entraînement.
Zeppetti était un homme
relativement exigeant, mais jamais il ne se montra cruel envers Antonio. Il
semblait même qu’il commença à le considérer presque comme un fils assez
rapidement. Les exercices n’en étaient pas moins durs, ni Zeppetti moins sévère
pour autant, néanmoins, Antonio passa ses longues années d’entraînement dans
une ambiance plutôt bonne, avec un maître attentionné et aimant, et toujours
juste.
Les exercices qui lui
étaient confiés, outre des exercices clairement destinés à forger et à rendre
son corps plus fort et plus endurant, consistaient pour une grande part à se
concentrer sur son environnement, au maniement de couteau, et à l’éveil et la
sensibilisation au cosmos. Il apparut toujours à Antonio que son maître
recelait d’une puissance immensément grande, bien qu’il fut incapable de la
quantifier ou de déterminer si cette impression était le seul produit du
charisme de Zeppetti.
Dormant très souvent à
la belle étoile, courant en compagnie d’animaux sauvages, le jeune garçon aux
cheveux couleur de feu devint, sous la tutelle de son maître un guerrier véloce
et sûr de lui.
Un jour, alors que six
années se furent enfin écoulées, et qu’Antonio était devenu naturellement
familier à l’utilisation de son cosmos, son maître l’appela. Quand Antonio
entra dans les quartiers de son maître celui-ci avait l’air à la fois grave et
un peu sous le coup d’une certaine agitation. Il le fit asseoir.
-
Antonio, cela
fait maintenant un peu plus de six années que tu es arrivé ici maintenant. Je
t’ai enseigné tout ce que tu avais besoin de savoir pour devenir Saint auprès
d’Athéna. Je t’ai éveillé la puissance de ton cosmos, j’ai contribué à rendre
ton corps fort au-delà de la norme réservée aux hommes du commun des mortels,
j’ai essayé de forger ton esprit pour faire quelqu’un de droit, intègre, et
courageux. Ce que je voudrais savoir aujourd’hui est la raison pour laquelle tu
as persévéré tout au long de ces années.
-
Je voulais
devenir Saint, répondit l’enfant sur le ton de l’évidence avec un grand
sourire.
-
Ne joue pas sur
les mots avec moi. Pour quel motif ?
-
Pour protéger
la terre, l’amour et la justice sur terre au nom de la graaaaande Déesse Athéna,
répliqua Antonio sur un ton qui dut paraître trop anormalement scolaire et
forcé.
-
Te moquerais-tu
de ta Déesse, le coupa durement Zeppetti ? Sais-tu que je devrais te
châtier sévèrement pour cela ? Les Saints respectent leur déesse et ont
une foi profonde et forte pour elle et les valeurs qu’elle représente. La
justice pour tous les hommes, les sauver de leurs propres péchés. Sont-ce là
des valeurs auxquelles tu souscris également ?
-
Bien sûr,
maître, lui répondit fermement Antonio.
-
Est-ce que ce
sera là l’unique motivation qui te poussera à te battre, à affronter ton ennemi
et à le vaincre ? Athéna sera-t-elle la seule à guider ta main ?
-
Je…, hésita le
garçon.
-
Tu ne m’as
jamais parlé de ce pendentif que tu portes tout le temps à ton cou.
Antonio, un peu surpris,
le regarda un moment, puis sortit de son vêtement le pendentif qu’il portait.
Il le regarda un long moment avant de reprendre la parole.
-
Lorsque l’on
m’a demandé de venir m’entraîner ici, j’ai demandé à quoi cela allait me
servir, ce que j’allais faire quand je deviendrai un Saint. On m’a répondu que
je parcourrai le monde au nom de la Justice. Je dois vous avouer maître, que si
les valeurs que vous m’avez nommées tout à l’heure me conviennent tout à fait,
ce n’est pas au nom de la justice que je veux parcourir le monde. Dans ce
pendentif se trouve une photo de moi bébé, aux côtés d’un autre bébé. Il s’agit
de mon frère jumeau. Je ne sais pas s’il est encore en vie, il n’est pas arrivé
à l‘orphelinat avec moi et ils ne savaient rien de lui là-bas, mais si je peux
parcourir le monde, peut-être que je le rencontrerai un jour c’est la seule
famille qui me reste à présent, à part vous. Je sais que ce n’est peut-être pas
digne d’un saint, qu’il s’agit d’une motivation égoïste, mais…
-
Je suis heureux
que tu te sois enfin confié à moi, Antonio. Je vais te dire une chose. Il est
bon que tu souscrives aux valeurs de ta déesse. La fidélité et la loyauté
envers Athéna est un chemin digne dont tu dois toujours être fier. Je crois
cependant qu’il est bon que tout homme agisse pour son propre bonheur et ait
des motivations qui ne tiennent qu’à lui. Un homme ne doit pas seulement se
battre pour le bonheur des autres, il doit aussi se battre pour son propre
bonheur. N’oublie jamais cela, bat-toi pour les autres, mais n’oublie pas non
plus de te battre pour toi. Je suis fier de toi Antonio, te voilà véritablement
engagé sur le chemin qui fera de toi un homme. Car tout saint que tu seras
peut-être, tu es et resteras avant tout un homme et tu dois vivre en tant que
tel.
