Julian
Une semaine s’écoula depuis que
nous avons retrouvé Sûria. Hélas, nous étions toujours coincés dans cet hôtel
montagnard à cause de ma fracture à la main qui guérissait très lentement. Il
fallait donc patienter un peu et pendant notre séjour forcé nous profitâmes
pour nous relaxer. Nitocris avait commencé son
permis de conduire et avait déjà réussi la théorie. Aujourd’hui, elle avait sa
troisième heure de conduite. D’après son instructeur, elle se débrouillait un
peu mieux que la première fois. J’espérais que ma pauvre voiture,
fraîchement réparée, ne subirait plus un traitement pareil. Durant cette période de repos,
Sûria traînait quelque part dans les environs, tout comme Sorente. En ce moment, il se trouvait en
ma compagnie. Nous faisions une petite promenade à travers le beau parc de
l’hôtel, lorsque nous rencontrâmes le directeur.
Directeur : Ah !
Monsieur Solo et son ami Sorente ! Heureux de vous revoir. Comment va
votre fracture ? Julian : Bonjour Monsieur
Dupont. Ma fracture guérit peu à peu. Comment allez-vous ? M. Dupont : Fort bien… Un
peu stressé, mais ce n’est pas grave quand je pense à l’évènement qui va avoir
lieu. Sorente : Quel
événement ? M. Dupont : Ciel ! On
ne vous a pas encore invité ? Mon dieu, je suis impardonnable !
Excusez-moi ! Julian : Mais de quoi
parlez-vous, voyons ? M. Dupont : Et bien c’est
simple… Mon hôtel organise demain une magnifique soirée pour fêter son
anniversaire et les locataires sont invités ainsi que d’autres personnes importantes
! Je serais ravi si vos amies et vous pouviez venir ! Sorente : Ah.. Voilà
pourquoi je vois autant d’employés courir par-ci et par-là… Quel âge a cet
hôtel ? M. Dupont (fier) : 25
ans ! Puis-je compter sur vos présences ? Julian :
Certainement ! Nous nous ferons un plaisir d’y assister !
Le directeur nous salua une
dernière fois nous proposant un chauffeur au cas où nous aurions besoin d’aller
en ville acheter quelques affaires pour demain soir. Vraiment, c’était une personne
très agréable… Soudain, Nitocris accourut vers
nous. Apparemment, son heure de conduite était finie.
Sorente : Comment
était-ce ? Nitocris
: Oh très bien… L’instructeur dit que je ne suis pas un cas désespéré et
que j’apprends vite ! Julian : Tant mieux… Ma
pauvre voiture ! Nitocris (soupirant) :
Oh Jul… Sûria et moi t’avons fait mille excuses que veux-tu de plus ? Au
fait… Qu’est-ce que cet homme voulait de vous ? Sorente : Il s’agissait du
directeur de l’hôtel… Julian : Et il nous a tous
invités pour le 25ième anniversaire de son établissement, demain
soir ! Nitocris : Quoi ? Une
soirée chic ? Super !!! Cela faisait déjà longtemps que je n’étais
plus allé à ce genre de fêtes ! Je sens que je vais m’amuser… Spécialement
en m’occupant de Sûria ! Sorente (inquiet) :
Comment ça… Tu lui en as déjà parlé ? Que vas-tu faire ?! Nitocris (ton innocent) :
Rien de spécial… Je vais juste la conseiller… Et puis, je m’arrangerais pour
qu’elle dise oui… Mais… J’ai besoin de quelques magasins !! Julian : Ne t’inquiète pas
Nitocris… Monsieur Dupont, le directeur, nous a mis un chauffeur à notre
disposition. Nitocris : Super ! Je
vais chercher Sûria !
Sûria
Il
y a environ une demi-heure, j’étais assise sous un grand chêne en lisant
paisiblement un livre. Soudain, Nitocris arriva en
courant vers moi, très excitée et essoufflée… Elle voulait aller faire du
shopping pour demain soir et voulait m’habiller de façon plus féminine et sexy.
J’étais horrifiée par l’idée qu’elle voulait me transformer en traînée
moderne ! Je refusai catégoriquement !
Sûria (pétant le plombs)
: Non, non et non !! Je ne te laisserai pas me transformer en
pétasse ! J’irais avec mes habits habituels à cette soirée ! Nitocris : Mais Sûria…
C’est un événement spécial, tu peux pas y apparaître comme si tu venais de te
lever pour aller acheter des aliments surgelés au supermarché ! Sûria (déstabilisée) :
Alors… Je chercherais quelque chose de plus classe dans mon armoire… Ne
t’inquiète pas ! Nitocris
: Et Sorente ? Tu as déjà pensé à lui ?! Sûria (gênée) : Qu’y
a-t-il avec lui ? Nitocris (sourire
ironique) : Ecoute… Tu peux me raconter ce que tu veux, mais je sais que
vous êtes amoureux l’un de l’autre ! Sûria (se sentant
menacée) : Mais c’est n’importe quoi ?! D’où tu sors ces
sottises ?! Nitocris : Comme je l’ai
déjà dit, tu me diras ce que tu voudras, je ne te croirai pas… D’ailleurs ta
réaction est la meilleure preuve ! Donc… Si tu t’habillais de façon plus
féminine… Je parle pas de vêtements qui laissent apercevoir tes parties intimes
ou des trucs de ce genre, mais une belle robe élégante accentuant ta féminité,
crois-moi… Ce petit Sorente te mangera dans la main ! Sûria : Mais… Pourquoi…
C’est ridicule… Nitocris (posant son bras
autour de sa nuque) : Sûria… Tu as tout l’équipement nécessaire, il te
manque juste de lire le manuel d’instructions… Et comme tu n’as pas fait tes
devoirs, c’est moi qui serai ton instructeur.
