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Athéna était devant sa psyché. Elle surveillait un homme sur le chemin qui
reliait Rodorio au Sanctuaire. Elle savait que ses intentions n'étaient pas
hostiles, mais l'accès au domaine sacré lui était cependant interdit sous peine
de mort. Qu'est-ce qui pouvait bien le motiver pour qu'il défie ainsi son
autorité ? Encore que n'étant pas officiellement dans le Sanctuaire, elle ne
pouvait rien lui reprocher. Et si la raison pour laquelle il désobéissait était
valable, elle consentirait à se montrer magnanime. A présent qu'il arrivait
au niveau des sentinelles, elle allait pouvoir connaître la raison de sa venue.
Garde 1 : Halte là ! Vous approchez d'une terre sacrée ! Vous n'êtes
ni un chevalier, ni un garde, ni un messager, ni un serviteur. Vous n'avez donc
aucune raison de vous trouver là. Homme : Je connais les règles du
Sanctuaire, et je n'irai pas plus loin. Mais j'ai une lettre à remettre au
chevalier d'argent Shina d'Ophiuchus. Est-ce que l'un de vous pourrait lui
demander venir ?
Les gardes se mirent à regarder le visiteur avec étonnement ! Garde
2 : Tu sembles bien mal renseigné, tes informations dates. Shina est devenue
chevalier d'or ainsi que le bras droit d’Athéna. On ne peut pas lui demander de
venir voir un parfait inconnu. Mais si tu nous confies ton message, je peux
t'assurer de lui faire parvenir au plus tôt. Homme : Je ne peux pas,
je dois lui remettre moi-même en mains propres. Garde 3 : Dans ce
cas, je pense que l'un de nous pourrait t'escorter jusqu'à elle.
Homme : Impossible ! Athéna m'a interdit de revenir au Sanctuaire
sous peine de mort. Garde 1 : Te voilà dans une impasse. Es-tu sûr de
ne pas pouvoir nous laisser lui remettre ton message ? Homme :
Certain ! Ce sont des informations d'ordre privée qui ne devraient pas être en
ma possession, et si c'est vous qui lui donnez, vous risquez de subir sa colère
à ma place. Garde 3 : Dans ce cas là, tu ne peux rien faire.
Grâce à son omnipotence, Athéna se doutait du contenu de la lettre destinée à
Shina et de son importance. La venue du visiteur était réellement justifiée.
Elle pouvait donc l'autoriser exceptionnellement à pénétrer dans le domaine
sacré. Se concentrant légèrement, elle entra en communication avec lui et les
sentinelles. Athéna : Laissez le passer, je lui permets de
fouler la terre sacrée pour aujourd'hui.
Les gardes et le visiteur s'inclinèrent comme si la déesse se trouvait en
face d'eux. Homme : Je vous remercie déesse Athéna.
Athéna : Dépêche-toi de remplir ta tache, car au coucher du
soleil tu seras de nouveau sous le coup de ma loi Ichi.
Dans la salle du trône Ichi faisait face à Shina qui le regardait intriguée
derrière son masque. Shina : Athéna m'a informée que tu avais un
message important à me confier venant de l'extérieur. C'est étrange car j'ai
car j'ai coupé tous les ponts avec le Japon. Aurais-tu pris la liberté de
t'occuper de mon courrier ? Ichi : La lettre ne vient pas du Japon,
mais d'Italie.
L'Italie, à ce seul nom Shina sut tout de suite qui était l'expéditeur de la
lettre. Et cela ne signifiait qu'une chose pour elle : Ichi avait trahi sa
confiance. Serrant les poings, elle se retenait de ne pas l'étriper sur place.
Shina : Comment ma mère a-t-elle pu m'envoyer une lettre, et pourquoi
est-ce toi qui l'as reçu ? Ichi : C'est… De ma faute. Lorsque j'ai
posté la dernière lettre que tu lui as écrite, j'ai regardé l'adresse et je l'ai
mémorisé par réflexe. Et quand Sakura est née, je n'ai pas pu m'empêcher de lui
annoncer la nouvelle. Je pensais qu'elle avait le droit de savoir qu'elle était
grand-mère. Mais j'ai fait l'erreur de l'envoyer dans une enveloppe de
l'orphelinat, où je vivais alors, c'est à dire avec l'adresse de
l'établissement. Quelque mois après, j'ai reçu une réponse, et de là a débuté
une correspondance entre nous deux. Mais je n'ai jamais répondu aux questions
qu'elle me posait sur toi, je t'en fais la promesse. Shina : Je te
crois. Et je te pardonne. Mais en quoi, et comment sais-tu que cette lettre
m’est destinée ? A ce que je vois, elle n'est pas ouverte. Ichi :
Parce que ce n'est pas l'écriture de ta mère qui est sur l’enveloppe.
