|

Chapitre 4 : L’autre dimension.
Ithaque
ouvrit les yeux le premier. La lueur émanant de l’inconnu et qui l’avait
aveuglé avait fini par s’estomper. Il regarda autour de lui tandis que
l’aveuglement d’Antonio et de Requiem finissait également de s’estomper.
« Nous voilà bien, maugréa
le Saint de la Girafe. »
Ils
se trouvaient tous trois sur un bout de terre battue, sans aucun paysage
alentour autre qu’un ciel irréel, constellé de planètes invraisemblables,
d’étoiles immenses aux couleurs bariolées, de traînées de gaz cosmiques s’étendant
à l’infini. Et au-delà de leur petite bande de terre, un vide infini qui
semblait le happer à chaque coup d’œil.
-
Où sommes-nous, demanda Antonio, quel est cet endroit ?
-
Je ne saurai pas te le dire avec exactitude, mais je pense que
nous avons été envoyés dans une dimension parallèle. Cet homme a vraiment des
pouvoirs effrayants…
-
Il aura ouvert une brèche sur cet autre monde ? Il existe
des guerriers avec une telle force ?
-
Tu es loin de t’imaginer de quoi sont capables ces hommes
pleinement éveillés à leur cosmos, lui répondit calmement Ithaque. Nos forces
en tant que Saints de Bronze ne nous permettent pas d’appréhender de telles
choses. Voilà pourquoi la hiérarchie existe au sein du Sanctuaire. D’autres
savent bien mieux que nous comment réagir à ce type de situation. Moi je ne
vais pas pouvoir vous être d’une grande aide en ce domaine…
-
Il n’est pas question que l’on reste ici, répliqua violemment
Requiem !
-
Et il est hors de question de continuer à t’entendre t’énerver
à tous bout de champs, le coupa Antonio. Puisque nous sommes ici, et
visiblement sans notre hôte, on a tout le loisir de chercher une solution.
Il
s’assit en tailleur, posant ses dagues devant lui et ferma les yeux pour se
concentrer. Son cosmos commença à se développer et il resta ainsi pendant
quelques instants, avant de se saisir promptement d’un de ses dague, la lançant
droit devant lui. L’arme alla se ficher dans le vide avec un bruit sourd.
« C’est donc par là qu’il
faut aller… »
Ithaque
s’approcha de la dague, toujours plantée au-dessus du sol, dans du vide et posa
la main juste à côté, comme s’il appuyait sur quelque chose.
-
On dirait un mur, ou peut-être une porte invisible, juste là.
Félicitation, Saint.
-
Appelle-moi Antonio, nous sommes partis pour être compagnons
d’arme, au moins cette fois-ci. Mes dagues ont un flair digne de l’animal dont
elles sont issues. Je ne les maîtrise encore pas très bien, mais je sais que je
peux compter sur elles.
-
Pff, tu vas me faire pleurer, l’interrompit Requiem. S’il y a
une porte, il n’y a qu’à l’enfoncer !
Il
posa à son tour ses mains sur la paroi invisible, bousculant Ithaque sans
ménagement au passage et concentra à son tour son cosmos. Une pellicule de
glace commença à se former, dessinant ce qui ressemblait effectivement à une
porte. Satisfait de lui, il recula.
-
On y voit plus clair maintenant. On va pouvoir agir
efficacement.
-
A condition de connaître le mot efficace, lui lança Ithaque
qui concentrait à son tour son énergie. Je me doute que tu serais ravi de
défoncer cette porte, mais il est impératif qu’elle reste en un seul morceau.
Dans ce type d’univers parallèle, on ne sait jamais à quoi on s’expose en
détruisant l’environnement.
La
porte se mit à vibrer et de petits morceaux de glaces se rompirent, tombant sur
le sol. La vibration s’accentua de façon progressive, jusqu’à ce que les
battants se mettent enfin à bouger. Le mouvement ne se stoppa que lorsque la
porte fut complètement ouverte, quand bien même ce n’était pas nécessaire.
Ithaque
se tourna vers ses deux compagnons et leur fit signe de le suivre. Ils
s’engouffrèrent par l’orifice et se trouvèrent de nouveau engloutis par une
forte lumière. Quand celle-ci se dissipa, ils se retrouvèrent dans une sorte de
long couloir dallé. Les murs semblaient vieux et usés, mais la pierre néanmoins
dure et épaisse. Ithaque commença à s’avancer.