Après presque une heure, elle
m’avait enfin convaincue de venir faire des courses avec elle. Nous prévîmes
les garçons de notre intention. Il était presque cinq heures
lorsque nous partîmes… Un peu tard, je me demandais si on aurait assez de
temps.
Sorente
Les filles étaient absentes
depuis environ deux heures et je commençais à m’inquiéter… Julian et moi étions
installés à la table de notre salon, attendant que les filles reviennent pour
commencer notre dîner et je craignais que celui-ci allait encore refroidir. Soudain, la porte s’ouvrit
laissant entrer Sûria, un peu épuisée, et Nitocris à bout de nerfs !
Julian (riant) :
Alors ? Comment s’est passé votre petit tour de shopping ? Sûria (fraîche) : Je
ne savais pas que c’était si difficile à trouver un habit convenant… Il faut
penser à un tas de trucs… D’ailleurs on y retourne demain ! Nitocris (grommelant) :
M’en parlez pas…
Sûria alla aux toilettes pendant
que Nitocris, visiblement exténuée, se laissa crouler sur sa chaise…
Sorente (inquiet) :
Est-ce que ça va ? Nitocris : Sûria est une
catastrophe… Elle se jette sur tout ce qui lui plaît ! Julian (perplexe) :
Euh… Et c’est si intolérable ? Nitocris: Non, bien sûr
que non… Moi, je fais pareil, mais je fais attention à ce que l’habit en
question me va bien et si il sert pour telle ou telle occasion. Mais Sûria…
Elle irait avec un joli maillot à une fête de cocktail… Sorente (ferme) : Je
crois que tu exagères un peu…
Après
quelques instants, Sûria revint et nous pûmes enfin dîner.
Jour suivant
Nitocris
J’avais
tiré Sûria du lit à dix heures du matin. Bien que j’étais de nature paresseuse
la matinée, elle me dépassait largement ! L’ayant convaincue d’acheter une
robe, nous partîmes aussitôt. En ce moment nous venions
d’entrer dans une autre boutique à côté de celle d’hier. J’avais tout de suite
flashé sur une robe ! Il s’agissait d’une robe turquoise, très élégante, sans
brettelles avec une longue fente dévoilant toute la jambe gauche ! Je la pris immédiatement pour la
contempler.
Sûria (yeux ronds) :
Wow… C’est une très belle robe… Tu la prends ? Nitocris : Peut-être bien…
(repensant à son amie) Et toi !? Que prends-tu ? Sûria (souriant et
choisissant une robe au hasard) : Oh… On verra… Peut-être celle-là… Nitocris (désespérant) :
Si tu veux ressembler à un bonbon dans son emballage, oui !
Je me mis à chercher un peu dans
les rayons tout en expliquant à Sûria :
Nitocris: Pour ce genre de
soirée, le mieux est de porter des robes qui s’ouvrent facilement par devant…
Un peu comme une chemise. Sûria : Qui s’ouvrent
facilement par devant ?? Mais pourquoi donc ? Nitocris (pensive) :
Et bien, parfois au cours des soirées il arrive qu’un homme… (se ressaisissant)
Non, oublie ce que je viens de te dire… Tu ne comprendrais pas !
Ma copine me regarda d’un air
curieux, mais je n’y ajoutai plus rien. Elle continua à me proposer des habits
assez jolis, mais pas vraiment faits pour ce genre de soirée. Et
puis soudain… Nous nous dirigions ensembles vers une robe et Sûria s’en
saisit !
Nitocris : Parfait !
Tu commences à comprendre… Sûria (rire) : Tu
vois, je ne suis quand même pas un cas désespéré !
Sûria entra dans une cabine
d’essayage. Après quelques minutes, elle en sortit légèrement rougie, revêtue
d’une jolie robe noire, sans bretelles, terminée aux genoux par quatre
triangles. Au niveau du nombril se situait un trou en forme de losange laissant
apercevoir généreusement son abdomen ! Toutes les bordures étaient brodées
de rouge. Avec cet habit, mon amie était
élégante ainsi que sexy !
Sûria : Tu ne trouves pas
que la robe est un peu… Dénudant ? Nitocris : Mais non,
voyons ! Si tu veux attraper Sorente dans tes filets, il faudra que tu commences
à lui montrer un peu ce que tu as ! Sûria (gênée et énervée)
: Mais je ne veux pas de cet abruti !!
J’avais décidé d’ignorer ce
commentaire… Après tout, cette nuit parlerait pour elle ! Nous rentrâmes à l’hôtel après un
bon déjeuner dans une petite pizzeria. Maintenant, connaissant Sûria, je devais
y passer toute l’après-midi pour la préparer !
Sorente et Julian se demandaient
ce que nous avions bien pu faire toute la matinée, mais ils étaient enfin
soulagés que nous avions trouvé une robe pour chacune.
Nitocris : Bon, les
garçons… Sûria ! Je ne veux pas vous gêner, mais Sûria et moi devons nous
préparer pour la soirée ! Garçons & Sûria :
Quoi ?! Déjà ?? Julian : Nitocris, tu
exagères… Sûria n’est quand même pas bête et il n’est que deux heures ! Nitocris : Je n’ai jamais
dit que Sûria est bête, mais il y a d’autres choses à faire que de mettre une
robe et de se coiffer ! Il y a aussi l’avant préparation… Allez viens
Sûria !
