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Sakura se trouvait à Paris. Une fois remise de son combat contre Umi, Athéna
avait insisté pour qu'elle passe sa convalescence hors du Sanctuaire pour être
certaine qu’elle se repose. Le chevalier du Fourneau avait donc décidé de se
rendre dans la ville où ses parents l’avaient conçue, c’était en quelque sorte
un pèlerinage pour elle. Mais il n’y avait pas que cette raison, bien avant de
connaître les origines de sa conception, elle avait toujours voulu visiter cette
ville. En ce moment, elle visitait le parc des Buttes Chaumont, et
s’extasiait devant une végétation qui lui était inconnue. Évidemment ce n’était
pas aussi beau que l’Olympe, mais les plantes terrestres avaient aussi leurs
charmes. Soudain, une femme aux longs cheveux roux, dont une large mèche cachait
la partie droite du visage, et apparemment à bout de nerf l’apostropha.
Femme : Excusez-moi ! Vous n’auriez pas vu mon
fils ? C’est un petit garçon de six ans avec les mêmes cheveux que moi et des
yeux bleus ? Il porte aussi une salopette jaune. Sakura :
Heu ! … Non désol … Femme : Oh ! Mon Dieu ! Mon pauvre petit Nicolas, mais où es-tu donc
?!
La femme s’apprêta à repartir, mais Sakura la retint. Sakura
: Attendez ! Voulez-vous que je vous aide à chercher
? Femme : Vous … Vous feriez ça ?
Sakura : Mais bien sûr ! Femme
: Alors prenez ça si vous le trouvez et montrez le lui pour
qu’il sache que vous êtes une amie. C’est un petit garçon très méfiant. Si vous
le trouvez, attendez-moi au pont suspendu !
La femme remit un magnifique rosaire avec une croix en or à Sakura et s’en
fut de nouveaux à la recherche de son fils. La fille de Shun prit alors la
direction opposée.
Sanctuaire
Dans sa chambre, Sha Hua était en pleine méditation. Elle scrutait avec son
cosmos les différentes dimensions proches et éloignées, et en cherchait même de
nouvelles. C'était un exercice très éprouvant, bien qu'il n'en donnait pas
l'impression, mais il était nécessaire pour améliorer son contrôle des failles
dimensionnelles. Alors qu'elle sondait un secteur inconnu proche de la dimension
du royaume d’Hadès, elle ressentit un cosmos puissant mais doux l‘appeler.
C’était un cosmos qu’elle connaissait bien pour l’avoir déjà rencontré. La
question était : qu’est-ce que cette auguste personne lui voulait ? Le chevalier
de la Boussole n’avait qu’un seul moyen de le savoir. Amplifiant sa
cosmoénergie, elle ouvrit une brèche dimensionnelle et s’y engouffra. Quelques
instants plus tard, elle se retrouva en Enfer devant les portes de Guideca. Là,
elle tomba sur Rhadamanthe qui semblait loin d’être heureux de la voir.
Rhadamanthe : Enfin te voilà ! Cela fait déjà plusieurs minutes que
sa majesté Perséphone a requis ta présence ! Sha Hua : Je suis un
chevalier du Sanctuaire et non un spectre des Enfers, je n’ai pas à me presser
si une autre divinité qu’Athéna me demande. Puis-je savoir ce que me veut ta
maîtresse ? Rhadamanthe : Je ne suis pas dans le secret des dieux !
Ma déesse m’a ordonné de t’escorter auprès d’elle c’est tout.
Rhadamanthe ouvrit les portes de Guideca et fit entrer Sha Hua. La déesse du
Royaume des morts était majestueusement assise sur le trône. Le spectre du
Wyvern se mit alors à genou et s’inclina. Rhadamanthe : Majesté,
voilà la jeune fille que vous attendiez. Je vous demande à présent la permission
de rendre congé afin de retourner à mes taches. Perséphone : Reste
juge ! Cette affaire te concerne aussi. Enfin te voilà fille du Dragon. Je t’ai
mandée car j’ai besoin de ton aide pour ressusciter les cent huit spectres des
Enfers Sha Hua : Vous ou Hadès ne pouvez vos pas le faire seul ?
Perséphone : Malheureusement non, il faut qu’ils périssent tous en
combattant pour que mon époux soit autorisé par l’Olympe à leur rendre la vie.
Sinon son armée aurait été invincible. Malheureusement, comme tu peux le voir,
le spectre du Wyvern vit toujours. De ce fait, il est impossible de faire
revivre les spectres dont la tache principale est d‘assurer le bon
fonctionnement des Enfers. Sha Hua : Je ne vois toujours pas en quoi
je peux vous aider. Perséphone : C’est très simple, j’ai besoin de
toi pour tuer le dernier de mes serviteurs. Rhadamanthe : Comment
?!!! Perséphone : Qu’y a-t-il mon fidèle serviteur ? Aurais-tu peur
de mourir même si cela est provisoire ? Rhadamanthe : Ce n’est pas ça
votre majesté, je suis juste choqué par le bourreau que vous avez choisi.
J’aurais préféré mourir de la main de quelqu’un de ma valeur au lieu d’un
vulgaire chevalier d’argent. Perséphone : Le chevalier de la Boussole
n’est pas un chevalier d’argent ordinaire, elle est aussi puissante qu’un
chevalier d’or. Je l’ai vue combattre et je peux t’affirmer qu’elle est une
guerrière redoutable. Sha Hua : Moi aussi je me permets d’émettre une
réserve. S’il faut que Rhadamanthe meure pour que tous les spectres renaissent,
pourquoi moi ? Et pourquoi le faire maintenant ? Mon maître Kanon a erré dans
votre royaume pendant plusieurs années, pourquoi ne pas le lui avoir demandé à
cette époque ? Perséphone : Interrogation plus que légitime, je vais
te répondre. Lorsque le chevalier des Gémeaux cherchait à sortir de mon domaine,
le Spectre du Wyvern, lui, était mourrant. Nous, mon mari et moi, avons décidé
de le laisser à son agonie car toute action de notre part aurait faussé le jeu
et nous aurions alors perdu les spectres à jamais. Or, un jour, celui qui fut
Dragon des Mers s’approcha du corps mourant du dernier de nos serviteurs.
Craignant qu’il ne le soigne pour qu’il lui indique la sortie, nous avons donc
décidé de lui faire quitter notre domaine, scellant ainsi le destin du juge ici
présent. Malheureusement, ce dernier avait une volonté de survivre étonnante, et
ses blessures finirent par guérir et il se trouva hors de danger. Si mon choix
s’est porté sur toi, c’est parce que je sais que tu es aussi puissante qu’un
chevalier d’or pour t’avoir vu à l’œuvre, que ta cousine Sakura n’est pas
disponible, et surtout parce que, si mes souvenirs sont bons, tu as une revanche
à prendre sur lui. Quant à cette date précise, c’est parce que mon époux va
revenir aujourd’hui de négociations qu’il a menées sur l’Olympe pour ressusciter
exceptionnellement un mortel. Si la réponse est positive, nous ferons d’une
pierre deux coups. Sha Hua : Je comprends, et je suis d’accord pour
vous aider. Cependant, je dois retourner sur Terre afin d’aller chercher mon
armure. Perséphone : Ce ne sera pas la peine.
