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Chapitre 4 :

L'Orphelinat de Rome
 

 

 

Julian

Il était 10 heure du matin lorsque nous arrivâmes enfin à Rome ! Le voyage fut long… Heureusement que j’avais fait un petit arrêt en chemin pour que nous nous reposions une peu dans la voiture. Ce n’était pas vraiment confortable, mais pour une nuit nous nous étions débrouillés ainsi.
En fait, ce qui fut le plus éprouvant durant ce trajet, ce n’était pas les kilomètres mais ce vent glacial derrière mon dos ! Sûria et Nitocris ne s’étaient pas adressées la parole ne serait-ce qu’une seule fois ! Chacune persistait au silence et préférait regarder par la fenêtre.

Sorente : Ah ! Enfin arrivés ! Nous allons pouvoir nous reposer finalement dans un hôtel !
Julian (timide) :
Pas vraiment…
Sûria & Nitocris (sursauts) :
Comment ça „pas vraiment” ?!

Sorente me regarda d’un air étonné… Il avait raison.
Même si Nitocris et Sûria ne s’aimaient pas, elles étaient pourtant parfois du même avis ! Ce qui était d’ailleurs le cas en ce moment.

Sorente : Mais Julian… Je ne comprends pas… ?
Julian :
C’est simple… Nous avons rendez-vous dans une heure à un orphelinat. Nous n’avons donc pas le temps de nous reposer car il nous faut encore trouver celui-ci et surtout un lieu pour stationner la voiture !
Sûria (gesticulant) :
Quoi ?! Vous voulez sérieusement aller maintenant dans un orphelinat ?! Mais… nous sommes épuisés !
Nitocris (ironique) :
Super… Moi qui aime tellement les enfants… (énervée pas les gesticulations à côté d’elle) Oh… ça va seiche, j’ai pas commandé des coups de poing, moi !
Sûria (sur les nerfs) :
Oh, mais tu y auras droit gratuitement ! Ne t’inquiètes surtout pas !
Sorente (autoritaire) :
Oh, mais ça va oui ! Arrêtez de vous disputer tout le temps, ça devient vraiment insupportable ! Même pour sa ma… Euh… sa mémoire à Julian ! Comment voulez-vous qu’il retrouve ainsi l’orphelinat ?

A partir de mon rétroviseur je vis que Sûria se calma aussitôt, pendant que Nitocris tenta tout pour ne pas éclater de rire… Je me demandais bien pourquoi ?


Sorente

Il était déjà midi et dix… Julian avait eu de gros problèmes pour trouver cet orphelinat ainsi que pour stationner la voiture…
Julian marchait à présent assez vivement vers l’institution, pendant que Sûria traînait un peu derrière.

Sûria (se lamentant) : J’ai faim… Je vais mourir de faim…
Nitocris (sadique) :
Oh… Tu pourrais me faire ce plaisir ?!
Sûria (vexée) :
Non… D’ailleurs je vais non plus te faire plaisir en entrant dans ton petit jeu…

Je tenais avec peine le rythme imposé par Julian, mais je perçus quand même leur dialogue… J’étais fier de Sûria… Peut-être que ces disputes allaient enfin prendre fin.

Nos quatre voyageurs étaient enfin arrivés à l’orphelinat. Il était assez grand ainsi que la cour qui l’entourait délimité par un grillage. Le toit était d’une couleur orange voire plutôt rouge et sa façade blanche éclatante. L’endroit était assez gai surtout avec la verdure qui se remarquait un peu partout.
 

Sûria

Enfin ! Nous étions arrivés dans ce fichu orphelinat… Les enfants n’étaient pas dans la cour… Il n’y avait Personne pour être exacte.
Ils étaient sûrement en train de manger…  Et moi qui suis affamée…
Julian était déjà à l’intérieur avec Sorente pendant que Nitocris observait les environs.
Soudain, mon Général Sorente ressortit avec une mine plus joyeuse.

Sorente : Julian les a trouvés ! Ils sont en train de prendre leur déjeuner.

Je soupirai intérieurement… Ces gosses avaient plus de chance que moi…

Dans l’entrée, une jeune surveillante était en train de parler à Julian. Celui-ci s’excusa pour le retard en lui expliquant le problème.
Soudain, mon estomac se mit terriblement à gargouiller ! J’eus si honte que mon visage se teinta immédiatement de la couleur pourpre. Je posai mes mains sur mon ventre pour éviter tous autres bruits, mais je ne pus pas les empêcher.
La surveillante, qui se nommait Paola, se tourna vers moi avec un léger sourire.

