Saint Sakura appartient à Asclépios.
il est donc interdit de l'utiliser à des fins personnelles sans
accord de l' auteur.

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Chapitre 16 :

Souvenirs douloureux
 

 

 

07/10/2001

Il était six heures du matin, cela faisait trois heures que Sakura et Shina s'entraînaient sous les yeux de la statue d'Athéna. Sakura maîtrisait à présent sa pyrokinésie et ne risquait plus de l'utiliser par inadvertance. Elle avait cependant remarqué que sa capacité à prévoir une attaque ne fonctionnait pas avec sa mère et supposait qu'il en était de même avec son père. Mais cela ne la gênait pas, bien au contraire, ça lui permettait de ne pas devenir dépendante de cet atout.
Durant cette semaine, Sakura avait aussi créé deux attaques et commençait à en développer une troisième. Soudain Shina prit une posture particulière et sa fille l'imita. Les deux femmes se jetèrent l'une sur l'autre. A chaque pas qui les rapprochaient, leurs ongles s'allongeaient.
Shina : Thunder Claws !
Sakura : Burning Claws !

Si Sakura avait rassemblé toute sa puissance pour cette dernière offensive, il était évident que Shina avait grandement bridé son cosmos. En fait cette dernière s'était efforcée de redescendre à son niveau de chevalier d'argent durant tout l'affrontement.
Tandis que Sakura subit une violente décharge, Shina quant à elle eu l'impression de brûler de l'intérieur. Les deux combattantes s'écroulèrent épuisées par l'intensité du combat et leurs blessures. Shina se releva la première avec difficulté. Elle se sentait étrangement faible et assoiffée. Sakura aussi commençait à reprendre connaissance.
Sakura : Rappelle-moi de ne plus m'entraîner avec toi maman.
Shina : Heureuse... que tu aille bien. Ton… ton arcane est surprenant... surtout le... le contre coup.

Sakura se mit debout tant bien que mal et s'approcha de sa mère.
Sakura : Essayes de ne pas trop parler, tu es complètement déshydratée.
Shina : Je vois. Même si son adversaire survit à son attaque, ses fluides vitaux se seront pourtant complètement évaporés. Tu es une très fine tacticienne ma fille.

La mère et la fille s'épaulèrent pour pouvoir retourner dans leur temple.
Sakura : Je suis complètement vidée.
Shina : Je... sais où nous... pourrons nous... ressourcer.

Quelques instant plus tard dans la salle d'eau purificatrice.

Shina était déjà dans le bassin mais Sakura demeurait hésitante.
Sakura : Tu es sûre que j'ai le droit d'être ici ?
Shina : Mais oui, j'ai demandé l'autorisation à Athéna. Allez viens ! Ces eaux ont un pouvoir de régénération impressionnant.

Sakura entra enfin dans l'onde et ne put que donner raison à sa mère. La fatigue l'avait déjà quittée. Shina s'approcha de sa fille et remarqua qu'elle était couverte de fines égratignure comme si elles avaient été faites avec une lame.
Shina : Ton dernier entraînement avec Cyrano t'a laissé des traces.

Shina posa sa main sur le torse de Sakura et concentra son cosmos. Les plaies disparurent comme par enchantement.
Sakura (triste) : J'aurais aimé moi aussi savoir faire ça ce jour là.
Shina : Même si tu l'avais su, il n'était pas certain que tu aurais pu le sauver.
Sakura : C'est vrai que toi tu n'as pas pu sauver Eurydice.
Shina : Au contraire, j'étais parfaitement capable de la sauver, seulement... Seulement quand elle s'est faite mordre par le serpent je n'étais pas au Sanctuaire.  Je faisais subir à Cassios un entraînement spécial à l'extérieur du domaine sacré et quand nous sommes rentrés, il était déjà trop tard.
Sakura : Tu ne pouvais plus rien faire ?
Shina : En fait, il me restait une solution pour la ramener mais Orphée n'a pas voulu.
Sakura : Et pourquoi ça ?
Shina : La seule façon de faire revenir Eurydice était que j'use de la technique interdite du "souffle de vie".
Sakura : Interdite ?
Shina : Que sais-tu de la légende d'Asclépios ?
Sakura : C'était le fils d'Apollon et le dieu de la guérison. Il était tellement doué qu'il pouvait ressusciter les morts. Mais ça ne plaisait pas à Hades qui s'est plain à Zeus et il l'a....

Sakura  ne termina pas sa phrase, elle venait de comprendre ce que sa mère avait été prête à faire.
Sakura : Tu aurais donné ta vie pour elle ?
Shina : Elle était ma seule amie, je me sentais coupable de ne pas avoir été là à temps et puis... Et puis voir Orphée aussi malheureux me faisait mal au coeur.
Sakura : Tu avais le béguin pour lui ?
Shina : Quelle femme ne l'avait pas ? Mais Orphée était l'homme d'une seule femme. J'aurais pu tenter ma chance mais ça aurait été déloyal.
Sakura : S'il était aussi amoureux d'Eurydice ? Pourquoi n'a t'il pas voulu que tu la ressuscites ?
Shina : Il savait qu'elle ne lui aurait jamais pardonné d'avoir laissé quelqu'un mourir pour qu'elle revive. Mais j'étais fermement décidée à me sacrifier, il m'a donc assommée et quand je me suis réveillée, il avait disparu du Sanctuaire et avait empoté le corps de sa bien aimée. Tu connais la suite.
Sakura : C'est formidable d'aimer quelqu'un à ce point.
Shina : C'est vrai, mais parfois... Parfois l'amour qu'on nous porte nous fait souffrir.
Sakura : Quand tu dis "nous", tu veux dire toi je suppose ? Quelque chose ne va pas avec papa ?

Shina se mit à maudire la sagacité de sa fille. A présent qu'elle en avait trop dit, il fallait qu'elle aille jusqu'au bout.
Shina : Tu vois Sakura, il m'arrive de penser que je ne mérite pas l'amour que ton père me porte et toute l'affection dont il  fait preuve à mon égard me fait alors souffrir. Dans ces moment là je me prends à me dégoûter. Car vois-tu, il... Il se trouve que je... J'ai trompé Shun voilà !

