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Chapitre 6 : Entre plumes et griffes.

 

            Les Saints de Bronze s’étaient dispersés, dans l’espoir de retrouver au plus vite le Sculpteur sur ce terrain rocailleux et montagnard. Chacun était allé sur son propre chemin, chacun avec ses doutes et ses interrogations sur ce que serait la suite des événements. Leur ennemi semblait déterminé et apprendre que l’un des leur était déjà tombé leur en avait mis un coup au moral.

Sur le sentier qu’elle avait choisi d’emprunter, Lissa avançait prudemment, perdue dans ses pensées. Elle broyait du noir, pas seulement à cause de l’assassinat du Saint de Bronze de la Machine Pneumatique, mais surtout à cause de sa rencontre avec cet être qui portait son corps et son visage. Se retrouver ainsi face à un double si ressemblant avait quelque chose d’étrange, mais surtout de particulièrement malsain. Cette sensation qu’elle n’était pas vraiment elle, hors de son corps, comme si son âme cherchait à s’échapper était très déstabilisant.

            Il n’y avait que peu de temps quelle était devenu le Saint de l’Oiseau de Paradis, et comme première expérience, elle ne pouvait pas dire qu’elle se sentait particulièrement enchantée. En y regardant bien, elle n‘avait jamais vraiment réfléchis à tout ce que pouvait impliquer sa condition de Femme-Saint. L’une des choses les plus délicate de cette condition était pour elle le port constant du masque. A force de temps et d’efforts elle avait finit par le supporter en tant seconde peau, mais ce n’était pas pour autant qu’elle l’acceptait pleinement.

            Le masque était un sujet tabou, même entre ces femmes qui renonçaient à voir leur peau exposée à la douceur du soleil. L’entraînement qui leur était dispensé avait aussi ce but, les forcer à refouler leur condition de femme, leur féminité. Il lui avait été expliqué que Athéna, en tant que femme, ne supportait l’idée que des femmes prennent les armes et que la condition imposée pour celles qui souhaitaient tout de même se battre en son nom, n’en soient plus vraiment. Il n’était d’ailleurs pas question de tergiverser sur le sujet, de remettre en cause ce principe. Souvent en tout début d’entraînement, il y avait toujours une petite fillette pour se rebeller, s’interroger, poser des questions, mais il n’y en avait généralement qu’une seule, car celle-ci subissait un tel traitement que toutes les autres comprenaient très vite qu’il valait mieux taire le sujet.

            Lissa avait juste une fois chercher à aborder le sujet avec son maître, Shen Yu. Elle avait toujours eu de très forts liens avec lui et une forte complicité existait entre eux. Néanmoins, la réaction de son maître lui fit clairement comprendre que complicité ou non, le sujet ne serait plus jamais abordé. C’était un matin, juste après leurs ablutions respectives et Lissa se sentait quelque peu démoralisé. En effet, le masque qu’elle portait depuis maintenant deux longues années continuait de la faire souffrir. Très peu de gens le savaient, notamment car les Femmes-Saint n’en parlaient pas, mais le masque était maintenu à leur visage par l’intermédiaire de points de pression sur leur peau, et non par un quelconque système de lanière. Si d’une façon générale ces points de pression n’étaient guère gênants, ils devenaient de plus en plus douloureux avec le temps. Encore jeune et peu accoutumée à cette douleur-ci, Lissa la gérait très mal. Elle voulu donc en parler avec son maître. Celui-ci, après que son visage soit passé par différentes couleurs et expressions, se contenta de lui tourner le dos en lui intimant l’ordre de le suivre.

            Lissa s’exécuta, et n’eut pas le temps de voir le coup de poing lui arriver en plein dans l’estomac. Elle tomba a genoux tandis que son maître l’attrapait par le col, la soulevant de terre et lui assena un second coup qui la propulsa plusieurs mètres plus loin. Shen Yu semblait à la fois être dans une profonde colère et dans une résignation étrange.

-         Et alors ? Que fais-tu ? Ne t’ai-je donc pas appris à te défendre ? Je ne me déplace pourtant pas très vite, ajouta-t-il en serrant le poing et entamant une course frontale sur Lissa. Celle-ci voulu esquiver en sautant de côté, mais la main de son maître se referma son pied et il l’envoya contre un arbre. Voilà donc à quoi sert mon entraînement ?

-         Je ne comprend pas, maître ! Pourquoi faites-vous ça ?

            Shen Yu laissa échapper un grognement de colère et fondit de nouveau sur elle. La jeune fille bondit dans les airs, prenant bien soin cette fois de ramener ses pieds près de son corps, mais Shen Yu était déjà au-dessus d’elle. Elle n’eut que le temps de penser à l’injustice de la situation, son maître n’hésitant pas à accélérer au-delà de ses perceptions à elle et ne put même pas se mettre en garde pour amortir le coup qui lui fut assené dans son dos et la ramena de nouveau à terre.

