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Chapitre 2 : La Faux

Grèce, le Sanctuaire d’Athéna

Une ombre se glissait hors de la Maison du Lion. Enveloppée dans une grande cape, la silhouette redescendait vers le village au pied du Sanctuaire et des Douze Maisons. Parvenue au pied des escaliers du temple, elle s’arrêta et examina les alentours. Sa voix claire et douce s’éleva.
         « Tu surveilles toujours les Maisons ? Tu sais, les Guerres Saintes sont terminées. Tu pourrais te reposer, profiter un peu de la paix… »
         Une femme masquée sortit de l’ombre d’un des piliers plantés au bord de la montée des Maisons. Sa réponse se fit sur le même ton que l’apostrophe, celui de l’amitié.
         « Que veux-tu… J’ai été formée comme guerrière, je garderai ce Sanctuaire jusqu’à ma mort. Et puis, il n’y a quasiment plus de gardes et ceux qui restent sont généralement trop vieux pour être efficaces en cas d’attaque… »
         L’ombre fit entendre un petit rire.
         « Tu es toujours aussi martiale, Marine de l’Aigle, même s’il n’y a plus de menace contre notre déesse désormais. La prochaine incarnation de notre déesse n’aura lieu que dans 300 ans, d’ici là, nous aurions bien le temps de nous reposer, non ? »
         La chevalière dévisagea son interlocutrice, amusée, un petit sourire ironique jouant sur ses lèvres.
         « Et c’est toi qui oses me dire cela, Seika ? Toi qui accomplis les rites au Sanctuaire d’Athéna tous les jours et qui te rends dans la maison du Sagittaire pour prier pour ton frère devant son armure ? »
         Un léger voile de tristesse passa sur le visage de la prêtresse.
         « J’ai toujours eu le sentiment qu’en étant proche de l’armure de Pégase, j’étais plus proche de mon frère. Après tout, Aiolos avait lié une partie de son âme à son armure, alors je me dis que mon frère me voit peut-être lorsque je suis à côté de son armure… »
         Marine contempla Seika, son regard se voilant lui aussi.
         « Ton frère te manque terriblement, n’est-ce pas ? Même après toutes ces années, il nous manque… Le pire, c’est que je suis sûr que cet ingrat se moquerait de nous s’il nous savait sentimentales… Bah ! Il n’est pas bon de jouer les romantiques morbides. Rentrons. Nous ne rajeunissons pas, à rester ainsi plantées devant ces Maisons. »
         Les deux femmes commencèrent la lente descente vers le village, l’une à côté de l’autre. Seika, plongée dans ses pensées restait muette tandis que Marine se surprenait à repenser à l’état du Sanctuaire. Les installations étaient quasiment à l’abandon. Pas de jeunes recrues à former et pas plus de chevaliers en train de s’entraîner. Il n’y avait de toutes façons quasiment plus d’armures à réclamer. Les douze armures d’or restaient manquantes. Cinq d’entre elles avaient été détruites à Elysion et les 7 autres devaient encore se trouver devant le Mur des Lamentations dans les Enfers. Les armures de bronze étaient reparties dans leurs pays respectifs à la mort de leurs possesseurs. La Licorne, le Lionnet, la Petite Ourse, la Grande Ourse, l’Hydre et le Loup s’en étaient retournés vers les lieux d’entraînement de leurs constellations, mais sans maître pour former les novices, peu de chances qu’elles prennent de nouveaux possesseurs avant longtemps. Les seules restant dans l’enceinte du Sanctuaire étaient la sienne, l’armure de l’Aigle, celle du Serpentaire, encore vaillamment portée par Shaina et les cinq armures divines ramenées par les anciens chevaliers de bronze de leur expédition en Elysion. A la mort de leurs porteurs, les armures avaient été à la demande d’Athéna déposées dans les maisons du signe de leur ancien porteur. L’armure du Phénix reposait dans la maison du Lion, celle d’Andromède dans le temple de la Vierge, le Dragon dans la maison de la Balance, le Pégase dans celle du Sagittaire et celle du Cygne dans la maison du Verseau. Les armures s’étaient peu à peu régénérées des dommages subis face à Hadès. Elles étaient désormais aussi solides qu’au moment de leur transformation. Mais elles n’avaient pas trouvé de candidats dignes d’elles. De toutes façons, les candidats en question ne se bousculaient pas aux portes du Sanctuaire. La chevalerie s’éteignait.