Elle se leva lentement en lançant
un regard de détresse à Sorente.
Nitocris : Allez, ne
t’inquiète pas ! Tu verras ton Sorente chéri ce soir ! Sorente & Sûria (criant) :
Arrête de dire ces conneries !
Sûria
Je
suivis mon amie, ignorant ce qu’elle voulait faire. Arrivées dans une salle de
bain, Nitocris m’indiqua le bord de la baignoire. Je m’y assis sans trop savoir
ce qui allait se passer, lorsqu’elle me souleva soudainement un peu le
pantalon.
Nitocris : C’est bien ce
que je pensais… Cela fait un moment que tu ne t’es plus épilée, hein ?! Sûria (gênée) : Et
bien… Depuis que mon Général est venu me chercher chez moi… Je n’avais plus le
temps à ça…
Mais
qu’est-ce qu’on était en train de causer ?! Quelle conversation
ridicule et sans intérêt ! C’était vraiment un truc de
poufiasse ! Bon, d’accord… ma pilosité était visible mais ça ne me gênait
pas du tout. Mon
amie me demanda d’enlever le pantalon et je suivis son conseil pour lui faire
plaisir. En me baissant pour prendre le pantalon, mon regard tomba par
hasard sur ses jambes.
Sûria : Tu peux parler
toi ! Les tiens aussi ne sont pas invisibles ! Nitocris (rire) :
Cela fait environ trois semaines ! J’ai apporté de la cire ! Sûria (saisissant ses
jambes pour les protéger) : Mais tu es malade ?! Seulement les
masochistes s’épilent avec de la cire !! Nitocris (éclatant de
rire) : Je pensais comme toi au début, mais après l’avoir fait plusieurs
fois, je trouve que c’est mieux car les poils ne repoussent pas si vite et il y
en a de moins en moins ! En plus, c’est une cire égyptienne. Elle colle
uniquement aux poils et hydrate la peau… Comme dans les temps anciens, cela
fait beaucoup moins mal !
J’hésitai énormément et Nitocris
commença à épiler ses propres jambes, me laissant le temps de voir et de me
décider.
Quatre heures plus
tard
Nitocris
et moi étions allongées dans notre chambre avec un masque sur le visage pour
nettoyer les pores. Ce que je me trouvais bête, mais totalement bête !!!
C’était uniquement pour lui faire plaisir que je voulais bien me comporter
comme une dinde ! On
avait parlé de tout et de rien et elle m’avait donné un petit cours de trente
minutes comment me tenir auprès de la haute société. Ce que c’était chiant et
inutile !!!! Concernant l’épilation !
J’avais catégoriquement refusé ! Sous la déception de Nitocris, j’utilisai
un simple rasoir qui traînait dans mes affaires. Il n’était pas question que je
me soumette à cette mentalité de cruche ! Mon amie proposa de faire une
sieste pour être en pleine forme ce soir. Mais je n’en fis rien en préférant
terminer mon livre de l’autre jour.
Nitocris (sursautant) :
Il est presque six heures ! Nous devons rincer le masque et commencer à
nous préparer ! Sûria (tirant la tête) : Ce
n’est pas trop tôt !!!
J’étais étonnée que nous devions
nous préparer si tôt, mais je suivis Nitocris sagement, lui faisant confiance.
Après tout, elle avait plus d’expérience dans ce domaine que moi bien que je ne
sois pas d’accord avec ses méthodes. Après une dizaine de minutes,
elle m’installa confortablement sur une chaise devant une petite commode avec
miroir.
Nitocris : Hum… Que
dirais-tu d’un chignon classique avec quelques boucles qui pendent sur le
côté ? Sûria (sur un ton
désintéressé) : Je ne sais pas… Je ne connais pas cette coiffure !
Elle commença à peigner mes
cheveux et à onduler avec un appareil emprunté à l’hôtel. Elle avait du talent,
car elle ne me faisait pas du tout mal et effectuait son travail avec
dextérité, mais je doutais du résultat… Après une quinzaine de minutes, ma
coiffure était terminée.
Nitocris (fière) :
Alors ?! Qu’est-ce que tu en dis ? Sûria (sceptique) :
Je ne sais pas… je n’aime pas trop… On dirait que j’ai une tête trop
grande !
Elle soupira courtement et défit
tout pour tenter autre chose. Durant une demie heure, elle avait essayé deux
coiffures que je n’aimais pas et je lui proposai donc de se simplifier la vie.
Sûria : Pourquoi ne
puis-je pas porter mes cheveux détachées comme toujours ou en queue de cheval ? Nitocris (se massant les
tempes) : Parce que c’est trop banal ! J’aimerais que tu aies l’air
d’une vraie princesse pour au moins un soir… ça te fera un joli souvenir !
Une
princesse ??!! Berk !! Quelle idée absurde !! S’il y avait bien
une chose que je détestais, c’était
les barbies !!
Sûria : Pffff… dans ce cas
que dirais-tu de me faire deux boules de riz ? Nitocris : Quoi ?!
J’expliquais à Nitocris de quelle
coiffure il s’agissait, parce qu’elle avait cru que j’avais faim… Pour dire la
vérité, j’avais réellement un petit creux… En s’épilant les jambes avec cette
cire jaune, elle m’avait donné une envie de miel… Nitocris
prit une vingtaine de minutes pour me faire cette coiffure, à laquelle elle
avait ajouté une note personnelle, puisqu’elle avait eu des difficultés à
maintenir les deux petits chignons sur ma tête. A partir de ces boules de riz,
mes longs cheveux retombaient simplement comme des couettes et de chaque côté
de mon visage, elle avait laissé une mèches Personnellement,
je me trouvais particulièrement ridicule mais je ne dis rien pour ne pas
la vexer d’avantage.