Sakura restait immobile, la révélation de sa mère l'avait profondément choqué. Des questions lui venaient à l'esprit "où", "quand", "comment" et surtout "pourquoi".
Mais rien ne sortait de sa bouche. De toutes façons ce n'en fut pas la peine car Shina s'expliqua d'elle-même.
Shina : Je l'ai trompé lors de la première nuit que nous avons passé ensemble car dans ma tête j'étais avec Seiya.
Sakura : Attends maman ! Je la connais cette histoire et papa aussi. Je ne vois pas où est le problème.
Shina : Le problème vois-tu c'est que je ne suis pas tombée amoureuse de Shun après qu'il ait avoué qu'il était ton père. Le problème c'est que j'avais des sentiments pour lui bien avant mais que je m'étais persuadée que j'étais toujours sous le charme de Seiya. Le problème c'est que j'ai risqué ma vie pour ton oncle plutôt que pour ton père et que j'en porte les traces indélébiles sur mon dos.

Shina éclata en sanglot.
Sakura (sévère) : Tu as fini ? Bon ! Alors que les choses soient claires maman. Quand tu as sauvé oncle Seiya pour la première fois, tu n'avais pas encore rencontré papa tu n'as donc pas à te sentir coupable pour ça. Pour la flèche d'or dans le Sanctuaire de Poséidon, tu n'as fait que ton devoir de chevalier. Oncle Seiya était le seul en mesure de le vaincre et tu étais la seule à avoir la force de s'interposer à ce moment. Si oncle Shiryu ou Hyoga avaient étés sur pieds avant toi c'est eux qui l'auraient protégé en premier. Et pour Paris tu étais saoule donc irresponsable de tes actes.
(plus douce) En plus je ne serai pas là aujourd'hui sans cette nuit si particulière. Bien sûr si tu avais ouvert ton coeur à papa plu tôt, dans d'autres conditions, vous auriez quand même eu un enfant mais ça n'aurai pas été moi. Dis-toi que c'est le destin qui t'a poussé dans les bras de papa de cette manière.

Les paroles de Sakura étaient sages, mais Shina avait depuis bien longtemps perdu l'habitude qu'on lui fasse la leçon surtout si celle-ci venait de sa fille.
Shina (agacée) : Comme c'est le destin qui a voulu que tu voies Shinji mourir ?

Sakura régit violemment et frappa sa mère au visage avant de sortir de l'eau. Shina resta hébétée, quand elle put enfin faire un geste ce fut pour se toucher le nez, il était cassé. " Encore une fois " pensa t'elle. Il lui suffirait d'un faible effort pour le réparer afin qu'il n'y paraisse rien mais le coeur n'y était pas. Le coup venait de lui faire prendre conscience des paroles de son enfant. Elle avait usé des bons mot et du bon ton seulement elle n'avait pas voulu écouter et maintenant il était trop tard. Elle venait de perdre l'amour de sa fille à jamais.

Pendant ce temps Sakura s'était rhabillée et sortait de la salle d'eau. Elle était d'humeur massacrante, prête à exploser à la moindre contrariété et peut être même a un simple regard de travers. C'est dans cet état qu'elle tomba sur son père.
Shun : Eh bien Sakura ! Qu'est ce qui t'arrive ? .
Sakura : Tu veux bien me rendre un service papa ?
Shun : Je t'écoute.

 


Près de la maison de Shiryu.

Le chevalier du Dragon entraînait sa fille pour le duel quelle devait livrer le lendemain. Il avait jugé que Chun-Li n'était pas assez puissante et expérimentée pour la faire progresser en une semaine. Shiryu évita un coup de pied de Sha Hua et riposta avec un coup de poing dans le ventre qui coupa le souffle de sa fille.
Sha Hua : Papa, je te remercie de t'être occupé de mon entraînement, mais je n'ai besoin que de me maintenir en forme.
Shiryu : Ne sous-estimes pas Sakura, comme son père, elle beaucoup plus puissante qu'elle n'en à l'air.
Sha Hua : Mais je ne la sous-estime pas, au contraire ! Je la considère comme mon égal.
Shiryu : Alors c'est toi qui te surestimes. Ta mère l'a sondée en profondeur et je peux t'assurer quelle est très puissante.

Sha Hua se reteint de rire. Elle aussi avait sentit la formidable puissance de sa cousine et savait à quoi s'en tenir. Mais les inquiétudes de ses parents étaient toutefois légitimes. Car bien qu'elle ne puisse pas faire disparaître son cosmos comme Roshi, elle savait instinctivement le faire baisser pour que même sa mère ne connaisse pas son véritable potentiel. Elle était donc confiante pour le combat de demain.
Sha Hua : Ne t'en fait pas papa, je sais parfaitement de quoi elle est capable.

Après cette petite pause le père et la fille reprirent l'entraînement.

 


Shina était toujours dans le bassin, elle avait finit par guérir son nez et réfléchissait à la façon de recoller les morceaux avec sa fille. Mais elle s'était montrée si odieuse, ce qu'elle avait fait était impardonnable. Elle sentit soudain une présence dans l'eau derrière elle. Elle n'avait pas besoin de se retourner pour savoir de qui il s'agissait. Le nouveau venu enlaça délicatement sa taille de ses bras. Shina ne put réprimer un frisson de plaisir.
Shun : Sakura m'a tout raconté. Je te pardonne de m'avoir trahi.

Shina sentit quelque chose se briser en elle et éclatât en sanglot mais c'était des larmes de joies. Elle ne lui avait jamais rien dit certaine qu'il s'excuserait de l'avoir faite souffrir. Mais malgré le flot d'émotion qui la submergeait, elle se doutait bien que c'était Sakura qui lui avait conseillé de dire ça. Elle avait blessé son âme et pourtant elle avait quand même tenu à la guérir de son dégoût d'elle-même. Shina se retourna pour être face à son mari et lui expliquer ce qu'il venait de se passer avec leur fille mais celui-ci l'embrassa avant qu'elle ait put ouvrir la bouche. Shina se laissa s'abandonner aux caresses de son époux. Après tout elle pourra tout lui dire après. Elle était quand même un peu gênée de faire ça ici mais qui le saura de toute façon ?

 


Dans les appartements d'Athéna.