Shina comprit tout de suite où l'ancien chevalier de l’Hydre Femelle voulait
en venir et lui arracha la lettre des mains. Elle ouvrit l'enveloppe et se mit à
lire la missive. Elle se tétanisa soudain, laissant s'échapper la lettre de ses
mains, puis se retira à toute vitesse. Voyant cette réaction, Ichi sut que ses
craintes étaient malheureusement fondées. Sa tache accomplie, il s'en retourna
chez lui, espérant que Shina n'arrive pas trop tard. Quelques instants plus
tard, Shun, intrigué par le trouble qu'il avait senti dans les cosmos de sa
femme et surtout son éloignement soudain arriva dans la salle. Il fut étonné de
la trouver vide et remarqua la lettre qui traînait par terre. Il la prit et
tenta de la lire. Malheureusement, il n'avait jamais été doué en langue et il ne
put que deviner qu'elle était écrite en italien. En fait, à part le grec, qu'il
ne s'était mit à bien parler qu'à la fin de son entraînement, il ne parlait
aucune langue étrangère ; et pourtant, Shina et Sakura avaient tenté à plusieurs
reprise à lui en apprendre de nouvelles. Incapable de déchiffrer le message dont
il était certain qu'il était la cause du départ de son épouse, il appela sa
fille à l'aide. Sakura arriva tout de suite, et lorsqu'elle lut la lettre, sa
réaction fut identique à celle de sa mère. Sakura : Vite papa ! Il
faut que nous partions sur-le-champ ! Amène-nous au cosmos de maman !
Shun : Je ne bougerai pas tant que je ne saurai pas ce que contient
cette lettre. Sakura : Grand-mère est mourante ! Et elle appelle
maman à son chevet ! Shun : Grand-mère ? Sakura : La mère
de maman quoi ! Maintenant assez discuté et allons la voir avant qu'il ne soit
trop tard ! Shun : Une minute ! Comment se fait-il que tu ne sois pas
étonnée d'apprendre l'existence d'une grand-mère ? Sakura : Parce que
je ne viens pas de l'apprendre. Je l'ai découverte dans le journal de Milo. Si
je ne t'ai rien dit, c'est parce que maman m'a demandé de ne pas le faire, et
j'estimais aussi que c'était à elle de t'apprendre la vérité. Maintenant que tu
sais tout, dépêche-toi de nous conduire à l'endroit où se trouve le cosmos de
maman !
Shun n'aimait pas le ton autoritaire qu’avait pris sa fille, malgré son
caractère pacifique il avait sa fierté de père, mais il mit ça sur le compte de
la gravité de la situation et partit rejoindre Shina avec Sakura.
Toscane
Shina était au chevet de sa mère assoupit dans la maison de son enfance.
Lorsqu'elle était arrivée la vielle femme était déjà endormie et sur le moment
elle avait craint d'être venue trop tard. Soudain, Mona ouvrit les yeux.
Mona (faiblement) : Serais-je si souffrante que
j'en ai des visions ? Est-ce bien toi ma fille ? Shina : Maman ! Enfin tu te réveilles ! J'avais tellement peur !
Mona (idem) : Comme tu as grandi, et quelle belle
jeune femme tu es devenue ! Shina : Arrête
de parler maman, garde tes forces. Mona (idem) : Ne t'inquiète pas. Même si je suis au crépuscule de ma vie, mon
état s'est amélioré depuis l'envoie de la lettre. Shina :
Oh ! Maman, comme j'aurais aimé te revoir dans d'autres
conditions. Mona (idem) : Tu n'as pas à
t'excuser, tu avais d'autres obligations. Les mêmes qui ont contraint ton père à
me quitter. Shina : Maman, je ne pense pas
qu'il ait eu exactement les mêmes devoirs que moi. Mona (idem)
: Au contraire, tout comme toi il était chevalier.
Shina : Pardon ?! Mais comment…
Mona (idem) : Tu te souviens de ta dernière
lettre ? Dedans tu me disais que celui qui t'avait enlevée avait voulu t'effacer
tes souvenirs mais que tu avais seulement oublié ton nom. Et bien il semble que
ton nom ne soit pas la seule chose dont tu ne puisses te souvenir. Tu n'as
jamais été enlevée. Altaïr est venu me voir et je t'ai confiée à lui en toute
confiance. Cet homme, ce chevalier, était un grand ami de ton père. Il a même
été le témoin à notre mariage. Et c'est moi qui lui ai demandé de te priver de
ta mémoire, pour que tu ne regrettes pas la vie heureuse que tu avais eue avec
moi. Shina : Un chevalier ! Mon père était
un chevalier ! Mona (idem) : Et un
chevalier d'Or qui plus est. Shina : Et
quel était son signe ? Mona (idem) : Il
était… Il était… Il était… Maudite vieillesse ! Je ne me souviens plus du signe
de mon pauvre Mario. Shina : Mario ?
