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Chapitre 5 : Le Rocher de la Tête de Mort
Antonio,
Ithaque et Requiem ouvrirent les yeux sur un couloir familier, celui de la
salle de conférence du manoir Kido. Ils eurent le sentiment d’émerger d’un
rêve, et s’ils n’étaient pas si certains d’avoir bel et bien vécu leur errance
dimensionnelle, affronté cette hydre gigantesque et rencontré cet homme
mystérieux, ils auraient pu jurer qu’ils n’avaient jamais fait que sortir de la
salle de conférence.
Ils
restèrent un long moment à se dévisager les uns les autres. Les regards
d’Antonio et d’Ithaque furent figés un long moment sur la Cloth de Requiem,
avant que celui-ci ne finisse par comprendre ce qui retenait tant leur
attention. La fêlure qui zébrait son épaulette faite par la queue de l’Hydre
avait disparue.
-
Je ne comprend pas ce qui se passe, commença-t-il. Je n’ai pas
rêvé pourtant…
-
Si tu as rêvé, lui répondit Ithaque, on est au moins deux dans
ce cas, alors.
-
Hey ! Les interpella Jaku avec humeur. Qu’est-ce que vous
faites à traîner derrière ?! On vous attend, là !
Les
trois se regardèrent un court instant avant qu’Antonio ne se tourne vers le
Saint de la Grue.
-
Tu exagères, on a pas traîné si longtemps que ça !
Ses
deux camarades le regardèrent, interrogatifs.
-
Bien sûr que non, mais j’aime pas les traînards ! Quand
j’ai vu qu’en sortant de la salle de conférence vous ne sortiez pas, je me suis
douté que vous aviez envie de papoter, mais c’est pas le moment.
-
T’as bien raison. Allez, on arrive.
Jaku
tourna les talons, et les deux camarades d’Antonio le dévisagèrent.
-
On dirait qu’on a jamais fait que sortir de la salle de
conférence, rien d’autre, avança Ithaque.
-
Pourtant on sait très bien que ce n’est pas le cas.
-
Je vous le confirme, lui répondit Antonio, leur montrant une
fenêtre ouverte, dont les rideaux étaient agités par le vent. Pourtant je n’ai
aucune explication à vous donner. Nous ferions mieux d’y aller. Pour le moment,
on ne peut rien y faire. Il faudra attendre que notre mystérieux ami se
manifeste de nouveau pour en apprendre d’avantage.
-
Ne soit pas trop pressé de le revoir. Je doute qu’on s’en
sorte aussi bien la prochaine fois, lui dit Ithaque, commençant à aller en
direction du groupe.
-
Ça me fait mal de l’admettre, mais il n’a pas tord sur ce
point là, ajouta Requiem, s’avançant à la suite du Saint de la Girafe.
Antonio
acquiesça en son fort intérieur. Il ignorait si l’homme qu’ils avaient
rencontré était un Saint, mais l’armure qu’il portait ressemblait de beaucoup à
une Cloth et sa puissance était tout simplement inquiétante. Il avait
décidément encore beaucoup à apprendre et se rendait compte d’une des choses
qu’Ithaque leur avaient dit : ils n’étaient que des bleus.
Il
rejoignit ses camarades qui avaient déjà retrouvé le groupe. Et lorsque tous se
tournèrent vers lui pour lui demander pourquoi il avait mis autant de temps, il
se contenta d’hausser les épaules et monta dans l’hélicoptère qui les
attendait, sans en dire plus.
Beaucoup
de choses se bousculaient dans sa tête en ce moment. Ce retour à la
« civilisation » s’était suivi d’évènements qui s’étaient enchaînés
les uns à la suite des autres sans interruption, que ce soient ces soldats de
glaises, ce voleur de Cloth ou cet homme mystérieux porteur de cette armure à
la blancheur immaculée.
D’un
commun et tacite accord, il s’était mis d’accord avec Ithaque et Requiem pour
ne parler à personne pour le moment de cet homme en capuche. Il ne savait pas
trop bien pourquoi, d’ailleurs, mais il leur semblait que cela valait mieux.
Ils avaient déjà tous un combat sur lequel ils devaient se concentrer pour
l’heure, et par ailleurs, lorsque Ithaque ferait son rapport au Sanctuaire,
celui-ci saurait sans doute mieux analyser la situation qu’eux.
