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 Chapitre 1

 

 

 

Date : 1987

Lieu : Olympe, Grèce

L’Olympe ! La mythique demeure des Dieux était un lieu hors du temps au sommet de la plus haute montagne de Grèce. Dans le passé, la seule crainte révérencieuse qu’éprouvaient les mortels envers les Dieux suffisait à les maintenir à l’écart de la montagne sacrée ; mais à présent que les Dieux avaient sombré dans l’oubli, des mortels avides de sensations s’étaient lancé à l’assaut du mythique sommet et les Dieux avaient pris des mesures pour se rendre inaccessibles.

Seuls quelques rares élus parmi ceux qui rendaient encore un culte aux Dieux antiques étaient autorisés à séjourner sur la montagne pour les servir. Pendant que leurs maîtres vaquaient à leurs occupations, les serviteurs entretenaient les temples ; certains entendaient parfois des choses qui leur auraient valu d’être foudroyés si le grand Zeus avait eu connaissance de cela, mais c’était très rare.

Mais ce matin-là, les serviteurs ne furent pas les seuls à entendre la réaction du Roi du Ciel à l’écoute de la nouvelle stupéfiante qui lui parvint. Cette journée avait pourtant semblé être pareille à toutes les autres.

Déméter, Déesse des Moissons, entretenait avec amour son jardin particulier, où poussaient des plantes parmi les plus rares venues des quatre coins de la Terre.

Chez Aphrodite, de vigoureux gémissements de plaisir se faisaient entendre dans une chambre du temple ; la Déesse de l’Amour, bien qu’épouse du Dieu Forgeron Héphaïstos, était bien connue pour ne pas lui être très fidèle…

Dans son temple, Arès était aux abonnés absents, mais une rumeur qui courait chez les domestiques prétendait que le Dieu de la Guerre passait beaucoup de temps en compagnie d’Aphrodite…

Comme à son habitude, Poséidon brillait par son absence ; l’Ébranleur du Sol préférait séjourner sous la mer. La plupart du temps, il était aussi en train de dormir dans l’urne où Athéna scellait son âme à l’issue des batailles qui les opposaient, et que la fille de Zeus remportait invariablement.

Le temple d’Athéna, justement, était désert car elle séjournait actuellement dans son Sanctuaire terrestre

Dionysos cuvait son vin, Apollon se faisait – une fois de plus – tirer le portrait, Artémis fourbissait son arc et ses flèches (qu’elle n’aurait pour rien au monde confiés à un domestique), Héphaïstos était dans sa forge terrestre installée au cœur de l’Etna, Hermès était introuvable, Hadès livrait bataille aux Enfers contre Athéna, et Zeus, en compagnie de son épouse Héra, recevait un messager.

Membre des Messagers d’Hermès, le messager délivrait sa missive orale au Maître des Dieux, un genou en terre, mais avant qu’il ait pu la finir, le ciel de l’Olympe s’assombrit ; de gros nuages noirs s’amoncelèrent au-dessus du Temple de Zeus et des roulements de tonnerre réveillèrent les échos millénaires de la demeure des Dieux. Dominant le tumulte céleste, une voix de Stentor se fit entendre dans tout le domaine.

- Quoi !?!!

Toute activité cessa aussitôt, et mille paires d’yeux se tournèrent vers la source de ce cri.

Surprise par l’explosion vocale, Déméter se retrouva déséquilibrée, et écrasa en tombant une orchidée très rare dont il n’existait que deux spécimens dans le monde entier. Les gémissements extatiques d’Aphrodite cessèrent, aussitôt remplacés par des froissements de tissu précipités ; Dionysos cessa de ronfler et leva une paupière en poussant un grognement interrogatif ; l’artiste qui peignait Apollon sur un grand vase eut un faux mouvement, et son pinceau lui échappa en traçant dans sa chute un grand trait de peinture sur le vase, pendant que son modèle quittait précipitamment les lieux ; Artémis faillit se blesser avec la pointe d’une de ses flèches ; Arès sortit en catastrophe du Temple d’Aphrodite en réajustant sa cuirasse, aussitôt suivi par la Déesse de l’Amour ; Héphaïstos interrompit son geste, marteau levé, et les cyclopes qui l’assistaient le regardèrent avec étonnement ; Hermès apparut soudainement devant le parvis du Temple de Zeus, et Héra assise à côté de la source du cri eut tout juste le temps de se boucher les oreilles…

- Cette fois Athéna a dépassé les bornes ! reprit Zeus.

Un éclair déchira le ciel, un grondement de tonnerre lui répondit, et c’en fut fini de la tranquillité de l’Olympe.

 

Lieu : Elysion, Enfers

Athéna contemplait le visage inerte de Seiya. Exception faite de la coulée de sang le long de son nez, il semblait endormi, d’un sommeil profond et paisible que rien ne semblait en mesure de troubler ; un doux sourire se dessinait sur ses lèvres. Mais il était bien mort, sa cosmo-énergie était éteinte, et seuls Hadès ou Zeus auraient pu le faire revivre. Mais Hadès était l’ennemi d’Athéna, et Zeus risquait de mal prendre l’intérêt que sa fille portait à un simple mortel, et qui venait d’aider à tuer son frère par-dessus le marché.

La scène aurait pu durer une éternité, mais l’effondrement d’Elysion progressait, et si Athéna et les quatre Chevaliers Divins encore en vie ne se dépêchaient pas, ils y resteraient bloqués à jamais.

Athéna regarda une dernière fois le visage du Chevalier Divin de Pégase.

- Rentrons… vers notre monde inondé de lumière…

Mais avant qu’elle ait pu faire le moindre geste, une lumière si intense qu’elle aurait éclipsé le Soleil lui-même les enveloppa tous, et quand elle s’en fut, Athéna, Shiryu, Shun, Hyoga, Ikki et le corps de Seiya avaient disparu…

 

 

 

 

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 Cette fiction est copyright Volcano.
 

Les personnages de Saint Seiya sont copyright Masami Kurumada.