Est-ce le nom de mon père ? Mona (idem) : Oui. Et quant au tien c'est Margherita. Shina :
Margherita… Lorsque je le prononce, j'ai l'impression que je
parle d'une étrangère. En même temps, j'ai porté celui que mon maître m'a donné
plus longtemps que le vrai. Mona (idem) : Et quel est-il ? Shina : Shina. Mona (idem) : C'est
très joli, je l'aime beaucoup. Je suis certaine que ton père aussi l'aurait
apprécié. Shina : Justement, mon
père…
Shina s'interrompit. Elle venait de sentir que Shun et Sakura venaient
d'arriver. Sans nul doute son mari ou sa fille avait trouvé la lettre qu’elle
avait laissée tomber en partant. Mona (idem) : Tiens ! Nous avons de la visite. Shina : Comment sais-tu ça ? Est-ce que toi aussi… Mona
(idem) : Non, je ne suis pas chevalier. Mais Mario faisait
la même tête lorsque quelqu'un du Sanctuaire venait. Sais-tu qui est là ?
Shina : Oui… Ce sont mon mari et ma fille.
Mona (idem) : Vraiment ?! Quel heureux hasard !
J'ai toujours souhaité les rencontrer. Je pense que c'est le moment ou jamais.
Amène-les moi s’il te plaît. Shina : Très
bien maman.
Shina alla chercher sa famille qui était restée à l'entrée de la maison pour
ne pas la déranger. C'était Shun qui avait décidé cela, au grand dam de Sakura
qui voulait absolument voir et surtout parler à sa grand-mère avant qu'il ne
soit trop tard. Et lorsqu'elle vit sa mère arriver, elle se mit à craindre le
pire. Sakura : Maman ! Est… Est ce que… Shina : Ne
t'inquiètes pas, elle se porte plutôt bien. Elle veut vous voir.
Sakura : Nous voir ? Shina : Oui, mais avant je dois
parler avec ton père.
Sakura acquiesça et s'éloigna pour laisser ses parents discuter seuls.
Shina : Tu dois penser que je suis inexcusable de t'avoir caché une
telle chose et je ne sais vraiment pas quoi dire pour te donner tort. Tu dois me
trouver bien misérable n'est-ce pas ? Quel genre d'épouse je suis ? Toujours à
te faire des cachotteries. Parfois je me demande comment tu as pu me supporter
aussi longtemps. Shun : Shina s'il te plaît. Arrête ton
autoflagellation. J'ai réussi à faire dire à Sakura pourquoi tu m'avais caché ta
mère, et tu as eu raison. Si tu me l'avais révélé à l'époque, je me serais sans
doute senti jaloux de toi et notre couple aurait démarré sur de mauvaises bases
et n'aurait pas été si harmonieux. Mais surtout, je me moque bien de tous tes
secrets, ce ne sont pas eux que j'ai épousés, mais toi. Je savais parfaitement à
quoi m'en tenir en décidant de passer ma vie avec la femme pleine de mystère que
tu es. Et sincèrement, j'espère que tu me caches encore bien des choses.
Shina : Oh ! Shun !
Touchée au plus profond de son cœur par cette déclaration, Shina se jeta dans
les bras de son mari et l'embrassa passionnément, et elle en oublia l'espace
d'un instant l'état de sa mère. Mais elle se reprit et invita sa famille à
pénétrer dans la maison et la présenta à celle qui lui donna le jour. Mona les
darda longuement du regard. Mona (faiblement) : Ma fille, c'est un rêve qui devient réalité. Depuis ta dernière
lettre j'ai toujours désiré voir à quoi ressemblaient ton époux et ton enfant.
Je peux mourir heureuse maintenant. Shina : S'il te plaît maman, ne dit pas ça. Mona :
(idem) : Bah ! J'ai vécu assez longtemps et puis personne ne
peut plus rien faire pour moi ; alors autant être réaliste.
Sakura : Mais non ! Maman, tu as le pouvoir de
sauver grand-mère n'est-ce pas ! Mona : (idem) : Oh ! Tu parles italien ma petite Sakura. Et moi qui faisais comme
si toi et ton père ne pouviez pas comprendre. Sakura : Papa ne connaît effectivement pas ta langue.