-
De mieux en mieux…
-
Que se passe-t-il ? Lui demanda Antonio.
-
J’ai la nette impression que nous sommes dans une dimension à
caractère spatial.
-
C’est-à-dire ?
-
La bonne nouvelle, sauf erreur de ma part, c’est qu’il nous
sera peut-être possible d’en sortir. La mauvaise nouvelle…
-
C’est que pour en sortir, il va nous falloir trouver une
sortie, c’est bien ça ? demanda Requiem.
-
Oui. Je peux me tromper, mais je pense que c’est bien ça.
-
Nous ferions mieux de nous mettre en route, alors, repris le
Saint du Lynx. On risque de se balader longtemps, si je comprends tout.
-
Je te le confirme, acquiesça Requiem.
D’un
commun accord, ils se remirent donc tous en route, courant à bonne allure dans
le dédale qui s’offrait à eux. De l’avis d’Ithaque, il n’était pas forcément
utile de suivre une logique particulière, comme de tourner systématiquement à
droite ou à gauche, car les lois physiques dans cette dimension n’étaient pas
nécessairement les mêmes que sur Terre. Se laisser guider par son instinct et
sa sensibilité avait beaucoup plus de chances de les mener vers un point
spécifique.
Pendant
une bonne heure, ils coururent donc ainsi, tous s’abstenant de faire part de
leurs doutes quand à leur chance de sortir de ce labyrinthe dimensionnel. Afin
de détendre un peu l’atmosphère qui devenait pesante, Antonio décida d’engager
la discussion.
-
Tu sers sous les ordres du Sanctuaire de puis combien de
temps, Ithaque ?
-
Cela va faire six mois, bientôt. Je suis un tout jeune Saint
tout comme vous. La seule différence est sans doute que j’ai déjà eu des
missions à effectuer.
-
Bref, on nous as envoyé un bleu, lança sarcastiquement
Requiem.
-
Tu ne seras pas considéré autrement au Sanctuaire, je préfère
te prévenir tout de suite. En tant que Saints, nous sommes au-dessus du commun
des Mortels, mais au sein de la communauté du Sanctuaire, nous sommes tout en
bas de l’échelle sociale. Encore, une fois, je te conseille de l’accepter au
plus vite.
-
Nous verrons bien à ce moment là.
-
Et ton entraînement à eu lieu où ? Enchaîna Antonio,
toujours pour essayer de dissiper le malaise.
-
En Afrique. Le climat a été pour moi longtemps difficile à
supporter, mais j’ai fini par m’y habituer. Les journées y étaient d’une
chaleur étouffante et les nuits particulièrement froides. S’habituer dans ces
conditions à été éprouvant, mais il faut croire que je ne m’en suis pas trop
mal tiré. Et toi, Requiem ? Se risqua Ithaque, essayant désespérément
d’avoir une discussion posée avec le Saint de l’Hydre Mâle.
-
Dans les montagnes de Transylvanie, lui répondit ce dernier. A
l’inverse de toi, je n’ai pas eu à supporter la chaleur. Le froid était
permanent et j’ai passé six ans à lutter contre lui dans la neige et la pluie.
-
Ce qui explique que tu saches générer de la glace…
-
Exactement. Mon maître était très sévère. Jamais il ne m’a
laissé me reposer plus que nécessaire, jamais il n’a retenu ses coups contre
moi, mais c’était un bon maître. En dépit de toutes les épreuves qu’il m’a fait
subir, jamais je n’ai regretté de suivre son enseignement. Il m’a endurci et ma
rendu fort. Je me suis juré de toujours rendre hommage à cette force dont il
m’a fait cadeau.
-
C’est tout à ton honneur de respecter et de rendre hommage à
ton maître de cette manière. J’ai beau ne pas croire en la seule force de mon
poing, je comprends et je respecte ta conviction.
Requiem
se contenta de lui répondre par un petit hochement de tête, que Ithaque
interpréta comme, enfin, un premier signe plutôt amical, bien que discret.
-
Je ne voudrais pas interrompre cette scène émouvante, mais
nous allons avoir un léger problème, avança Antonio.
En
effet, devant eux, le couloir se trouvait désormais complètement loqué par de
nombreuses lianes qui proliféraient.