Le
trajet en direction de leur lieu de rendez-vous dura environs une bonne
demie-heure, dans un silence un peu pesant. Tous avaient eu à risquer leur vie
de nombreuses fois au cours de leurs années d’entraînement, mais peu savaient
vraiment ce qu’était d’aller un à l’encontre d’un ennemi à priori plus
puissant. Quand bien même ils avaient tous plus ou moins été élevés dans une
sorte d’élitisme, les incitant à être convaincus qu’ils étaient chacun tous les
êtres les plus puissants que la Terre portait, seuls les plus perspicaces
d’entre eux ressentaient que ce n’était que pure illusion, ou plus précisément,
qu’il ne s’agissait pas d’une vérité à prendre au premier degré.
Etait-ce la
raison pour laquelle Niwa avait refusé de venir avec eux ? Ressentait-il
cette vérité plus que n’importe quel autre ici présent, au point de refuser le
combat ? Antonio n’en avait aucune idée. Le Saint du Renard était violent,
mais était également très individualiste et misanthrope, à ce qu’il avait pu en
juger. C’était d’ailleurs une pensée qui l’attristait au plus haut point. Dans
sa mémoire, Niwa avait toujours été un petit garçon joyeux, joueur et
facétieux. Qu’il soit devenu ainsi lui faisait également réaliser sa propre
chance de ne pas être devenu comme lui. Il avait eu de la chance, d’être envoyé
dans les Alpes, à la rencontre de Zepetti. Il s’en rendait bien compte.
Une
fois arrivés sur le lieu de rendez-vous, ils sautèrent de l’hélicoptère en vol,
à plusieurs mètres du sol, afin de lui permettre de repartir au plus tôt et de
ne pas mettre la vie des pilotes en danger. Vu le traitement infligé à Tatsumi,
il y avait fort à parier que le Sculpteur ne se gênerait pas pour tuer tout
homme présent, guerrier ou non. Ils se dirigèrent en groupe sur le chemin qui s’offrait
à eux. Tous étaient sur le qui-vive, guettant le moindre mouvement suspect dans
les rochers et dans les arbres.
Très
rapidement, le paysage boisé laissa place à des arbres noueux, dépourvus de
feuilles et de vie pour la plupart d’entre eux. Seule restait la rocaille dure
et sèche, la désolation. Et face à eux finit par se dresser un énorme rocher
dont la forme et les cavités, regardées d’un certain point de vue, faisait
penser à une gigantesque tête de mort qui n’aurait pas pu trouver meilleur endroit
pour reposer.
L’endroit
en lui-même était en fait une sorte de clairière, une zone ronde dégagée à l’intérieur des reliefs d’où deux chemins,
outre celui par lequel le groupe était arrivé, s’élançaient. Chacun scruta
attention les moindres recoins et les moindres rochers, mais il semblait bel et
bien qu’ils étaient les premiers sur les lieux.
-
Eh bien, ce n’est pas très poli de lancer une invitation et de
s’y rendre en retard !
-
C’est nous qui sommes en avance, Jaku, lui répondit Kuwabara.
Je m’attendais néanmoins à ce qu’il nous attende de pied ferme et qu’il nous
prépare un comité d’accueil.
-
Eh bien, cela nous laisse encore un peu de répit pour
souffler, dit Hiro. J’ai comme dans l’idée que cela ne va pas être une partie
de plaisir.
De
son côté, Lissa s’était avancée vers le Rocher de la Tête de Mort. Elle avait
remarqué la forme bizarre de quelques rochers et souhaitait en avoir le cœur
net. S’accroupissant, elle faillit reculer de surprise avant de tendre le bras.
Ce qui lui avait semblé être un bras au premier abord se révélait n’être qu’un
rocher. Et à côté, elle découvrit des têtes dont les visages étaient à peine
esquissés, des jambes, ce qui lui semblait être des parties de Cloth taillées
dans la roche. Ithaque s’approcha d’elle.
-
Cela n’augure rien de bon…
-
Je te le confirme, Ithaque. J’ai comme l’impression que notre
hôte s’est exercé à nous préparer quelques œuvres d’art de son cru, juste pour
le plaisir de nos yeux.
-
Pourquoi ferait-il ça ?
-
Pfff, c’était purement ironique ! Ne prend pas tout au
premier degré ! Que… ?