Mona : (idem) : Je vois. Mais je n'ai pas besoin
de soin. Shina : Voyons maman ! Sakura à
raison, je peux te soigner. Mona : (idem) : Ma Shina, comme je l'ai déjà dit, j'ai fait mon temps. Même sans
ma maladie mes jours sont comptés. Tu ne ferais que de retarder de quelques
semaines l'inévitable. Shina : Maman
!!!! Sakura : Grand-mère !!!
Mona (idem) : Je vous en prie ! Cessez ces têtes
d'enterrement. Après tant d'années de solitude tout ce que je souhaite c'est
voir ma famille sourire. Et allez me chercher mon gendre. Depuis tout à l'heure
il reste dans son coin. Ah ! Mais oui ! C'est parce qu'il ne parle pas
italien. Sakura : Tu veux que je te serve
d'interprète grand-mère ? Mona (idem) : Ce
ne sera pas la peine. Jeune homme, approchez, ne restez pas à l'écart.
Tout le monde demeura stupéfait devant le grec parfait, quoique avec une
pointe d’accent, de Mona. Mais sa fille se souvenant qu'elle avait épousé un
chevalier, supposa qu'il lui avait appris la langue du Sanctuaire. Remis de
sa surprise, Shun approcha du lit. Par geste, la vieille femme lui demanda de se
pencher vers elle et lorsqu'il obtempéra, elle lui saisit la tête entre ses
mains et se mit à le regarder longuement dans les yeux. Puis elle le lâcha.
Mona (idem) : Jeune homme, vous m'avez l'air de quelqu'un de bien, de
très bien. Je consens à vous accorder la main de ma fille. Bienvenue dans
la famiglia.
La mère de Shina se mit à lâcher un petit rire qui se changea rapidement en
une toux. Mona (idem) : J'ai toujours voulu dire ça. Ce sont les mots
que mon père a prononcé lorsque je lui ai présenté celui qui allait devenir mon
époux. Je… Je me sens étrangement fatiguée tout à coup, je crois que je vais me
reposer un peu.
La grand-mère de Sakura ferma lentement les yeux avant de s'endormir.
Sakura : Grand-mère !!! Shina : Calme-toi Sakura, elle est
simplement assoupie. Shun : Shina, je vais rentrer au Sanctuaire,
mais je pense qu'il serait bon que tu restes près de ta mère jusqu'au bout. Je
voudrais t'accompagner dans cette épreuve, mais je ne me sens pas à ma place
ici. Sakura : Moi aussi je retourne au Sanctuaire maman. Je… Cette
atmosphère me met mal à l'aise, et… Et je ne crois pas que je pourrais supporter
de voir mourir un membre de ma famille, surtout si peu de temps après l'avoir
rencontré. Shina : Je vous comprends. De toute façon, j'allais vous
demander de me laisser seule. Shun : Très bien, dans ce cas, nous
partons. Allez viens Sakura.
Shun serra sa fille contre lui et se téléporta avec elle au domaine sacré.
Sanctuaire
Shun et Sakura revenaient juste de leur escapade en Italie. Shun :
Sakura, je vais te laisser. Je dois parler à mon frère. Sakura :
Attend papa. Avant j'aimerais que tu m'avoues quelque chose. L'autre raison, si
ce n'est la véritable, pour laquelle tu n'es pas resté au chevet de grand-mère,
quelle est-elle ?
Shun ne s'étonna pas de cette remarque. Mentir n'avait jamais été son fort,
et s'il avait pu tromper Shina c'était bien parce qu'elle était sous le coup des
émotions. Shun : Pour ne pas verser mes larmes sur la mauvaise
personne. Sakura : Ne pas verser tes larmes sur la mauvaise personne
? Je ne comprends pas. Shun : Sakura, comme tu le sais, je n'ai
jamais connu ma mère et, même si je ne le montrais pas, cela m'a toujours
perturbé. Ça a créé un sentiment de vide en moi. Je pense même que mon caractère
vient de celui que je me faisais d'une mère. Cependant, et étrangement, je n'ai
jamais pleuré sur sa disparition. Mais en voyant la mère de Shina, toute la
peine que je n'avais jamais réussie à exprimer est remontée d’un coup. J'ai eu
du mal à me retenir de me jeter aux pieds du lit et de pleurer. Mais ce n'était
pas à elle que mes larmes étaient destinées, mais à ma mère. C'est pour ça que
j'ai dit ne pas vouloir pleurer la mauvaise personne. J'ai même faillit
l'appeler maman. Sakura : Ce qui aurait été du plus mauvais goût je
l'admets. Shun : Maintenant je te laisse, et quand je reviendrai ce
soir, tu connaîtras peut être aussi ton autre grand-mère. Sakura :
Merci papa.