Nitocris (extenuée) :
Ouf… Voilà ! Il ne me reste plus qu’à te maquiller ! Sûria : Me
maquiller ?! Mais je ne me maquille jamais ! Je ne veux pas de
peinture sur mon visage !!! Nitocris (regardant
sur sa montre) : Je t’en prie ne discute pas ! Il est déjà sept
heures ! Le banquet va commencer dans une heure et je dois me préparer
également !
Mon
dieu c’est vrai ! Elle aussi devait encore se préparer ! Je l’avais
tellement occupée qu’il ne lui restait plus beaucoup de temps. Avant de me
maquiller, elle m’ordonna de mettre ma robe que j’aurais dû mettre avant
qu’elle ne me coiffe. Elle veilla à ce que je ne ruine pas la coiffure et me
mit une serviette sur le décolleté pour ne pas salir la robe avec les poudres
et autres trucs absurdes de ce genre.
Nitocris
J’avais
essayé au moins cinq maquillages différents en vingt-cinq minutes, mais rien ne
lui plaisait. Elle n’arrêtait pas de me dire que c’était trop et qu’elle avait
l’air d’une pute. Je
sentais la colère monter en moi… Je devais encore me préparer et mademoiselle
faisait ses caprices ! Je commençais à en avoir marre et je me demandais
sérieusement ce qui m’avait poussé de lui proposer mon aide ! Je
devais démolir quelque chose… je me retournais et mon poing heurta une petite
table en bois massif.
Sûria (étonnée)
: Pourquoi as-tu fait ça ?
Nitocris (énervée)
: Je préfère cogner une table sans défense que la personne qui m’énerve
pour me clamer sans remords !!
Sûria :
Désolée, j’ignorais que je t’avais énervée autant…
Nitocris :
Comment ça ?! Mais c’était l’évidence même avec un personne si
insuportable que toi !!!
Sûria
(soupirant) : Pourtant…. Depuis tout à l’heure… je fais des efforts
pour te faire plaisir !
Nitocris :
Ce n’est pas du tout l’impression que tu m’as donnée !
Sûria :
Que veux-tu que je te dise ? Je n’y peux rien si tu m’a forcée la main
pour bien paraître devant mon supérieur !!
Nitocris (calmée)
: Au moins, tu avoues enfin que c’est pour Sorente !
Sûria (impassible)
: Ne rêve pas ! C’est juste par curiosité ! (sourire) Bon
vas-y, je te fais confiance ! ça serait vraiment idiot de ma part de ne
pas te faire confiance alors tu es une spécialiste dans le domaine de la
mode !
Nitocris
: Merci… Mais n’exagère pas ! je suis pas vraiment une spécialiste,
mais je sais plutôt conseiller aux gens ce qui leur vont bien ou pas…
Je
me décidai donc pour les couleurs blanc et doré. C’était à la fois discret et
visible. En plus, ça lui allait bien avec sa robe. Comme rouge à lèvres
j’utilisai du pourpre que j’adoucis avec un peu de brillant à lèvres.
Elle
se regarda dans le miroir et finit par sourire même si je ressentais que
c’était à contre-cœur.
Sûria
: C’est très joli en fin de compte… merci beaucoup Nitocris… Aussi pour ta
patience !
Nitocris (regardant
sa montre) : De rien… Pour mettre tes chaussures, il ne te faut pas
d’aide ! Il me reste vingt-cinq minutes pour me préparer !!
Sûria
sortit et vit que les garçons étaient déjà partis, donc elle s’assit dans le
salon en attendant que je finisse. C’était très gentil de sa part.
J’enfilai
ma jolie robe turquoise avec hâte, ainsi que mes sandales dorées. Puis, devant
le miroir, je réfléchis quelque instants à une coiffure élégante … C’était
vraiment pratique d’avoir des cheveux bouclés… j’ouvris un tiroir qui était
rempli de petites pinces dorés… Parfait ! Je pris mes cheveux en mèches et
les ajustais sur ma tête en prenant soin de laisser des mèches le long de mon
front et des côtés !
Pour
le maquillage, j’étalai beaucoup de fard à paupières doré et je traçai un long
trait noir. Pour mes lèvres, j’avais utilisé un rouge à lèvres de couleur
pêche. Pour couronner le tout, j’enfilai un bracelet doré en forme de cobra à
mon avant-bras gauche.
Il
était huit heures moins cinq… Wow, j’avais réussi en un temps record !
En
sortant de ma chambre, Sûria m’a fait remarquer que je ressemblais à une vraie
reine égyptienne.
Julian
Je
me demandais ce que les filles pouvaient bien faire ! Le directeur de
l’hôtel allait bientôt ouvrir le banquet et elles n’étaient toujours pas là.
Quand
le directeur, s’avança vers la podium, Sorrente me donna un petit coup de
coude, m’indiquant l’entrée principale, et à mon soulagement, c’était les
filles ! Elles se précipitèrent vers nous en s’excusant du retard. Je
devais avouer, qu’elles ressemblaient à deux déesses sorties tout droit de
l’Olympe !
