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Quand les ambulanciers et la police arrivèrent, ils ne
purent que constater le décès. Ils eurent du mal à "désencastrer" le corps des
bras de Sakura en état de choc. De plus cette dernière, prostrée dans le
mutisme, était incapable de répondre aux questions des agents ? Heureusement, le
gardien l'identifia et fit remarquer aux policiers que les caméras de
surveillance avaient sûrement dû filmer toutes la scène. Après le visionnage de
la cassette, monsieur Hazuki fût arrêté et Sakura ramenée chez elle.
Dojo Doki 14h30
Shun et Shina s'entraînaient dans le jardin. Soudain, on
frappa à la porte. Shina : Nous ouvrons
dans une demi heure. Une voix : Madame
Doki ? C'est la police, nous vous ramenons votre fille.
Shun ouvrit précipitamment à l'agent. Shun : Qu'est ce que Sakura a fait ? Policier : Ne vous inquiétez pas madame,...
Shun : Encore un qui me confond avec ma
femme. Policier : ... elle n'a rien
fait. Malheureusement, elle a été témoin d'un meurtre et ça l'a plutôt
secouée. Shun : Un, un meurtre !
Policier : Oui, sur la personne de Shinji
Hazuki.
Shun devint blême. Policier : Vous le connaissiez ? Shun : C'est, je veux dire c'était mon meilleur élève et un
ami de ma fille. Comment va t'elle ? Policier : Comme je vous l'ai dit, elle a subi un gros choc
émotionnel. Elle n'a pas prononcé un mot depuis que nous l'avons trouvée ; et
nous avons dû la traîner dans la voiture. Peut être que vous pourriez la faire
réagir ? Shun : Je vais essayer.
Shun suivit le policier jusqu'à la voiture. Sakura était
sur la banquette arrière, elle regardait fixement devant elle sans cligner des
yeux. Shun : Sakura, c'est papa. Je t'en
prie, regarde moi ma chérie. Policier :
Papa ! C'est son père ? C'est fou comme il ressemble à une femme.
Sakura tourna légèrement la tête puis se mit à pleurer.
Shun serra sa fille dans ses bras. Shun :
Ça va aller, je sais ce que tu ressens.
Sakura sortit de la voiture et se laissa conduire chez
elle par son père. Shun : Merci pour tout
monsieur l'agent. Policier : J'espère
qu'elle se rétablira vite. Shun : Moi
aussi, moi aussi.
Arrivés chez eux, Shun referma la porte. Shina : Qu'est ce qui est arrivé à Sakura ?
Shun emmena Sakura dans sa chambre, puis expliqua tout à
sa femme. Shina : Je la croyais plus
solide que ça. Shun : Shina ! Elle n'a pas
subi notre formation, elle n'est pas ch... soldat comme nous. C'est la première
fois qu'elle voit mourir quelqu'un, et quelqu'un qu'elle aimait qui plus
est. Shina : Excuse moi Shun, je ne me
suis toujours pas habituée à cette vie "normale". Pour tout te dire, la Grèce me
manque. Shun : Moi c'est l'absence de mes
frères qui me pèse.
Shun et Shina restèrent silencieux un court
moment. Shina : Tu sais qui a tué Shinji
? Shun : J'ai oublié de le demander au
policier. Nous l'apprendrons demain dans le journal. Pour l'instant, il nous
faut soutenir notre fille dans sa pénible épreuve. Mince ! J'ai complètement oublié que Toji devait venir.
Shina : Ne t'inquiète pas, je me charge de Toji
et toi tu t'occupes de notre fille.
Shun se dirigea vers la chambre de Sakura et Shina alla
au Dojo.
15h Sur la route menant au dojo.
Toji : Je suis mort de trac. J'espère que je
pourrais tenir la distance. Il est trop tard pour reculer de toute
façon.
Toji entra dans le dojo. Toji : Ça commence bien, je vais avoir à faire à senseï
Mona. Konichiwa senseï Mona. Shina :
Konichiwa Toji. Tu as de la chance, Sakura est malade, Jubeï est à son chevet et
Shinji a eu un empêchement. Je vais donc te faire un cour privé.