« Pas de temps à perdre avec
ça, dit le Saint de la Girafe, qui joignant le geste à la parole, s’avança pour
arracher à mains nues les premières lianes. »
La
réaction ne se fit guère attendre. Immédiatement, les végétaux s’animèrent et,
sans laisser le temps à Ithaque l’occasion de réagir, le fouettèrent violement
en le faisant reculer. Requiem vint se placer dans son dos, pour l’empêcher de
tomber, ce dont l’en remercia le Saint. Antonio quant à lui avait déjà sortie
ses dagues.
-
Des lianes vivantes, hein ?
-
Il semblerait qu’elles soient animées par un cosmos.
-
Je suppose donc que si j’essaie de les couper, elles ont
toutes les chances de repousser immédiatement…dit-il, songeur. Bien, on va
essayer comme ça, alors.
Antonio
concentra son énergie, croisant les bras devant lui et les balançant
soudainement, jetant par la même occasion ses dagues qui se mirent à tournoyer
dans un torrent de flammes.
-
Les Griffes du Lynx !!
Tel
que l’avait escompté Antonio, les lianes brûlaient allégrement et ne pouvant
plus repousser à cause de l’énergie générée par l’attaque, ainsi que par la
présence des flammes. Elles finirent par disparaître complètement. Voyant cela,
il se frotta le nez, l’air satisfait.
« Tu es fou ? Lui cria
Ithaque. Je vous avais dit que tout acte de destruction pouvait avoir des
conséquences dramatiques ici ! »
Comme
pour confirmer ses dires, le sol se mit à trembler et les trois Saints virent
les dalles tomber petit à petit dans le néant. Ils se mirent donc à courir de
concert, essayant d’échapper à cette chute sans fond qui essayait de les
happer.
Au
bout d’une centaine de mètre néanmoins, il débouchèrent dans une grande salle
et le couloir disparu mystérieusement derrière eux, leur coupant toute
possibilité de retour en arrière. Ils reprirent leur souffle quelques instants.
Ithaque semblait très irrité que cet incident se soit produit, mais Antonio
n’en n’avait visiblement que faire.
-
On ne pouvait pas rester indéfiniment là-bas en espérant que
ces plantes finissent par mourir de soif ?!
-
Tu as bien vu quelles conséquences ton geste avait eu,
pourtant ! Il faut penser au travail d’équipe !
-
Pfff, quelle équipe ? Pour faire du travail d’équipe, il
faut non seulement du travail, mais aussi une équipe. On vient d’être parachuté
dans cet univers bizarre et on se connaît tous à peine. Le travail d’équipe ça
ne s’improvise pas. De plus…
-
Ça suffit, les filles ! Vous finirez de vous crêper le
chignon plus tard, on a du pain sur la planche pour le moment.
Tous
deux regardèrent dans la direction indiquée par Requiem et eurent un bref
mouvement de recul. Devant eux se dressait une Hydre de plus de six mètres de
haut et à deux têtes, qui les regardait, l’œil sévère. A ses côtés se tenaient
deux hommes. Lorsque Antonio fronça les sourcils pour mieux les distinguer, il
s’aperçu qu’il s’agissait en fait de squelettes habillés de tunique spartiates.
Tous
trois leur faisait face, silencieusement.
-
Tu crois que si on lui donne un os, il va aller sagement dans
sa niche ? demanda sarcastiquement Requiem.
L’Hydre
se mit à grogner sourdement.
-
Requiem, tu ferais mieux de te taire, je crois qu’elle
comprend, essaya de le raisonner Antonio.
Sur
ce l’Hydre attaqua, balayant l’air d’un puissant coup de queue. Les trois Saint
évitèrent l’appendice hérissé de pics, proéminences osseuses, mais la bête
souffla sur Ithaque son souffle glacial, tandis que les deux soldats se
jetaient chacun sur Requiem et Antonio.
Le
Saint de la Girafe retomba lourdement sur le sol et eut juste le temps de
croiser bras, alors que le monstre l’écrasait sous l’une de ses pattes.
Antonio
commença à s’amuser de son côté à bloquer les coups d’épées de son adversaire
avec aisance. Sa vélocité lui conférait un avantage certain sur ce dernier qui,
assez lent, ne parvenait pas à suivre ses mouvements. Pourtant au bout de
quelques instants, le squelette planta son épée dans le sol. Le Saint du Lynx,
s’attendant à une attaque frontale, resta en position de défense, mais rien ne
venant, il repartit à la charge. Son adversaire, ayant récupéré son épée tenta
de l’embrocher dessus, obligeant Antonio à esquiver à la dernière minute. Mais
à sa grande surprise, il perdit toute adhérence sur le sol et tomba lourdement.