D’ailleurs,
d’autres hommes étaient de mon avis, car ils n’arrêtaient pas de dévisager mes
deux amies. Sorente me semblait bien jaloux tout d’un coup.
Le
directeur commença son discours, c’est pourquoi tous se retournèrent vers lui.
Nitocris se trouvait devant moi et j’en profitai pour lui murmurer à l’oreille.
Julian
: Tu es très belle ce soir… Même si je ne connais pas Cléopâtre en
personne, je suis tenté de te dire que tu es aussi belle qu’elle !
Nitocris
: Vieux charmeur ! Cléopâtre n’était pas si belle que ça, mais elle
était dotée d’une grande intelligence qui lui donnait un charisme
spécial !
Julian
: Peu importe… Tu es belle… J’espère que tu me promets la première danse ce
soir !
Nitocris (sourire)
: Comme au bon vieux temps… Très bien, je suis curieuse de te voir en
action !
Entre-temps,
la petite fête avait enfin commencé. Sûria s’était rendue près du buffet pour
se servir à boire et Sorente, cet idiot, restait planté là au lieu d’aller vers
elle pour lui dire à quel point elle était belle ! S’il ne le faisait pas,
d’autres ne se laisseraient sûrement pas prier deux fois !
L’orchestre
débuta avec une douce mélodie et les premiers couples se rendirent sur piste,
Nitocris et moi y compris.
Je
continuais d’observer mes deux amis, tout en dansant avec ma cavalière.
Soudain, une horde d’hommes en smoking se retrouvaient rassemblés au buffet.
Ils étaient autour de Sûria comme des abeilles autour de leur reine.
Ils
n’arrêtaient pas de lui faire des avances, mais celle-ci se sentait visiblement
mal à l’aise. Sorente quant à lui, était terriblement rouge et tentait de se
concentrer sur la musique.
Quelques
instants plus tard, je vis Sûria renvoyer tous ces princes charmants voir
ailleurs sur un ton assez agressif je dois avouer.
Soudain,
ma partenaire, qui observait nos deux amis, tout aussi intéressée que moi,
soupira longuement.
Nitocris
: Mais qu’est-ce qu’ils foutent ? Si ça continue ainsi, ils se
rassembleront jamais !! Il faut que j’intervienne !
Julian
: Tu es sûre que c’est une bonne idée ? Il serait peut-être mieux de
les laisser faire…
Nitocris
: Vraiment !? depuis combien de temps se connaissent-ils ?
A
vrai dire, je l’ignorais… Sorente ne me l’avait jamais dit, mais soudain un
chiffre sortit presque machinalement de ma bouche, sans que j’y puisse faire
quelque chose.
Julian
(surpris) : Environ deux ans.
Nitocris
: Tu vois et ils ne se sont jamais embrassés… Jamais des mots de tendresse…
Niente ! Je crois que les deux ont besoin
d’une bonne fée qui les aide un peu…
Une fois le premier morceau terminé,
Nitocris en profita pour aller voir Sûria qui se trouvait un peu maladroitement
près du buffet.
Nitocris (tendue) : Mais… Arrête de t’empiffrer avec
ces trucs tout le temps !
Sûria (bouche pleine) : Mais, ches chi bon !!
Goûte !
Nitocris me semblait tout d’un coup
prête à se ruer sur elle.
Sûria (réalisant) : Oups… Désolée… On ne parle pas la
bouche pleine… mais ces petits amuses-gueule sont si bons…
Nitocris (goûtant) : C’est vrai… Ils sont vraiment
délicieux… (se ressaisissant) C’est pas l’important ! Tu vois
Sorente ?! Ben, je vous trouve assez loin l’un de l’autre ! Et
pourquoi tu as renvoyé ces charmants jeunes hommes ?
Sûria : Je n’aime pas les hommes prétentieux et qui me
tournent autour comme si j’étais faible. Concernant mon Général, ça ne regarde
que lui s’il veut me faire un compliment ou non.
Nitocris (se massant la tête) : Mais ça serait le moyen idéal de le
rendre jaloux et de le provoquer. Ainsi il viendrait vers toi et te
parlerait !
Soudain, un beau jeune homme passa
par hasard à côté d’eux et Nitocris le salua.
Nitocris : Bonsoir… Comment allez-vous ?
Je m’appelle Nitocris et voici mon amie Sûria.
Homme (intéressé) : Bonsoir, moi c’est Alexandre.
Nitocris : Bien… Alexandre, je dois retourner
vers mon partenaire, je compte sur vous pour amuser mon amie !
Et elle partit en ma direction. Je
me demandais bien ce qu’elle avait dit à ces deux-là… Pendant ce temps, j’avais
essayé de découvrir pourquoi Sorente n’allait pas lui parler. Il ne m’avait pas
dit grand chose, mais je crois que le fait de voir Sûria aussi rarement
féminine lui avait complètement grillé le cerveau…
Sûria
Ce jeune homme que Nitocris avait
piqué au hasard, ne cessait de parler comme un idiot. Je dois avouer
qu’il était très beau et charmant, mais je n’avais vraiment pas envie de
discuter avec lui. En fait, je préfèrerais plutôt combattre contre mon
Général Sorente afin de m’entraîner… Je n’étais pas habituée à ce genre
de vestiaire et je commençais à avoir mal aux pieds à cause de ces chaussures
au talon affreusement haut.
Alexandre : … D’où venez-vous ?
Sûria (secouant la tête) : Pardon ? Excusez-moi, je ne
vous ai pas entendu…
Alexandre : Je vous demandais d’où vous venez
et ce que vous faites dans la vie.