            L’homme d’ordinaire calme et doux s’avança en marchant et lui donna un violent coup de pied supplémentaire, alors même qu’elle était toujours à terre, qui la projeta encore plus loin.

-         Alors dis-moi Lissa, il te gêne encore ce masque ?

-         Je…

-         Je crois sincèrement que tu as d’autres choses à te préoccuper que de cette gêne, non ?

-         Mais…

-         Cela suffit !! Tu portes ce masque par la volonté de la déesse dont tu vas protéger les valeurs et le royaume. Ceci est notre rôle à nous, Saints. Ose remettre la parole de ta Déesse en doute ou en cause, et tu seras considérée comme une renégate, un traître. Si tel est le cas, je te tuerai de mes propres mains.

            Lissa ferma les yeux et serra les dents en même temps que les poings. Voilà donc à quoi s’attendre. Peu importe sa douleur, peu importe l’injustice de cette situation, il s’agit d’un décret divin que nul ne pouvait même remettre en cause ? Les femmes devaient porter ce masque et se taire ? Avaient-elles seulement le choix de renoncer à leur statut de Saint ?

            Lorsqu’on lui avait apposé ce masque sur le visage la première fois, on lui avait dit qu’elle le porterait jusqu’à ce qu’elle rende son dernier souffle. Que si un homme voyait ce visage, elle devrait le tuer ou l’aimer. La mort était le seul moyen de se débarrasser de cette abomination ?

            Lissa sentit les larmes lui monter aux yeux. Elle se remit sur ses deux pieds et commença à lever la main vers son masque, déterminée à l’ôter. Le voyant son maître se jeta sur elle pour l’en empêcher.

            Un bruit de pas furtif fit sortir le Saint de l’Oiseau de Paradis de ses pensées. Automatiquement, elle se mit en garde et se réprimanda d’être aussi distraite, alors qu’elle était en terrain ennemi. Elle s’attendait à voir de nouveau son double se dresser face à elle, mais ce ne fut pas le cas.

« Niwa ? »

            Alors même que le prénom du Saint du renard lui échappait, elle sut que ce n’était pas lui, mais son double Golem.

« Petit petit petit oiseau… Es-tu tombé de ton nid ? »

            Le Golem semblait avoir un regard fou. Il la regardait comme un renard convoite un lapin. Les griffes qui lui étaient poussées en lieu et place de ses ongles ne manquèrent pas d’attirer l’attention de Lissa. Elle avait eu l’occasion de voir avec quelle sauvagerie Niwa pouvait se comporter avec son ennemi, lors de la joute avec les Gardes de Glaise du Sculpteur, et il lui semblait évident que son double avait été doté du même comportement bestial.

« Petit petit petit oiseau… Dis-moi quel goût ont tes plumes… »

            Lissa ne répondit toujours pas. Il lui semblait qu’au moment même où elle ouvrirait la bouche, le Golem lui sauterait dessus pour l’égorger vive. Elle se contenant donc de le suivre du regard, à mesure qu’il se déplaçait autours d’elle, prêt à bondir à la moindre ouverture. Il n’était pas évident de déterminer si ses réflexes prévaudraient sur les siens et à en juger par sa posture et sa démarche souple, ils devaient être particulièrement développés.

            Toute à sa concentration, Lissa ne vit pas la pierre ronde sur laquelle elle posa le pied et qui roula d’un coup, en la déséquilibrant complètement.

            Il n’en fallut pas plus au Golem Renard pour bondir sur sa proie, toutes griffes dehors, dans un hurlement bestial. Un quart de seconde plus tard, il était déjà au-dessus d’elle sur le point de lui planter les griffes dans le ventre. Le saint de l’Oiseau de Paradis, voyant sa position ne chercha pas à se rattraper, mais au contraire laissa poursuivre son mouvement de chute. Utilisant sa seconde jambe comme seul point d’appuie, elle la lança en un violent coup de pied, visant la nuque de son adversaire. Ce dernier, dans un mouvement vif, modifia soudainement la trajectoire de son bras pour parer le coup, tandis que Lissa plaçait sa main au sol pour stopper sa chute et se propulser en l’air pour se rétablir quelques mètres plus loin.

-         Le petit oiseau a déjà appris à voler ?

-         Pourquoi fais-tu ça ? Pourquoi cherches-tu à me tuer ?

-         J’ai faim… lui répondit-il avec un sourire carnassier qui fit frissonner Lissa. Ce Golem était décidément bien différent des Gardes de Glaises qu’ils avaient affrontés auparavant.

-         Tu es un monstre, une marionnette créée et dirigée par…

-         Les Griffes de Glaise !!!