Zeppetti prit Antonio
dans ses bras et le serra affectueusement. Il se sentait fier de ce petit homme
qu’il avait vu grandir et qu’il avait éduqué. Pourtant son cœur n’était pas en
joie pour autant. L’heure de l’épreuve finale pour son petit protégé arrivait,
et il savait qu’il y avait des chances pour qu’Antonio n’en revienne pas, sinon
indemne, au moins vivant. Il s’écarta du garçon et se dirigea vers le tiroir
d’une commode. Il en sortit un coffret de bois, contenant deux dagues à la lame
recourbée, de couleur blanche. Il fit ensuite signe à Antonio de le suivre à
l’extérieur.
-
Antonio, je
pense que le jour de l’épreuve finale est arrivé. Aujourd’hui verra peut-être
naître un nouveau Saint, ou peut-être pas. Je veux que tu saches que je ne
doute pas que tu réussisses, que tu as toute ma confiance, mais que même si tu
venais à échouer, ta valeur en tant qu’homme resterait la même à mes yeux, car
tu feras face à ton épreuve avec courage.
Il déposa les dagues sur
un tronc d’arbre coupé.
-
Saisis-t-en,
Antonio, montre-moi que tu es digne de les brandir.
Antonio lui adressa un
regard interrogateur, mais Zeppetti ne broncha pas et se contenta de lui
désigner les dagues une nouvelle fois. Le garçon se décida alors à s’en
approcher. Au moment où sa main allait les toucher une gerbe de flamme en
jaillit, le faisant reculer de surprise. Zeppetti ferma les yeux.
-
Ne recule pas
devant ton épreuve, Antonio. Ces dagues sont les Crocs du lynx. Une légende
raconte qu’un jour, un montagnard s’égara dans ses montagnes, il faisait froid
et il ne faisait aucun doute qu’il allait finir par périr s’il ne trouvait pas
bientôt un abri. Alors qu’il perdait tout espoir, au moment où il s’apprêtait à
se laisser emporter par le froid de la montagne, un lynx géant apparut. Le
montagnard crut que sa dernière heure était arrivée, et il n’avait même plus la
force de se protéger de la bête. Pourtant, au lieu de le dévorer, la bête
l’attrapa par le col et le tira jusqu’à une grotte, à l’abri du froid. Malheureusement,
cette grotte était aussi le repère d’un ours brun, et pour assurer sa survie et
celle du montagnard, le lynx n’eût d’autre choix que d’affronter l’énorme bête.
Le Lynx finit par l’emporter, mais fut mortellement blessée. Alors, au moment
de son agonie, l’animal vint se blottir contre le montagnard afin de le
réchauffer. Grâce à cela, le montagnard put survivre et réussit à atteindre son
village, emportant la dépouille de l’animal. Afin de se souvenir du courage et
du sacrifice du Lynx, le montagnard lui prit ses deux crocs avant de
l’enterrer, et fit de ses dents les deux dagues qui sont devant toi et qui
symbolisent l’esprit du Lynx. Montre à ces dagues ton courage, Antonio !
Fais-le pour toi, fais-le pour ton frère !
Fort du récit émouvant de
son maître, Antonio se saisit à pleines mains des deux armes. Il fut
immédiatement englouti par un tourbillon de flammes, celles-ci semblant bien
décidé à le consumer entièrement. Hurlant de douleur et brûlant au milieu de ce
brasier, Antonio s’écroula, ne lâchant toutefois pas les deux dagues.
-
Ne recule Pas
Antonio. Montre-leur quels sont ton âme et ton esprit ! Ne recule
pas !