Des
traces de sang se trouvaient sur les rochers. Il avait déjà séché, mais un
examen attentif du paysage laissait apparaître des traces de lutte. Ce n’était
guère perceptible et il était probable qu’elle était la seule capable de
déceler des traces si infimes que celles-ci. Mais c’était justement ce qui lui
semblait si étrange. Il y avait eu un combat vraisemblablement violent ici,
mais on s’était visiblement attaché à les effacer. Pourquoi donc ? Pourquoi
vouloir tout cacher, si c’était pour laisser si évidente cette tache sanglante
sur le rocher.
L’esprit de
Lissa se mit en mouvement et ce qu’elle en retirait comme suppositions ne lui
plaisait pas du tout. Elle se redressa et s’apprêtait à tirer Ithaque par le
bras pour qu’ils rejoignent les autres quand elle sentit passer une ombre
au-dessus d’elle. Ithaque dût la sentir aussi, car ils levèrent les yeux en
même temps. La femme guerrière eût un mouvement de recul en voyant ce qui
semblait être son double parfait. Que ce soit dans les proportions du corps, la
forme, les cheveux où les motifs tout en arabesques du masque, il s’agissait en
tout point de sa jumelle.
-
Qui es-tu ?
-
Ça me semble évident, je suis l’Oiseau de Paradis, lui
répondit l’autre d’une voix qui était tellement semblable à la sienne que Lissa
en frissonna.
-
Arrête de la torturer comme ça, tu es méchante, l’interrompit
la voix de Hiro.
Ithaque
et Lissa se retournèrent, soulagés de voir Hiro à leurs côtés, mais
déchantèrent vite lorsqu’ils aperçurent un second Hiro, visiblement estomaqué
de se voir lui aussi en double.
-
Les pauvres petits…, fit la voix de Niwa
-
Ils ressemblent à de petits agneaux devant un loup, ajouta la
voix de Jaku
-
Ce ne sont rien d’autre…, affirma la voix de Requiem.
-
Rien d’autre qu’une bande de moutons près à être dévorés,
renchéri la voix d’Antonio.
Tout
autours de Lissa et de Ithaque se trouvaient leur groupe, à la différence près
de l’absence d’un double de Ithaque. Les deux Saints se sentirent tout d’un
coup bien seuls, ainsi entourés par ces regards mauvais. A leur grand
soulagement, et bien que la scène leur paru tout simplement absurde, les autres
Saints se mirent tout autours d’eux, l’air à la fois résolu et complètement
surpris.
-
Qu’est-ce que c’est que ça ? Finit par lâcher Jaku.
-
On dirait nos doubles en tout point, continua Hiro.
-
Non, regardez mieux, le contredit Lissa, dont le sens de
l’observation semblait encore marcher à merveille en dépit du stress de la
situation.
-
Je vois ce que tu veux dire, il s’agirait donc du même type de
création que ces soldats que nous avons reçus au manoir, constata Kuwabara
après un bref instant d’hésitation, mais remarquant tout de même l’aspect rêche
et grisâtre de leur peau.
-
Allons donc, ne les insultez pas de la sorte, c’est le genre
de compliment qu’il vaut mieux éviter de leur faire, si vous souhaitez garder
votre tête sur vos épaules, l’interrompit une voix inconnue.
Tous
se retournèrent d’un bloc, et les doubles changèrent instantanément de place
pour venir se placer aux côtés du nouveau venu. Il ne fallut que peu de temps
aux Saints pour comprendre qu’ils avaient face à eux le Saint du Sculpteur. Son
armure, bien qu’étincelante et ruisselante de puissance ne laissait aucun doute
quant à sa qualité de Cloth de bronze. Comme tous les habits sacrés de cette
catégorie, elle laissait beaucoup de zones du corps à découvert, ce qui ne
l’empêchait pas de protéger son porteur de la majeure partie des coups violents
que les saints étaient capables de porter ou de recevoir au cours de leurs
combats. Il portait une cape, ce qui était rare pour un Saint de bronze,
accrochée à ses épaulettes d’une couleur proche de l’ébène. Ses longs cheveux
noirs aux reflets bleutés flottaient dans le vent et encadraient son visage,
aux traits étonnement doux, mais rehaussé par des yeux couleur de sang. Des
yeux dont il semblait émaner haine et folie.