Toji : Tu parle d'une chance. C'est un
grand honneur que vous me faites senseï Mona. Shina : Très bien, Jubeï m'a dit que tu avais une bonne
défense. Je vais donc t'attaquer. Si tu tiens cinq minutes, je considérerai que
tu es un élève valable. Me suis-je bien faite comprendre ? Toji : Oui senseï Mona. Shina : Alors en garde. Je commence
gentiment. C'est vrai qu'il se débrouille
plutôt bien. Je vais passer à la vitesse supérieure. Il a déjà plus de mal mais il tient quand même la distance. Il a
un bon potentiel, il aurait pu faire un bon chevalier. Les cinq minutes sont passées, je vais voir comment il réagit si
je me bats à fond. Il a réussi à parer
deux attaques mais la troisième l'a assommé. Je ne pensais pas qu'il en
éviterait une seule. Shun a raison, Toji est un très bon élève.
Toji : Senseï Mona est vraiment redoutable. Je
ne sais pas combien de temps j'ai dormi, mais je sens que je vais regretter de
me réveiller. Shina : Je suis très
fière de toi Toji. Tu m'as réellement impressionnée. Tu mérites de connaître la
vérité à propos des absences de Sakura et Shinji. Toji : Comme si je ne savais pas qu'ils étaient
ensembles. Shina : Shinji est mort
assassiné il y a peu de temps. Sakura a assisté au crime et elle est
traumatisée. Voilà pourquoi ils ne sont pas à l'entraînement. Toji : Comment pouvez vous dire ça avec autant de calme ?
N'avez vous pas coeur ? Shina : J'ai
appris à contrôler mes émotions, mais ma peine est réelle, tu peux me croire. Si
je ne te l'ai pas dit au début, c'est pour que tu ne sois pas déconcentré. Nous
allons cependant fermer le dojo un certain temps en signe de deuil. Je vais te
demander de partir, seul mon mari et ma fille ont le droit de me voir
pleurer. Toji : Très bien senseï
Mona.
Lorsque Shina fût certaine que Toji était assez éloigné,
elle se mit à sangloter sur le tatami. La mort de Shinji venait de raviver le
souvenir de Cassios, elle venait à nouveau de perdre tragiquement un élève. Elle
sentit soudain la présence de son époux. Shina : Alors, comment va t'elle ? Shun : Elle est en piteux état, j'ai l'impression que la
flamme dans ses yeux s'est éteinte. J'ai peur qu'elle n'ai besoin de l'aide d'un
psychiatre. Shina : J'ai décidé de fermer
le dojo un certain temps, nous ne sommes pas en état de dispenser nos
cours. Shun : Tu as très bien fait.
Shun se dirigea vers la porte de la propriété et la
referma.
11/09/2001
9h du matin.
Shun et Shina étaient fatigués. Ils avaient veillé Sakura
à tour de rôle toute la nuit. Ils étaient en train de boire un café, lorsque
celle-ci débarqua dans la cuisine dans sa tenue d'écolière. Elle prépara
machinalement son petit déjeuner. Shina :
Bonjour Sakura, tu as bien dormi ?
Sakura ne répondit que d'un hochement de tête.
Shun : J'ai prévenu le lycée que tu ne pourrais
pas venir pendant un certain temps.
Sakura ne dit toujours rien. Shina : Sakura ! Tu pourrais nous répondre quand
même.
Sakura se mit alors à pleurer. Shina se rendit compte que
si sa fille ne parlait plus, c'est parce qu'elle ne le pouvait pas et non
qu'elle ne le voulait pas. Elle la serra alors dans ses bras. Shina : Je suis désolée ma chérie, je ne savais pas.
Le repas continua dans le silence. Shina décida de sortir
faire des courses. Préoccupée par l'état de sa fille, elle ne fit pas attention
aux voix qui venaient de la rue. Au moment où elle ouvrit la porte, elle fût
assaillie par une horde de journalistes. Journaliste 1 : Madame Doki, quels étaient les relations
entre votre fille et la victime ? Journaliste
2 : Avez vous d'autres élèves homosexuels ? Journaliste 3 : On raconte que vous apprenez à tuer dans
votre dojo, est ce que vous démentez ces affirmations ? Journaliste 4 : Des rumeurs prétendent que votre mari
serait en réalité une femme, vous pouvez confirmer ?
Shina avait une furieuse envie de massacrer tous ces
charognards. Elle se contenta de faire brûler son cosmos ce qui eut pour effet
de faire exploser les caméras et appareils photos, griller les micros, et fondre
les bandes d'enregistrement. Elle profita de la stupeur des journalistes pour
s'éclipser. Elle se dirigea ensuite furtivement vers l'épicerie. Shina était
ravie de voir que sa vie de femme au foyer n'avait pas altéré ses réflexes.