La déesse des Enfers claqua dans ses doigts et l’urne de l’armure de la
Boussole apparut. Rhadamanthe : Avec ou sans armure ça ne fera pas de
différence pour moi, tant tu m’es inférieure. Sha Hua : N’est-ce pas
toi, lors de notre première altercation, qui m’avait dit que c’était parce que
j’étais diminuée ? Rhadamanthe : Pff ! Même à cent pour cent de tes
capacités tu ne pourras pas me vaincre. Sha Hua : Je pourrais faire
une remarque acerbe pour te prouver le contraire, mais les actes sont beaucoup
plus parlants que les mots.
Sha Hua ouvrit l’urne et revêtit son armure. Rhadamanthe : Pauvre
folle ! Sache que je ne te ménagerai pas et tu perdras la vie en même temps que
ce combat ! Sha Hua : Cesse de jacasser et bas-toi ! Par l’Envol du Dragon !
Le spectre du Wyvern évita le coup d’une pirouette élégante et contre-attaqua
sur-le-champ. Rhadamanthe : Greatest Caution !
La fille de Shiryu se prit l’attaque de plein fouet et se retrouva écrasée
contre un mur. Rhadamanthe : Petite inconsciente, tu n’as eu que ce
que tu méritais.
Rhadamanthe affichait un sourire suffisant, mais celui-ci s’effaça rapidement
lorsque son surplis explosa et qu’il se mit à cracher du sang.
Rhadamanthe : Co … Comment ?!
Sha Hua se releva comme si de rien n’était et répondit aux interrogations du
juge. Sha Hua : Tu as cru éviter mon coup, mais en fait tu l’as subit
entièrement. Cela t’a affecté sans que tu t’en rendes compte, ton Greatest
Caution ne m’a pas fait plus d’effet d’une brise à cause de cela mais je me suis
laissée portée par le souffle pour te faire croire à la victoire.
Rhadamanthe : C’est … C’est impossible ! Sha Hua : Il est
vrai que si tu avais été en pleine forme, jamais je n’aurais pu t’abuser. Mais
tu es tellement sûr de ta force que tu n’as même pas remarqué que tu n’avais pas
totalement récupéré de l’ultime attaque que Canon t’avait portée il y a quinze
ans de cela. Lui-même en est demeuré grandement affaibli. Tu n’es plus que
l’ombre du guerrier que tu étais, un simple chevalier d’argent pourrait même
venir à bout de toi. Rhadamanthe : Tu … Tu mens ! Sha Hua
: Libre à toi de me croire ou non, mais je vais te porter le coup de grâce à
présent.
Sha Hua concentra son cosmos et écarta ses bras et ses jambes.
Rhadamanthe : Tu crois peut être que je vais te laisser faire ?!!
Greatest … Sha Hua : Weak
Point ! Le Spectre du Wyvern n’eu pas le temps de lancer son attaque
que le plus puissant coup du chevalier de la Boussole le terrassa et il tomba à
terre sans vie avant de que son corps ne se change en poussière.
Perséphone : Voilà une bonne chose de faite. Je te remercie pour ton
geste chevalier de la Boussole. Je vais dans l’Élision pour attendre mon amour,
veux-tu m’accompagner pour qu’il t’exprime lui aussi sa gratitude ? Sha
Hua : C’est avec joie que j’accepte votre proposition.
Paris
Sakura attendait sur le pont suspendu. Après près de trois heures de
recherche, elle avait fini par retrouver Nicolas mais il fallut ensuite le
convaincre de la suivre, et même avec le rosaire ce fut difficile. Et le peu de
crédit qu’il lui avait accordé s’émiettait de seconde en seconde. Ce garçon ne
semblait faire confiance qu’à ses parents. D’un certains coté, c’était une
qualité car jamais il ne serait tenté de suivre un inconnu. Le plus ironique,
c‘est qu‘elle s‘était elle-même perdue pour pouvoir le retrouver. Mais c’était
prévisible. Elle n’avait guère réfléchi quand elle avait proposé don aide alors
qu’elle ne connaissait pas les lieux. D’ailleurs elle avait du demander son
chemin afin de rejoindre le point de rendez-vous ce qui n’avait guère rassuré le
suspicieux Nicolas. Nicolas : Alors ? C’est quand
qu’elle vient ma maman ?! Sakura : Je te
l’ai déjà dit, je ne le sais pas. Elle m’a juste demandé de l’attendre ici dès
que je t‘aurais trouvé. Nicolas : J’espère
que tu mens pas, car sinon mon papa il va te casser la figure.
Sakura : Je ne te mens pas, et ton papa ne me
cassera pas la figure. Et puis de toute façon je sais me défendre.
Nicolas : Tu pourras rien faire contre mon papa !
Il est très fort. C’est le plus fort de tous les papas du monde ! Et il peut me
retrouver n’importe où ! Sakura : Pourtant
il ne t’a pas trouvé aujourd’hui. Nicolas : Je sais. En fait je me suis perdu exprès pour qu’il vienne. Papa
travaille très loin de maman et il ne vient pas beaucoup. Mais quand je suis
malade ou que je me perds, il apparaît toujours par magie ! Et il n’a jamais
manqué un seul de mes anniversaires mais …. Mais il repart toujours le soir, et
hier je voulais qu’il reste plus longtemps avec moi, alors je me suis perdu pour
qu’il revienne. S’il te plaît madame, laisse moi me reperdre pour que mon papa
me trouve.
Nicolas avait les larmes aux yeux, et cela émut Sakura au point qu’elle
hésita à le laisser faire. Mais elle se reprit. Sakura : Écoute Nicolas, je comprends que tu sois triste de ne pas voir ton
papa, mais ta maman s’inquiète beaucoup pour toi. Elle te cherche désespérément
partout dans ce grand parc. Veux-tu vraiment rendre ta maman malheureuse
? Nicolas : Non, mais maman aussi est
triste quand papa est pas là. Sakura : Et
c’est pour qu’il faut que tu sois près d’elle. Tu ne le sais peut être pas, mais
il y a une part de ton père en toi, et ta maman en a besoin.
Nicolas : Et comment tu sais ça ?
Sakura : Tous les enfants ont en eux une part de
leurs parents. Mais même sans ça, tu lui es précieux. Nicolas
: Alors … Alors je fais du mal à maman c’est ça ?
Nicolas commença à pleurer. Sakura : Allons,
allons, Nicolas, tu ne pouvais pas savoir. Calmes-toi et continuons
d’attendre.
Le petit garçon acquiesça, et une nouvelle période d’attente silencieuse
commença. Et au bout d’une demi-heure, Nicolas vit profiler au loin, non pas
une, mais deux silhouettes familières. Il accourut alors tout de suite vers
elles. Nicolas : Maman ! Papa !
Sakura, elle, était demeuré interdite. Elle aussi connaissait les deux
silhouettes. Elle connaissait même mieux le père que la mère. Et il ne pouvait
pas s’agir d’un sosie, car son cosmos aussi lui était connu. Un cosmos froid
comme la glace. Oui, le géniteur de Nicolas n’était autre que Hyoga. D’ailleurs
le chevalier du Cygne avait réagit de la même façon qu’elle. Tous deux se
dévisageaient sans bouger. Le sibérien ne faisait même pas attention à son fils
qui sautait à coté de lui pour qu’il le prenne dans ses bras. Mère de
Nicolas : Chéri ? Quelque chose ne va pas ?
Hyoga : Laura, c’est bien cette fille qui t’a
proposé son aide ? Laura : Oui pourquoi ?