Toscane
Mona s'était réveillée depuis quelques minutes et avait
repris des forces. De son lit elle humait le plat que Shina était en train de
lui préparer. Sa fille ! Cuisiner ! Après l'avoir confiée à Altaïr, même dans
ses rêves les plus fous elle n’aurait pu l’imaginer. Elle savait qu'elle devait
cela à son gendre. Shina arriva dans la chambre. Shina : Ce sera cuit dans à peu près une heure. Ca nous laisse du temps
pour parler. Mona : Et de quoi veux-tu parler ? Shina : De papa. Quand j'étais
petite tu me disais qu'il était parti avant ma naissance, mais depuis que je
suis revenue, tu parles de lui au passé comme si tu étais certaine qu'il était
mort. M'aurais-tu menti sur son absence ? Mona : Non, je ne t'ai pas
menti. Enfin disons que je t'ai caché une partie de la réalité. Ton père est
bien parti en ignorant que je te portais, et moi aussi je l'ignorais à l'époque.
Mais je savais que je ne le reverrai plus car il était mourant alors. Il a
quitté pour former son successeur pour le peu de temps qu'il lui restait.
Shina : Son successeur
? Et est-ce que tu le connaissais ? Mona
: Si je le connaissais ! Je l'ai porté sept années
avant toi. C'est ton grand frère.
Shina resta interdite un bon moment sous le coup de la
nouvelle. Shina : Un… Frère ! J'ai un frère ! Mais pourquoi ne m'as-tu jamais rien
dit ? Mona : Tu
es chevalier, tu sais comme l'entraînement est inhumain. Je ne sais même pas
s'il a survécu. En fait, j'en doute grandement. Il m'avait promis de venir me
voir une fois l'armure de ton père acquise, et s'il échouait, il avait prévu de
revenir vivre à la maison et de suivre des études. Je crains qu'il ne soit
mort. Shina :
Et ce frère que je connaîtrai jamais, quel est son nom ? Mona : Il s'appelait
Vito.
Shina se figea à nouveau de stupeur. Et sa mère le
remarqua. Mona : Qu'y a-t-il ? Tu connais quelqu'un au Sanctuaire qui porte ce nom
? S'il te plaît, si c'est le cas dit-le moi je t'en pris ! Shina : Ne te fait pas de
fausses joies. Je connais effectivement un Vito qui était chevalier d'or et dont
l'âge correspond, mais il ne peut pas être mon frère. Mona : Pourquoi ça ?
Shina : Et bien son
nom de famille n'est pas Lisa. Mona :
Mais Lisa est mon nom de jeune fille. Je l'ai repris
car ton père me l'a demandé dans sa lettre d’adieu. Pour que je puisse refaire
ma vie. Mais ton frère doit avoir gardé celui de ton père. Donc il ne doit pas
se nommer Vito Lisa, mais Vito Botazzi. Shina : NOOOOOOOOOOOOOOOOOON
!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Mona
: Ce… C'est bien lui ?! Shina : Non ! Ce monstre ne peut
pas être mon frère. Mona : Monstre ? N'exagères-tu pas ?
Shina ne répondit rien et se contenta de se mettre torse
nu. Montrant à sa mère toutes ses balafres. Mona : Oh ! Mon dieu ! Ma chérie
! Mais que t'es-t-il arrivé ? Shina :
C'est lui qui m'a fait ça. C'est un monstre du nom de
Vito Botazzi qui a lacéré mon corps. Mona
: Je… Je ne peux y croire ! Mon Vito n'aurait jamais
fait une chose pareille. Mais il faut s'assurer qu'il s'agisse bien du
mien. Shina :
Et comment ? En lui parlant de toi ? Il serait bien capable de prétendre être
mon frère rien que pour me torturer mentalement. Mona : Il y a un moyen très sûr
de le savoir. Toi et ton frère avez hérité d'une tache de naissance de votre
père. Shina : Un serpent au niveau de la nuque c'est ça ? Mona : Exactement.
Shina : Mais… Et si
c'est bien lui. Qu'est-ce que je fais ? Maman, il n'a pas fait du mal qu'à moi
mais aussi à plein d'innocents. Il se faisait appeler Masque De Mort. Il a même
trahit Athéna. Mona : Si c'est bien mon Vito, amène-le moi quand même. Afin qu'il
s'explique sur son comportement. Shina
: Maman, je… Je ne sais pas si j'aurais le courage de
vérifier s'il est mon frère, et surtout le supporter. Mona : Fait ce que ton cœur te
dicte. Je ne te forcerai pas la main. Shina
: Merci maman.