Quand elle revint, les journalistes étaient toujours là. Shina décida de sauter
par dessus la clôture pour rentrer. Shina
: Tien Shun, je t'ai acheté le journal. Où est Sakura ? Shun : Merci Shina, elle est dans le dojo. Je crois qu'elle
s'entraîne.
Shun commença à lire. La une parlait du meurtre de la
veille. A la place du dessin humoristique habituel, il y avait une image tirée
de la bande vidéo des caméras de sécurité. Elle montrait Sakura tenant Shinji
dans ses bras. Shina remarqua le trouble da son mari. Shina : Quelque chose ne va pas ? Shun : La façon dont Sakura tient Shinji, c'est la même
qu'Athéna avec Seiya quand il est "mort" dans l'Élision. Shina : Malheureusement, Shinji ne pourra pas
ressusciter.
Shun continua de lire l'article. Il apprit que le
meurtrier n'était autre que le père de son élève. Ce dernier avouait avoir
"purifié sa famille de cette "engeance". Shina
sentit tout à coup la cosmoénergie de Shun s'embraser d'une manière
inhabituelle. Shun : Je vais faire un
tour. Shina : Fais attention aux
journalistes. Je n'ai jamais vu Shun réagir de cette façon. A la réflexion
si, il a la même attitude que le jour ou Ikki a tenté de me faire avorter. J'en
connais qui vont sentir leur douleur.
Shina entendit alors des cris de protestation et de
douleur. Elle ne s'inquiéta pas pour le sort des journalistes. Même en colère,
Shun savait modérer ses efforts. Elle avait bien vu, il y a quatorze ans, qu'il
était prêt à tuer son frère. Ikki n'avait dû la vie qu'au fait qu'il devait être
un des témoins à leur mariage. Shina décida de
rejoindre Sakura au dojo. Elle observa sa fille faire son kata. Shina : Le geste est précis mais sans passion. On dirait
un automate. Je ne pensais pas qu'elle puisse aller si mal.
Shina s'engagea sur le tatami et se mit en garde. Sakura
fit de même. Les deux femmes s'observaient sans bouger. Le regard vide de Sakura
rendait Shina nerveuse. Elle décida de commencer l'assaut. Sakura parait
machinalement les attaques sans chercher à prendre l'avantage. Shina baissa
volontairement sa garde pour forcer sa fille à réagir mais elle restait
désespérément passive. Shina essaya alors une autre approche. Elle se mit à
porter ses coups de plus en plus rapidement. Sakura fût vite surpassée. Après
avoir encaissé une dizaine de coups, elle riposta avec une botte que lui avait
enseignée Shun. Prise au dépourvu, Shina se prit l'attaque de plein fouet et se
retrouva au tapis. Quand elle se releva, elle vit les yeux de Sakura briller
puis s'éteindre à nouveau. Shina : La
rééducation sera plus longue que je ne le pensais. Shun avait raison, il lui
faut l'aide d'un psy. Tu n'es pas en état de travailler correctement, va
dans ta chambre et repose toi. Tu en as besoin.
Sakura s'exécuta. Shina quant à elle, se rendit dans la
cuisine pour se faire du café, elle en profita pour écouter la radio.
Plus tard
Shun revint de sa promenade un peu plus serein que
lorsqu'il était partit. Shina : Shun
semble être calmé. Je ne pensais pas qu'une simple marche à pied puisse apaiser
sa colère. A moins que ... Mais oui ! Ils ont dit à la radio tout à l'heure
qu'un puissant séisme avait secoué une île déserte de l'archipel. Je suis
certaine que c'est Shun qui en est la cause. Il a du décharger sa colère sur ce
bout de terre. Tu te sens mieux ? Shun
: Ça peut aller, mais j'ai l'impression d'avoir joué un rôle dans toute cette
histoire. Si je n'avais pas voulu que Sakura prenne son petit déjeuner, elle
serait sûrement arrivée à temps pour sauver Shinji. Shina : Arrête un peu de te morfondre ! Songe plutôt à ce
que ressent notre fille. C'est elle qui lui a conseillé de parler à ses
parents. Shun : Par tous les dieux ! Elle
doit souffrir atrocement.