Tu … Tu la connais ? Hyoga : Oui. Je ne
pensais pas la rencontrer ici, surtout avec toi et Nicolas. Pourtant j’aurais du
le deviner lorsque tu me l’as décrite. Il s’agit de ma nièce Sakura. Je t’ai
parlé d’elle récemment. Laura : Ah oui !
Eh bien quel heureux hasard ! Hyoga : Heureux ?! Mais enfin tu ne te rends pas comptes ?! Elle risque de
tout répéter aux autres ! Laura : Je ne
crois pas. Si on lui explique, je suis certaine qu’elle ne dira rien.
Hyoga : Je ne sais pas si nous pouvons lui faire
confiance. Laura : Je t’ai bien fait
confiance à toi, et puis je rencontre enfin quelqu’un de ta famille.
Laura lança un regard plein de tendresse à Hyoga, un regard auquel il n’avait
jamais pu résister. Et puis il devait bien avouer que le secret qu’il gardait au
sujet de la famille qu’il avait fondée commençait à lui peser ; et surtout il
voulait montrer avec fierté son fils à ses frères, comme eux l’avaient fait
devant lui avec leurs enfants. Mais une pensée terrifiante avait toujours
réfréné cette envie. Mais quelque chose lui disait qu’il pouvait faire confiance
à Sakura, qu’elle savait ce que c’était que de garder un lourd secret. Prenant
son fils sur les épaules, il s’approcha de sa nièce. Hyoga : Et bien on peut dire que pour une surprise, c’est une surprise.
Pourtant lorsque Laura m’a décrit la jeune femme qui s’était proposée de l’aider
à retrouver Nicolas, j’aurais du deviner que c’était toi.
Nicolas : Papa, tu connais la dame ?
Hyoga : Nicolas, je te présente ta cousine
Sakura. Nicolas : T’es ma cousine ! Mais
pourquoi t’as rien dit ? Sakura : Parce
que je l’ignorais tout simplement. Je ne savais même pas qu’il avait un fils.
Mais j’aurais du le découvrir quand tu m’en as parlé. Car ton papa est vraiment
le plus fort du monde. Enfin l’un des quatre plus fort plutôt.
Nicolas : Et … Et tu l’as vu souvent ?
Sakura : Non, en fait je ne l’ai croisé qu’une ou
deux fois, mais il n’est pas le genre de personne que l’on oublie.
Hyoga allait reprendre Sakura, car même s’ils ne se côtoyaient pas tous les
jours ils se voyaient quand même assez souvent, mais Laura intervint pour
s’immiscer dans la conversation. Laura : Dites !
Il commence à faire frais et je ne voudrais pas que Nicolas attrape froid, alors
que diriez vous de continuer les présentations autre part ? A la maison par
exemple ?
Tout le monde acquiesça à la proposition de la compagne de Hyoga, et quelques
minutes, et quelques stations de métro, plus tard, Sakura put découvrir la
résidence secondaire du chevalier du Cygne. C’était un appartement très
spacieux, assez grand pour élever une grande famille; ce qui laissait à penser à
Sakura que Hyoga et, ou, son amante ne voulait pas se contenter d’un seul
enfant. Laura était partie coucher Nicolas épuisé par son escapade et les
émotions qu’elle lui avait données. Hyoga : Dit moi Sakura, pourquoi
as-tu dis à Nicolas qu’on ne s’était presque jamais vu ? Sakura : Tu
aurais préféré qu’il sache qu’en quelques semaines je t’ai rencontré plus
souvent que lui en six ans alors que tu es son père ? Hyoga : Que
veux-tu dire ? Sakura : Que ton fils souffre de ton absence ! Ce
n’est pas parce que tu as très bien vécu sans le tient que c’est la même chose
pour lui. Hyoga : Parce que tu crois que je ne le sais pas ? Si je le
pouvais passerai tout mon temps avec lui. Mais je n’ai malheureusement pas le
choix. Je ne veux pas que mon fils connaisse le Sanctuaire et afin de lui
assurer un monde de paix, je ne peux pas quitter le service d’Athéna.
Sakura : Et qu’est-ce qui t’empêche de venir le voir plus souvent ?
Hyoga : Parce que les doutes que mes frères ont sur ma famille
deviendraient des certitudes. Ils voudront alors rencontrer Nicolas, et ils
risqueraient de lui vendre la mèche. Sakura : Mais pourquoi lui
caches-tu ce que tu fais vraiment ? Ce n’est pas comme si tu avais quitté le
Sanctuaire comme mes parents. Hyoga : Et c’est toi qui me pose la
question ? Ma plus grande peur est que Nicolas veuille devenir chevalier, je ne
veux pas qu’il subisse l’entraînement inhumain pour y parvenir et qu’il risque
en suite sa vie. Pourtant, jusqu’à récemment, je pensais que je m’inquiétais
trop, mais tu es arrivée. Tu as vécu hors du Sanctuaire, et pourtant, lorsque te
parents ont été rappelés, tu n’as pas tardé à servir toi aussi Athéna. Tu es la
preuve que mes craintes sont fondées. Sakura : Il ne faut pas
généraliser, c’est aussi mon caractère qui m’y a poussé. Hyoga : Peut
être, mais c’est un risque que je ne veux pas prendre. Laura
(arrivant) : Quel risque ? Sakura : Tient ! Vous parlez japonais !
Laura : J’ai eu un charmant professeur. Alors ? Quel est ce problème
? Hyoga : A propos de Nicolas et du Sanctuaire. Laura : Ah
! Ca ! C’est vrai que moi aussi j’en mourrais s’il m’annonçait qu’il voulait
suivre la voie de son père. Sakura : Vous êtes donc au courant.
Laura : Évidemment, je le sais depuis le jour de notre rencontre.
Même si je l’ai appris de façon peu catholique. Hyoga : Le comble
pour une fille élevée par un prêtre. Sakura : Et vous vous fréquentez
depuis longtemps ? Laura : Nous nous sommes rencontrés il y a quinze
a à peu près, ce qui nous a conduits à entretenir une correspondance. Puis, il y
a huit ans, nous nous sommes revus et avons commencé une relation amoureuse. Et
puis je suis tombée enceinte et nous avons décidé de nous marier.
Sakura : Et Athéna est au courant de tous ça ? Laura :
Évidemment quelle question ! C’est même elle qui a béni notre union, et dans
Notre Dame qui plus est. Dommage que seul mon oncle y ait assisté.
Sakura : Et bien ! C’est ce que j’appelle une belle histoire d’amour.
Laura : En plus nous sommes très bien assortis tous les deux.
La femme de Hyoga souleva la mèche qui cachait son oeil droit, et Sakura vit
alors qu’elle était borgne. Sakura : Mais comment ? Laura
: Une maladie infantile, les médecins n’ont pu sauver qu’un seul de mes deux
yeux. Et je crois d’ailleurs que c’est le bandage que portait Hyoga sur son oeil
gauche qui m’a attiré en premier chez lui. Sakura : Justement oncle
Hyoga, comment as-tu perdu ton oeil ? J’avais cru comprendre que le général du
Kraken t’avait simplement blessé à la paupière. Hyoga : En effet,
mais je n’avais pas pensé à faire soigner la plaie, du coup elle s’est infectée
et comme je n’y ai toujours pas prêté attention, mon œil a été atteint. Lorsque
je l’ai réalisé, il était trop tard. Mais je ne m’en plains pas, car comme te
l’a dit Laura, nous ne nous serrions certainement pas rencontrés sans ça.