         Alors que les deux femmes venaient de dépasser la maison du Cancer, vide de toute présence, débouchant sur les marches éclairées par un crépuscule sanglant, l’Horloge du Zodiaque s’illumina. Marine, arrachée à ses réflexions, s’arrêta et se redressa de toute sa taille. Elle avait vieilli, mais elle était encore capable de botter les fesses à bien des hommes affichant la moitié de son âge. Cependant, seuls des adversaires dotés d’un cosmos conséquent pouvaient déclencher l’illumination de l’Horloge… Et elle était là, sans armure ou protection et accompagnée de la prêtresse d’Athéna, qui, si elle n’était pas dépourvue de cosmos, n’avait cependant aucune aptitude au combat.
         Se tournant vers Seika, elle lui lança un ordre.
         « Va t’abriter. »
         Comme Seika ouvrait la bouche pour rétorquer, la chevalière asséna d’une voix dure : « Maintenant. » La sœur du chevalier Pégase regarda son aînée pendant quelques secondes et commença l’ascension qui devait la conduire vers le Sanctuaire. Mais à peine avait-elle monté quelques marches qu’un cosmos froid et répugnant la paralysa. Derrière elle, elle entendit l’inspiration brusque de Marine qui devait elle aussi être la proie de cette étreinte malfaisante. La chevalière et elle étaient sans défense. La prêtresse entendit des bruits de pas derrière elle. Au grognement de rage de la guerrière, elle comprit que leurs ennemis étaient tout proches…
         Après quelques instants infiniment longs, leurs ennemis les entourèrent. Ils portaient tous d’étranges armures. Elles brillaient d’un éclat sombre mais les reflets qu’elles renvoyaient semblaient faux. Comme si la lumière ne se reflétait pas comme elle l’aurait dû. Certaines surfaces étaient éclairées alors qu’elles n’auraient pas dû l’être, tandis qu’à d’autres endroits, la lumière était comme absorbée par le métal de l’armure. Le dessin des armures rappelait celui des Spectres d’Hadès, mais en plus étrange encore. Les concepteurs de ces armures ne pouvaient être humains. Ni même peut-être appartenir à cette terre…
         Lorsque leurs ennemis eurent complètement encerclé les deux femmes formant un périmètre d’une dizaine de mètres de diamètre, le cosmos hostile les relâcha. Seika s’écroula par terre, tandis que Marine trébucha mais réussit à garder son équilibre. Elle toisa ses ennemis.
         « Allez, venez ! Qui dois-je tuer en premier ? N’y a-t-il donc aucun d’entre vous de suffisamment courageux pour m’affronter ? »
         Le cercle de leurs adversaires se rompit, laissant passer trois personnes, elles aussi vêtues d’armure, mais plus impressionnantes que celles des hommes jusque là visibles. Deux de ces hommes portaient des armures dont le trait marquant était les tentacules liés aux épaules et à la ceinture. Le thorax de ses armures était d’une seule pièce, mais les jambières ne protégeaient pas les cuisses et leurs avant-bras n’étaient pas recouverts non plus. De leurs brassards pendaient d’autres tentacules. Leur casque ressemblait à un visage humain, mais déformé, les proportions faussées.
         Le troisième portait une armure le protégeant intégralement, d’énormes griffes étaient fixées à ses brassards, tandis que son casque n’était qu’une couronne de crocs posés tels une couronne sur son front. De lui émanait le même cosmos que celui qui les avait paralysées…
         Il s’immobilisa, encadré par ses deux accompagnateurs et regarda dédaigneusement la chevalière.
         « Il n’est en effet pas question de t’affronter. Nous n’avons pas le temps pour des affrontements puérils. Mais il ne sera pas dit que je n’aurais pas laissé à mes hommes l’occasion de s’amuser un peu. Tu n’es certes plus de la toute première fraîcheur mais tu seras malgré tout un bon amusement ainsi que ta compagne. »
         Avant que la chevalière ait pu esquisser le moindre geste, son cosmos se déploya, la paralysant complètement encore une fois. Seika désemparée, regardait comme les hommes se rapprochaient d’elles, une même expression d’intense plaisir sadique sur leur visage. La voix de leur chef s’éleva à nouveau.
         « Vous pouvez leur faire ce que vous voulez. Mais que ce soit distrayant… »
         « Et que cela dure le plus longtemps possible. » ajouta-t-il comme une arrière-pensée. Ses deux acolytes se détachèrent alors de la foule et se dirigèrent vers la maison du Cancer. Marine, conjurant ses forces, parvint à hurler.
         « Pourquoi ?! »