Paola : Oh ! On dirait que quelqu’un a très faim…
Sorente :
A vrai dire, nous n’avons pas encore mangé aujourd’hui…
Paola :
Quoi ? Mais c’est affreux ! Venez ! Malheureusement les marmites sont vides, mais vous pouvez vous préparer un bon plat dans la cuisine !
Julian :
Mais… Nous sommes venus pour voir les enfants et l’école… Pour vous aider !
Paola :
Je sais… Mais ce n’est pas avec un ventre vide que vous allez m’aider… et puis, les enfants ne vont pas s’enfuir… (sourire) Ils aiment trop cette institution pour faire ça !

La surveillante m’avait l’air d’une femme très gentille, mais j’avais l’impression qu’elle n’allait pas très bien.
Quoi qu’il en soit, elle nous mena à la cuisine et nous pria de faire comme chez nous. Puis, elle s’en alla pour surveiller les enfants qu’elle avait laissé trop longtemps sans surveillance.
Après que Paola soit partie, Nitocris s’avança vers le réfrigérateur.

Nitocris : Très bien… Je propose que vous vous reposez un peu pendant que je nous prépare le déjeuner !!
Sûria (sceptique) :
Je doute que tu arrives à faire quoi que ce soit… Surtout quelque chose qui puisse me donner de l’appétit… !
Nitocris (fière d’elle) :
Ne t’inquiète pas Sûria… Tu vénéreras ma cuisine, je t’en fais le serment ! … En attendant tenez ! Servez-vous de ces quelques amuses-gueules que j’ai trouvé …


Nitocris

Il était temps de mettre un terme à cette stupide rivalité ! Sorente m’avait dit que Sûria aimait goûter les nouveaux plats. J’étais certaine qu’elle n’avait jamais eu le plaisir de goûter un plat typiquement égyptien ! Donc, j’allais en faire un… Pourvu que les ingrédients soient tous là…
 

Sorente

Nitocris commença à rassembler les poêles ainsi que les aliments se trouvant dans le frigo. J’étais bien curieux de savoir ce qu’elle nous mijotait… Quelque peu avant, elle m’avait demandé discrètement ce que Sûria aimait et je lui avais répondu : « manger ! »
Sûria assista pendant quelques instants à ce spectacle, puis elle décida d’aller prendre un peu d’air frais. Moi, je voulais parler à Julian et lui dire qu’à l’avenir il pourrait quand même nous prévenir à l’avance de ses changements de planning.
Je regardais de temps à autre Nitocris qui se ruait dans tous les sens d’un air stressé.
Lorsqu’ il commença à sentir bon dans la cuisine, Julian et moi décidions d’y sortir également pour visiter un peu l’institution.

Sorente : Croyez-vous que nous pourrons manger quelque chose de convenable dans peu de temps ?
Julian :
Je n’ai plus revu Nitocris depuis des années, mais je me rappelle que sa mère était un cordon bleu… Nul doute qu’elle sache aussi bien cuisiner !

Pendant qu’une heure s’écoula, chacun faisait un tour dans l’orphelinat de son côté et se firent quelque petits amis.


Julian

Je me demandais si tout était en ordre. Cela faisait une bonne heure que Nitocris se trouvait dans la cuisine.
A côté de la porte je remarquai qu’elle avait laissé son sac qui était d’ailleurs ouvert. Elle serait sans doute venue prendre l’une de ses affaires et aurais oublié de le refermer. Toutefois, cela me semblait bizarre qu’elle ait fait un fouillis pas possible dans sa propre besace. Je me permis alors d’y jeter un coup d’œil pour savoir s’il ne manquait rien d’après ma connaissance, qui sait, cela peut très bien être aussi l’œuvre d’un enfant… j’espère que non… En tout cas, d’après ce que j’ai pu brièvement voir, il maquait effectivement quelque chose, le message de son père.. aïe aïe… pourvu que… non je me fais des idées… elle l’a sans doute mis ailleurs… jamais elle ne l’aurais laissé traîner dans le couloir à la porté de main de tous. Je refermai alors son sac avec soulagement.
En entrant dans la pièce, une bonne odeur appétissante me monta aux narines et je la vis devant le four en train de mélanger quelque chose.
En la regardant je dus sans doute rougir un peu… En effet, elle avait enlevé son top et portait uniquement son soutien-gorge noire sous un tablier rouge et blanc.

Julian : Euh… Tu veux que je t’aide ?
Nitocris (surprise) :
Jul… ?  Si ! Tu pourrais commencer à mettre la table s’il te plait ?! (goûtant une sauce crémeuse) J’en ai plus que pour quelques minutes…

Mettre la table ?! Je détestais faire ce genre de choses… En lui demandant mon aide. je pensais plutôt être utile comme assistant cuisinier ou quelque chose comme ça…
Cependant… J’eus une petite idée… Je cherchai alors Sorente et Sûria et je finis par les trouver. Si les deux m’aideraient pour cette tâche, peut-être n’aurais-je plus grande chose à faire…

Julian : Nitocris a presque terminé… Elle nous demande de mettre la table !
Sorente :
Nous arrivons tout de suite.