Sanctuaire
Shun était dans le baraquement de Ikki. Mais il avait fallut rassembler
beaucoup de courage pour ça. Car ce qu'il allait demander à son frère ferait
resurgir de mauvais souvenirs. Ikki : Alors Shun, que me vaut cette
visite ? Shun : Ikki, je… J'aimerais que tu ma parles de maman.
Le chevalier du Phœnix pris un air grave et sombre. Ikki :
Pourquoi me demander ça maintenant ? Shun : C'est… C'est parce que je viens
de rencontrer la mère de Shina et ça m'a donné l’insatiable envie de savoir qui
était cette femme qui m’a donnée le jour, même si je sais que je t’en demande
beaucoup. Ikki : La mère de Shina ? Je ne vais pas chercher à
comprendre pour le moment, mais tu devras m'expliquer cette histoire en détail
pour plus tard. Pour tout te dire, je n'ai moi-même pas très bien connu maman.
Elle était souvent absente car elle travaillait beaucoup pour pouvoir nous faire
vivre. Mais lorsqu'il lui arrivait de rentrer tôt ou bien d'avoir un jour de
congé, elle passait tout ce temps libre avec nous. C'était une personne très
douce et qui ne haussait jamais le ton, même quand je faisais une bêtise. C'est
tout ce dont je me souviens à son sujet, désolé Shun. Shun : C'est
déjà beaucoup. Merci Ikki.
24/03/2002
Toscane
Shina était très inquiète. Ces cinq deniers jours l'état de sa mère s'était
considérablement dégradé. Elle était devenue extrêmement faible, ayant à peine
la force de parler. Le chevalier d'Ophiuchus n'en dormait plus craignant de la
perdre à tout moment. Mais ce n'était pas la seule chose qui troublait son
sommeil, il y avait aussi la possibilité que Masque de Mort soit son frère.
Depuis qu'elle savait ça, elle n'avait plus réussit à fermer l’œil. Car si cela
s'avérait exact, ça voulait dire que lorsqu'elle l'avait combattu, elle avait…
Non ! Elle ne voulait pas y penser. Ce n'était qu'une pure coïncidence si cet
être abject portait le nom de son frère. Mais il y avait aussi cette minuscule
chance que ce soit bien lui, et sa mère serait tellement contente de le revoir.
Jetant un dernier regard sur sa mère assoupie, Shina prit sa décision.
Rodorio
Shina se trouvait devant la maison où vivait Masque de Mort. Elle n'avait eu
aucun mal à la trouver car ne croyant pas à la sincérité de sa rédemption, elle
l'avait fait surveiller pendant un certain temps. Elle avait donc du reconnaître
que son repentir était sincère. La seule chose inquiétante était qu'il
fréquentait une voleuse, qui était aussi la propriétaire de la masure. Pour
cette confrontation, elle avait décidé de se déguiser, ou plutôt elle venait en
tant que Margherita Botazzi et non en Shina. Ne l'ayant jamais vu sans son
masque, elle était certaine d'être méconnaissable d'autant plus qu'elle portait
des vêtements civils. Prenant une dernière inspiration pour se donner du
courage, elle toqua à la porte. Quelques secondes plus tard, l'huis s'ouvrit.
Vito : Oui ? Shina : Excusez-moi, mais
vous vous appelez bien Vito Botazzi ?
Vito ne réagit pas tout de suite. Il ne s'attendait pas à trouver une
compatriote à Rodorio. Vito : En effet. Que
puis-je faire pour vous ? Shina : Je me
présente, je m'appelle Margherita, Margherita Botazzi. Vito
: Botazzi ?! Comme moi ? Shina : Peut être. Ma mère m'a récemment appris que j'avais un grand frère
du nom de Vito mais qui avait quitté la maison. Depuis, je suis à sa recherche.
Tout ce que je sais de lui c'est son nom et qu'il a une marque de naissance sur
la nuque. Vito : Une marque sur la nuque !
Un serpent ? Shina : Oui ! C'est bien ça !
Mais est-ce que je pourrais la voir pour vérifier que c'est la même ?
Vito : Mais bien sûr.