         Le chef la regarda avec un sourire narquois. « Mais pour les armures, ma chère… Pour ces maudites armures divines que nous allons détruire alors qu’elles sont inertes et sans porteurs. Comme cela, plus rien ne pourra nous opposer de véritable résistance. Mais vous ne serez plus là pour le voir… »
         Se détournant, il fit un geste las de la main en direction de ses hommes. « Elles sont à vous. » Le cercle commença à se refermer sur les deux femmes.
         Pendant ce temps, les deux hommes aux armures sombres étaient parvenus au sommet des marches de la maison du Cancer.
         Seika regardait horrifiée la foule de ces hommes se rapprocher. Mais le nom d’homme était exagéré. Ils étaient plus proches de la bête que de l’homme. Et même cela était trop flatteur. Les instincts les plus bas avaient refait surface chez ces créatures. Les instincts de violence, de mort, de destruction, de joie dans la souffrance d’autrui. Plus rien n’était pur chez eux, même pas leur haine. Alors qu’ils n’étaient plus qu’à un mètre d’elle, une explosion et un hurlement retentirent. Un éclair émanant de la maison du Cancer déchira la lumière blême du soleil couchant. Deux corps retombèrent lourdement un mètre derrière les soldats interloqués. Levant le regard vers le temple abandonné, Seika découvrit une silhouette enveloppée dans une grande cape se tenant sur le seuil de la maison. De la cape dépassait une main autour de laquelle crépitaient encore les éclairs de cosmos engendrés par l’attaque. Une voix dure et froide s’éleva, figeant tous les assaillants.
         « Vous êtes donc si dégénérés que vous vous en prendriez à deux femmes désarmées ?! Très bien, je ferai en sorte que votre agonie soit la plus douloureuse possible ! »
         Stupéfaits, les soldats se détournèrent de leurs proies pour se tourner vers la personne qui osait les menacer, rompant le cercle emprisonnant les deux femmes. Seika se précipita vers Marine qui s’était écroulée. Tirant la chevalière, elle se mit à l’écart de façon à pouvoir regarder les évènements sans gêner leur sauveur. Les deux hommes en armures s’étaient relevés, leurs pas encore peu assurés à cause du choc qu’ils avaient subi. Les envahisseurs faisaient face à la mystérieuse silhouette sur le perron de la Maison du Cancer.
         Leur chef, toisant le nouvel arrivant, l’interpella.
         « Et qui nous défie ? »
         La voix claire résonna encore dans le soleil couchant.
         « Je suis Kâli, celle qui sert le Destin par la Mort. Ma soma est celle de la Faux et je sers les Moires ! »
         A ces mots, la cape l’enveloppant fut arrachée et ils purent tous admirer celle qui se promettait de mettre fin aux excès des assaillants. Une jeune femme indienne, d’une grande beauté, aux yeux sombres et profonds se dressait, vêtu d’une armure d’un noir profond. Dans son dos, pendaient deux lames, faisant penser à des ailes. Son casque reprenait la forme d’une crinière de grand fauve.
         Le chef des agresseurs la regardait profondément, comme s’il cherchait à se rappeler un détail qui se trouvait juste hors de portée de sa mémoire. Ses hommes, cependant, ne partageaient pas sa circonspection devant l’apparence de leur nouvel adversaire. Des ricanements se faisaient entendre ici et là dans les rangs des soldats. Brusquement deux d’entre eux se précipitèrent vers la jeune femme, tirant de leur dos des épées jusque là dissimulées. Ils n’arrivèrent pas vivants au pied de l’escalier de la Maison. Un mètre avant d’y arriver, leurs têtes furent tranchées nettes en pleine course. Emportés par leur élan, leurs corps vinrent s’écraser sur les premières marches, tandis qu’un silence horrifié se répandait parmi leurs compagnons.
         Le chef du groupe se tourna complètement vers leur adversaire, une ombre d’inquiétude sur son visage. Ses yeux étaient plissés, tout comme son front, comme s’il essayait de se rappeler un détail très important mais insaisissable. Confrontés au mutisme de leur chef, les soldats se regardaient. Les deux guerriers qui avaient été expulsés de la Maison du Cancer s’étaient relevés et encadraient maintenant la haute silhouette en armure.
         L’instant s’éternisa. La jeune femme en armure les toisait toujours. Puis elle se mit en mouvement. Elle descendit lentement les marches de la Maison, ne quittant pas des yeux ses adversaires, les défiant du regard de l’attaquer. Les soldats, décontenancés, ne pouvaient bouger.