Les deux placèrent les assiettes et le reste sur la table pendant que j’observais Nitocris. Soudain, elle se retourna vers nous avec un sourire aux lèvres.

Nitocris : A table, les amis !!

Instinctivement, Sûria s’assit immédiatement sur sa place en prenant sa fourchette. Pendant ce temps mon amie s’avança vers notre table où elle y déposa au milieu un grand plateau qu’elle transportait.
Nous écarquillions les yeux d’étonnement… Cela sentait drôlement bon et de plus, le décor était assez original. Au centre du plateau se dressait un mont de crevettes comme une pyramide. A la base de ce monument de crustacés, il y avait plein de légumes : des oignons, des artichauts et des tomates ainsi que du bon riz assaisonné de persil.

Sorente : Qu’est-ce donc ?!
Nitocris :
C’est un menu égyptien… Une somptueuse pyramide de crevettes caramélisées à l’arôme de cumin ! Régalez-vous !
Sûria (dévorant la nourriture des yeux) :
Bon, ben… Bon appétit !

La jeune femme se saisit alors d’un ustensile et se servit une grande quantité de ce plat sur son assiette.
Après seulement dix minutes, elle avait déjà tout avalé…

Sûria (retenant ses rots) : Ah… Nitocris, je dois avouer que c’était délicieux !!
Nitocris :
Merci beaucoup… Mais j’ai aussi encore un dessert pour vous ! Jul… Sorente, pouvez-vous débarrasser la table s’il vous plait ?
Julian :
Il le faut vraiment… ?
Nitocris :
Pas de travail, pas de dessert !
Sorente :
Allez, venez Julian !


Sûria

Je riais bien intérieurement ! C’était amusant de voir ces deux hommes en train de débarrasser la table pour goûter au dessert de Nitocris. Je me demandais de quel sorte pâtisserie il s’agissait et j’étais également impatiente d’y goûter !
En fin de compte, je m’étais trompée à son sujet, elle n’était pas une si grande peste que cela…
Elle apporta un plat avec des ramequins dessus. Puis, elle plaça quatre plats devant elle et enleva doucement une masse beige qui avait pris la forme du ramequin. Puis, elle parsema la boule beige de pistaches concassés, y plaça une tranche de figue et mit une petite cuillère de sucre caramélisé à côté de cette chose beige…

Julian : Nitocris… ?
Nitocris (souriante) :
C’est moi qui l’ai inventé une fois quand je cuisinais avec ma mère… Je l’appelle : La gourmandise de Toutankhamon parfumée aux épices douces !
Sûria (ne quittant pas son plat) :
Quels sont les ingrédients ?!
Nitocris :
En gros, j’ai mélangé du lait avec des œufs, du safran, du sucre, de la farine et de la cardamome moulue… 
Julian :
J’adore les figues…

Les garçons et moi prirent un premier morceau pendant que la cuisinière nous regardait d’un regard inquiet… Mon dieu… Ce dessert avait le goût du paradis…
Après un quart d’heure, mes amis et moi nous retrouvions satisfaits sur nos chaises.

Sûria : Franchement Nitocris… Bravo, c’était cent fois mieux que dans un restaurant… !  Il faudra que tu m’apprennes à cuisiner aussi bien que toi… !!!
Nitocris (mélancolique) :
Pas de problème… (se reprenant) Qui va faire la vaisselle maintenant ? Pas moi, j’ai cuisiné !
Sûria :
Allez les garçons, à vous de la faire !
Julian :
J’ai conduit la voiture jusqu’ici !
Sorente :
Je ne ferais pas la vaisselle !
Sûria :
Désolée Sorente, mais tu es le seul à n’avoir aucun argument !
Sorente (s’énervant) :
Tu peux parler toi ! Toi non plus tu n’en a pas !!
Sûria :
C’est faux ! Je suis occupée à digérer le délicieux repas de Nitocris et cela prend du temps car c’est un art !
Nitocris :
Allez Jul… S’il te plait ! Je te donnerai une récompense…
Julian :
Mais…
Nitocris :
Bouge ton cul Sûria ! Rends-toi pour une fois utile !
Sûria (choquée et irritée) :
Pardon ?! Répète un peu espèce de zigomar qui se déshabille !!
Julian (paniqué) :
C’est bon, c’est bon ! Sorente et moi allons faire la vaisselle !
Sorente :
Quoi ? Mais vous…

Julian prit Sorente par le bras et le tira vers le lavabo où ils commencèrent enfin à laver les assiettes.
Pourtant, j’étais toujours choquée par le comportement de Nitocris. Pourquoi m’avait-elle injuriée de telle sorte… ?
Justement en parlant d’elle… Elle se dirigea justement vers moi, comme si elle venait de lire dans mes pensées.