Vito se retourna et souleva ses cheveux. Shina ne put que constater que ses
craintes étaient fondées. La marque de Vito était la même que la sienne, la même
dont Sakura avait aussi hérité. Shina : Oh ! Non
! Non ! Vito : Je m'en doutais un peu. Je
ne pouvais pas avoir de petite sœur. J'aurais du vous le dire depuis le début et
ne pas vous donner de faux espoirs. Shina : Au contraire, c'est bien toi mon frère. Vito :
Alors pourquoi ce désarroi ? Shina :
Parce que personne ne voudrait Masque de Mort pour frère et
moi encore moins. Vito : Quoi ?! D'où
connais-tu mon ancien surnom ainsi que mon sulfureux passé. Shina
: Parce que je te connais, et que toi aussi tu me connais.
Shina sortit son vieux masque et se le posa sur le visage. Les yeux de Vito
se révulsèrent alors de terreur. Vito : Non ! Ce
n'est pas possible ! Je n'ai quand même pas fait ça ! Je n'ai quand même pas
molesté ma propre sœur. Shina : Cesse de
geindre Vito. Et moi alors ? Te rends-tu comptes que ce même jour j'ai fait pire
encore que toi ? Te rends-tu compte que j'ai insulté notre mère ? Que je l'ai
traitée de pute ! Ce que tu m'as fait, je l'ai mérité, et maintenant que je sais
que nous sommes du même sang, je me dis que tu as été bien indulgent avec
moi. Vito : Mais comment peux-tu être ma
sœur ? Et comment n'as-tu su que maintenant que je suis ton frère ?
Shina : Maman était enceinte de moi lorsque papa
t'a amené, et redoutant ta mort elle ne m'a jamais parlé de toi jusqu'à il y a
deux semaine. Vito : Et pourquoi ce jour
là ? Shina : Vito, maman est mourante, et
je crains qu'elle ne vive ses dernières heures. Je suis venue car elle te
réclame à son chevet. Vito : Maman ! Je…
Je suis désolé, mais je ne peux pas venir. En devenant Masque de Mort, j'ai
déshonoré la famiglia. Je n'ai plus le droit de paraître devant elle.
Shina : Maman sait ce que tu as fait. Lorsqu'elle
m'a révélé le nom de mon grand frère, j'ai tout de suite pensé à toi mais j'ai
tout de suite rejeté cette idée. Mais maman m'a demandé pourquoi et je lui ai
raconté tes méfaits. Et elle m'a dit que si c'était bien toi je devais quand
même t'amener à elle pour que tu lui rendes des comptes. Alors, soit tu viens de
ton plein gré, soit je te conduis à elle par la force et rien au monde ne me
ferait plus plaisir. Alors réfléchis bien avant de répondre.
Toscane
Vito et Shina étaient devant la maison de leur enfance. L'ancien chevalier du
Cancer la regardait avec une grande nostalgie. Rien n'avait changé. Les rosiers
grimpants collés aux murs de la demeure, la fleurissant à la belle saison. Les
sauges rouges qui dégageaient leur lourd parfum. Les dahlias fauves dans
l'allée. Et surtout, surtout l'arbre contre lequel il se reposait après les
entraînements quotidiens destinés à le préparer au réel entraînement pour
devenir chevalier. Vito s'approcha de l'arbre et en caressa l'écorce.
Shina : Vito ! Le temps presse.
Vito : Pardon Margherita, mais j'ai tant de
souvenirs ici. Shina : Appelle-moi Shina.
La petite Margherita est morte le jour où elle est entrée au Sanctuaire.
Vito : Non, Shina est un nom de guerre. Et puis
tu utilises bien mon vrai nom. Shina : C'est plus rapide à dire. Maintenant dépêche-toi d'entrer.
Vito acquiesça et entra dans la maison. A chaque pas qu'il faisait à
l'intérieur, une foule de souvenirs d'enfance l'assaillait. Il se demandait si
sa sœur avait ressenti la même chose lorsqu'elle aussi était revenue là. Mais
une chose était certaine en tous cas. Ses souvenirs étaient bien différents des
siens. Car lui avait eu la chance de vivre ici avec leur père alors qu'elle
n'avait put se rattacher qu'à leur mère. Son enfance avait sans doute été plus
triste que la sienne avant d'être gâchée par le destin qui fit d'elle un
chevalier. Enfin il arriva au chevet de sa mère, mais il ne la reconnut pas tout
de suite. Il avait gardé dans sa mémoire la jeune femme énergique et riante
qu'il avait quittée enfant. Cette vénérable vieillarde grabataire était-elle la
même personne ? Shina : Maman, je t'ai amené une
visite qui te fera plaisir. Mona (faiblement) : C'est… C'est mon Vito ? Shina : Oui maman. Mona (idem) : Et
c'est le même Vito que le tien ? Shina : Malheureusement oui maman. Mona (idem) : Vito, mon fils, approches toi de moi s'il te plaît.