Sakura : Et est-ce que les yeux de Nicolas … Laura : Ils
sont en parfaite santé, mais je ne cache pas que j’ai longtemps eu peur que ce
ne soit pas le cas. Hyoga : Encore aujourd’hui même. Laura
: Je ne serais pas une bonne mère si je ne m’inquiétais pas un peu pour lui.
Hyoga : Un peu ? Tu es une véritable mère juive, son oedipe sera pire
que le mien. Laura : Oh ! Tu ne vas pas recommencer avec ça !
Une petite dispute amicale commença entre Hyoga et sa femme, et Sakura sentit
qu’elle était de trop. Sakura : Excusez-moi, mais je crois qu’il est
temps pour moi de partir à présent. Hyoga : Attend Sakura !
Sakura : Ne vous inquiétez pas oncle Hyoga, je ne dirais rien à
propos de tante Laura et Nicolas. Hyoga : Ca je m’en doute, mais tu
seras capable de retourner seule à ton Hôtel ?
Sakura resta figée et se contenta de rougir de honte pour toute réponse.
Laura se proposa alors de la raccompagner.
Élision
Sha Hua attendait le retour d‘Hadès, mais c’était plus pour passer du temps
dans le Paradis des Enfers que pour recevoir ses remerciements qu’elle avait
accepté la proposition de Perséphone. Lors de sa première visite, elle avait été
enivrée par l’atmosphère particulière de cet endroit enchanteur. Le sentiment de
bien être qu’elle ressentait ici était tellement grand, qu’elle avait presque
envie de mourir pour y rester éternellement. Cependant, la sensation était
différente cette fois ci, il y avait quelque chose qui clochait dans l’harmonie
habituelle qui régnait ici, comme une dissonance dans une mélodie.
Perséphone : Tu m’as l’air soucieuse. Est-ce que toi aussi tu la
ressens ? Sha Hua : J’ai en effet une impression étrange, mais je
n’arrive pas à savoir ce que sait. Perséphone : Il s’agit d’une âme
en peine, quelqu’un ne se plait pas en ces lieux, ou ne se plait plus devrais-je
plutôt dire. Sha Hua : Dois-je en déduire que vous savez qui c’est et
que vous m’avez proposez de venir ici afin que je règle ce problème.
Perséphone : Tu as bien deviné, j’ai encore besoins de tes talents,
bien que cette fois-ci il ne s’agisse pas de ta force, mais il va falloir
attendre le retour de mon ténébreux seigneur pour que je te dise ce que
j’attends encore de toi. Sha Hua : Sans vouloir vous manquer de
respect, j’aimerais que vous me disiez tout de suite ce que vous attendez de
moi. Comme je vous l’ai dit tout à l’heure, je suis au service d’Athéna.
Perséphone : Cela est vrai, mais lorsque je t’aurai tout dit, tu
verras que tu as aussi une part de responsabilité dans cette histoire. Comme tu
le sais, les nymphes et certaines âmes se sont occupées du rétablissement des
anciens chevaliers d’or que tu avais libérés de la dimension où ils s’étaient
trouvés pris au piège. Or, l’une de ces âmes c’est entichée de l’un d’eux.
Depuis, elle souffre de son absence. Sa douleur est une injure à ce lieu qui
doit respirer le bonheur ! Mais je ne peux pas l’en chasser car elle y a mérité
sa place. C’est pour ça que mon tendre aux négocié sa résurrection, et toi tu te
chargeras de l’amener au près de celui qu’elle aime. Ainsi elle ne polluera plus
Élision de ses sombres pensés. Mais même sans le dérangement qu’elle cause, elle
a droit à cette seconde chance, car mon tendre époux a contracté une sorte de
dette envers elle. Sha Hua : Très bien j’accepte, car je suis
effectivement à l’origine des désagréments causés. Cependant, j’aimerais savoir
qui est cette personne. Hadès (apparaissant) : Il s’agit de Pandore.
Perséphone se jeta au cou de son mari et des nymphes vinrent pour le saluer.
Perséphone : Mon amour ! Enfin te voilà de retour ! Hadès
: Oui ma douce Perséphone, et j’ai convaincu mon frère Zeus de me laisser
bouleverser l’ordre naturel des choses en ressuscitant un être humain.
Sha Hua : Pandore ? Hadès : Oui, et même si je suis un
dieu et qu’elle n’est qu’une humaine, je lui ai fait de nombreux torts que mon
honneur me dicte de réparer. Que l’on m’amène Pandore Heinstein sur-le-champ !
Les nymphes qui s’étaient agenouillées se relevèrent pour exécuter l’ordre
qui leurs avait été donné et elle revinrent quelques minutes plus tard avec
l’intéressée. Contrairement aux autres « résidants » d’Élision, Pandore ne
souriait pas. Elle affichait une figure morne et triste. Et bien que Sha Hua ne
pouvait pas le voir, elle arrivait à le sentir. Pandore : Que puis-je
pour vous seigneur Hadès ? Hadès : Au contraire, c’est moi qui peux
faire quelque chose pour toi. Pandore : Comment ?! Hadès :
Écoute Pandore, j’ai conscience de tout le mal que je t’ai fait. J’ai assassiné
tous tes proches, je t’ai asservie et donnée un corps d’adulte après que tu aies
échoué dans ta mission de me rapporter Shun alors qu’il n’était encore qu’un
bébé. J’ai pensé au début que de t’accueillir dans l’Élision était un bon
dédommagement mais il n’en n’est rien. Pour avoir odieusement gâché ta vie, je
ne peux rien faire de moins que de t’en offrir une nouvelle. Cependant si mon
désir premier était de te faire revivre à l’âge où ton destin a basculé,
l’Olympe en a décidé autrement. Tu vas ressusciter avec le corps que tu devrais
avoir si tu n’étais pas morte il y a quinze ans. Lorsque je te rendrai au monde
des vivants tu auras donc un corps trente ans, et la jeune fille à coté de moi
te ramènera sur Terre
Le visage de Pandore sembla s’éclairer. Pandore : Je vous remercie
pour votre générosité majesté Hadès ! Hadès : A présent prépare-toi.
Le seigneur des Enfers posa la main sur le front de la jeune femme et fit
brûler son cosmos avec une telle intensité que Sha Hua s’écarta de lui effrayée.
Pandore quant à elle sentait une étrange douleur dans la poitrine qui devenait
plus forte de seconde en seconde, mais une douleur qui ne lui était pas inconnue
et qui était agréable même. Elle l’avait déjà sentit autre fois il y a bien
longtemps. Cette douleur n’était autre que les battements de son cœur. La seule
sensation qui différencie les âmes des morts des êtres vivants. De son coté,
Perséphone regardait le chapelet de Shaka, qu’elle avait jadis pris sur la
dépouille de Pandore, et observait les perles blanchir une à une, preuve de la
résurrection progressive de ses cent huit fidèles et zélés serviteurs. Et
lorsque toutes les boules retrouvèrent leur teint nacré, le cosmos d’Hadès cessa
son activité. Perséphone épaula alors tout de suite son époux épuisé par
l’effort qu’il venait de fournir mais le fit de façon si discrète que personne
ne pouvait deviner qu’il était exténué. Seul Sha Hua se doutait peut être de
quelque chose. Pandore, elle, gisait inanimée sur le sol et complètement nue. En
effet, les habits qu’elle portait faisaient partie de son enveloppe spectrale et
à présent qu’elle était bien vivante, sa seule tenue était celle d’Ève. Mais une
Nymphe vint lui apporter une toge bien réelle pour la couvrir. La jeune femme
revint enfin à elle, ne réalisant pas encore qu’elle avait ressuscité. Mais les
battements de son cœur la rassurèrent tout de suite. Hadès : Tu n’as
plus rien à faire là Pandore, mais sache que lorsque ta nouvelle heure viendra
ta place ici est dores et déjà réservée. Pandore : Je … Je vous
remercie du fond du cœur pour ce que vous venez de faire. Hadès : À
présent le chevalier de la Boussole va te guider hors de mon domaine.