Sûria : Ah… Et bien je viens de la Suisse et je
travaille en tant que… Je suis un guide de montagne !
Alexandre (excité) : Sérieux ? Ca tombe bien, je
travaille dans une agence immobilière et mon équipe et moi voulons faire un
tour dans les montagnes suisses ! Voulez-vous être notre guide ?
Sûria (tête dans les nuages) : Hein ? Pardon, je n’écoutais
pas.
Alexandre (rire) : Et bien, on peut dire que vous
aimez voyager avec les pensées…
Sûria : Je suis désolée, mais je crois que vous ne
faites que gaspiller votre temps avec moi… Votre présence auprès de moi commence
sérieusement à m’énerver et je suis certaine que dans cette salle, il y a
beaucoup d’andou… de femmes qui rêvent d’un type comme vous…
Alexandre : Vous n’êtes pas intéressée… Sûria : Aucunement !
Les oiseaux de votre espèce me dégoûtent !
Alexandre partit quelque peu
outré et tristement. C’était bien fait pour lui ! Il n’avait pas à me
considérer comme les autres dindes qui traînent dans cette pièce. Quant
à moi, je n’en pouvais plus. Il fallait que je m’assoie. Je jetais un coup
d’œil discret à mon Général qui discutait encore avec Julian. Ce dernier semblait un peu
insister sur un sujet, mais Sorente resta stoïque. Je me demandais bien de quoi
ils parlaient… Soudain, une ombre m’obscurcit la vue.
Sûria : Ah,
Nitocris ! Alors, comment était la danse avec Julian ? Nitocris : Pourquoi tu es
assise dans ce coin sans compagnie masculine ? Sûria : Parce que j’ai
terriblement mal aux pieds et que je n’ai nullement envie de causer avec des
types pédants… Je veux simplement qu’on me laisse tranquille ! Nitocris : Mais on le
tenait presque ! Julian et moi avions remarqué qu’il devenait de plus en
plus jaloux, surtout aux moments où Alexandre te touchait l’épaule ! Sûria (pensive) : C’est
vrai que j’aurais dû le frapper à ces moments… Nitocris (continuant sans
tenir compte de cette remarque) :…Encore un peu et il serait venu…
Allez, on te cherche quelqu’un d’autre… Oh ! En voilà un qu… Sûria
(énervée) : Arrête ! J’en ai marre que tu traînes dans mes pattes !
Laisse-moi tout simplement tranquille !!!
Et
je partis par la porte de la véranda. Il fallait que je prenne un peu d’air
frais. Je n’en pouvais plus, j’étouffais à l’intérieur et j’en avais assez que
les hommes me regardent en bavant !
Julian
La
tentative de Nitocris avait échoué. Je ne devais pas être un voyant pour
prévoir ce qui allait se passer … Je n’aimerais pas échanger ma place avec
celle Sorente en ce moment car en voyant Nitocris se diriger vers nous, je sus
qu’il allait passer un très mauvais quart d’heure !
Nitocris (enragée)
: Je peux savoir à quoi tu joues exactement ?!!
Sorente (surpris)
: Je… Que veux-tu dire par là ?
Nitocris (se
contrôlant pour ne pas exploser) : Il y a là une ravissante jeune femme qui
craque pour toi… Elle est particulièrement belle ce soir et tu ne trouves rien
de mieux que de rester dans un coin isolé ??
Sorente
: De quoi parles-tu ? Qu’est-ce que tu attends de moi ?
Nitocris (pétant
les plombs) : Mais qu’est-ce qu’on ne doit pas tout entendre comme
conneries !! Tu l’aimes, elle t’aime… Elle attend pendant toute la soirée
que tu la rejoignes et que tu lui dises à quel point elle est belle et
toi ? Tu restes ici, jouant le timide et tu ne l’as même pas invité
danser !!!
Sorente (énervé
d’être engueulé) : Je ne comprends pas ce que tu attends de moi ! Tu
veux peut-être que je m’agenouille devant elle pour lui acclamer mon
amour ?!
Nitocris
(ironique) : Ben, ça serait déjà un très bon début ! Tu vois que tu as
des idées ?!
Sorente (hors
de lui) : C’est complètement absurde !!
Nitocris (s’approchant
de lui énervée) : Je vais de dire ce qui est absurde ! C’est à quel
point tu es bête et con de laisser passer un tel moment entre les mains !
C’est un soir idéal pour lui faire la cour et tu ne bouges pas un seul
doigt !
Alors
que moi, j’ai passé une journée entière à convaincre et à re-convaincre Sûria
de s’habiller comme ça, uniquement pour toi ! As-tu une seule idée combien
d’efforts cela m’a coûtée ?? Il est totalement absurde que Sûria ait aussi
fait des efforts que toi, tu as ignoré !
Sorente
était de plus en plus pris par les remords. Je voyais bien qu’il regrettait
profondément ce qu’il s’était passé, mais il ne savait pas quoi répondre.
Soudain,
comme piqué par un moustique, il sortit hâtivement par la même porte que Sûria.
Sorente
Au départ, dans cette obscurité,
je peinais à m’orienter, mais rapidement je pus me diriger sans problème. Je
recherchais Sûria dans le parc afin de lui dire ce que je pensais vraiment.
Mais à ma surprise, ce ne fut pas moi qui la retrouva errante dans la nuit,
mais elle qui me rejoignit d’un air inquiet et sérieux.