Nitocris : Ne m’en veux pas… Je ne l’ai pas fait pour t’énerver mais pour convaincre les garçons de faire la vaisselle pour qu’on puisse se reposer un peu…
Sûria (déçue) :
Drôle de façon que tu as…
Nitocris (souriant) :
Mais ça a marché… C’est l’important, non ?!
Sûria (pouffant de rire) :
Oui c’est vrai… !

Nous commencions alors une vive discussion pour mieux nous connaître après qu’elle eut récupérer son sac qui contenait le précieux message qui était la convoitise de ses poursuivant et pendant que les garçons commencèrent à s’énerver…

Sorente : C’est pas vrai… J’arrive pas à croire qu’on nous ait convaincu de faire la vaisselle… !!
Julian :
Au moins, elles ne se disputent plus ! C’est ce qui importe… Je n’aurai pas du tout tenu un jour de plus à côté de ces deux lionnes !
Sorente :
Vous avez raison… (sursautant) Mais faites attention, vous allez tout mouiller !
Julian :
Mais ce n’est pas de ma faute ! C’est toi qui a fait ça !

Après une demi-heure, les garçons achevèrent la vaisselle et l’on pouvait alors se demander si leur désir que Nitocris et Sûria s’entendaient n’allait tout compte fait leur créer plus de problème. En effet, ce n’étaient plus deux lionnes qui grognaient l’une sur l’autre prête à sortir les griffes, mais deux renardes complices.


Julian

Sorente et moi avions enfin terminé la vaisselle… A vrai dire, je me demandais ce qui était le plus mouillé : Les assiettes ou nous !?
Quoi qu’il en soit, je décidai d’aller voir avec mes compagnons comment la surveillante se débrouillait. Je l’avais dernièrement aperçu lorsqu’elle jeta un coup d’œil dans la cuisine pour voir où nous en étions.
Elle se trouvait à présent, entourée par des enfants en train de jouer, dans une grande salle
Paola était venue en aide à deux enfants qui se disputaient, mais elle me semblait bien pâle…

Julian : Est-ce que tout va bien mademoiselle ?!
Paola (épuisée) :
Quoi ? … Oui, oui ça va…
Sûria (sceptique) :
Vous n’avez pourtant pas l’air d’être très en forme…
Nitocris:
Dito !

 Soudain, la surveillante roula les yeux et s’évanouit devant nous ! Sûria et Nitocris arrivèrent à l’attraper juste à temps.

Nitocris : Mon dieu… Elle est brûlante de fièvre !
Paola (se reprenant) :
Les enfants… Ils vont bien ?
Enfant 1 (accourant) :
Tati, Tati !! Qu’est-ce que tu as ?

Les autres enfants commencèrent à nous entourer pendant que Sûria aida la surveillante à se relever.

Paola : Ce n’est rien… Il reste encore un tas de choses à faire, excusez-moi…
Julian (surpris) :
Pardon ?! Vous avez une forte fièvre ! Vous n’allez quand même pas continuer à vous forcer !?
Paola :
Si !! Il le faut, cet orphelinat demande beaucoup d’efforts !
Sorente :
Mais c’est insensé ! Vous êtes malade, votre place est dans votre lit !
Julian :
Je vous en prie ! Retournez chez vous pour vous reposer !
Paola :
C’est compliqué… Je ne peux pas ! La raison pour laquelle je suis stressée aujourd’hui c’est qu’il manque déjà deux surveillantes ! L’une a des gros problèmes dans sa famille et l’autre est à l’hôpital à cause d’un grave accident !
Julian :
Ecoutez, nous sommes quatre et ensemble nous pouvons nous occuper de l’orphelinat pendant quelques jours, jusqu’à ce que vous alliez mieux ! Rentrez donc chez vous sans inquiétude !
Paola (hésitante) :
D’accord… Dans ce cas…Vous pourrez dormir à l’étage dans les chambres des surveillants… Je retourne à la maison chez ma mère…
Nitocris :
C’est bien ! C’est encore la mère qui soigne le mieux… Je vous raccompagne.
Paola :
Merci beaucoup… Je vous suis très reconnaissante… (s’adressant aux enfants) Les enfants, Tati Paola s’en va pour quelques jours… Ces gentils jeunes gens veilleront sur vous jusqu’à ce que je revienne !
Enfant 1 :
Pourquoi tu parts Tati ?
Enfant 2 :
Tu t’en vas pour longtemps ?!