Pandore acquiesça et s’approcha de Sha Hua. Sha Hua : Je te
préviens, même si je peux venir quand je le souhaite le voyage sera long et
éprouvant, j’espère que tu as l’estomac bien accroché. Pandore : J’ai
passé toute ma première vie au service d’Hadès, j’en ai donc vu d’autre. Mais …
Est-ce que je peux choisir ma destination ? Sha Hua : Bien sûr, où
veux-tu te rendre ? Pandore : Et bien … Je … J’aimerai aller au
Sanctuaire, il s’y trouve une personne … Que je voudrais revoir. Sha
Hua : Le chevalier d’or dont on m’a dit que tu étais tombée amoureuse ?
Pandore se mit à rougir. Pandore : Tu … Tu sais ça ! Sha
Hua : Disons que l’on m’a bien renseignée. Alors ? Vers qui dois-je t’amener
? Pandore : C’est … C’est Shura.
Shura ! Rien que prononcer son nom avait rendu Pandore toute chose et
nostalgique. Elle se rappelait comment leur histoire avait commencé. Elle avait
été chargée de le veiller et de le soigner, et au fil du temps, elle avait fini
par s’attacher à lui, elle s’était même mise à lui parler comme à un ami, même
si elle n’était pas certaine qu’il puisse l’entendre. Et le jour du réveil,
quand il ouvrit les yeux, il lui demanda si elle était un ange, ce qui l’aurait
faite rougir si elle avait été alors vivante. Mais dès qu’il réalisa qui était
la personne devant lui, il se mit tout de suite sur la défensive. Heureusement
Kanon expliqua à tous les anciens chevaliers d’or que Hadès n’était plus
l’ennemi d’Athéna, il s’excusa alors de sa défiance et la remercia de s’être
occupée de lui. Ne sachant pas combien de temps il resterait dans l’Élision,
elle attendit un moment où il était seul, et lui avoua alors les sentiments
qu’elle avait développés pour lui, même s‘il n‘y avait aucune chance pour que
cela soit réciproque. Mais à sa grande surprise, il reconnut qu’il était tombé
sous son charme dès le premier jour qu’il l’avait vue, et que lorsqu’il l’avait
menacée de lui trancher la tête, jamais il n’aurait eu la force de le faire,
même pour Athéna. Ils s’approchèrent alors, leurs bouches s’effleurèrent, et de
fil en aiguille, ils finirent par s’aimer. Cela pouvait être étrange qu’un être
vivant puisse s’unir charnellement à une âme, mais pour que les défunts
ressentent la douleur dans les prisons et le plaisir dans l’Élision, Hadès les
avaient pourvus d’une enveloppe corporelle, réplique parfaite de leurs corps et
doté d’une sorte de système nerveux. Sha Hua : Pandore ? Tu rêves ?
Pandore : Hm ? Tu me parlais ? Sha Hua : J’étais en train
de te dire que tu avais bien fait de me dire qui tu aimais car Shura a quitté
le Sanctuaire. Il est devenu berger en Espagne. Mais assez parlé, il est temps
de partir.
Le chevalier de la Boussole concentra sa cosmoénergie et ouvrit un passage
dimensionnel mais au moment où elle allait s’y engouffrer avec Pandore,
quelqu’un l’interpella. Homme : Attendez ! Ne partez pas tout de
suite s’il vous plaît ! Sha Hua : Qui êtes-vous et que voulez-vous ?
Parlez vite car je ne peux pas maintenir la faille ouverte indéfiniment.
Homme : Est-ce que vous êtes une amie de Sakura ? Sha Hua
: Bien sûr ! Je suis même sa cousine. Homme : Quelle chance !
Pourriez-vous lui transmettre un message de ma part ? Sha Hua : Cela
ne me pose pas de problème, mais de la part de qui ? Homme : Je me
nomme Shinji, et dite lui que je la remercie pour ce qu’elle a fait pour moi que
je m’excuse de n’avoir pas les même sentiments pour elle, et qu’elle ne se sente
pas coupable de ma mort car elle n’y est pour rien.
Sha Hua réalisa alors qui était son interlocuteur, c’était le garçon dont sa
cousine lui avait dit qu’elle était tombée amoureuse. Maintenant elle comprenait
encore mieux pourquoi elle avait souffert intérieurement quand elle en avait
parlé. Sha Hua : Je lui transmettrai sans faute, maintenant adieu.
Sans un mot de plus, le chevalier de la Boussole et Pandore quittèrent le
monde des morts pour retourner sur Terre.
Espagne
Adossé à un arbre, Shura surveillait son troupeau. C’était peut être parce
qu’il était très motivé, mais il avait rapidement appris la tache de berger, et
il prenait un grand plaisir à l’accomplir. Et puis les verts pâturages étaient
un décor beaucoup plus attrayant que le temple de marbre blanc dont il avait
jadis occupé la protection. Pourtant, il y avait une ombre dans ce tableau
idyllique, ou plutôt il en manquait une. Une gracieuse silhouette brune
répondant au doux nom de Pandore. Cela lui donnait un air rêveur mélancolique.
Mais il ne fallait pas s’y tromper car il était toujours alerte et faisait
attention aux bêtes dont il avait la garde. Il pouvait même sentir la présence
qui s’approchait discrètement dans son dos. Pour arriver aussi insidieusement,
ce ne pouvait être que des personnes mal attentionnées. Saisissant rapidement un
bout de boit, il s’apprêta à frapper son assaillant, mais il arrêta son bâton à
quelques millimètres du visage lorsqu’il s’aperçut à qui il avait affaire.
Shura : Ce … Ce n’est pas possible ! Je dois rêver ! Pandore ?!
Pandore : Oui Shura, c’est bien moi. Shura : Mais … Mais
tu es morte ! Et puis tu à l’air plus … plus … Pandore : Vieille.
Shura : Je voulais dire mûre, et même plus belle que dans mon
souvenir. Quelle est cette métamorphose, et que fais-tu sur Terre.
Pandore : Hadès m’a ressuscitée, quant à mon apparence, c’est celle
de mon âge. Shura : Et ton cosmos ? Comment s fait-il que je ne l’ai
pas senti ? Pandore : Celui que je possédais m’avait été donné par
Hadès pour que je lui sois utile. A présent que je suis libre, je suis une
humaine normale. Shura : Et comment …
Pandore ne laissa pas Shura poser sa question en l’embrassa.
Pandore : S’il te plaît cesse tes questions. A quoi bon ressasser le
passé ? Ce qui compte maintenant que nous soyons réunis c’est le présent et le
futur, notre futur.
La jeune femme embrassa une nouvelle fois sont amant qui décida de suivre ses
conseilles et de laisser tomber ses questions.