Comme en réponse à
l’injonction de son maître, Antonio se releva, criant de douleur au milieu des
flammes et fit exploser son cosmos qui les dissipa en un instant. Il se tint un
long instant, bras tendus vers le ciel, une dague dans chaque main, tandis que
ces dernières se mettaient à briller, effaçant petit à petit les brûlures
qu’elles avaient causées. Zeppetti hocha de la tête.
-
Je savais que
tu saurais t’en rendre digne, Antonio. Maintenant, il ne te reste plus qu’à
aller chercher la Cloth du lynx qui t’attend dans ces montagnes pour devenir le
Saint du Lynx.
Il tendit le doigt en
direction de la montagne, désignant un point que lui seul devait connaître, à
travers la forêt.
-
Je vous la
rapporterai pour vous montrer que je suis digne de votre enseignement, maître,
lui répondit Antonio avec conviction, avant de partir dans la direction
indiquée par Zeppetti.
Au bout de trois heures
de marche, le garçon aux cheveux de feu finit par se demander s’il n’était pas
perdu. Il ne savait trop vers où se diriger, et même en montant aux arbres, il
ne parvenait pas à apercevoir d’endroit qui aurait pu attirer son attention.
Commençant à ressentir les effets de la fatigue, il s’assit, s’appuyant dos à
un arbre, quand une brusque tempête de neige le prit au dépourvu. Le ciel
pourtant clair et dégagé quelques secondes avant était plein de gros nuages
cotonneux, un vent cinglant lui blessant le visage. Ne sachant que faire, il
chercha tout d’abord à s’abriter, avant de sentir quelque chose dans l’air.
Quelque chose de presque imperceptible. Pas une sensation de malaise, mais
quelque chose de pas naturel, tout comme cette soudaine tempête de neige surgie
de nulle part.
Presque instinctivement,
il décida de se concentrer sur son cosmos, faisant apparaître une aura vierge
autour de lui. C’est alors qu’il aperçut de façon presque fantomatique un félin
devant lui, qui le regardait et qui se mit à avancer au milieu des gros
flocons, se retournant de façon insistante, semblant inviter Antonio à le
suivre. Ce que fit ce dernier.
Le garçon eut la
sensation de perdre un peu la notion du temps, alors qu’il tentait de ne pas
perdre la bête de vue. Il essayait d’occulter cette sensation de froid qui lui
déchirait les chairs et de ne pas se laisser engourdir par le froid. Et au bout
d’un temps qui lui parut durer des heures et des heures, et alors qu’il venait
de perdre le lynx de vue, il se retrouva face à une grotte. Hésitant entre s’y
engager ou mourir de froid à l’extérieur, son choix fut vite fait.
Quelle ne fut pas sa
surprise lorsqu’il découvrit des torches allumées, éclairant l’intérieur de la
caverne et révélant un long couloir qui se perdait dans l’obscurité. Il ne
faisait aucun doute que c’était bel et bien l’endroit que le lynx voulait lui
montrer, mais pourquoi donc avait-il disparu, le laissant seul ici.
Cet endroit était
vraisemblablement construit ou tout du moins aménagé de main d’homme. Les
parois étaient trop régulières pour avoir été creusées par la seule érosion, et
le sol était lisse, presque exempt de mousse et de champignons. Une sensation
étrange se saisit d’Antonio. A la fois, une sorte de sérénité et de calme, un
peu comme cette sensation que l’on éprouve à l’intérieur des temples, et
pourtant, un sentiment d’oppression était clairement perceptible. Antonio avait
l’impression qu’une ombre le surveillait, une ombre agressive qui grognait dans
son dos.
Tout au long du chemin,
il résista à la tentation de regarder derrière lui, comme si le simple fait de
se retourner pouvait donner forme et consistance à ce sentiment. Et ce fut au
bout d’interminables minutes qu’il finit par arriver au bout de ce long couloir
sombre, débouchant dans une pièce carrée au fond de laquelle reposait la
Pandora Box du Lynx, et à l’intérieur de celle-ci, la Cloth tant convoitée.
Antonio sauta de joie et
commença à courir vers elle quand tout à coup, toutes les ombres de la grotte
semblèrent se rassembler face à lui, créant la forme spectrale d’un ours qui
poussa un horrible grognement. Sans se laisser décontenancer, le jeune garçon
se jeta sur le spectre d’animal, portant de violents coups de dagues aux
membres, ainsi qu’au ventre. Il eut à peine le temps de se retourner pour voir
le résultat de ses attaques que l’ours était déjà sur lui, lui assénant un
terrible coup de patte. Les coups de dagues semblaient n’avoir eût aucun effet
sur lui, pourtant, la douleur ressentie dans son bras confirmait bien à Antonio
que l’ours était tangible, et non un simple fantôme, une simple apparition.