            Le Golem sembla être pris d’une frénésie soudaine et l’imprévisibilité de son assaut soudain pris la jeune fille au dépourvu. Elle subit de plein fouet les griffures assénées par son adversaire qui lui entailla la peau en plusieurs endroits, la faisant choir un peu plus loin.

-         Tais-toi, Femme !! Je ne suis pas un monstre !! Je ne suis pas une marionnette !!

-         Qu’es-tu donc, alors ? demanda Lissa qui grimaça instantanément en voyant le Golem rugir et l’attaquer de nouveau sans préavis.

            Elle tenta de parer les coups de griffes, réussissant sur les premiers, mais finissant par se retrouver débordées devant le déluge de coups, dont la puissance était accrue par la colère sourde et primaire.

-         Je le tuerai pour m’avoir fait !!

-         Que veux-tu dire ? demanda prudemment le Saint, craignant de générer un nouvel accès de colère.

-         Regarde-moi !! Regarde cette peau immonde qui est la mienne !! Je ne suis même pas un être vivant !! Je ne respire même pas !!

            L’esprit de Lissa se mit en route à toute allure.

-         Tu as raison, il n’aurait jamais dû te faire ça !

-         Comment ça ? répondit le Golem, visiblement surpris.

-         Il t’a donné une apparence humaine, mais n’a pas été capable de te faire humain. Et tu souffres à cause de cela. Ce ne serait que justice qu’il paye !

-         Mais c’est bien mon intention de le faire payer mon petit oiseau. Je déteste ma condition et c’est à lui que je le dois. Oh oui, il paiera !!

            Lissa laissa s’échapper un soupir de soulagement. La conversation allait sur la bonne voie. Avec un peu de chance, elle parviendrait à le retourner contre le Sculpteur. Ensuite, si jamais il faisait preuve de velléités belliqueuses, elle ferait le nécessaire pour l’éliminer, ça n’était pas un problème en soi.

-         Viens avec moi, viens nous allons le punir ensemble, lui dit-elle en lui tendant la main.

            Le Golem Renard la regarda un instant et s’approcha, semblant s’interroger sur cette alliance.

-         Viens avec moi, nous pourrons faire beaucoup de choses ensemble. Je te présenterai aux autres, tu verras !

            Un sourire s’afficha sur le visage du Golem. Un sourire carnassier.

            Des griffes acérées fendirent le vide, là où se trouvait le visage de Lissa une fraction de seconde auparavant.

-         Tu sais ce que je déteste encore plus que « lui » ?

-         Laisse-moi deviner, ta tête ? Rétorqua Lissa, hors d’elle de ne pas avoir réussit à le mettre dans sa poche.

-         Non, ce que je déteste encore plus, reprit le Golem, continuant d’essayer de faucher la jeune fille comme un épis de blé, c’est toi, toi et tes amis, vous et ces humains que j’abhorre plus que tout.

-         Tu vas avoir du mal à vivre alors, autant que ta « vie » s’arrête ici, ce qui ne va pas tarder.

            D’un coup, le Golem stoppa ses attaques et regarda autours de lui. Il remarqua qu’une sorte de fine poussière lumineuse flottait dans les airs autours de lui. Il voulu s’en débarrasser en griffant dans le vide, comme s’il espérait que cela suffirait à s’en défaire. Cependant, rien n’y fit et il se trouva rapidement complètement submergé par cette poussière qui se faisait de plus en plus oppressante.

            Il baissa les yeux sur son bras et vit sa peau se dessécher et se craqueler. Il entreprit de se frotter le bras, comme pour gommer cette vision, mais ce n’eût pour effet que de détacher son bras qui tomba au sol, se transformant en poussière balayer par le vent, tandis que sa jambe droite subissait le même sort. N’ayant plus de point d’appuie, le Golem chuta et tout son corps éclata en morceaux, sa tête roulant sur le côte  de sorte qu’il put le voir se faire disperser par un vent violent.

-         Tu as raison, tu n’as rien d’humain, fit la voix de Lissa, qui ramena le Golem à la réalité sans ménagement. Là où tu te trompes, c’est sur le monstre. Ce n’est pas lui qui est un monstre pour t’avoir créé, c’est toi qui en est un de blâmer le monde entier pour ce que tu es.

-         Tu ne peux pas comprendre ! C’est facile pour toi de donner des leçons !

-         Crois-moi, je te comprends plus que tu ne l’imagines. Je sais ce que c’est de ne pas sa condition. Ce masque que je porte, on me l’a imposé. Mais au final, ce n’est pas le masque qui importe, c’est la guerrière qui le porte. Tu es né Golem, mais tu fais tes propres choix, tu prends tes propres décisions. Personne ne te force à m’affronter, à obéir au Sculpteur. Mais quand bien même tu le hais, tu continues de le suivre. Qui est à blâmer pour ça, dis-moi ? Lui ou toi ?