21/02/2002
Sakura errait dans les rues de Paris. Elle s’était de nouveau perdue. En
réalité, pas un jour dans la capitale française ne se passa sans qu’elle ne s’y
égare. Mais cela ne l’étonnait pas, elle avait toujours eu un assez mauvais sens
de l’orientation. Déjà lors de sa première venue à Tokyo seule, elle s’était
égarée rapidement, et en cherchant son chemin elle avait fini par se retrouver
dans un quartier peu fréquentable et se fit aborder par une bande de voyous.
Évidemment leurs attentions étaient loin d’être louables. Ce fut la première
fois qu’elle se battit hors du tatami et elle éprouva un certain plaisir à
mettre hors de combat ses agresseurs, sans doutes à cause des gènes de sa mère.
Mais cette altercation eut son utilité car elle leurs soutira l’itinéraire pour
trouver son chemin jusqu’à la gare. Se décidant à demander son chemin, elle
aborda une jeune femme brune aux cheveux bouclés, et assez corpulente, qui se
mit alors à la regardez avec étrangeté. Femme : Bien sûr que je peux vous aider ! Mais dites-moi, vous ne seriez
pas japonaise par hasard ? Sakura : Oui,
mais pourquoi cette question ? Femme : Quelle chance !!! Je commençais à désespérer de trouver une
japonaise bilingue avant ce soir. Écoutez, je suis prête à vous guider dans la
ville, c’est mon métier, si vous pouvez me rendre un petit service.
Sakura : Quel genre de service ?
Femme : Et bien voilà ! Ma meilleure amie s’est
mariée ce matin avec un japonais et je suis invité à la fêté de mariage qui à
lieu ce soir. Le problème c’est que je ne sais pas parler un seul mot de
japonais, et je ne pourrais donc pas discuter avec les amis et la famille de son
époux. Est-ce que vous voudriez bien faire l’interprète pour moi ? Je ne
voudrais pas l’embêter avec ça. Je vous en prie acceptez !
Sakura : Je ne comprends pas, vous êtes guide et
vos ne savez pas parler ma langue ? Femme : Je m’occupe des touristes portugais, comme moi, et de langue
germanique, pas des asiatiques. Sakura : Et bien …. Je n’ai aucune raison de refuser, surtout si vous
m’offrez gracieusement vos services. Femme : Je vous en suis très reconnaissante. Au fait, je m’appelle
Michelle, Michelle Cardoso. Sakura : Enchantée Michelle, moi c’est Sakura, Sakura Lisa.
Le chevalier du Fourneau passa donc la journée en compagnie Michelle qui la
guida à travers la ville. La guide était une jeune femme proche de la trentaine
très ouverte et Sakura eut tôt fait de connaître toute sa vie qui avait été plus
que mouvementée. Déjà elle n’avait aucun souvenir antérieur à ses seize ans, âge
auquel elle avait été trouvée amnésique sur une plage du Portugal. Elle y fut
adoptée par ses parents. Puis, elle suivit son père qui muté fut au Luxembourg
et c’est là qu’elle apprit le français et l’allemand. Enfin elle déménagea en
France pour suivre son petit ami mais il rompit avec elle presque aussitôt.
Heureusement qu’elle avait déjà trouvé son travail de guide. C’est à cette
période qu’elle rencontra Sûria, une jeune collègue et surtout l’amie qui venait
de se mariée. De son coté Sakura lui raconta sa vie au Japon, en passant bien
naturellement l’histoire de Shinji sous silence, et prétendit qu’elle vivait à
présent avec de la famille qui avait emménagé en Grèce, ce qui n’était un si
gros mensonge après tout. Le soir arrivant, Michelle conduisit Sakura sur le
lieu de la fête un café chic sur deux étages avec une salle de bal dans le
sous-sol. Sur place Sûria les accueillit et la fille de Shun en profita pour la
dévisager. Sûria était une belle et fine jeune femme d’une vingtaine d’années
aux longs et soyeux cheveux châtains et elle possédait de magnifiques yeux
couleur noisette. De son côté, la jeune marié darda aussi Sakura longuement du
regard. Elle avait même eut une étrange expression de surprise lorsque Michelle
la lui présenta. Sakura remplit son office d’interprète, mais Michelle finit
par trouver d’autres collègues et resta discuter avec eux. N’ayant plus aucune
raison pour expliquer sa présence à la fête, elle décida de partir, mais
l’ambiance festive la retint et décida finalement de rester encore un peu. Pour
autant qu’elle s’en souvienne, elle n’avait jamais été invitée qu’à une seule
fête. C’était il y a deux ans et c’était pour l’anniversaire de Shinji et si ça
n’avait pas été lui elle aurait refusé. D’ailleurs, elle l’avait longtemps
regretté car tous les autres invités étaient bien plus âgés qu’elle, elle ne les
connaissait pas car ils venaient tous du lycée de Shinji. En bref elle s’était
sentie comme un chien dans un jeu de quilles et les autres convives l’ignoraient
complètement. Et la situation empira lorsque la musique fut mise et que tout le
monde se mit à danser. Car Sakura ne connaissait rien à la dense. Elle resta
donc dans son coin à regarder les autres s’amuser. Heureusement, Shinji finit
par s’en rendre compte et retourna la situation pour que le moment devienne
mémorable pour elle. Ce doux souvenir fit se demander à Sakura comme elle
pourrait oublier Shinji. Et puis devait-elle l’oublier ? Après tout, c’était à
cause d’elle et de l’amour qu’elle éprouvait pour lui qu’il était mort. Sans cet
acte de jalousie, il n’aurait jamais fait son outing à son père. Alors si elle
l’oubliait, si elle tombait amoureuse d’un autre homme, Shinji aurait été tué
pour rien. Elle devait donc continuer à l’aimer pour que sa mort garde tout son
sens. Soudain, cette même atmosphère joyeuse qui l’avait retenue, lui devint
insupportable et elle sortit pour prendre l’air. Une fois dehors, elle eut la
surprise de voir la mariée assise sur le trottoir en train de contempler une
photo. Ne remarquant pas sa présence, elle se mit à parler toute seule.
Sûria : C’est fou comme un canular peut régir
toute votre vie. Je me rappelle encore du jour où je vous ai rencontrés. C’était
il y a quinze ans, et pourtant il me semble que c’était hier. J’avais dix et mes
parents et moi nous baladions dans un parc. Et vous étiez là, tous les sept.
Vous prétendiez êtres les deux filles de l’empereur du Japon accompagnées de
leurs cinq gardes du corps, en visite à Paris. Suite à cette rencontre, je me
suis prise d’amour pour votre pays, même si j’ai su par la suite que vous aviez
menti. Car l’instant magique que j’ai passé avec vous était bien réel. Je vous
dois ma rencontre avec Takeshi et mon seul regret est de ne pas pouvoir vous en
remercier en personne.
Le vent se leva soudainement brutalement, et la photo s’envola. Par chance,
Sakura la récupéra. La curiosité la poussa cependant à la regarder et ce qu’elle
vit la médusa d’étonnement. Sûria : Quelque chose ne va pas ?
Sakura : Je … Je connais les gens qui sont sur cette photo.