Il se rua donc de
nouveau sur l’animal, l’attaquant de toutes ses forces, mais chaque coup porté
ne rencontrait même pas la résistance de la chair, ne tranchant guère plus que
de l’air. En revanche, un autre coup de l’ours finit par atteindre de nouveau
Antonio dans le dos, lui infligeant une profonde blessure.
Antonio commença à
paniquer et envisagea un instant de fuir ce combat qui lui paraissait perdu
d’avance, lorsqu’il se reprit de lui-même. Il se redressa et fit fièrement face
à l’ours qui hurlait de rage en le regardant d’un œil mauvais.
-
Toi, le
fantôme, ne va pas croire que tu me feras fuir ce combat. Je ne laisserai pas
ma peur l’emporter sur mon courage. Je montrerai à mon maître ma valeur en tant
qu’homme, en te faisant face, même si je dois y laisser la vie. Toi qui a déjà
été vaincu par eux, tu vas de nouveau éprouver la morsure infligée par les
Crocs du Lynx !!
Il concentra toute son
énergie, faisant fuir les ombres par la seule lueur de son cosmos qui commença
à se teindre de tons orangés, et lorsqu’il sentit qu’il ne pourrait pas
concentrer d’avantage d’énergie en lui, il lança ses deux dagues sur l’ours,
les deux lames tournoyant et créant de gigantesques flammes d’une rare
violence.
L’ours, pris en plein
milieu de ce tourbillon de flammes, poussa un hurlement et finit par se
dissiper en ombres, de la même manière qu’il était apparu. Exténué, Antonio eut
l’impression un instant de revoir le lynx qui l’avait guidé jusqu ‘ici
monter sur la Pandora Box et rentrer à l’intérieur, découvrant l’Habit Sacré
qui vint recouvrir son corps.
Dans ses quartiers,
Zeppetti eut le sentiment qu’il entendait un rugissement au loin, et ne put
réprimer un sourire sur son visage. Il referma le livre qu’il était en train de
lire et sorti à l’extérieur tranquillement. Alors qu’il arrivait à l’orée du
bois, il ressentit les effluves d’un cosmos orange, puis vit une silhouette se
dessiner. Son cher disciple était de retour, il était revenu vivant de son
épreuve.
-
Je suis
tellement fier de toi, Antonio. Tu as réussi cette épreuve et tu es devenu le
Saint du Lynx.
-
C’est grâce à
votre enseignement, maître. Jusqu’au bout je vous ai senti près de moi, en
pensées, sinon physiquement. Grâce à vous je vais pouvoir accomplir mes rêves
et courir vers eux.
-
Tu vas surtout
pouvoir courir vers ta vie d’homme, grandir, te battre et devenir celui que tu
seras. N’oublie jamais ces valeurs si chères à ton cœur, ni de te battre pour
obtenir ce que tu désires.
-
Je n’oublierai
pas et je ne vous oublierai pas non plus.
Zeppetti le prit une
fois de plus dans ses bras, pour le féliciter, puis s’en écarta.
-
Il va
maintenant être temps pour toi de partir loin d’ici. Si jamais tu as besoin de
moi, tu sauras où me trouver.
-
Je le saurai
toujours, acquiesça Antonio.
-
Et conserve les
crocs du lynx, ajouta-t-il, voyant Antonio prêt à les lui restituer bien qu’à
contre-cœur. Ils font partie de ton être à présent. N’oublie jamais ce qu’ils
représentent, et que cela guide tes pas à chaque instant de ta vie.
Antonio serra son maître
une fois de plus dans ses bras, puis se retourna, quittant ce lieu où il avait
vécu et souffert pendant de longues années, ce lieu où il s’était découvert un
nouveau père.
Le réveil sonna, tirant
brusquement Antonio de son sommeil. Il avait passé cette nuit à se rappeler de
ces années d’entraînement et une petite larme de nostalgie coulait le long de
sa joue. Il poussa un long soupir, serrant une fois de plus le pendentif à son
cou, puis essuya prestement cette larme qui le chatouillait.
Il
n’était plus temps de penser au passé. Il était temps, avant tout, de penser à
aujourd’hui, à ce jour où il allait sans doute mener son vrai premier combat en
tant que Saint.
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