Sûria : Mon Général
Sorente ! Il y a quelque chose d’étrange depuis un moment. Sorente : Que veux-tu
dire ? Sûria : Ne
ressentez-vous pas des présences étrangères ? Sorente (attentif) :
Si ! Tu as raison ! Il y a deux Chevaliers dans les parages et leur
cosmo-énergie ne m’est pas inconnue ! Sûria : Vous les
reconnaissez ? Sorente : Je ne suis
pas certain, mais si je ne me trompe pas il s’agirait de ces combattants
recherchant la capture de Nitocris ! Nous n’avons plus une minute à
perdre ! Nous devons impérativement rejoindre Julian et Nitocris pour les
prévenir du danger qu’ils courent !! Sûria : Tout de suite
mon Général !!!
Nitocris
Quelle soirée !! C’était
particulièrement fatiguant et déprimant d’expliquer ardemment à deux personnes
de se rapprocher affectueusement pour finalement les voir jouer aux
sourds-aveugles. Afin de me remettre les idées en
place, j’allais boire quelque
chose au buffet. Mais à ma grande déception, il n’y avait plus de verres
pour me servir…Moi qui était si assoiffée, quel dommage.
Individu (aimable avec un
verre dans la main) : Bonsoir mademoiselle, voudriez-vous un verre de
Ponge ?
Je ne savais pas pourquoi, mais
cette offre ne me disait rien. Ce type… j’avais la sensation de
l’avoir déjà rencontré quelque part. Ses cheveux courts étaient blonds et érigés comme des flammes et ses yeux
coloraient d’un vert particulièrement clair et il portait un costard
cachant sa musculature Après l’avoir dévisagé parmi les invités, je
remarquai rapidement un autre individu intéressé par ma présence. Ses cheveux
noirs, ses yeux succins et son nez d’aigle me rappelaient également quelqu’un. Je me sentais piégée et c’est
alors de ma lanterne s’illumina. Je m’en voulais d’ailleurs de ne
pas les avoir reconnu plus tôt, il s’agissait de mes poursuivants. Il fallait
impérativement que je me dégage de ce guêpier, mais comment faire ? Je ne
pouvais pas les attaquer en public et encore moins essayer de me défiler car
ils ne cesseraient de me harceler. En fait, ils auraient réussi à
m’enlever si je ne m’en étais pas méfiée. En effet, il y avait un somnifère
qu’ils ont subtilement glissé dans ce verre. Soudain, des personnes arrivèrent
en courant dans la salle attirèrent l’intention de tous. Je profitai alors de
ce moment pour le tourner à mon avantage. Comme aucun invité ne faisait
attention à moi, je pris rapidement les mains de mon empoisonneur pour les
mettre sur ma poitrine.
Nitocris :
Au secours !!! ... Ce pervers veut me violer!!!
Tous les regards
se tournèrent vers nous et je continuai ma comédie sous l’incompréhension de
mon partenaire qui ne comprenait pas le rôle qui lui était forcé de jouer.
Nitocris : Mon
dieu !! C'est affreux !!! J'ai peur !!!
Je terminai ma mise en scène en
donnant une belle claque avec toute ma force de guerrière afin de lui laisser
un excellent souvenir. J’étais fière de voir du sang couler de sa bouche.
Ensuite, pour l’acte final, je me réfugiai dans les bras de Jul en jouant la
pauvre petite recherchant un réconfort après cette humiliation.
Un silence grandiose et tendu
envahit la salle. Tous étaient sous le choc, même Julian. Mais apparemment en
voyant le sourire enjoué de Sûria et Sorente, je pouvais conclure qu’ils
avaient compris ma comédie.
Sûria
J’étais soulagée de revoir Julian
et Nitocris indemnes. Mais surtout, ce qui me ravit, c’était le magnifique
stratagème de Nitocris. Maintenant c’était mon tour d’entrer en scène et mon
supérieur eu sans doute la même pensée que moi.
Sûria : Espèce de
pervers !!! Je vais t’apprendre à maltraiter mon amie !!!
En simulant une fausse colère, je
lui assenai un violent coup de poing dans le ventre qui le propulsa à terre.
J’étais contente de moi, mais je restais toutefois sur le pied de guerre, prête
à agir à tout moment. Mais un acteur imprévu s’incrusta sur scène en se
précipitant sur ma victime.
Complice :
Hares !! Est-ce que ça va ! Hares (crispé et tenant
douloureusement son estomac) : Ne t’inquiète pas Elias, ce n’est pas une
minable attaque qui va me mettre hors service.
Sorente
Me voilà donc renseigné, le blond
se nommait Hares et son complice Elias. Nos deux intrus n’allaient plus faire
long feu car à présent le rôle de leur personnage touchait à sa fin. Cependant, leur regard me
prouvait soudainement le contraire. Le jeune homme agressé par mon second, prit
de colère, l’attaqua à son tour. Sûria anticipa son assaut en stoppant à main
nue son coup de pied à la lune et elle profita de son emprise pour le propulser
une nouvelle fois. Hares retomba très agilement sur ses jambes et sans
attendre, il poursuivit par un nouvel assaut d’une telle vélocité que je
craignais pour mon second. Il fallait que j’agisse ! Mais je n’avais plus
le temps de m’interposer ! Que faire ?
Nitocris
Ce n’est pas possible !
Sûria allait se faire buter et bien qu’elle s’était mise en position de
défense, elle allait subir de lourd dommages !! Etonnement, elle n’eut quasiment
rien malgré la charge impressionnante d’Hares. Je ne comprenais pas du
tout ce qui venait de se produire jusqu’à ce que j’entende un bruit métallique.