La surveillante calma les enfants et les prit tous dans les bras avant de partir accompagnée de Nitocris. Je savais bien qu’elle s’était volontairement proposée pour la ramener parce qu’elle est de nature douce quand elle veut et surtout parce qu’elle ne se croit pas assez patience pour s’occuper des enfants…

 Leur première journée se passa sans encombre et le soir finit par tomber.

 
Sorente

Alors que Nitocris avait enfin retrouvé le chemin pour l’orphelinat, nous nous étions occupés des enfants pendant toute l’après-midi ! A vrai dire, nous n’avions heureusement pas eu grand chose à faire puisqu’ils avaient passé la plupart de leur temps à jouer sagement.
Sincèrement, j’étais content, car je doutais un peu de nos compétences en tant que pédagogues…
Il devait être environ dix-huit heures. Cela faisait donc une heure que la cuisinière était venue les appeler afin qu’ils viennent à table prendre leur dîner.
Mes compagnons et moi avancions au fur et à mesure avec ces jeunes et nous leur portions main forte pour s’installer. Ils étaient environ vingt entre six et dix ans sauf cinq qui n’avaient sûrement que quatre ans. Sûria, Nitocris et moi restions près de ceux-ci pour les aider à manger.
Je dois avouer que les filles m’avaient donné l’impression d’une bonne entente cet après-midi… Pourvu que ça dure…
Un des plus jeunes demanda à Julian d’aller avec lui aux toilettes. Je vis que celui-ci rougit un peu avant de s’en aller avec la petite fille.

Il y avait beaucoup de purée de pommes de terre avec une mixture orange… Sûrement de la purée de carottes. Il y avait également un morceau de viande tendre dans leur assiette.
Sûria me sourit. En effet elle se débrouillait plutôt très bien avec son protégé. Ce qui n’était pas trop le cas avec Nitocris qui semblait un peu surchargée avec sa protégée qui avait la bouche toute sale ainsi que sa serviette et ses vêtements qui étaient déjà complètement couverts de purée.
Soudain, à l’autre coin du réfectoire, deux gosses commencèrent à se disputer.

Gosse 1 : Arrête de mettre la purée sur mon assiette !
Gosse 2 :
C’est toi qui en mets sur la mienne !
Gosse 1 :
Même pas vrai, crétin !
Gosse 2 :
Je te dis que si !
Gosse 1 :
Je te dis que non !
Gosse 2 :
Tu m’énerves !
Gosse 1 :
C’est toi qui m’énerves !
Sorente :
Les enfants ! Calmez-vous ! Ce n’est pas le moment de vous disputer !
Gosse 1 (sourire) :
Vous avez raison…

Le garçon saisit un peu de purée avec sa main et la jeta à la figure de son camarade… Celui-ci le regarda d’un air choqué tout comme je l’étais et celui-ci fit de même. Tous les deux avaient à présent de la purée sur leur visage… Il fallait absolument que je les calme avant que ça n’empire !
Mais hélas, malgré mes efforts ,cela dégénéra ! Tous les enfants se mirent à se jeter de la nourriture les uns sur les autres. Sûria, Nitocris et moi nous tenions au milieu tentant de les raisonner. Mais il n’y avait rien à faire, ils nous écoutaient pas ! Mais que devions-nous faire pour arrêter ce fléau ?!!
 

Julian

La petite fille et moi retournions à la salle à manger, d’où provenait à ma grande surprise, un incroyable chahut. Je me demandais bien ce qui se passait et je pris la fillette dans mes bras comme pour la protéger. En ouvrant la porte, mon cœur faillit rater un battement lorsque j’aperçus ce panorama… Tous les enfants se jetaient de la nourriture comme pour une bataille de boule de neige, pendant que Sûria et Sorente se trouvaient au milieu tentant de diminuer les dommages. Ma pauvre Nitocris se tenait immobile au centre, les bras croisés et roulait les yeux. Mes amis étaient complètement recouverts de purée comme les enfants.

Julian (voix haute et autoritaire): Les enfants ! Arrêtez ! Hé ! Assez !

En entendant ma voix, les gosses s’arrêtèrent de suite à se darder de la nourriture. Ils étaient immobiles en train de me regarder avec de grands yeux. Et moi ?! Je sentais que j’allais exploser de rire en voyant mes amis dans un tel état ! Leur visage, leurs cheveux et leurs vêtements étaient recouverts de purée.
J’arrivais plus à me retenir et j’explosai devant mes amis qui n’étaient pas très content de ma réaction.
Nitocris, qui avait particulièrement de la purée risquant de tomber de son front, s’avança vers moi avec un sourire ironique.