         Brusquement un petit groupe d’une demi-douzaine d’entre eux se ressaisit. Les hommes tirèrent leurs épées et se précipita vers elle. Ils n’arrivèrent pas jusqu’à elle. Encore une fois, le bruit écoeurant des têtes que l’on tranche retentit. Encore une fois, les corps vinrent s’abattre au pied des marches. La femme descendait toujours vers les soldats désormais apeurés.
         Arrivée au pied de la volée de marches, la femme s’arrêta. Et puis, premier geste brusque depuis son apparition, elle décrivit avec le tranchant de sa main une ligne horizontale à la hauteur des épaules de hommes. Les têtes du groupe d’hommes vinrent s’abattre à leurs pieds tandis que leurs corps s’affaissaient par terre. Le chef et ses deux lieutenants, restés en retrait, étaient désormais les seuls survivants du groupe d’agresseurs.
         Le chef rompit le silence le premier.
         « Impressionnant… Ils étaient des soldats entraînés et ils n’ont rien pu faire. Mais si tu comptes nous affronter, gamine, reconsidère. Nous ne sommes pas de la même trempe qu’eux. Si tu nous attaques, tu mourras. Mais par contre, tu peux nous rejoindre. Devenir l’une des nôtres. Un potentiel aussi… intéressant que le tien pourrait nous être utiles. Alors ? »
         La femme le regarda un instant, une lueur menaçante dans les yeux.
         « Et qu’aurais-je à y gagner ? »
         Reprenant contenance devant l’apparent intérêt de leur adversaire, l’homme reprit.
         « Déjà, la vie sauve. Mais si tu nous sers bien, tu auras ton propre domaine, une fois que la Terre nous appartiendra. Imagine. Les richesses de ce temps offertes à toi. Tu n’auras qu’à te baisser. Tu règneras avec nous, pour la gloire des Anciens ! »
         Froidement, la femme continua.
         « Certes… Mais je ne sais ni qui tu sers ni qui tu es. »
         L’homme, visiblement soulagé par la tournure de la conversation, se rengorgea.
         « Je suis Basil, porteur de la Cotte du Fouisseur. Ce sont Ashlar et Lasher, porteurs des Cottes du Shoggot. Nous servons les Seigneurs de G’harne. Allez, prosterne-toi et prête-nous allégeance ! Tu sais quel est ton intérêt ! »
         L’homme allait éclater de rire, soulagé d’avoir évité le combat et satisfait d’avoir gagné un allié quand il croisa le regard de la femme. Son éclat de rire mourut dans sa gorge. Une lueur meurtrière brûlait dans les yeux de l’inconnue.
         « Vous n’êtes que des asticots rampant sur cette terre. Il est temps que quelqu’un mette fin à vos exactions! Vos soldats étaient des ordures, mais ils avaient une chance de s’en sortir. S’ils s’étaient détournés, ils ne seraient pas tombés dans le piège que j’avais tendu. Mais vous ! Vous n’aurez même pas la possibilité d’en réchapper ! »
         Secoué par la hargne de la femme, le Fouisseur jeta un regard à ses deux acolytes. Ils semblaient sûrs d’eux-mêmes… Mais on ne pouvait savoir ce que cette inconnue avait tramé… D’un hochement de tête, il montra à ses deux derniers soldats ce qu’il attendait d’eux : une prise en tenaille. Pendant qu’ils distrairaient leur adversaire, il lancerait son attaque la plus puissante. Ecrasée entre leurs trois cosmos, elle ne devrait pas opposer de résistance…
         Les deux subalternes s’écartaient de façon à avoir l’inconnue entre eux, tandis que le Fouisseur restait à lui faire face. La femme regardait leurs actions d’un œil teinté de dédain et même d’un amusement macabre… Les deux hommes se trouvaient maintenant à égale distance de chaque côté de la femme. Les tentacules pendant à leurs bras semblaient se tordre dans l’anticipation du combat.
         Brusquement, leurs bras se détendirent et un même cri fendit l’air. « Shoggot Strangle Hold ! » A ce signal, leur chef concentra aussi son cosmos et lança son attaque… qui se noya dans un torrent de lumière jaillissant des paumes jointes de la femme. Paralysé, il ne réagit pas lorsque la femme les interpella…
         « On dit souvent que la mort est sombre comme la nuit… C’est une erreur, car elle peut aussi être plus brillante que le jour ! Luce Mortis ! »
         A ce moment-là, elle écarta légèrement les paumes libérant toute la puissance de la lumière qui y était emprisonnée. Cette lumière frappa ses adversaires, brûlant instantanément leurs yeux, leurs nerfs optiques, avant de carboniser leur matière cérébrale. Les trois cadavres s’effondrèrent tandis que des orbites désormais vides s’écoulaient de minces filets de sang.