Vito : Je suis là maman. Mona
(idem) : Vito, d'après ta sœur, tu as été un très vilain
garçon. Mais j'ai du mal à y croire, malgré la preuve qu’elle m’a
apportée. Vito : Margherita a raison
maman. J'ai fais honte à mon armure, à mon héritage, à ma famiglia. C'est pour
cette raison que je ne suis pas revenu te voir comme promis. Après mon premier
crime, je ne pouvais plus paraître devant toi. Mona (idem) :
De quoi avais-tu peurs ? Que je te renie ?
Vito : Non maman, je ne voulais pas t'éclabousser
du sang que je versais. Je ne voulais pas que tu deviennes la mère de Masque de
Mort. Je t'ai abandonnée pour te protéger. Mona (idem) : Me protéger dis-tu ? De quoi ? Des mauvaises langues ? Sais-tu
tout ce que l'on a persiflé sur moi après le départ de ton père ? On disait
qu'il m’avait quitté parce que j'étais une mauvaise épouse et une mauvaise mère.
Et lorsque ma grossesse a été visible on a prétendu que ta petite sœur était le
résultat d'un adultère. J’ai enduré tout ça sans broncher et j’aurais très bien
pu supporter être la mère d’un monstre.
Soudain, Mona fut prise d'une violente et inquiétante quinte de toux.
Vito + Shina : Maman ! Mona
(idem) : Je… Je crois que… Que je vais bientôt retrouver
votre père. Margherita, Vito, je … Je vais vous dicter mes dernières volontés.
Je vous demande de les respecter. Vito + Shina : Tout ce que tu voudras maman. Mona (idem) :
Je… Je veux que vous fassiez la paix. Que… Que vous vous
entendiez comme un frère et une sœur. Vito + Shina : Promis maman. Mona (idem) : C'est… C'est bien… Je… Je suis heureuse de vous avoir revus. Je…
Je vais me reposer un peu.
Mona ferma doucement les yeux en souriant, et Vito et Shina savaient qu'elle
ne les ouvrirait plus jamais. Étrangement, le frère et la sœur n'étaient pas
tristes. Ils avaient pu revoir leur mère une dernière fois et lui dire au
revoir. Chose qu'ils avaient toujours cru impossible après être devenus
chevaliers. Et puis Shina était certaine qu'elle était partie pour un monde
meilleur. Grâce à sa fille, l'âme de sa mère était assurée de se retrouver à
Élision. Vito de son coté était presque heureux, car même s'il avait perdu une
mère il avait trouvé une sœur.
Quelque part, dans une pièce sombre une jeune femme d'une divine beauté se
morfondait. Soudain, une porte s'ouvrit laissant voir la silhouette d’un homme.
Homme : Tu vas faire la tête encore longtemps Saturne ? Cette
histoire est déjà vieille d'un mois. Saturne : Étais-tu obligé de
tous les tuer ? Homme : J'avais reçu l'ordre de ne pas me faire
repérer et d'éliminer les témoins dans le cas contraire. Et il y avait une autre
raison à cela. J'avais ressenti le cosmos d'un chevalier d'Athéna à tes coté.
C'était sans doute un espion qui t'avait repérée. J'ai donc tué tout le monde
pour être certain qu’il ne m’échappe pas. Saturne : Et pourtant il
l'a fait. C'était une jeune femme du nom de Sakura. Je l'avais invité à la
réception parce qu'elle m'était utile mais aussi parce qu'une chose étrange
m'attirait chez elle. Maintenant je sais qu'il s'agissait de sa cosmoénergie.
Elle est partie de la fête peu de temps avant ta venue. Sans doute t'avait-elle
senti. Ton massacre était donc inutile. Homme : Bah ! Ce n'était que
des humains. Saturne : J'ai été l'une des leurs je te signale.
Homme : Michelle était l'une d'eux. Toi tu es Saturne.
Saturne : Et bien j'aurais préféré rester Michelle. Homme
: Tu veux dire que tu aimais ce corps adipeux que les dieux t'avaient imposé en
lieu et place de ta réelle et magnifique enveloppe charnelle ?
Saturne : Ma véritable enveloppe charnelle dis-tu ? Pourtant j'ai
toujours l'impression de voir une étrangère quand je me regarde dans un miroir.
Homme : C'est encore l’œuvre des dieux. Ils t'ont privée de ta
mémoire. Mais ne t'en fais pas, tout te reviendra. Ce n'est qu'une question de
temps.
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