C’est
à ce moment là qu’il comprit que le squelette avait fait pourrir la pierre, la
couvrant de moisissures. Et celui-ci ne perdant pas l’occasion qui s’offrait à
lui, en profita pour abattre son épée sur lui.
En
action de dernier recours, Antonio lui opposa un coup sur le plat de l’épée
pour la dévier et lança son poing de toutes ses forces dans le ventre de son
ennemi. La force du coup fut telle que celui-ci tomba en morceaux sur le sol.
Requiem
quand à lui, ne fit pas dans le détail. Il se jeta sur le garde, enchaînant les
coups de poings et les coups de pieds, puis lui asséna un méchant coup,
frappant avec chacun de ses poings au niveau des articulations des bras du
squelette. Ceux-ci churent et le squelette se retrouva quelques instants l’air
bête, se secouant de droite à gauche comme s’il donnait des coups avec des bras
invisibles.
Estimant
en avoir finit avec lui, le Saint de l’Hydre Mâle tourna le dos au garde, mais
ressenti immédiatement une vive douleur dans le dos. Se retournant, il s’aperçu
que les deux bras flottaient dans les aires, celui tenant l’épée en ayant
profité pour lui porter un coup.
Il
n’en fallu pas plus à Requiem pour sortir de ses gongs. Concentrant son énergie
dans sa main, il se rua la tête la première son adversaire qui tenta de le
couper en deux avec son épée. Le Saint esquiva avec aisance, bondissant
par-dessus le squelette, et saisissant sa mâchoire par la même occasion. Le
résultat ne se fit guère attendre et la tête parti en même tant que les dents.
Quand Requiem écrasa le crâne du pied, le corps tomba en poussière de la même
façon.
Il
se retourna pour voir Ithaque voler arrière après avoir reçu un violent coup de
patte. Le Saint de la Girafe ne semblait pas trop amoché, à peine sonné, mais
il avait l’air d’avoir fort à faire avec l’Hydre. Il commença à se mettre en
position d’attaque, mais le monstre réagit immédiatement. Il prit une profonde
inspiration et recracha son souffle glacial sur Ithaque.
L’attaque
l’aurait sans doute gravement blessé, si Requiem ne s’était pas interposé, bras
en avant, en générant un champ de force protecteur. Néanmoins le choc des deux
puissances provoqua une sorte d’explosion qui envoya les deux Saints voler dans
les airs. Antonio accouru auprès d’eux pour s’assurer qu’ils n’avaient rien de grave,
ce qui était heureusement le cas.
-
La peau de ce monstre est une vraie cuirasse. J’ai eu beau le
frapper, rien n’y fait, commença Ithaque. Par ailleurs, il est loin d’être
idiot et ne laisse pas passer la moindre faille.
-
Et on peut y ajouter sa puissance de frappe, commenta Requiem.
J’ai beau ne pas être beaucoup porté sur la défense, il a quand même réussi à
franchir sans mal mon champ de force
-
Je pense, avança Antonio, qu’il faudrait peut-être l’attaquer
à trois et le prendre à revers. A trois contre deux tête, il y en a bien au
moins un d’entre nous qui devrait passer dans un angle mort tout de même !
-
Serais-tu en train de proposer que l’on fasse un travail
d’équipe ? Ironisa Ithaque.
-
Ce n’est pas le moment, le coupa sèchement le Saint du Lynx.
Je pense pouvoir contenir quelques instants son souffle glacial avec mes
flammes. Vous devriez pouvoir en profiter pour vous glisser sur ses flans et
l’y frapper.
-
Je n’aime pas qu’on me dise ce que je dois faire !
répliqua hargneusement Requiem, juste avant que la queue de l’Hydre ne s’abatte
sur lui.
Antonio
jeta un œil en direction de son compagnon, juste avant de sentir l’air bouger
sur son côté. L’Hydre préparait une nouvelle attaque. Immédiatement il se
saisit de ses dagues et se concentra au maximum. En dépit de ce très court
temps de préparation, il avait bon espoir de réussir à clouer le bec à ce
monstre. Ithaque de son côté lui adressa un signe, lui signifiant qu’il était
prêt à passer à l’action.
L’hydre
cracha de nouveau on souffle glacial, tandis qu’Antonio lançait son attaque
« Les Griffes du Lynx » générant la plus forte chaleur qu’il pouvait.