La déesse était devant sa psyché, mais au lieu de mirer son reflet, elle voyait ce qu'il se passait dans la salle d'eau purificatrice. Elle avait assisté à la dispute entre Sakura et sa mère et maintenant elle regardait les deux amants s'étreindre. Elle arrêta le sortilège car elle avait l'impression de n'être qu'une vulgaire voyeuse. Elle prit un siège et se mit à songer à Sakura et sur ce qu'elle pouvait faire pour la réconcilier avec Shina. Mais le problème était trop personnel, elle n'avait pas le droit d'intervenir. Elle était impuissante à aider sa filleule et elle n'aimait pas ça. Athéna sentit soudain une présence derrière elle.
Athéna : Je t'ai maintes fois demandé de ne pas t'introduire de la sorte chez moi.
Inconnue : Toutes mes excuses déesse Athéna. Je suis venu voir comment elle a trouvé la tunique.
Athéna : Elle en est extrêmement contente. Tu t'es surpassée.
Inconnue : Ça a été un plaisir pour moi de le faire, cela faisait longtemps que vous ne m'aviez demandé un travail qui était plus dans mes cordes ou devrais-je dire dans mes fils. Je pourrais faire de même pour la fille si vous le désirez.
Athéna : C'est une bonne idée, mais ce ne sera pas pour tout de suite. Elle va encore grandir, je ferai appel à tes talents quand elle aura atteint sa taille adulte.
Inconnue : Dans ce cas je retourne à la tache que vous m'avez confié il y a des siècles de cela.

L'inconnue disparut comme elle était venue.

 


Sakura approchait de l'endroit où Barbara lui enseignait la lyre. Elle avait enfilé son costume de sailor pour se sentir bien et était parvenue à légèrement se calmer en chemin, mais son cosmos était particulièrement agressif. Cela n'échappa évidemment pas au chevalier d'argent.
Barbara : Tu m'as l'air de méchante humeur ce matin.
Sakura : J'ai... eu des mots avec ma mère.
Barbara : Voilà au moins une chose que la perte de mes parents m'a épargné.
Sakura (agressive) : Avant de parler dans ta langue maternelle, assures toi que ton interlocuteur ne la connaisse pas.
Barbara (honteuse) : excuse-moi Sakura. Si on en revenait à ta leçon ?
Sakura : Je ne pense pas être en état d'apprendre quoi que se soit aujourd'hui.
Barbara : Au contraire, tu es dans les meilleures conditions pour l'une des leçons les plus importantes : transmettre les émotions. Tu sais déjà faire des gammes et jouer des petits airs faciles. Maintenant tu vas essayer de jouer ce que tu ressens. Comme tu es sous le coup d'une vive émotion ce devrait être facile. Pour cet exercice tu ne dois pas écouter tes oreilles mais ton coeur.

Ce que Barbara venait de demander à Sakura était en fait extrêmement difficile surtout pour une débutante. Mais elle avait fait ça pour lui occuper l'esprit car elle n'était pas en état de suivre un cours normal. Elle n'avait cependant pas menti sur le fait qu'une vive émotion facilitait les choses.
Évidemment les premiers essais de Sakura étaient un désastre, mais au bout d'une heure et à la grande surprise de Barbara elle parvint à jouer un air. La musique
était empreinte de tristesse et de mélancolie. Bien sur il y avait des fausses notes, mais l'émotion, elle, était papable.
Barbara : Ce n'est pas possible ! Elle ne peut quand même pas déjà pouvoir faire une chose pareille ! Ou alors... Ou alors elle connaît parfaitement son coeur, elle sait pertinemment quels sont les troubles qui l'habitent. Ce que je ne comprends pas c'est la tristesse qu'elle dégage alors que son cosmos est plein de colère.
C'est bon, tu peux arrêter. Comment te sens-tu à présent ? .
Sakura : Vide ! Vide et misérable.
Barbara : C'est parce que tu n'as pas exprimé tous tes sentiments. Tu as extériorisé ta tristesse, mais ta colère est toujours enfouie en toi. Il faut que tu la libère si tu ne veux pas qu'elle te dévore.
Sakura : Je... je ne peux pas ! J'ai peur de casser la lyre.
Barbara : Tu es donc si en colère que ça ? Bon ! Je vais t'aider à t'en libérer.

Barbara concentra son cosmos et son armure vint la recouvrir.
Barbara : Bien ! Frappe moi.
Sakura : Pardon ?
Barbara : Frappe moi de toute ta colère.
Sakura : Tu... Tu es sûre ?
Barbara : Mais oui ! Allez !

Sakura concentra son cosmos et frappa Barbara au ventre. Le chevalier de la Lyre ne cilla  même pas.
Barbara : Et maintenant ? Comment te sens-tu ?
Sakura : Ça va un peu mieux. Je crois que je vais marcher pour me changer les idées.

Une fois Sakura partie, Barbara sembla s'évanouir dans les airs pour laisser place à une autre personne en armure mais avec une carrure beaucoup plus
impressionnante que la sienne. C'était Amphitryon. Il fit un signe de la tête et Barbara sortit de derrière son dos.
Amphitryon : Ton illusion était parfaite, elle n'y a vue que du feu.
Barbara (songeuse) : Je ne sais pas, c'est peut être par ce qu'elle était perturbée qu'elle s'est laissée prendre au piège.
Amphitryon : En tout cas tu as bien fait de me demander te remplacer, tu n'aurais pas pu encaisser son coup.
Barbara : Ce n'est pas ton genre de surestimer quelqu'un.
Amphitryon : Mais je ne la surestime pas. Regarde.

Amphitryon montra le plastron de son armure, il était troué là où Sakura avait frappé.
Barbara : C'est Kiki qui va être content dit moi ? Et toi ça va ?
Amphitryon : C'est l'armure qui a tout pris mais il s'en est fallu de peu pour qu'elle me touche.
Barbara : Dommage, ça m'aurait fait plaisir de prendre soin de toi.
Amphitryon : Serait-ce une proposition ?
Barbara : Emmenons ton armure à réparer et on en reparlera après.

Les deux chevaliers prirent la direction du temple du Bélier.

 


Dans le treizième temple.

Shina et Shun se reposaient après leurs ébats. Le chevalier d'Ophiucus se disait que c'était peut être la dernière fois qu'ils faisaient l'amour, car après qu'elle lui aurait dit ce qu'elle avait fait à leur fille, il y avait de forte chance qu'il ne veuille plus la voir.
Shina : Shun, j'ai quelque chose de grave à t'annoncer.
Shun : Laisse moi deviner. Tu t'es fâchée avec Sakura.
Shina : S'il n'y avait que ça ! Je me suis montrée cruelle avec elle alors qu'elle ne cherchait qu'a m'aider. Je lui ai dit que...
Shun (doux) : Je ne veux pas le savoir Shina. Ce n'est pas à moi mais à elle de te pardonner, et je crois qu'elle l'a fait sinon elle ne m'aurait jamais parlé des troubles de ton âme et encore moins confié la façon de les guérir.
Shina : Je ne mérite pas ce pardon après ce que je lui ai fait.
Shun : Shina ? Je peux te demander quelque chose ?
Shina : Bien sûr.
Shun : Je peux t'interroger sur ton passé ? On a qu'à dire que c'est ma façon de te punir.