-         Tu raisonnes bien, petit oiseau, mais moi, j’ai cessé de raisonner à l’instant même où il m’a éveillé ! C’est mon corps tout entier qui est une monstruosité. Tu me parles de ton masque, mais si je suis ton raisonnement, pourquoi ne l’ôtes-tu pas ?

-         Ce masque fait partie de moi, c’est aussi simple que cela.

-         Et tu appelles ça une réponse ? hurla le Golem en se ruant sur elle.

            Le traumatisme de la vision généré par la poussière lumineuse de Lissa semblait avoir fait son office. Encore sous le choc, les mouvements de son adversaire étaient beaucoup plus lents et il avait du mal à se concentrer. Elle n’eût aucun problème à esquiver ses griffes.

« Il n’y a pourtant pas d’autre réponse à donner. Ou plutôt, je n’en ai qu’une seule autre : si tu ne peux accepter ce que tu es, il ne te reste qu’à mourir, mourir pour cet homme que tu hais. »

            Au comble de la rage, le Golem lança de nouveau son attaque des Griffes de Glaise. Lissa ferma les yeux, comme déçue de cette réponse et concentra toute sa cosmo énergie. Sans peur, elle s’élança au devant des rafales de griffes qui déferlaient sur elle. Par de gracieux mouvement elle parvint à passer au travers évitant certains coups, en parant d’autres pour se placer au corps à corps, puis plaça ses deux jambes autours de son coup pour enfin le projeter quelques mètres plus loin.

            Le Golem parvint à se rétablir et voulu repartir directement à l’assaut, comptant sur un effet de surprise, mais alors qu’il venait de prendre son élan, il aperçu de nouveau cette poussière lumineuse, qui cette fois-ci se concentrait autours du poing de Lissa.

« Je te dit adieu, ici et maintenant, Golem, puisse-tu trouver ton repos dans une autre vie. Tornade céleste ! »

            La Femme-Saint fendit l’air, projetant sa poussière dans un souffle violent. Le Golem ne put y résister en dépit de ses efforts. La poussière lumineuse frappait à la fois son corps et son esprit. Et quand bien même son corps aurait pu supporter le souffle de l’attaque, son esprit fragile n’avait aucune chance de pouvoir le faire. Il fut donc propulsé, son ersatz d’armure, puis son corps éclatants sous la force du coup.

            Quand Lissa s’approcha de lui, il ne lui restait plus qu’un bras et une partie de son tronc. Il tourna la tête vers elle.

-         Méfie-toi… il n’est pas seul…

-         Tu ne m’apprend rien, lui répondit-elle doucement. Nous avons tous vu cette ombre dans le dos du Sculpteur.

-         Je ne parle pas de lui, mais du Guerrier caché sous sa cape… méfie-toi de lui…

            Sans qu’il ne puisse en ajouter plus, le Golem finit de se désagréger, tombant en poussière. Lissa le regarda se disperser, le vague à l’âme. Elle repensait à ce moment où elle avait voulu ôter son masque, afin d’en finir avec la vie.

            Shen Yu avait été suffisamment rapide, et avant même qu’elle n’ait el temps de porter sa main à son visage, celle de son maître avait déjà stoppé son mouvement. La colère qui se lisait sur son visage auparavant avait laissé place à une sorte de désarroi.

-         Ne fait pas ça, ne fait pas ça, petit oiseau.

-         Pourquoi ? Je ne peux en parler, je ne peux être une femme, et je ne peux rien y faire !!

            Shen Yu poussa un profond soupir.

-         Je sais à quel point il est dure pour vous autres jeunes filles, de porter ces masques. Néanmoins je maintiens ce que j’ai dit, si jamais tu le remets en cause, tu seras considérée comme une rebelle à la parole d’Athéna.

-         Je suis sensée me sentir consolée ?? éclata Lissa.

-         Bien sûr que non, mais il faut bien que tu comprennes que le masque n’est qu’un masque et que ça ne change rien au problème de fond.

-         Comment ça ?

-         Tu as l’impression de ne plus être une femme parce que tu portes ce masque, mais moi, sans porter de masque je ne suis plus un homme non plus. Être un Saint, c’est renoncer à sa condition d’homme. Ni ta vie ni ton corps ne t’appartiennent plus. Ils appartiennent à ta Déesse. Voilà pourquoi le masque ne peut être remis en cause, si tu le remet en cause, c’est ta dévotion envers ta déesse que tu remet en cause.

-         C’est injuste…répondit Lissa, commençant à pleurer à chaudes larmes.

Mais c’est ainsi… ajouta Shen Yu, renonçant, pour cette fois à punir ce qui devait être l’ultime remise en question de Lissa.

 

 

 

 

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Cette fiction est copyright Master_jahoo

 

Les personnages de Saint Seiya sont copyright Masami Kurumada.