Nitocris (souriante, cachant sa rage): Ha, ha… C’est vraiment drôle Jul… Dommage que tu n’aies pas subi le même traitement… Mais je peux y remédier…

Y remédier ? Que voulait-elle dire par là ?? Elle n’allait quand même pas… Oh non, Nitocris s’approcha dangereusement de moi. Alors que je tentai de me sauver, elle parvint à se coller et se blottir contre moi. Quelle force cette femme pouvait avoir… ! Après une bonne minute elle se sépara de moi avec encore une certaine rage, mais aussi avec une grande satisfaction. Mes vêtements et ma peau étaient à présent dans le même états que mes compagnons… Je n’étais pas spécialement ravi…
Sorente et Sûria étaient visiblement contents tout comme leur amie…

Sûria : Oh, voilà encore un grand garçon qui s’est sali…
Julian :
Berk… Vraiment dégoûtant…

Les enfants s’entre-regardèrent. Ils ne se sentaient pas vraiment meilleur que nous, mais ils commencèrent à rire en nous voyant tous dans cet état.
Nitocris, toujours rancunière, ne le pris pas du bon œil…

Nitocris (ton autoritaire et en rage) : Assez ! Regardez-vous… Allez, tout le monde sous la douche et que ça saute !!

Les gosses l’observèrent apeurés et lui obéirent sans rien dire.

Sorente : Nitocris, je crois que tu as été un peu trop dure avec eux…
Nitocris (retenant sa colère) :
Moi ?! Trop sévère ! Mais c’est vous qui êtes incapables de les tenir tranquilles… J’ai pas demandé à être recouverte d’aliments ! Maintenant, excusez-moi je vais prendre une bonne douche !

Sûria et Sorente me regardèrent, mais je leur fis signe de la laisser partir. Les enfants… ça n’a jamais été son truc…

Sûria : Ben… Je crois qu’elle a quand même raison… Nous sommes un peu trop mous avec les enfants…
Sorente :
Sûria ! Comment peux-tu dire ça ? Ce n’est pas en les frappant et en les insultant que nous les éduquerons… !
Sûria (énervée) :
Mais je n’ai jamais dit ça ! En plus, Julian et Nitocris n’ont rien fait de cela et ils ont quand même obéit !
Sorente (s’énervant) :
Mais… 
Julian (interrompant) :
Du calme !! Vous vous disputerez une autre fois car nous devons aider les enfants maintenant !


Nitocris

Ce que ces enfants sont chiants parfois ! Je n’avais qu’une seule chose en tête : prendre un bonne douche ! Le reste m’était égal, il restait Sûria, Sorente et Julian pour veiller sur eux… C’était quand même l’idée de Jul de s’occuper des enfants… Je l’aimais bien, mais parfois il avait des idées vraiment bizarres !
Après une demie-heure, je sortis de bonne humeur de la chambre destinée à Sûria et moi.
Tout était calme dans le couloir, mais je vis par la fente d’une porte que la lumière y brûlait. Il s’agissait de la salle de bain des filles.
La pauvre Sûria s’y trouvait toute seule avec les onze filles, en tentant de les aider à se sécher et à se vêtir… Elle me faisait de la peine…

Nitocris : Sûria, laisse-moi t’aider !
Sûria (lasse et reconnaissante)
 : Nitocris ! J’accepte volontiers ton soutien… Merci. Tiens, peux-tu aider cette petite fille, elle a quelque difficultés…

Je m’approchai de cette fillette et je vis qu’il s’agissait de cette petite qui avait demandé à Jul de l’accompagner aux toilettes. Je devais avouer qu’elle était adorable avec ses petits yeux gris de souris et ses courts cheveux noirs. Elle était encore toute nue et tentait de s’essuyer avec une serviette, mais bien maladroitement.

Nitocris (s’agenouillant et douce) : Je vais t’aider… Comment tu t’appelles ?
Fille (timide) :
Ceara…
Nitocris :
C’est un très joli nom et quel âge as-tu ?
Ceara (montrant des doigts) :
Trois ans et demi !
Nitocris :
Mais t’es déjà grande dis-moi ! Je vais te montrer comment te sécher comme une grande !

Ceara se mit à rigoler… Elle était si mignonne… Quand je fus aux jambes, elle se pencha vers moi et prit une mèche de mes cheveux en commençant à s’amuser avec… Puis, sa main glissa par hasard sur ma poitrine et je l’enlevai parce qu’elle me dérangeait.