Shina ne pu s'empêcher de sourire. Son mari la connaissait bien. En effet quelque part elle cherchait une façon d'expier sa faute envers Sakura et parler de son passé lui avait toujours semblé au-dessus de ses forces. Sa fille était l'exception car ayant lu le journal de son maître elle n'avait quasiment aucun secret pour elle.
Shina : Que veux-tu savoir ?
Shun : J'aimerais connaître ton véritable nom.

Shina sentit qu'elle allait fondre en larmes, Shun lui avait demandé la seule chose à laquelle elle ne pouvait répondre.
Shina : Je... Je n'en sais rien. Ça fait tellement longtemps que je m'appelle Shina que je ne me rappelle plus si je l'ai oublié ou si c'est Altaïr qui l'a effacé de ma mémoire.
Shun : Altaïr ? Je croyais que ton maître était Milo.
Shina : Altaïr est l'homme qui m'a enlevée pour m'emmener au Sanctuaire après mon refus de le suivre. Je ne voulais pas devenir chevalier, je voulais rester avec... les autres enfants de l'orphelinat et surtout avec... la mère supérieure Mona.
Shun : C'est donc pour lui rendre hommage que tu as pris ce nom quand nous étions au Japon.

Shina se contenta d'un sourire approbateur. Au fond d'elle-même elle se dégoûtait. Elle avait encore menti à Shun à propos de sa mère. Mais ce n'était rien comparé à cette douleur interne qui la rongeait depuis qu'elle avait blessé leur fille. Shun, remarquant qu'elle culpabilisait toujours, décida de la laisser seule sachant que tout ce qu'il dirait ou ferait n'aurait pour effet que la faire souffrir d'avantage.

 


Quelque par dans le Sanctuaire.

Sakura était au bord d'une plage et regardait la mer. La balade quelle avait entreprise pour se calmer n’avait fait qu’accentuer les troubles qui l’habitaient.
Sakura : C'est bizarre, j'ai toujours cette impression de vide en moi, comme si j'avais oublié de faire quelque chose, quelque chose d'import... Et merde !
Je n'ai pas fleuri la tombe de Shinji cette semaine. Il faut que j'y aille tout de suite.
Oh là ! Du calme Sakura. Le Japon est à des milliers de kilomètres d'ici. En même temps comme je me déplace à plusieurs fois la vitesse du son maintenant je ne devrais pas mettre trop de temps pour m'y rendre. Oui mais je serai complètement épuisée une fois arrivée, en plus je ne peux pas
quitter le Sanctuaire sans autorisation. Le problème... C'est qu'il faut que je la demande à ma mère ou à Athéna, et dans les deux cas je dois retourner dans le treizième temple. Mais après ce qu'il vient de se passer, je ne me sens pas la force de rentrer à la maison. Peut être qu’oncle Ikki pourra m'héberger un moment ?

Une Voix : Tu m'as l'air bien préoccupée ma filleule.
Sakura : Athéna ? Justement je pensais à vous. J'aurais une faveur à vous demander.
Athéna : Parles, je t'écoute.
Sakura : Pourriez-vous m'autoriser à me rendre au Japon s'il vous plaît ?
Athéna : Et que comptes-tu y faire ?
Sakura : Je... J'ai une tombe à fleurir. Je le fais toutes les semaines et c'est très important pour moi.
Sakura : C'est d'accord, tu as ma permission. Je vais même t'y emmener.

Sakura n'eu pas le temps de remercier la déesse qu'elle se trouvait à présent devant les portails de son ancienne maison. Athéna se tenait à coté d'elle.
Sakura : Je vous remercie Athéna.
Athéna : Dépêche-toi, avec le décalage horaire nous sommes le soir.

Le soleil était effectivement entrain de se coucher. Sakura hocha la tête et se mit à courir chez la fleuriste où elle achetait toujours son bouquet.
Fleuriste : Tiens Sakura ! Tu arrives à temps j'allais fermer. Mais tu n'avais pas déménagé ?
Sakura (essoufflée) : Je... suis revenue... exprès pour...
Fleuriste : N'en dit pas plus je sais. Je me doutais bien que tu te débrouillerais pour venir et j'ai donc pris la liberté de préparer ton bouquet à l'avance.
Sakura : Merci du fond du coeur.

Sakura se mit à chercher son porte-monnaie dans sa poche quand elle réalisa qu'il était resté dans sa chambre au Sanctuaire. La fleuriste remarqua tout de suite la gêne de sa cliente et sourit.
Fleuriste : Pour une acheteuse fidèle comme toi, je te fais crédit pour cette fois.
Sakura : C'est que je ne sais pas quand je pourrais revenir.
Fleuriste : Alors c'est gratuit, considère ça comme un cadeau d'adieu.
Sakura : Je vous remercie pour tout.

La fleuriste remit un bouquet composé de seulement trois fleurs à Sakura. Après l'avoir remerciée une dernière fois Sakura fonça à toute vitesse au cimetière de
Yokosuka. Devant la tombe de Shinji elle y posa deux des fleurs et effeuilla la troisième recouvrant la stèle des pétales puis fit une prière. Soudain elle sentit une
présence derrière elle.
Sakura : Qu'est ce que tu fais là Toji ?
Toji : Comment as-tu su que c'était moi ?
Sakura : Tu portes toujours cette horrible eau de cologne. Je trouve que ça fait sacrilège ici.
Toji : Tu es bien la seule fille qui ne l'aime pas.
Sakura : Bon alors qu'est-ce que tu me veux ?
Toji : J'aurais aimé savoir la signification des fleurs que tu apportes toutes les semaines sur sa tombe.
Sakura : La bleue est un myosotis, elle veut dire “ ne m’oubliez pas ”. La mauve est une primevère, cela signifie "je n'aime que toi". Quant à celle que j'effeuille c'est un chrysanthème, certain l'appelle la marguerite des morts.
Toji : Je te laisse te recueillir, mais j'aurai quelque chose à te dire à la sortie.