-
Vous êtes bien courageux, vous qui vous voulez défenseurs de
l’ordre et de la justice sur Terre. Bien courageux d’avoir accepté de venir
jusqu’ici pour sauver un vieil imbécile inutile d’une mort toute aussi inutile.
Moi, Daiki, Saint de Bronze du Sculpteur, vous l’affirme haut et fort. Votre
tentative est vaine.
Il
fit un geste pour faire passer dans son dos sa cape que le vent plaquait contre
lui. C’est à ce moment là que le groupe de Saint remarqua que quelqu’un se
tenait dans son dos, tel un spectre. Ils essayèrent de distinguer ses traits,
cachés dans l’ombre, mais le Sculpteur ramena sur lui toute l’attention.
-
Le courage est une qualité que j’apprécie au plus haut point.
Ne serait-ce que pour cela, je devrais sans doute vous applaudir, même si l’un
d’entre vous a préféré jouer la carte de la prudence et que nous avons à sa
place un invité surprise, ajouta-t-il en regardant longuement Ithaque qui en
frémit. Néanmoins, ne vous y trompez pas. Je n’attend de vous qu’une seule et
unique chose : m’emparer de vos habits sacrés dès votre mort.
-
Dis-nous plutôt qui sont tes sbires ? Il semble que je ne
me sois pas trompée en observant qu’ils avaient la même origine que ces soldats
de glaise que tu nous as envoyé hier, lui demanda Lissa, encore sous le choc de
s’être trouvée face à face avec cette jumelle si parfaite. Sont-ce là tes
créations ?
-
Exactement, ils le sont tous, lui répondit tranquillement le
Saint du Sculpteur. Il s ‘agit de Golems que j’ai moi-même créés. Sans les
matériaux qui servent à forger les Habits Sacrés et sans la poussière d’étoile
qui leur donne la vie, je ne peux rien créer d’autre. Il s’agit de doubles,
créés à partir de la Terre et par ma main, qui me servent d’exécutants quand
les faibles guerriers que je vous ai déjà envoyés ne sont pas
suffisants. Et ne vous y trompez pas. Quant bien même il s’agit de mes
créations, ils sont en tout points vos semblables en force.
-
C’est une chose qui reste à voir, répliqua froidement Requiem,
que le poing démangeait de plus en plus.
-
Mais pourquoi essaies-tu de nous voler nos Cloth ?! Le
coupa Ithaque, plus se redonner de la contenance et du courage qu’autre chose.
-
Oui, c’est une question qui m’intéresse aussi, continua
Kuwabara. Je suis persuadé que tu sais très bien que les Cloth, offertes aux
Hommes par Athéna et douées de vie et de conscience, sont seules à choisir qui
les porte. Si tu nous les arraches de force, je pense que tu sais
pertinemment que tu ne pourras sans
doute en retirer aucun bénéfice. Alors, pourquoi tout cela ?
Daiki
ferma les yeux un long moment. L’atmosphère sembla changer du tout au tout, la
sensation de haine et de folie disparaissant un court instant. Jusqu’à ce qu’il
ouvre de nouveau les paupières.
-
La destinée de chacune des armures de l’ordre d’Athéna est
gravée dans les étoiles. C’est ainsi qu’Elle l’a voulu, et c’est de cette
manière que toutes les Cloth de l’ordre d’Athéna ont été forgées. Vous les
voler est le seul moyen de les y arracher, afin de m’en servir pour en créer de
nouvelles, libres de l’influence du Sanctuaire et de celle d’Athéna. Le destin,
la conscience de ces protection que vous portez, cette symbiose que vous
partagez avec elles, tout cela crée un lien si étroit qu’il en est quasiment
indestructible. Il est impératif pour moi de détruire ce lien, de briser ce
destin qui vous unit.
-
A quoi bon ? Quand bien même tu nous tuerais, Kuwabara te
l’as bien dit, tu ne pourras pas disposer de nos Cloth à ta guise,
l’interrompit Hiro qui semblait bouillir intérieurement.
-
Les Saints d’Athéna et leurs habits sacrés partagent une
destinée commune qui est écrite dans les étoiles. Si je tue le porteur et que
je détruis sa Cloth avant qu’elle ne choisisse un nouveau porteur, les deux
destinées seront simultanément brisées.