Quelques heures plus tard, salle du Grand Pope au Sanctuaire d’Athéna

La femme était assise devant une assiette remplie de victuailles, mais elle n’en profitait guère, assaillie qu’elle était par les questions de Marine et Seika.
         La chevalière de l’Aigle récapitulait pensivement ce qu’elle venait d’apprendre…
         « Alors comme ça, il s’agit des Anciens dieux bannis par les Olympiens ? Pas étonnant qu’ils nous en veuillent… Mais que pouvons nous faire ? Aussi puissante que vous soyez, vous ne pouvez pas gagner une guerre… »
         « Certes non… Mais je ne suis pas seule. Et nous avons un objectif : rassembler à nouveau les chevaleries. Toutes les chevaleries. L’une des nôtres est partie pour Asgard, un autre est allé détruire l’une de leurs bases arrière et le dernier est allé chercher les armures endommagées entreposées à Jamir. »
         Seika, interloquée par ce qu’elle venait d’entendre dévisagea la femme.
         « Asgard ? Mais il suffisait de les prévenir. Qu’est-elle allée faire là-bes ? »
         « Les Olympiens n’ont pas agi seuls lorsqu’ils se sont débarrassé des Anciens. Ils ont dû s’allier à d’autres dieux. Et Odin était parmi eux. Nous devons battre le rappel des anciens alliés. Et il y a un détail qui nous inquiète. Il semblerait que les Anciens aient comme projet de se servir des Spectres d’Hadès. Comme son corps a été détruit, il ne pourra s’y opposer. Et s’il choisit de se réincarner, il sera extrêmement vulnérable… Donc il ne faut pas trop compter sur Hadès. Et il faut même craindre d’avoir à affronter à nouveau son armée. Ce qui signifie que nous devons réunir la chevalerie d’Athéna et toutes celles qui sont prêtes à combattre à nos côtés. Comme celle d’Odin. Il faut nous attendre à d’autres attaques. Ceux que j’ai éliminés ne sont que de la piétaille… »
         Une voix moqueuse s’éleva de l’ombre derrière les deux femmes du sanctuaire.
         « Et tu les as bien éliminé. J’avais oublié que le Phantom Blade était aussi tranchant. Tu devrais te reconvertir dans la coutellerie si un jour tu en as marre des combats. »
         Surprises, Marine et Seika se retournèrent en sursautant, tandis que la femme attablée se contenta de sourire et d’adresser la parole au possesseur de la voix.
         « Déjà de retour, Seth ? Visiblement nos commanditaires t’ont donné la mission facile du lot… »
         « Oh, la ramène pas Kali ! Tu as au moins pu t’amuser ! Je n’ai eu que des imbéciles à me mettre sous la dent ! Mais je me laisserai bien tenter par quelques-uns des morceaux de ta platée… »
         Tandis qu’il parlait, Seth était sorti de l’ombre se révélant aux deux autres femmes, qui le dévisageaient, abasourdies par l’aplomb de cet homme…
         Enfin, après quelques secondes, Seika parvint à articuler :
         « Mais qui… ? »
         « Je suis Seth, porteur de la soma de la lame, Serviteur des Moires par la violence. En plus, je suis crade et crevé… J’ai entendu dire que le Grand Pope avait une piscine intérieur… Elle est où ?? »
 

 

 

 

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Cette fiction est copyright Den Sethos.

 

Les personnages de Saint Seiya sont copyright Masami Kurumada.