Après plusieurs minutes Sakura quitta le cimetière et se dirigea vers Toji qui l'attendait.
Sakura : Je t'écoute Toji, mais fait vite car je suis pressée.
Toji : C'est quoi cette histoire de Dojo fermé ? Personne n'a été prévenu et tout le monde s'est trouvé con devant la porte avec le panneau "à vendre".
Sakura : Je ne peux pas te répondre Toji, ou plutôt je n'en ai pas le droit. Tout ce qu'il m'est possible de te dire c'est que le passé de mes parents a resurgi et que
ma venue aujourd'hui est exceptionnelle. Je dois repartir maintenant, fait mes adieux aux autres s'il te plaît.
Toji : Comment peux-tu être aussi froide ? Tu te rends compte qu'on est tous morts d'inquiétude depuis votre départ ! Kaidé était tellement bouleversée qu'elle a séché tous ses cours et a passé ses journées à t'attendre devant la tombe de Shinji. Elle était certaine que tu viendrais au moins pour lui.
Sakura : Elle a du finir par se lasser puisqu'elle n'était pas là aujourd'hui.
Toji : Elle est à l'hôpital.
Sakura : Comment ! Que lui est-il arrivée ?
Toji : Certaine qu'elle ne te reverrait pas, elle a fait une tentative de suicide ce matin en se jetant sous les roues d'une voiture.
Sakura : Quoi !
Toji : Les visites sont terminées à cette heure ci, tu es sûre que tu ne peux pas rester cette nuit pour aller prendre de ses nouvelles demain matin ?
Sakura (les larmes aux yeux) : Je... Je suis désolé mais ça m'est impossible.
Toji (excédé) : Mais bordel de merde ! A quoi tu penses ? Tu reviens pour un macchabée et tu laisses tomber ta meilleure amie ? Qu'est ce qu'il avait de si spécial ton pédé...

Toji termina à peine sa phrase qu'il se prit un violent coup de pied en pleine figure qui le fit tomber à la renverse.
Sakura : Tu crois peut être que ça ne me fait rien de savoir qu'elle a voulu mettre fin à ses jours ? Si je le pouvais j'irai la voir sur-le-champ.
Toji : Dans ce cas je ne parlerai à personne de ta brève réapparition, elle ne comprendrait pas que tu ne sois pas venue la voir.
Sakura : C'est une sage décision. Adieu Toji.

Sakura repartit en direction du Dojo. Athéna n'avait pas bougé depuis qu'elle l'avait téléportée. Elle remarqua tout de suite que Sakura était troublée mais pour une
autre raison.
Athéna : Et bien ma filleule, qu'est ce qui ne va pas encore ?
Sakura : Ce n'est rien Athéna.
Athéna : Ne me ment pas je te prie.
Sakura : Comme vous voudrez. Une de mes amie est à l'hôpital et…
Athéna : Je vois. Nous n'avons qu'à attendre le lendemain chez toi et ensuite tu iras la voir. Avec le décalage horaire nous serons rentrées (rentrez) pour ce soir au Sanctuaire.
Sakura : Déesse Athéna, vous avez toute ma gratitude. Par contre je n'ai pas les clefs sur moi, il faudra sauter par-dessus les portes.

Sakura et la déesse vérifièrent que personne ne regarde puis franchirent sans problème le portail.
Athéna : Maintenant je vais nous téléporter dans la maison.
Sakura : Ce ne sera pas la peine Athéna, suivez-moi. Il y a une porte que mes parents ne ferment jamais.

Sakura alla à la fenêtre de sa chambre, l'ouvrit et pénétra dans la maison. Athéna la suivit avec appréhension car elle avait l'impression d'entrer comme une voleuse.
Une fois dans la chambre, la déesse avait l'impression que l'atmosphère de la pièce l'oppressait. Il y avait quelque chose dans l'air qui la mettait mal à l'aise.
Sakura : Je vous fais faire le tour du propriétaire ?

Athéna accepta car ça lui permettait de sortir de cet endroit qu'elle ne pouvait s'empêcher de trouver glauque.
La maison où avait vécu Sakura était bien plus grande que les baraques familiales du Sanctuaire, mais elle semblai avoir été construite sur le même modèle. Soudain Athéna émit un petit gargouillis qui la fit rougir. Bien qu'elle soit une déesse, son corps était bien humain et il avait ses besoins primaires.
Sakura : Vous non plus vous n'avez pas pris votre petit déjeuner ?
Athéna : Généralement je peux m'en passer mais la téléportation a puisé dans mes réserves.
Sakura : Je vous cuisinerais bien quelque chose, mais le courant est coupé. Vous n'avez rien contre une pizza ?
Athéna : C'est une nourriture comme une autre mais comment vas-tu la payer ?
Sakura : Avec mon argent de poche qui est dans ma chambre. Je le range toujours sous mon lit et mes parents l'ont oublié lors du déménagement. A tout à l'heure déesse Athéna.

Sakura sortit de la maison par la porte grâce aux doubles des clefs qu'elle avait retrouvés quand elle avait fait visiter la déesse. Une fois seule, Athéna se dirigea vers la chambre de sa filleule bien décidée à comprendre pourquoi cet endroit l'avait mise mal à l'aise. En fait, elle avait déjà une petite idée sur le sujet. La pièce devait être empreinte des émotions de Sakura. Une fois dans la chambre, Athéna se concentra afin de confirmer son hypothèse. Elle avait vu juste. L'endroit était plein, non, saturé de vives émotions.
Athéna : Ce n'est pas normal, après une semaine sans personne les émotions auraient du s’estomper. Ou alors... Ou alors elles sont réellement amoindries ce qui veut dire qu'elles étaient autrement plus intenses avant. Mais à quoi Sakura peut-elle songer pour charger sa chambre à ce point. Il n'y a qu'une solution pour le savoir.