Nitocris (rires) : Ma chère fille, pas tout le monde à droit d’y toucher !
Ceara :
C’est quoi ? C’était doux…
Autre fille :
Ce sont des nichons !
Sûria (choquée) :
Mais c’est quoi ce langage !
Fille :
Quoi, j’ai dix ans moi !
Nitocris (pouffant ):
Possible, mais il y a d’autres qui sont plus jeunes que toi, alors prend garde !
Ceara:
C’est quoi des nichons… ?
Nitocris :
C’est la même chose que tu as… Tu vois ces points roses sur ton torse… Ben, ils vont pousser lorsque tu auras mon âge…
Ceara (étonnée) :
Et ils seront aussi grands que les tiens ?!

Sûria, qui avait presque terminé sa partie éclata de rires.

Nitocris : Peut-être que oui… Sûria, va prendre ta douche ! Je m’occupe du reste… Les enfants doivent être couchés dans trois quarts d’heures.
Sûria:
Merci pour ton aide !

L’heure du coucher arriva enfin, les filles furent conduites dans une salle avec plein de lits douillet. C’était une grande pièce avec trois grande fenêtres.

J’avais emmené les enfants dans leur chambre, mais Sûria n’était pas encore prête… Mais que pouvait-elle bien fabriquer ?!! Quand même, même moi je ne prenais pas autant de temps pour me doucher !!! J’allais quand même pas les mettre au lit toute seule…

Nitocris : Bien… Les enfants, tout le monde au lit, c’est l’heure !

A contre-cœur, les filles m’obéirent. Cependant, elles n’étaient pas prêtes à dormir.

Ceara : Je peux pas dormir… J’ai pas sommeil…
Filles :
Nous non plus…

C’était bien parti… Comment j’allais faire maintenant ? Les filles me regardaient toutes d’un air abattant…

Nitocris : Que diriez-vous si je vous chante une chanson ?
Filles :
Oh oui !! Une chanson !

Je réfléchis un moment… Me voilà dans le pétrin… Qu’irais-je leur chanter ? je ne connaissais que quelques chansons égyptiennes…. Et elles n’y comprendraient rien… Tant pis, j’allais en chanter une en italien !


Sûria

J’étais un peu en retard. Je me dépêchai donc de rattraper Nitocris et les filles. Soudain, j’entendis une merveilleuse voix en train de chanter quelque chose… Cette voix était si magnifique et envoûtante… Je me demandais bien qui en était l’auteur…
En ouvrant la porte de la chambre, je constatai avec étonnement qu’il s’agissait de Nitocris… J’ignorais qu’elle pouvait aussi bien chanter !
Je ne la dérangeai pas et la laissai finir.
Malheureusement, je n’avais pas l’impression que les enfants en étaient plus épuisés… Au contraire, elles semblaient plus éveillées !

Filles : C’était beau… Chante encore une chanson ! Allez !
Nitocris :
Mais… Vous devez dormir !
Sûria (la félicitant) :
Tu peux très bien chanter, mais ça n’aide guère les enfants à trouver le sommeil… Laisse-moi leur raconter une histoire !
Enfants :
Oui ! Une histoire !!

Je m’installai donc sur le lit d’une fille et je réfléchis un instant à ce que je pourrais raconter. J’avais pas trop d’idées… Tant pis, je me lançai dans le grand bain…

Sûria : Alors, il était une fois une chevalière qui était très courageuse, forte et brave. Elle avait une amie qui était une princesse, mais une jour,…
Nitocris (coupant la parole) :
Mais un jour, un immense et affreux Dragon enleva la princesse ! Alors le Roi, son père, dis à tout le mode que si quelqu’un sauverait sa fille de l’ignoble bête, il recevrait en récompense la princesse en mariage ! C’est alors qu’un beau chevalier décida d’aller sauver l’élue de son cœur…
Sûria (interrompant) :
Cependant, la chevalière qui est l’amie de la princesse, savait que celle-ci ne voulait pas se marier, alors elle décida aussi d’aller la secourir !


Sorente

Julian et moi étions enfin propres ! Nous étions allés à tour de rôle sous la douche, pendant que l’autre s’occupait de vêtir les enfants.
Maintenant, les enfants étaient tous installés dans leur lit, mais aucun n’avait envie de dormir… Heureusement que j’avais ma flûte… Dans des cas exceptionnels, elle m’était toujours utile.

Garçon : On veut une histoire ! Racontez-nous une histoire !
Sorente :
Je vais plutôt vous jouer un morceau sur ma flûte !
Autre garçon :
Oh… La flûte… Que c’est ennuyeux !
Sorente (sourire malicieux) :
Vous allez voir… Après vous dormirez comme des marmottes !

Je pris ma flûte contre mes lèvres et je commençai à souffler les premières notes.
Après quelques minutes, le dernier des neuf garçons sombra dans le pays des rêves. Julian, qui se tenait tout le temps à côté de moi, me regarda d’un air surpris.