-
Comment ça ? L’interrogea Antonio.
-
Si je me contente de tuer le porteur, lui répondit patiemment
Daiki, la Cloth qui l’avait choisi sera toujours sous l’influence d’Athéna et
sans tuer le porteur, il sera impossible de refondre l’armure pour la
transformer. Tant que l’un des deux survis, la destinée ne peut être
infléchie. Il ne peut donc être question d’alliance non plus, cela ne me
servirait pas ! La seule chose qui m’intéresse est de briser la Destinée.
-
Cela ne sert à rien de vouloir lutter contre son destin,
répliqua Hiro. Vouloir briser le destin des autres est tout simplement une
ignominie. Tu n’as pas le droit d’en disposer ainsi !! Pourquoi te prendre
pour un dieu en faisant de telles choses ?
-
Athéna dispose d’une garde puissante qui reviendra toujours se
reformer autours d’elle. Le destin de ses Saints et de leurs habits sacrés est
ainsi fait. En brisant ce cycle, le Sanctuaire et la force d’Athéna seront
affaiblis et ils seront handicapés, si jamais ils voulaient se lancer dans une
croisade.
-
Une croisade ? Mais qu’est-ce que tu racontes ?
Athéna a toujours œuvré pour la paix dans le Monde, avança Ithaque. Pourquoi
crois-tu donc qu’elle a créé son ordre de Saints ? Ne connais-tu donc pas
l’origine de la création de nos Cloth ?
-
Les « origines » ne m’intéressent pas, je ne fais
que constater et m’interroger sur le futur. Le Sanctuaire est une force
dangereuse et despotique. Il s’agit d’une dictature qui, sous couvert, de faux
arguments tels que la paix dans le monde, ne fait que s’imposer en tant que
force militaire. Je veux créer un contre-pouvoir, sinon il pourrait vouloir
dominer le monde par la force, et nul ne pourrait s’y opposer. Je ne peux pas
laisser faire ça. Beaucoup de guerres par le passé ont été menées par Athéna,
mais si jamais un jour elle se trompait ou voulait mener une guerre pour son
bénéfice personnel ? Rien ne vous prouve que même avec les intentions les
plus pures, Elle se trompera jamais, qu’Elle ne tuerait pas l’innocent en
pensant tuer le criminel. Rien ne vous prouve que ses prochaines incarnations
conserveront cette volonté de garder la paix sur Terre. Non, c’est un risque
trop grand pour être couru sans ne rien y faire… c’est hors de
question !!
Pendant
un court instant, les yeux couleurs sang de Daiki semblèrent devenir fous. Même
ses Golems eurent un mouvement de recul, sentant une sourde puissance surgir.
Puis la tempête se calma et un rictus mauvais se dessina sur le visage du
sculpteur qui paru alors totalement dément.
-
Mais en voilà assez ! J’ai déjà commencé à mettre mon
plan à exécution. L’un de vos chers amis a d’ores et déjà fait don de sa vie
pour sa si belle cause et m’a, par la même occasion, fait dont de sa Cloth.
Il
se déplaça sur le côté, l’homme derrière lui suivant son mouvement, restant
ainsi dans son ombre. Ce mouvement lui permit de montrer, ce qui se trouvait
dans son dos, dissimulé par sa cape, une Pandora box.
-
Qu’est-ce que ça veut dire ? Commença Requiem.
-
Mon dieu, il n‘a pas fait ça ?! S’exclama Lissa, portant
la main à la bouche en un mouvement de stupeur.
-
Bien sûr que si, ma chère, lui répondit Daiki dans un petit
rire. Je viens de vous le dire, j’ai déjà commencé à mettre mon plan à
exécution.
Il
fit pivoter la Pandora Box, afin de s’assurer que tous puissent bien en voir
les gravures. Antonio crut discerner une sorte de machine.
-
On dirait un appareil… débuta-t-il avant de s’arrêter net dans
sa réflexion. Ce n’est pas ta Pandora box !
-
Je vois, répondit Kuwabara. Il doit s’agir de la Cloth de la
Machine Pneumatique. Nous voilà donc fixés sur notre compagnon d’arme qui n’est
pas venu nous rejoindre…
-
Eh bien, en voilà un qui sait utiliser son cerveau à
merveille, le railla le Scuplteur. Ce Marco, Saint de bronze de la Machine
Pneumatique nous a donné bien du fil à retordre, mais il n‘avait aucune chance,
seul face à nous. Il aura au moins réussi à se défaire de son double que vous
auriez eu à affronter sinon en plus des votre.