Athéna ouvrit un à un ses neuf sens afin de s'harmoniser avec la chambre. Cette technique lui permettait non seulement de ressentir les émotions résiduelles d'une pièce mais les matérialisait aussi sous formes d'images et de sons.
La déesse commença d'abord par ressentir de la peine mais elle se changea rapidement en un profond désespoir. Son intensité était telle, que prise par surprise Athéna posa un genou à terre et ferma les yeux. Quand elle les rouvrit la chambre s'était changée en un torrent de larmes. Elle entendait aussi une voix murmurer mais ce qu'elle disait était presque inaudible. En tendant l'oreille elle put percevoir le nom Shinji qui était répété plusieurs fois. Soudain l'espace se modifia et la rivière de pleurs vira au rouge sang avant de prendre l'apparence d'un visage. Le flux d'émotions semblât redoubler d'intensité. C'en était trop pour la déesse qui décida de cesser l'expérience. De toutes façons elle avait appris ce qu'elle voulait savoir. Athéna sortit de la chambre en titubant puis s'écroulât sur le sol avant d'éclater en sanglots.
Athéna : Ma pauvre filleule ! Comment peux-tu souffrir autant et cependant arborer ton sourire ? Même Saori n'avait pas été autant touchée par la mort de Seiya.

La déesse finit par se reprendre et sécha ses larmes. Elle fit aussi disparaître les traces de celles qui avaient coulé.  Elle sentit soudain l'aura de Sakura approcher de la maison. Elle avait certainement utilisé son cosmos pour se déplacer. Athéna décida de l'attendre dans la sale à manger.
Sakura : Voilà le ravitaillement. Comme il n'y avait pas de pizza au caviar, j'ai pris une Napolitaine.

Le ton joyeux de sa filleule agaça Athéna car elle savait à présent que ce n'était que de l'hypocrisie. Elle la regarda fixement et...
Athéna : Comment ne l'ai-je pas remarqué la première fois ? Son regard est d'une telle tristesse ! Il dénote complètement avec la franchise apparente de son sourire.
Sakura : Quelque chose ne va pas ?
Athéna : Ce n'est rien. Je me disais juste qu’il va être difficile de manger dans cette obscurité maintenant que la nuit est tombée.
Sakura : Pas de problème je sais où se trouvent les bougies.

Sakura alla chercher des chandelles et les alluma grâce à sa pyrokinésie. Elle prépara la table et servit le repas. A sa grande surprise Athéna n'utilisa pas les couverts mais mangea comme elle avec ses doigts. La déesse lui expliqua que lors des banquets sur le mont Olympe elle mangeait tout le temps de cette façon, la vaisselle n'étant pas encore inventée à l'époque.
Sakura : Athéna, j'aimerais que vous me parliez de Saori Kido.
Athéna : Et pour quelles raisons ?
Sakura : Comme vous partagiez le même corps, vous êtes la seule personne à savoir réellement qui elle était.
Athéna : Saori, Saori a d'abord été une petite fille de riche trop gâtée. Je suppose que ton père a du te parler de l'épisode du cheval avec Jabu ?

Sakura répondit par l'affirmative.
Athéna : Elle serait demeurée ainsi si elle n'avait jamais appris qu'elle était ma réincarnation. Lorsqu'elle l'a su, elle a tout mit en oeuvre pour essayer d’être à la hauteur de sa tache. La petite gamine capricieuse  s'est donc au fil du temps transformée en femme responsable avec un caractère bien trempé. De plus, sa position de présidente de la fondation Graad lui avait fait acquérir un certain charisme ainsi que le sens du commandement. Elle avait donc des qualités pour assumer son rôle de réincarnation de ma personne sans y avoir été initiée. Malheureusement, elle avait un gros défaut. Elle était comment dire ? Elle était un peu cruche.
Sakura : Vous pouvez vous expliquer ?
Athéna : Le meilleur exemple est qu'elle voulait absolument suivre à la lettre le plan absurde de Mitsumasa Kido qu'elle a toujours considéré comme son grand-père. J'ai eu beau lui répéter qu'il était dangereux d'attirer les foudres du Sanctuaire avec le Tournoi Intergalactique, elle n’a rien voulu savoir. Il aurait été beaucoup sage et prudent qu'elle se présente dès le début aux chevaliers de bronze comme Athéna et les utiliser comme escorte pour la reprise du domaine sacré. Une fois sur place, il aurait suffit qu’elle utilise mon cosmos pour se faire reconnaître de tous les chevaliers et nous n’aurions subi aucune perte. Le déroulement des autres attaques contre le Sanctuaire aurait été totalement changé...
Sakura : Et je n'aurais jamais vu le jour.
Athéna : C'est exact. Autre signe de la bêtise de Saori, c'est la lettre qu'elle avait envoyée à Saga. Comment a t'elle pu croire un seul instant qu'il ne ferait rien contre elle sachant qu’elle allait arriver ?
Sakura : En fait c'était quelqu'un qui ne supportait pas être commandé même par une déesse. Mais il y a quelque chose qui me tracasse, si sa personnalité était si forte ? Pourquoi s'est-elle sentie incapable de livrer les prochains conflits ?
Athéna : Il y a deux raisons à cela, tout d'abord c'est qu'elle était amoureuse de Seiya et que sa mort l'avait bouleversée. Mais ce qui a tout déclenché, c'est qu'elle a appris la vérité sur Mitsumasa Kido en découvrant son journal intime.
Sakura : La vérité ?
Athéna : Mitsumasa Kido était un homme mauvais : lorsque Aïolos l'a confié à lui et lui a parlé de ma chevalerie, il a tout de suite vu un moyen de se débarrasser d'un maximum de ses héritiers par "sélection naturelle". Le Tournoi Intergalactique avait aussi pour but de choisir celui qui prendrait les rennes de la fondation à la place de Saori. En fait, il ne pensait pas mourir un an après les avoirs envoyés dans les camps d’entraînement et comptait bien me manipuler comme Cannon l’avait fait avec Poséidon.
Sakura : Mais je croyais que c'était les dieux qui lui avaient ordonné de sacrifier ses fils ?
Athéna : Et de qui Saori tenait-elle cette histoire ?
Sakura : J'ai du mal à y croire.
Athéna : Et encore ce n'est pas le pire. Il a amassé sa fortune de façon plus que douteuse et avait des relations avec les Yakusa.
Sakura : C'est une plaisanterie ?
Athéna : Tu ne t'es jamais demandée pourquoi ton père et tes oncles étaient tous orphelins ?
Sakura : Vous voulez dire qu'il les a toutes faites tuer ?!
Athéna : C'est exact, mais pour la mère de Hyoga il avait juste menacé de tuer son fils si elle mettait les pieds au Japon. C'est pour ça qu'elle a décidé de rester sur le bateau quand il a coulé.
En apprenant qu'elle avait été manipulée et surtout qu'elle était la cause de la mort de dizaines de personnes, elle s'est sentie indigne d'être ma représentante terrestre et tu connais la suite. Quand je me suis réveillée après avoir pris possession de son corps, j'ai trouvé une lettre de Saori m'expliquant les véritable raison de son sacrifice.
Sakura : Et cette histoire de nouvelles guerres saintes ?
Athéna : Elle a en effet eu cette prémonition mais avant de trouver les mémoires de Mitsumasa Kido. Je suis désolé de t'apprendre que tu es la petite fille d'un... D'un salaud car je ne vois pas d'autres mots pour décrire ce qu'il était.
Sakura : Je crois que je vais prendre le nom de jeune fille de maman. Mais vous ? Quand vous avez joué le rôle de Saori ? Ça ne vous a pas dégoutté de diriger la fondation ?
Athéna : Oh que si ! Et c'est pourquoi cela fait plus de dix ans que je n'en suis plus la présidente. Après avoir coupé les ponts avec tous les financements douteux, je l'ai laissée entre les mains de quelqu'un de confiance.
Sakura : Tatsumi je suppose ?
Athéna : Surtout pas lui ! Il ne valait guère mieux que son maître et a tenté lui aussi de me manipuler. Je n'ai découvert réellement son jeu que lorsque j'ai commencé ma politique d'assainissement des fonds de la fondation. Il ne savait pas que Saori n'était plus et s'est permis de me faire des remontrances en ajoutant que "mon grand-père" n'apprécierait pas mes actions. Après ça j'ai décidé de m'en débarrasser définitivement.