Les deux attaques s’entrechoquèrent, celle du Saint du Lynx réussissant comme
escompté à contenir celle du monstre. Ithaque s’apprêtait à passer à l’action
quand il vit passer Requiem juste devant lui. Son poing était serré et de
l’électricité crépitait autours.
« Tu vas me payer ça, sale
monstre !! La Morsure de l’Hydre !! »
Le
guerrier passa avec agilité sur le flan du monstre et asséna son coup avec
toute la puissance qu’il avait. L’Hydre fut projetée quelques mètres plus loin
en dépit de sa masse importante, les muscles un instant paralysés par le choc
électrique. Il n’en fallu pas plus à Ithaque pour réagir.
Le
Saint de la Girafe sauta dans les airs.
« C’est le moment !
L’Attaque de la Girafe !! »
Il
abattit le tranchant de sa main avec violence. Ni Antonio, ni Requiem ne virent
d’énergie en jaillir, ni ne virent distinctement en quoi consistait le coup
d’Ithaque, mais les deux têtes de l’animal furent comme écrasées sous un poids
invisible et ses mâchoires finirent par céder, laissant éclater des morceaux de
crocs. La bête rendit l’âme et se disloqua dans les airs, telle une chimère.
Ithaque
s’appuya sur ses genoux pour reprendre son souffle et Requiem constata avec
rage que l’épaulette gauche de son armure était fêlée. Antonio, quant à lui,
semblait s’en sortir sans trop de dommage, mais contenir le souffle de l’Hydre
l’avait un peu épuisé. Il poussa un gros soupir.
-
Bon, et maintenant, on fait quoi ? C’est bien joli de se
taper des bestioles dans ce genre-là, mais ça ne nous fait pas beaucoup
avancer. On rentre comment ?
-
Je pensais que l’on aurait trouvé une sortie après avoir
terrassé cette bête, mais je ne vois toujours rien, je commence à me demander
si on va réussir ou non à sortir ici… commença Ithaque.
-
Et tu te demandes bien, l’interrompit une voix sourde que tous
trois reconnurent immédiatement. C’est une jolie prouesse d’avoir terrassé
cette hydre, mais jamais vous ne réussirez à venir à bout de moi.
Les
trois Saints levèrent les yeux vers cet inconnu caché sous sa longue cape,
celui-là même qui les avait envoyés dans cette dimension, dont ils n’arrivaient
pas à sortir. Ils avaient déjà pu constater à quel point il était plus fort
qu’eux, infiniment plus rapide, et disposant de pouvoirs qu’ils avaient peine à
imaginer.
-
Dis-nous qui tu es ! Finit par lancer Requiem.
-
Cela ne te regarde pas. Les hommes nous ont oubliés, nous ont
rayés de leur mémoire. Je ne vois pas l’intérêt de dire mon nom à quelqu’un qui
va mourir dans quelques secondes, et encore moins à un sbire de la Déesse
Athéna.
Il
leva la main et commença à concentrer son cosmos de façon bien plus poussée
qu’il ne l’avait fait auparavant. Les trois Saints de Bronze comprirent
instantanément qu’ils ne se relèveraient jamais d’une attaque portée avec une
telle puissance. Aucun n’envisageait de se laisser abattre sans rien tenter,
mais tous avaient l’intime conviction que ce serait un combat vain.
L’homme
en cape allait lancer son attaque quand un éclair d’énergie zébra le ciel dans
son dos. Son cosmos disparu instantanément.
« Alors ainsi, tu voudrais
que je les épargne, hein ? dit-il à haute voix, comme s’il parlait à
l’éclair qui n’était plus là. Il réfléchit un moment, comme si les trois Saints
de Bronze à côté de lui n’étaient même pas présents, puis finit par relever la
tête. Très bien, je t’accorde cette faveur au nom du respect que j’ai pour toi.
Vous, dit-il en désignant Antonio, Requiem et Ithaque, estimez-vous heureux.
Profitez de votre chance d’aujourd’hui, car elle ne durera peut-être pas
jusqu’à demain. »
Il leva le bras dans
leur direction. La même lueur que celle qui les avait emmenés en ce lieu se mit
à briller et les enveloppa de la même façon. Aucun des trois ne savait vraiment
à quoi s’attendre, ni où ils allaient se retrouvés projetés. La seule certitude
qu’ils avaient pour le moment était qu’ils allaient vivre. Restait à savoir
dans quelles conditions… |