Sorente : Je l’avais bien dit qu’ils dormiraient comme des marmottes…
Julian :
Oui… Peut-être que c’était vraiment trop ennuyeux pour eux…


Une heure après dans le dortoir des filles

Sûria

C’était impossible ! En regardant ma montre, je vis qu’on avait déjà passé plus d’une heure à raconter une histoire à ces gamines… Nitocris avait pris le relaie et se débrouillait plutôt bien, mais elles ne voulaient pas dormir… Pourtant, cela ne pouvait pas continuer ainsi…

Nitocris : … Alors le chevalier et la chevalière, décidèrent après de nombreuses batailles de joindre leurs forces pour venir en aide à la princesse, mais.. mais…
Sûria :
Mais alors que leur puissance semblait alors indestructible, le Dragon les observait dans sa boule de cristal et voyant cette alliance, il décida de leur tendre un piège diabolique…
 

Deux heures plus tard

Nitocris

Il était minuit… Jul et Sorente étaient déjà venus ici pour voir où nous en étions. Sorente avait proposé de jouer un peu de sa flûte „magique”, mais comme toujours la grande Sûria l’envoya balader, prétendant qu’on réussirait toutes seules…
Oui, peut-être, mais avec l’aide de Julian ça aurait été plus vite…
J’avais l’impression d’être éternellement en train de leur raconter l’histoire et elles demandaient vraiment à chaque fois comment ça continuerait… C’était trop…
Je me demande même comment on a fait pour inventer tant de conneries pendant trois heures…
Je sentis soudain que Sûria en devint lasse et je pris donc la relève en inventant quelque chose…

Ceara : Et après… Dis-nous ! Que c’est-il passé après ?
Nitocris (baillant) :
Ben après… le dragon… alors qu’il semblait être vaincu… il appela son grand frère pour qu’il lui vienne en aide ! Le Dragon grand frère arriva alors le plus vite qu’il pût et il arriva juste à temps pour barrer la sortie au chevalier, à la chevalière et à la princesse… Ils étaient pris au piège, mais…

Sûria faillit s’endormir à plusieurs reprises, alors je montai à chaque fois ma voix lorsque je la voyais  un peu trop fermer les yeux.
Après un temps qui me parut éternel, Sûria reprit l’histoire…
Ce n’est qu’à trois heures du matin que les filles s’endormirent enfin… et ça, uniquement par épuisement…
Moi, je pourrais dormir sur place… J’enviais les garçons qui étaient déjà depuis longtemps au lit…


Le lendemain matin

Sûria

Après une nuit de sommeil qui me parut très courte, j’ouvris péniblement mes yeux qui ne demandaient pas mieux que de se refermer. Bien que je fus à présent consciente, je restais cependant allongée dans mon lit un peu comme si j’attendais que quelque chose arrive pour me signaler que je devais me lever. Je tournai alors la tête en direction du lit de Nitocris pour voir si elle était déjà réveillée ou non et apparemment, je dus me rendre à l’évidence que j’étais la dernière à être encore dans cette pièce. Soudain j’entendis un bruit, quelqu’un était en train d’ouvrir la porte de la chambre ! Qui cela pouvait-il bien être ?!

Nitocris (épuisée, avec des cernes sous les yeux): Bonjour… Tu n’es toujours pas levée ma pauvre ? Moi aussi j’aimerais te rejoindre dans ce lit douillet… Mais, il est bientôt 8h30 et les enfants ont presque terminé leur petit déjeuner !
Sûria (fatiguée en se réinstallant confortablement dans son lit) :
Quoi !? Seulement 8h30 ?!
Nitocris (baillant):
Hélas oui… Ce n’est plus l’heure de dormir, même si on a raté quasiment une nuit entière ! Debout ma vieille !
Sûria (contrariée) :
Mais pourquoi donc le matin existe … ?

Sur ce, bien qu’encore étourdie, je fis l’effort de me lever et de me préparer à attaquer cette nouvelle journée ! Si Nitocris n’était pas restée là à me surveiller dans mes actions, je crois bien que je serais retournée de suite me coucher. Je dois bien avouer que je n’étais pas du tout du genre matinal, je préférais de loin faire des grâces matinées et même si j’étais une affamée de nature, les petits déjeuners n’ont jamais été ma tasse de thé. Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais ces repas de la journée me donnaient la nausée rien que d’y penser. Je me rattrapais donc dans le restant de la journée en grignotant par-ci par-là. Ce n’était pas très bien pour la santé et je le savais amplement mais que pouvais-je y faire si j’étais écœurée par les petits déjeuners ?!!

Sûria : Au fait, est-ce que les garçons sont réveillés depuis longtemps ?
Nitocris (amère):
Oh oui … ! Ils se sont mêm