Sakura frémit un peu car l'allusion de la déesse était claire comme de l'eau de roche, elle avait tué Tatsumi.
Sakura : Mais alors qui...
Athéna : C'est ton oncle Ichi, après lui avoir dit la vérité sur son père je lui ai fait la proposition et il a accepté afin de laver son nom.
Sakura : Je croyais qu'il dirigeait l'orphelinat ?
Athéna : C'est ta tante Miho qui en est la directrice, Ichi a cependant déménagé ses bureaux de président dans l'orphelinat afin d'être près de sa femme le plus souvent possible.
Sakura : Je vous remercie d'avoir répondu à mes questions Athéna, vous pouvez à présent poser les votre.
Athéna : Pardon ?!
Sakura : Je ne suis pas dupe vous savez, j'ai remarqué la façon dont vous me regardiez pendant le repas.
Athéna : Je comptais le faire plus tard mais puisque tu insistes, je voudrais savoir la cause de ta tristesse que tu tentes de cacher avec de la bonne humeur simulée ?

Sakura devint blême et resta silencieuse un moment. Mais quand elle voulut ouvrir la bouche pour répondre à la déesse, elle n’y parvint pas, comme si ses mâchoires étaient soudées l'une à l'autre.
Athéna : C'est donc si douloureux que ça ? En fait, je sais déjà la raison de ton état mais je voulais l’entendre de ta bouche. Vois-tu dans le Sanctuaire je suis quasiment omnisciente et en particulier en ce qui concerne mon temple. J'ai assisté à ta dispute avec ta mère et je sais donc que tu as vu mourir un certain Shinji. Je suis certaine que c'est sa tombe que tu fleuris toutes les semaines et les émotions qui hantent ta chambre m'ont fait comprendre que tu l'aimais...
Sakura (les larmes aux yeux) : Je ne l'aimais pas ! Je l'aime toujours !
Athéna : C'est bien noble de ta part, mais ne crois-tu pas qu'il serait temps de tourner la page ?
Sakura : Comment osez vous dire ça ? Ça fait à peine un mois qu'il est mort.
Athéna : Seulement ! Mais alors pourquoi cette comédie ? Tu as parfaitement le droit de montrer ta tristesse puisque c'est si récent.
Sakura : Je ne veux pas qu'on se fasse de souci pour moi et encore moins qu'on me pose des questions sur cette partie de ma vie.
Athéna : Mais si tu n'en parles pas, tu vivras toujours avec ce souvenir à vif.
Sakura : Vous êtes la déesse Athéna, la personne la plus franche qui m’ait été donnée de rencontrer, pour vous, je veux bien faire un effort.

Sakura raconta tout à la déesse de sa première rencontre avec Shinji jusqu'à la découverte de son homosexualité. Elle parla lentement et sous forme de monosyllabe. Elle fit aussi souvent de longues pauses.
Sakura (après un long silence) : Sur le chemin qui menait à sa maison, je m'étais mise à penser à la façon de le faire changer de bord, je me disais qu'il n'avait peut être pas connu de femme et que s'il essayait, avec moi bien entendu, ça lui plairait. Et même s’il ne voulait pas, je souhaitais que ce soit lui qui me donne mon premier baiser. Mais maintenant que j'y pense, c'était des désirs égoïstes, je ne devais pas aller à l’encontre de ses chois sentimentaux. De toutes façons tous ces rêves fous furent brisés lorsque je le vis transpercé par l'épée que tenait son père.

Sakura s'arrêta encore une fois, quant à Athéna son visage montrait sa stupéfaction. Elle ne s'était pas imaginée que la façon dont ce Shinji était mort pouvait être si traumatisante. Elle s'était attendue à une histoire d'accident de voiture ou quelque chose de tout aussi banal. Sakura raconta avec encore plus de difficulté son combat avec monsieur Hazuki et la façon dont Shinji avait expiré dans ses bras.
Sakura : Personne ne le sait, mais moi aussi je suis morte ce jour là.
Athéna : Il est certain que tu as reçu un fort choc émotionnel...
Sakura : Vous ne comprenez pas ! J'ai fait un arrêt cardiaque pendant que je tenais le corps de Shinji. Ça a du durer trois minutes maximum, mais pendant tout ce temps j'ai été unie à Shinji dans la mort. Depuis ce jour, vivre m'est devenu extrêmement difficile, j'ai même plusieurs fois songé au suicide mais j'y ai toujours renoncé. La peine que m'a infligé la perte de Shinji est une chose que je ne souhaiterai à personne, pas même à mon grand-père malgré ce que vous m'avez dit sur lui. Je ne veux pas que mes parents, que mes amis souffrent ce que j'endure tous les jours.
Athéna : Comment te sens-tu à présent ?
Sakura : Mieux, mais j'ai autre chose sur le cœur et il est encore trop tôt pour en parler même à vous.
Athéna : Ça fait toujours du bien de parler... Tiens ! Il fait déjà jour. Tu as pris ton temps pour te confier à moi.
Sakura : Ce ne sont pas des choses qui sortent facilement.
Athéna : Mais ce n'était pas un reproche. Au fait, sommes-nous loin de l'hôpital ?
Sakura : Si nous partons maintenant et que nous nous y rendons en marchant, nous devrions arriver pour l'heure des visites.
Athéna : Alors mettons-nous en route.
Sakura : J'ai quelque chose à aller chercher dans ma chambre d'abord.