C’était une flûte brisée en deux. Sorente venait en fait de secourir son second
en projetant son instrument sur Hares pour l’obliger à porter son attaque sur
le projectile que sur sa cible de base. Julian et moi étions soulagés et
le Général de la Sirène maléfique se pressa de rejoindre son bras droit. En les
voyant ensemble avec ce même regard déterminé, ils ressemblaient à deux
personnes indestructibles qu’aucune force ne pouvait les ébranler. C’était la
toute première fois que je voyais une telle harmonie entre eux.
Hares (enragé) : C’en
ai assez, je vais vous démolir tous les deux !!! Elias (retenant son
camarade) : Cela suffit à présent !!! Retirons-nous, sinon les
choses vont s’empirer et même s’avérer désastreuses et ce n’est absolument pas
notre but !!! Hares : Mais.. ?
grrrrr !!! Elias (à voix basse) :
Ce n’est vraiment pas le moment de commencer un combat de cette envergure
maintenant où se trouvent des innocents… Par ailleurs nous risquerions de la
blesser et nous avons juré de lui faire aucun mal… Hares : Très bien, je
renonce pour cette fois !!! Mais vous deux ! Ne pensez pas que je
vais vous laisser une fleur pareille la prochaine fois !!!
Julian
Sur ce, ils partirent tout aussi
rapidement qu’ils étaient arrivés. Heureusement que le plus âgé des deux était
raisonnable. D’ailleurs je me demandais soudainement s’il s’agissait bien d’un
viol avec tout cela.
Julian : Est-ce que
ça va Nitocris ? Nitocris (se blottissant
contre Julian) : Oui puisque tu es là… Julian : Tant mieux…
Je me dirigeai à présent vers
Sûria et Sorente ramassant les morceaux de la flûte. Sorente tenait tellement à sa
flûte… et je ne sais pas pourquoi, mais j’avais fort l’impression qu’il
s’agissait là d’un sacrifice bien plus grand que je ne pouvais imaginer.
Julian : Vous allez
bien vous deux ? Rien de grave ? Sûria : Moi je vais
très bien… Sorente : Moi
aussi ! Sûria (un peu
mélancolique) : Je suis désolée pour ta flûte Sorente… C’est à cause de moi
qu’elle s’est brisée. Pardonne-moi ! Sorente : Ne dis pas
ça ! Je préfère de loin que se soit mon instrument qui se soit cassé que
toi blessée !! Sûria (rougissant un
peu) : Je… je suis très honorée… mais j’aurais juste encaissé quelques
bleus… j’estime vraiment que ton sacrifice n’en valait pas la peine ! Sorente : Tu te
trompes, si je n’avais pas agi ainsi, j’aurais été indigne d’être ton su… ton
ami !!! Julian : Allons,
allons… Vous n’allez pas faire un cirque pour une flûte traversière ? Nitocris : Oui !
Jul a raison et puis ça se rachète un flûte ! Julian : Tout à
fait !
Malgré nos paroles pour les
rendre un peu plus gais, ils restèrent quelque peu taciturnes. Cela me
prouvait que cette flûte avait une importance que j’ignorais totalement que
seuls ces deux-là savaient. De toute manière, réjouis ou non,
la soirée n’allait rapidement se terminer avec ce qui vient de se passer.
D’ailleurs l’hôtelier faisait tout son possible pour calmer ses invités. De notre côté, nous allâmes tous
les quatre faire un tour sur la terrasse pour nous changer les idées.
Nitocris
J’étais ravie de respirer un peu
d’air frais mais quelque chose m’agacer. En effet c’était toujours le point
mort entre Sorente et Sûria. Cette situation m’énervait tellement que je me
demandais si je ne devais pas en pousser un sur l’autre pour qu’ils ressemblent
au moins trois secondes à deux amants !! Il fallait que j’agisse ou sinon
j’allais péter un câble ! … Réfléchis, réfléchis… Impossible ! Rien de me
venait à l’esprit ! Apparemment c’était aussi le point mort pour
moi !
Julian : Oh
regardez !! Dans le ciel !! Sorente : Oui je
vois ! C’est une étoile filante ! Sûria : C’est le
moment de faire un vœux les amis.
Un vœu ? On dirait bien que
c’était la seule solution qui me restait… Faites que Sûria et Sorente
avouent leur amour l’un pour l’autre ! Faites qu’un incident se produise
pour qu’ils deviennent plus proche l’un de l’autre ! Faites que la barrière entre ses
deux amoureux égarés se brise !! Maintenant, il ne me restait plus
qu’à attendre en me croisant les doigts. Nous décidâmes après une bonne
dizaine de minutes d’aller nous coucher. Comme la main de Julian était
toujours fracturée, nous allions devoir rester encore dans cet hôtel pendant
quelques jours. Ce n’était qu’après que je pourrais vraisemblablement découvrir
ce qui se tramait réellement avec mes poursuivants. En marchant dans le couloir, un
bruit venait d’interrompre mes pensées et je me retournai sans tarder pour en
connaître l’origine, peut-être une autre tentative des guerriers de tout à
l’heure !!! Mais hélas ce ne fut pas du tout
le cas, d’ailleurs j’aurais préféré mille fois que ce soit ça que la scène que
j’avais sous les yeux. Sûria était allongée de tout son
corps contre celui de Julian car cette gourde ne savait par marcher
correctement avec des hauts talons !!!
Là ça n’allait plus du tout, je
craquais !
Nitocris : J’EN AI
MARREEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEE !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
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