Hiro
se rappelait bien de Marco. Ce petit garçon chétif qui avait perdu ses parents
très tard et qui avait eu beaucoup de mal à s’en remettre. Ce garçon doux et
gentil qui ne voulait pas aller en camp d’entraînement et qui avait même fugué
la veille de son départ pour y échapper. Tatsumi avait toutefois eût tôt fait
de le rattraper et de l’envoyer dans le camp pour lequel il avait été désigné.
Il eût grand
peine à se retenir de verser une larme sur ce visage charmant qui ne sourirait
plus jamais. Il put à peine résister à ne pas se laisser engloutir par cette
mort qui lui en rappelait une autre, dont il ne s’était toujours pas remis. Il
serra les poings de rage.
-
Sa mort de restera pas impunie, assassin !! Cracha-t-il.
-
Le sanctuaire œuvre pour la justice et nous allons
l’appliquer, ici même, enchaîna Jaku qui semblait lui aussi particulièrement
remonté.
-
C’est ce que nous allons voir. C’est ce que nous allons voir
très rapidement. Mais surtout, ne vous attendez pas à ce que nous vous fassions
le moindre cadeau. Je tiens également aux raisons qui m’ont menées sur cette
voie et je n’ai pas l’intention de m’en détourner un seul instant. Soyez
prévenus ! Au fait, ajouta-t-il avec un regard carnassier, n’était-ce
pas dangereux de venir tous ici en laissant votre cher Tatsumi seul à
l’orphelinat ? De nos jours, un accident est si vite arrivé…
Sans
plus attendre, il prit dans son dos ce qui semblait ressembler à une sorte de
marteau plutôt fin et, concentrant son cosmos, frappa violemment le sol, tandis
que le Golem de l’Oiseau de Paradis tendait la main, laissant voler au vent une
fine poussière lumineuse.
Le
souffle de l’attaque de Daiki projeta sur eux tous un épais brouillard de
poussière, contenant également les petits grains de lumière générés par le
Golem. S’en apercevant, Lissa lança son poing vers le ciel, essayant de créer
un vent de lumière qui retenait les particules de lumière de son double, mais
une seconde déflagration les jeta tous à terre.
Ce
second souffle dispersa toute la poussière et tout redevint visible. Le groupe
de Saints put ainsi s’apercevoir que leurs ennemis en avaient profité pour
s’éclipser, ce dont ils s’étaient de toute façon douté au vu de la manœuvre.
Jaku pesta.
-
Le fourbe !!
-
Il agit de façon stratégique, voilà tout, lui répondit
Kuwabara sur le ton, de l’évidence. Il y a fort à parier qu’une partie de ses
Golems s’est rendue à l’orphelinat pour nous y attendre de pied ferme. Sans
doute espèrent-ils que nous ne pourrons pas donner toute la mesure de notre
force dans une zone civile…
-
Que faire, alors ? On ignore combien y sont allé et
combien sont restés ici. Demanda Requiem.
-
Moi, c’est tout vu, je vais à l’orphelinat. Il est hors de
question de laisser Tatsumi seul, dit Hiro d’un ton décidé.
-
Je viens avec toi, ajouta Kuwabara. Me battre en zone civile
ne me pose aucun problème.
-
Pff, je suis curieux de voir ça, je viens avec vous, affirma
Jaku, et par ailleurs, si Niwa est toujours là-bas, il pourrait bien se
retrouver leur cible. Un seul d’entre nous tué est amplement suffisant.
-
Bon, dans ce cas, Requiem, Antonio Lissa et moi allons rester
ici, répondit Ithaque.
-
On fait comme ça, alors, répliqua Kuwabara qui se mettait déjà
en route, à la suite de ses compagnons qui avaient commencé à courir. Faites
attention à vous !
-
Eh bien, il n’y a plus qu’à, fit Requiem, une fois leurs
camarades disparus de leur champ de vision.
-
On va aller lui apprendre à vivre, à ce mégalomane, acquiesça
Antonio, l’air résolu.
Alors, c’est partit ! Ajouta Lissa en se mettant en route |