Le téléphone se mit à sonner. Shun : Résidence Doki je vous écoute. Ah, c'est vous
monsieur Shirota. Mr Shirota : Pas de ça
entre nous Jubeï, c'est l'ami qui t'appelle. Pas le père de l'élève
Kaidé. Shun : Excuse moi Yu, c'est
l'habitude. En parlant de ça, je songeais à lui proposer de suivre les cours de
ma femme. Yu : Je ne suis pas contre, mais
c'est pour ta fille que je te téléphone, pas pour la mienne. Shun : Ah ! Yu :
Comment va t'elle ? Shun : Mal, elle ne se
remet pas du choc émotionnel qu'elle a subi. Yu : Je m'en doutais. Écoute, j'ai une amie psychiatre à
Médina, elle s'occupera de Sakura gratuitement. Shun : Je ne sais pas si je peux accepter. Yu : Tu n'as pas le choix, je l'ai déjà contactée et elle
est d'accord. Je sais très bien que tu ne roules pas sur l'or et les séances
sont hors de prix. Shun : C'est très
généreux de ta part, mais c'est inutile. Il semblerait que Sakura ait perdu
l'usage de la parole. Yu : Ne te donne pas
de faux prétextes. Je ne te fais pas la charité, j'aide un ami dans le
besoin. Shun : Merci Yu. Écoute, je vais
réfléchir à ta proposition et je te rappelle demain, d'accord ? Yu : Heureux que tu deviennes enfin raisonnable, à demain
Jubeï. Shun : A demain Yu.
Shun raconta à sa femme la discussion qu'il avait eu avec
Yu. Celle ci approuva l'initiative de ce dernier.
La nuit dans la chambre de Shun et Shina
Shina n'arrivait pas à dormir. Son impuissance à aider sa fille la
tracassait. Elle avait toujours répugné à demander ou accepter de l'aide. Mais
la santé de Sakura devait passer avant son orgueil. Et puis Yu était un
véritable ami. Il appréciait Sakura et lui était reconnaissant d'avoir protégé
sa fille Kaidé contre une bande de voyous. Il lui avait même offert un katana.
Sakura fût ravie mais Shun avait peur qu'elle ne se blesse avec. Soudain une
horrible pensée traversa l'esprit de Shina. Elle courut alors dans la chambre de
sa fille. Shina : Le sabre ! Dans son état, dieu sait ce qu'elle
pourrait faire. Ouf, elle dort. Son sommeil est agité mais elle dort. Je crois
que je vais quand même cacher l'épée.
Shina allait prendre l'arme quand elle entendit sa fille sangloter. Tout d'un
coup celle-ci ce réveilla. Sakura : Shinjiiiii ! Ne pars pas Shinji,
je t'aime, ne pars pas Shinji. Shina : Ce n'est qu'un cauchemar
Sakura, rendort-toi. Sakura : Oh maman ! Pourquoi est ce que Shinji
est mort ? Pourquoi je n'ai pas pu le sauver ? Shina : Tu as fait
tout ce qui était en ton pouvoir. Dis toi que grâce à ton intervention, sa mort
ne demeurera pas impunie. Sakura : Ça lui fait une belle jambe. Mais
je parle ! Shina : Tu ne t'en rends compte que maintenant ?
Sakura : Maman ? Ça t'a fait ça quand tu as cru que..
Shina : Que Seiya était mort ? Non ! Mais j'avais appris à endurcir
mon coeur en entrant dans la milice. Écoute Sakura, ton père et moi avons décidé
qu'il faudrait que tu consultes un psychiatre. Sakura : Un psy ?
Pourquoi faire ? Shina : Pour t'aider à surmonter ta peine. Je ne
pense pas que mon expérience militaire et celle de ton père puisse t'être utile.
Si tu acceptes, je t'autorise à me questionner sur mon passé.
Sakura resta silencieuse. Sakura : Justement, j'aurais voulu
savoir, si tu n'étais pas frustrée de ne pas te rappeler de, comment dire, de ta
première fois avec papa. Shina : Et bien au début oui. Mais
bizarrement, les souvenirs me sont revenus avec le temps. Et même si je n'avais
pas toute ma tête, je peux t'assurer que c'était un moment magique. Je ne suis
pas pressée, mais quand ça t'arrivera, j'espère que tu vivras ce que j'ai vécu
cette nuit là. Sakura : Je ne sais pas si je pourrais encore
m'intéresser à un garçon. Shina : Ne dis pas de sottise, tu es jeune,
je suis certaine qu'un jour tu aimeras à nouveau. Sakura : Maman, si
je vais voir le psy, est ce que je pourrais retourner au lycée ?
Shina : Mais bien sûr ! Allez, recouche toi, tu dois être en forme
pour suivre les cours. Sakura : Bonne nuit maman. Shina :
Bonne nuit mon coeur.
Shina reposa le sabre à sa place, embrassa Sakura sur le front et sortit de
la chambre.
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