Sûria : Vraiment ?! Vous en êtes sûr ? Sakura : Oui. Elles
font partie de ma famille, ce sont mes oncles et mes tantes. Sûria :
Ca alors ! Je me disais bien qu’il y avait une petite ressemblance avec eux
lorsque Michelle vous a présenté à moi, mais je n’étais sûr de rien. Vous pouvez
me dire qui est qui s’il vous plaît ? Sakura : Alors, l’albinos est
mon oncle Ichi, et il a épousé Miho, la fille brune, et est donc devenue ma
tante. Sûria : Je me doutais bien qu’ils étaient amoureux ces deux
la, si on regarde bien la photo, on remarque qu’ils se regardent du coin de
l’œil. Sakura : La seconde jeune fille est ma tante Seika, et l’homme
aux cheveux châtain clair se nomme Jabu. Pour les trois autres, je ne les ai
jamais rencontrés. Bien que je connaisse leurs noms, je ne peux pas dire qui est
qui. Sûria : Vous n’avez pas une petite idée ? Sakura : Et
bien, d’après ce que l’on m’a dit, il est fort probable le grand baraqué soit
mon oncle prénommé Geki. Mais pour les deux autres, je peux juste dire que l’un
se nomme Ban et l’autre Nachi sans pouvoir dire quel nom se rapporte à quel
visage. Sûria : Ho ! C’était le plus grand mon préféré ! J’ai même
une photo de lui avec moi sur ses épaules. Et bien on peut dire que c’est une
grande famille que vous avez là. Sakura : Et vous n’avez rien vu.
J’ai encore quatre oncles. Mais je ne vais pas vous embêter avec eux, et
d’ailleurs il est temps pour moi de rentrer. Sûria : Vous en êtes
sûre ? Sakura : Oui, je me suis trop attardée dans cette fête où je
ne me sens pas ma place. Dites au revoir à Michelle pour moi. Sûria :
Il n’y a rien qui pourrait vous faire changer d’avis ? Sakura : Non,
je suis désolée, il faut vraiment que je parte. Sûria : Très bien.
Dans ce cas au revoir, j’ai vraiment été enchantée de faire votre connaissance.
Sakura : Moi aussi, et je souhaite que votre mariage soit aussi
heureux que celui de mes parents. Adieux à présent.
Sakura s’en alla. Mais ce qui avait motivé son départ n’était pas la gêne de
se trouver dans une fête où elle n’avait pas été invitée. Non, pendant sa
discussion avec Sûria, elle avait ressentit un puissant et terrifiant cosmos. Il
ne faisait aucun doute pour elle qu’il émanait d’un ennemi d’Athéna. Et si elle
l’avait repéré, la réciproque était plus que probable. Elle ne pouvait pas
prendre le risque que cet inconnu puisse l’attaquer au milieu de civils
innocents pendant qu’elle s’amusait. Mais les rues de Paris non plus n’étaient
pas le lieu idéal pour un combat. Elle n’avait donc pas d’autre choix que de
retourner au Sanctuaire. Trouvant une ruelle déserte, elle mit en applications
les leçons que lui avait prodiguées Mu et se téléporta au Sanctuaire dans un
tourbillon de flammes, non sans avoir vitrifié le sol à cause de la chaleur
qu‘elle ne maîtrisait pas encore. Une fois au domaine sacré, le chevalier du
fourneau appela son armure et se mit à attendre son mystérieux adversaire qui
n’avait certainement pas manqué de la suivre. Mais après plusieurs minutes sans
que personne n’arrive, Sakura commença à se poser des questions.
Sakura : Étrange. Il devrait déjà être là. Soit il ne m’a pas
repéré il n’en avait pas après moi comme je le craignais, soit il n’as pas
voulut me suivre en sachant où je me rendais. Quoi qu’il en soit, je dois
prévenir Athéna de ce qui c’est passé. Bon ! Comme il fait nuit, il y a des
chances pour que Kiki soit en galante compagnie. Je vais devoir encore me farcir
toutes les marches. A moins que …Ca pourrait peut être marcher.
Sakura se concentra et disparu dans un tourbillon de flammes.
Chambre d’Athéna
Athéna dormait paisiblement dans son lit. Soudain, une brusque augmentation
de la température la réveilla et elle eut la surprise de trouver Sakura en face
d’elle. Sakura : Déesse Athéna ! Il faut que je vous prévienne …
Athéna : Un instant Sakura. Comment es-tu arrivée dans ma chambre.
Sakura : Et bien … Je me suis téléportée. Athéna : C’est
tout bonnement impossible ! Kiki est la seule personne à qui j‘ai permis de
passer outre la restriction ! Sakura : Et bien il semblerait que
votre don de Liberté me le permettait aussi. Athéna : Je l’avais
oublié. Mais ce n’est pas une raison pour en abuser. Sakura : Je ne
l’aurais pas fait si la situation ne m’y avait pas obligée. Je reviens de Paris
où j’ai senti un terrifiant cosmos, aussi puissant que celui des chevaliers
d‘or. Il est plus que probable qu’il appartienne à l’un de nos ennemis.
Athéna : Es-tu certaine qu’il était hostile ? Sakura : Je
n’ai pas pris le temps de vérifier. Comme nous étions en ville, je n’ai pas
voulu prendre le risque de déclencher un combat en pleine agglomération. Je suis
retourné au Sanctuaire en pensant qu’il me suivrait, mais il ne l’a pas fait. Je
suis en suite venu vous prévenir. Athéna : Hum ! De deux choses
l’une. Soit il s’agissait juste d’un espion, soit c’était un dieu descendu sur
terre pour charmer quelques mortelles. Je pense même que c’est la deuxième
solution. Un espion se doit d’être discret, et donc ce sont les guerriers les
plus faibles qui sont assignés à cette tache. Ton inquiétude, bien qu’inutile,
te fait honneur. Tu peux disposer à présent, et me laisser dormir.
Sakura s’inclina et se rendit dans le temple du Grand Pope pour dormir dans
sa chambre. Elle ne fut guère surprise de trouver sa mère qui l’attendait à
l’entrée de la demeure, par contre son air gêné l’intrigua au plus haut point.
Sakura : Quelque chose ne va pas maman ? Shina : Et bien
il s’est passé une chose assez importante pour toi pendant ton absence. Sha Hua
a été dans l’Élision, et elle y a rencontré Shinji qui lui a confié un message
pour toi. Elle me l’a transmis mais pour que tu le comprennes, il faut d’abord
que je te donne ça.
Le chevalier d’Ophiuchus tendit une enveloppe à sa fille avec son nom marqué
dessus. Sakura reconnu tout de suite l’écriture de Shinji. Shina : Je
l’ai trouvée dans la boite aux lettres le lendemain de sa mort. Je ne l’ai
jamais ouverte, je ne sais pas ce qu’elle contient, mais j’ai voulu attendre
d’être certaine que ta blessure soit refermée. Mais à présent, je ne peux plus
attendre ce moment.
Sakura ouvrit fébrilement l’enveloppe. Elle en sortit d’abord une petite
chaîne dorée sertit d’un diamant en pendentif et une lettre.