Sakura s'éclipsa un instant et revint avec son cartable dans les bras.
Athéna : Que comptes-tu faire avec ça ?
Sakura : C'est pour lui laisser un souvenir.

Sakura et la déesse se mirent en route pour l'hôpital de Médina. Elle y allèrent d'un pas rapide si bien qu'elles arrivèrent un peu avant l'estimation de Sakura. La déesse décida d'attendre sa filleule à l'entrée du bâtiment pendant qu'elle irait voir son amie hospitalisée.
Sakura était devant la chambre de Kaidé et entra sans frapper. Son amie était alitée, elle avait le front bandé et un bras en écharpe.
Kaidé : J'avais dit que je ne voulais pas de visite.
Sakura : Pas même la mienne ?
Kaidé : Sakura san !

Kaidé sauta du lit et courut vers Sakura, mais quand elle fût en face d'elle cette dernière lui flanqua une gifle.
Kaidé : Mais pourquoi vous avez fait ça ?!
Sakura (sévère) : C'est pour ta conduite égoïste. Qu'est ce qui a bien pu te passer par la tête ?! As-tu pensé un peu à ton père ? Aurais-tu oublié qu’il n’a plus que toi ? Et ta mère ? Elle a donné sa vie pour que tu viennes au monde ! Ce geste n'a donc aucune signification pour toi ?
Kaidé (en pleur) : Mais... Mais vous me manquiez tant...
Sakura (sévère) : Et tu crois que j'aurais pu vivre avec ta mort sur la conscience ?
Kaidé (en pleur) : Pardonnez-moi Sakura san !
Sakura (douce) : C'est bien par ce que je te considère comme ma petite sœur, mais il faut bien que tu comprennes que ta vie est précieuse non seulement pour toi mais aussi pour tout ton entourage.
Kaidé : Compris Sakura san, mais tout va aller mieux maintenant que vous êtes revenue.
Sakura : Kaidé, premièrement arrête de me vouvoyer et deuxièmement je ne suis venue que pour te dire adieu.
Kaidé : Comment ?!
Sakura : Mon départ la semaine dernière s'est fait dans la précipitation et je n'ai pas eu le temps de te dire au revoir mais il est définitif. Je n'étais revenue que pour fleurir une dernière fois la tombe de Shinji et si je n'étais pas tombée sur Toji je n'aurai jamais eu vent de ta détresse.
Kaidé : Mais pourquoi partez-vous ?
Sakura : Je n'ai pas le droit de te le dire Kaidé, désolée.
Kaidé : Mais les voyous vont finir par comprendre que vous ne reviendrez pas. Qu'allons nous faire sans vous ?
Sakura : C'est à toi de t'en occuper maintenant.
Kaidé : Moi ?! Mais je ne suis pas assez forte !
Sakura : Je savais que tu me dirais quelque chose comme ça, tient ! C'est pour toi.

Sakura tendit son cartable à Kaidé.
Kaidé : Qu'y a t'il dedans ?
Sakura : La force qui te manque.

Sakura s'apprêta à sortir de la chambre.
Kaidé : Sakura kun !

A ces mots Sakura se retourna avec un véritable sourire aux lèvres.
Kaidé : Je... J'espère que tu te plairas là où tu vis maintenant.
Sakura : Pour être franche, je m'y plais déjà. Adieu petite sœur.

Kaidé ne put rien dire mais ses yeux parlaient à sa place. Sakura sortit pour de bon de la chambre. La jeune fille alla vers son lit en tenant le cartable de son amie. Elle s'assit sur sa couche avant de l'ouvrir. Elle en sortit un bandeau blanc et une paire de protège-poignets rouges. Elle éclatât alors en sanglot.
Kaidé : Je n'ai pas eu le courage de lui dire.

Sakura avait rejoint la déesse, elles cherchaient un endroit à l'abri des regards pour se téléporter. Elles finirent par trouver une ruelle déserte. D'une seule impulsion de son cosmos la déesse les ramena toutes les deux dans le dernier temple. La nuit était tombée depuis longtemps sur le domaine sacré.
Sakura (affolée) : Que faisons-nous ici ?!
Athéna : C'est chez nous je te rappelle.
Sakura (idem) : Je ne peux pas passer la nuit ici, pas après ce qu'il s'est passé ce matin.
Athéna : Il va bien falloir te forcer à dormir, tu auras un rude combat à mener demain.
Sakura : Je l'avais presque oublié celui-là !
Athéna : Bon ! Je te laisse trouver toute seule le chemin de ta chambre, moi je vais me coucher.

Sakura resta un moment immobile puis décida de rejoindre sa chambre. Après s'être mise au lit elle chercha vainement le sommeil mais peine perdue il ne venait pas. Soudain quelqu'un pénétra dans la pièce, c'était sa mère. Elle avait sentit le retour de la déesse ainsi que de sa fille.
Shina (douce) : Sakura, je dois te parler. Je tiens à m'excuser de mon comportement de ce matin, même si je sais que ce que j'ai fait est impardonnable. Je voudrais cependant essayer de réparer ce que j'ai brisé, mais je comprendrai si tu m'en voulais toujours.

Sakura fondit en larme.
Sakura (en pleur) : Ce n'est pas en toi que j'en veux maman, c'est à moi ! Quand je t'ai frappée, je ne voulais pas te faire mal, je... Je voulais te tuer ! J'ai voulu tuer ma propre mère ! C'est mon acte qui est inexcusable !

Shina s'approcha de sa fille et la serra tendrement dans ses bras.
Shina (douce) : Tu es toute pardonné ma fille. Après ce que je t'ai dit, tu avais le droit de me haïr, tu avais le droit de souhaiter ma mort. Ce n'est pas comme si j'avais brisé un ocarina, je m'en suis pris à un souvenir douloureux qui était encore à vif.

Sakura éclatât une dernière fois en sanglot avant de s'endormir dans les bras de sa mère, le visage et l'esprit apaisé.

 

 

 

 

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