Sakura, je t’ai écrit cette lettre pour le cas où je n’aurais pas eu le
courage de te parler, ou bien de te dire tout ce que j’aurais voulu te
révéler. Sakura, je suis homosexuel. Tu es la première personne à
qui j’ose l’avouer car tu es ma meilleure amie. En fait tu es ma seule véritable
amie. Tu es même comme une petite sœur pour moi. Mais il n’y a pas que pour
cette raison que je te fais cet aveu. Je sais que tu nourris des sentiments
amoureux pour moi et je dois te dire que j’ai aussi été attiré par toi, mais
pour de mauvaises raisons. En effet, j’ai longtemps considéré comme une tare mon
attirance pour ceux de mon sexe, et bien que femme, de par ton physique et ton
attitude, tu représentais pour moi l’homme idéal. Mais j’ai heureusement réalisé
que je ne faisais que me tromper moi-même en cherchant à être normal et surtout
que je te tromperais si j’essayais de te séduire. Par mon égoïsme, j’avais
oublié que tu étais une jeune fille, et qu’un jour viendrait où tu seras une
femme et que tu laisseras de coté tes attitudes masculines qui te servent à
cacher le mal être que te donne ton physique androgyne. Et j’en profite pour te
demander pardon d’avoir songé à t’utiliser. Voilà, c’est tout ce que
j’avais à te dire. Il ne me reste plus qu’à te souhaiter, avec un jour de
retard, un joyeux anniversaire. J’espère que mon cadeau te plaira. Je sais que
tu n’aimes pas les bijoux, et tous les « trucs de filles », mais je n’en t’ai
choisi un discret. Je suis certain que le jour où tu te sentiras bien dans ta
peau tu le porteras.
P S :
Si j’ai eu le courage de faire mon outing face à toi, je pense que j’ai du
aussi te demander si je devais le faire face à mes parents. Mais je n’ai fait ça
que pour te montrer la confiance que j’ai en toi. Sache que quelle que soit ta
réponse, j’ai depuis longtemps décidé de me confier à eux.
Sakura se mit à serrer rageusement la lettre et des larmes se mirent à perler
sur ses joues. Finalement ce n’était pas sa faute si Shinji avait avoué son
homosexualité à son père. C’était comme une libération pour elle. Toute cette
culpabilité qu’elle avait portée durant toutes ces semaines venait de s’évanouir
d’un seul coup. Sakura : Maman, je … Je dois partir. J’ai une chose à
faire.
Sakura abandonna son armure avant de disparaître dans les flammes.
Japon
Sakura courait sous la pluie pour se rendre au cimetière de Médina. Il
fallait qu’elle aille sur la tombe de Shinji, elle devait absolument lui parler.
Mais une fois sur place, elle remarqua qu’une autre personne était là à se
recueillir. C’était Kyoko Hazuki, la mère de Shinji. Elle remarqua rapidement la
présence de Sakura. Kyoko : Tient ! Mais je te connais. Tu es l’amie
de mon pauvre Shinji. Sakura c’est ça ? Sakura : Oui madame.
Kyoko : Comme tu as grandi depuis la première fois que je t’ai vue.
Je m’en souviens encore. Tu étais à la fête d’anniversaire de Shinji. Ca m’a
marqué car tu étais la seule personne qu’il avait invitée. Les autres avaient
été choisis par mon mari. Tu m’as tout de suite été sympathique car tu dénotais
complètement des autres fréquentations mon fils. C’était une véritable amitié
qu’il y avait entre vous et non cette hypocrisie qui lie les gens de hautes
extractions. Mais tu n’avais pas l’air dans ton élément et ça a empiré quand la
musique a été mise et que tout le monde s’est mis à danser. Sakura :
C’est étrange, j’ai pensé à ce jour il n’y a pas longtemps. Kyoko :
Lorsque Shinji à coupé la musique pour te présenter aux autres, j’ai été très
fière de lui. Il n’avait jamais eu une telle assurance, je pense que c’est à toi
que je le dois. Vous avez ensuite commencé à faire une démonstration de combat.
C’était la première fois que je le voyais se battre. Sakura : Je me
rappelle encore des yeux éberlués des autres nous regardant faire. Et puis
quelqu’un a remis la musique, et nous sommes mit à combattre en suivant en
suivant le rythme. Au bout d’un moment j’ai même eu l’impression de danser avec
lui. Kyoko : C’est moi qui avais remis la musique pour voir comment
vous réagiriez. Et moi aussi j’ai eu l’impression que vous dansiez. Et quand
vous vous êtes arrêtez, j’ai bien cru que tu allais l’embrasser.
Sakura : Oui, je ne nie pas que j’en avais envie. Kyoko :
Tu sais, j’ai toujours su quelle était la « nature » de Shinji, mais je me suis
toujours refusée à l’admettre. Je voyais dans votre amitié la preuve que je me
trompais. Et je me suis même mise à penser qu’il était amoureux de toi quand il
m’a demandé conseil pour l’achat d’un bijou qui t‘était destiné, et que je vois
que tu portes. J’étais tellement heureuse en croyant que mes doutes étaient
infondés que j’ai tenu à le choisir moi-même. Je me voyais déjà organiser votre
mariage. Quelle mauvaise mère j’ai été de ne pas accepter les vrais sentiments
de mon fils. Sakura : Mais … Est-ce que vous auriez acceptez son
homosexualité s’il vous l’avait avouée ? Kyoko : Oui, je pense que
oui. Mais j’aurais fondu en larme avant. Sakura : J’ai réagi comme
vous, mais dans le sens contraire.
Un long silence s’installa tandis que la pluie tombait toujours. Sakura et
Kyoko s’échangèrent des anecdotes sur Shinji, chacune découvrant une facette de
lui qu’elles ignoraient. Lorsqu’elles eurent fini, le soleil apparut enfin.
Madame Hazuki retourna alors chez elle laissant Sakura se recueillir seule.
Sakura : Bonjour Shinji. Ca fait longtemps que je ne suis pas venue
pas vrai ? C’est étrange, je te parle là alors que je pourrais réellement
converser avec toi grâce à Hadès. Peut être est-ce parce que j’ai encore peur de
paraître devant toi, même si je sais à présent que je ne suis pas responsable de
ta mort. Je voudrais te remercier. A la fois pour cette lettre qui a soulagé mon
âme du lourd poids que je portais, mais aussi pour le pendentif. Il est très
beau et ça m’a fait plaisir de le recevoir. Tu sais, maintenant que j’y repense,
je me demande si je t’ai réellement aimé, si tout comme toi ce n’était pas de
l’amour fraternel que je ressentais pour toi. Je dis ça car après avoir lu ta
lettre, après que je me sois sentie lavé de ce crime dont j’avais endossé la
responsabilité, j’ai réalisé que je ressentais quelque chose de beaucoup plus
fort pour quelqu’un d’autre. Il fallait absolument que je te dise ça. Je ne te
dis pas adieux car je compte bien revenir ici pour te tenir au courant. A
bientôt Shinji.
Paris
Michelle tremblait de peur et de froid. De peur car elle savait que quelqu’un
de terriblement dangereux la cherchait, et de froid parce qu’elle s’était
réfugiée dans la chambre froide du café. Elle ne savait pas pourquoi, mais dès
qu’elle avait vu cet inconnu couvert d’un long manteau, dont la capuche cachait
le visage, pénétrer dans l’établissement, elle avait su instinctivement qu’il
venait pour elle. Et elle s’était enfuie comme une lâche lorsqu’il tua
froidement Sûria qui, un peu éméchée, avait découvert son visage. Lors de sa
fuite, elle avait entendu les cris d’horreur des convives, et même dans sa
cachette elle les entendait encore. Mais même dans sa cachette, elle avait la
certitude que cet individu la trouverait. Ce n’était qu’une question de temps.
Elle savait aussi qu’il tuerait tout le monde avant de venir la chercher. Sans
en connaître la raison, elle avait la certitude que tout se passerait comme ça.
Soudain, la porte de la chambre froide explosa et l’inconnu fit face à
Michelle qui était tétanisée de terreur. Inconnu : Saturne ! Il est temps.
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